PREFACE LUI
nùralement satisfait tous les ministres de la Sublime Porte». Toutes ces civilités masquaient l'issue malheureuse de la mission. Le nouvel ambassadeur de la République, le général Aubert du Bayet ne sait trop répéter ^ qu'ail n'y a aucun parti militaire à tirer de l'Empire Ottomane», que «l'inertie la plus absolue n'a fait que s'accroître depuis la mort de Catherine II»» qu'on ne doit «songer qu'aux rapports commerciaux... avec les Turcs». Les ouvriers, les ingénieurs et les militaires venus de France n'ont plus rien à faire. Du reste la paix de Campo- Formio fermera la première phase de la grande crise européenne; ses préliminaires modifient déjà la situation. Le «m^auvais génie-» du désespoir fait alors passer la frontière autrichienne aux Polonais, réfugiés en Valachie et en Moldavie. Mais quelque parti que voulût en tirer la presse républicaine^, la diplomatie officielle nie toute connivence avec les insurgés*. L'envoyé français fait^ «taire en ce moment toute affection personnelle... pour la partie de la nation polonaise restée fidèle à la liberté». Ces rassemblements des Polonais et leur traitement par les autorités turques furent probablement encore, vers la fin de 1796, pour quelque chose dans les dissensions signalées^ par Dubayet: il fait «des excuses sur la conduite de l'ingénieur Lazowski qui s'était permis des expressions très inconvenantes contre l'hospodar de Valachie». Néanmoins, même «après la réfoime générale des officiers français envoyés par la république au service de la Porte Ottomane », en février 1797, Lazowski est resté «aux ordres de cette puissance» et
^ Turquie 196, f. 260—2. Lettre au min. des rel. ext., Gonstantinople, le 22 prairial an V— 10 juin 1797.
2 Turquie 196, f. 178 — 9. Dubayet au min. des rel. ext., 6 thermidor V— 24 juillet 1797.
' Journal des hommes libres, 5"^^ jour complémentaire V, N'' 125, quintidi 25 vendémiaire VI, N"' 150.
* Turquie 196, f. 333; Note de 25 messidor V.
5 Ibidem: Dubayet au président de l'assemblée centrale des Polonais réfugiés à Léopold.
8 Turquie 195, f. 252 — 3. Aubert du Bayet à Ch. Delacroix, Péra-lez-Constantinople, 24 frimaire V— 4 décembre 1796. «...J'annonce que cet officier qui par parenthèse m'avait manqué très essentiellement, avait été mis aux arrêts. Je vous préviens qu'à la première faute pareille, je renverrai ce citoyen Lazowski en France».