‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 15 sur 115 · PREFACE XXXIX · texte numérisé non relu

PREFACE XXXIX

niers moments de SuJkowski, étaient demeurés sur le champj les survivants 1 n'avaient presque rien vu dans cette mêlée sanglante; les chevaux les avaient emportés, étourdis par le tumulte, fous d'effroi, couverts de blessures.

Dès les premiers moments de la révolte Sulkowski avait été entraîné par le cours rapide des événements. S'il ne fut pas assiégé dans l'Institut, l'ancienne maison d'Hassan-Kachef, du quartier de Nasrieh^, il se porta probablement avec un renfort de guides vers l'île Roudah pour chercher le général Bonaparte^ Au moins, il parut au quartier général, ce qu'il crut être de son devoir bien qu'il fût* «encore convalescent». La guerre^ a été bien funeste à l'état-major »; souvent quelque adjoint devait faire seul le service; «tout a été pris et tué, quatre ou cinq blessés». Sur 9 aides de camp^ du général en chef, trois, Louis Bonaparte, Eugène Beauharnais et Merlin, n'étaient nullement capables d'être chargés de missions importantes. C'étaient des jeunes gens attachés à l'état-major général par quelques considérations de politique ou de parenté;

cier) n'avait consulté que sont ardeur en rencontrant (en chargeant une masse considérable) les (de) révoltés, (au milieu de laquelle), il s'était lancé (s'élança) au milieu d'eux (avec les guides qui l'accompagnaient). Il paraît que son cheval s'abattit sur lui: il fut massacré, et les guides périrent presque tous (ainsi que son escorte)». Journal d'un dragon, p. 40: «L'infortuné S. conduisait une de nos patrouilles quand son cheval glissa si malheureusement sur le pavé humide qu'il roula par terre avec lui. Il touchait à peine le sol, qu'il fut assailli et percé de mille coups sans que les dragons pussent faire autre chose que venger sur ses assassins la mort de ce noble jeune homme». Denon, I, 203 — 4: «Le jeune et brave S., à peine guéri des blessures dont l'avoit couvert le combat chevaleresque de Salayez, va reconnoître l'ennemi, le voit, l'attaque, malgré la disproportion du nombre, le culbute, le poursuit, tombe dans une embuscade; son cheval percé d'une lance se renverse sur lui, et il est écrasé par celui qui vole à son secours».

1 Bibl. de souv., 356: «Un seul guide, sur quinze, vint, tout sanglant, annoncer à Bonaparte ce funeste événement». La v ailette, I, 287: deux, Belliard (La Jonquière, 281): «4 guides se sont sauvés».

2 Corr., 3082.

^ Doguereau, 91.

^ Lavallette, I, 286.

5 L'adjoint Lacuée à son oncle, Caire, 27 thermidor— 14 août 1798 (Copies des lettres p. 109—10).

« La Jonquière, I, 509, II, 614.

XL PREFACE

ils devaient encore s'y «exercer^ au maniement des armes et aux marches». Du reste Louis Bonaparte fut envoyé comme -courrier en Europe 2. Sur les six qui avaient gagné leur grade par un mérite réel, Jullien fut tué en portant des ordres pour l'escadre à Aboukir^; Lavallette «n'était^ pas alors au Caire»; Croisier^ était parti, la veille de l'insurrection, pour se rendre à Alexandrie; Duroc même, en voyage depuis quelque temps^, allait ce jour-là^ joindre le général Desaix, s'il n'avait été pas retenu au dernier moment s. Restait Junot, d'intelligence médiocre, nommé du reste à cette époque membre d'une commission qui examinait les plaintes des contribuables^. Et justement le moment était venu où les résolutions les plus graves dépendaient des renseignements dont se chargeaient ordinairement les aides de camp du général en chef. — Le général Dommartin reçut ordre i«, le 22 octobre à minuit et demi, de marcher avec de l'artillerie et des troupes « sur les hauteurs entre El-Qobbet et la ville» et «de se mettre en correspondance avec le général Bon et le commandant de la citadelle», mais il ne devait attaquer la porte près de la mosquée Gama el-Azhar que sur Pavis du général en chef. La décision fut suspendue; on cherchait ^^ à «soumettre cette grande ville, en évitant tout ce qui pouvait porter les choses à l'extrême et rendre le peuple d'Egypte irréconciliable avec l'armée»; on affichait une proclamation, en turc et en arabe; on tâchait de nouer une négociation , et la nuit se passait assez tranquillement, quand on vint signaler des attroupements de paysans et des hordes d'Arabes qui se portaient vers la capitale. Bonaparte voulut encore envoyer à la découverte hors de la ville

1 Corr., 2981.

> Corr., 3439, 3448, 3528.

» Gorr., 3045, 3105, 3354.

* Lavallette, I, 287, Corr. 3446.

^ Corr., 3505. Le 4 brumaire, il dépécha à Bonaparte d'Aboukir que les Anglais ont tenté la veille un débarquement à Aboukir, avec vingt chaloupes. , « Corr., 3366. j

' Corr., 3518. |

« La Jonquière, III, 286. '

» Corr,, 3094.

10 Doguereau, 91—2, La Jonquière, III, 280. 1^ Corr., XXIX, p. 500.

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