‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 25 sur 115 · LIV PREFACE · texte numérisé non relu

LIV PREFACE

n'est parti de Constantinople que le 4 juillet 1797 \ quand le gouvernement turc se fût décidé à ne fortifier aucune de ses places. La passiveté des Ottomans à l'époque du troisième démembrement de la Pologne, leur indolence la plus complète au moment où le système politique de l'Europe fut tout à fait boulversé, inspira à Lazowski un profond dégoût pour tous les efforts qui tendaient à une collaboration réformatrice avec cet état pourri depuis longtemps. Il était lésé aussi dans ses intérêts particuliers ^ et dans sa carrière militaire.

1 16 messidor V, (voir aux Arch. Adm. sa lettre datée à Gênes, le 3 vendémiaire de l'an VI— 24 septembre 1797). ,

2 Le citoyen Lazowski, officier du génie, au ministre des relations extérieures Talleyrand.

Paris, 26 nivôse an G'"® de la R. fr. [15 janvier 1798].

Citoyen Ministre, le 15 pluviôse an VI (lire V) [3 février 1797], lors de la réforme en Turquie des officiers français envoyés à Constantinople par le Comité de salut public, d'après la demande de la Porte, ce gouvernement ayant fait déclarer à l'ambassadeur de la république française, Aubert Dubayet, qu'il me gardait à son service: je ne fus point payé par cette raison, des arriérés que les Turcs nous devaient généralement à cette époque, et qui furent soldés à mes camarades avant leur départ. Au bout de six mois, la Porte s'étant décidée à ne fortifier aucune de ses places, je fus aussi réformé. Mais après avoir attendu à mes frais, près de deux mois, le payement de 3750 piastres qui m'étaient dues, je fus obligé de partir sans être soldé, parce que dans ce moment de justes motifs d'intérêts publics décidèrent l'ambassadeur à suspendre toutes négociations particulières à la Porte, jusqu'à nouvel ordre, ce qui me fit craindre en séjournant davantage et d'une manière aussi illimitée, de perdre l'avantage que je pouvais espérer pour mon avancement en arrivant en France à l'ouverture de la campagne qui paraissait devoir s'ouvrir en Italie. — Ainsi je partis de Constantinople, après avoir fait constater par une protestation faite en chancellerie de France, la légitimité de ce qui me restait dû, et après en avoir reçu la déclaration détaillée et certifiée de l'ambassadeur et du drogman de la légation française chargé de toucher notre solde en Turquie. ™ Je joins toutes ces pièces à ma pétition, Citoyen Ministre, et j'espère de votre justice et des moyens confiés à votre administration, que vous voudrez bien me faire payer d'une dette aussi sacrée, montant à la somme de 3750 piastres. La Porte vous a témoigné une entière satisfaction de mes services en particulier, par la lettre que je vous ai remise à mon retour de Turquie; et cependant par une contradiction bizarre, et parce qu'elle me iugea encore utile à son service après le départ de mes ca-

PIIEFACE LV

Après 46 jours de traversée il arriva à Gênes où il fit sa quarantaine^. En partant pour Paris, le 25 septembre 1797, il passa par Lunéville; où il vit sa mère et son père â^é déjà de plus 90 ans. De retour à Paris, au commencement du mois de janvier 1798, il remit son travail sur la Turquie. Son mémoire du 4 janvier fut évidemment lu au Directoire avec beaucoup d'intérêt, puisque le ministre de la guerre l'autorisa ^ «à séjourner à Paris jusqu'à ce qu'il reçoive les ordres de sa destination» et «l'engagea^ à se livrer à la continuation de son travail». Attaché à l'armée d'Angleterre^, il ne s'était pas rendu dans les ports du Nord. Promu ^ extraordinairement, par l'ar-

marades, je suis le seul officier français et étranger réformé que ce gouvernement n'ait point soldé... (Aff. Etr., Turquie 197, f. 2i5).

Lazowski au ministre [de la guerre Schérer].

Paris, le 12 nivôse de l'an VI [1 janvier 1798].

«...Je vous observe... que non seulement je n'ai reçu aucun frais de voyage pour mon retour en France, comme mes camarades, mais que j'ai encore été retenu pendant six mois au service de la Porte Ottomane, après la réforme des autres officiers français, sans recevoir aucune indemnité de cette puissance; pour tout ce temps de mon service, malgré les réclamations de l'ambassadeur à ce sujet; qu'en outre j'ai été obligé à mon départ pour la Turquie de m'équiper en instruments de mathématiques, livres et autres objets dispendieux relatifs à mon arme, et que je n'ai pas eu la gratification accordée alors par le gouvernement français à tous les officiers, en entrant en campagne» (Arch. Adm.).

Dans un rapport présenté au ministre le 24 nivôse VI— 13 janvier 1798 «...pour 400 postes à 5 chacune... on propose... d'ordonner le payement de la somme de deux mille livres».

1 Lettre du 24 septembre 1797.

2 Arch. Adm., Paris, 18 nivôse VI— 7 janvier 1798.

3 Lettre de Berguesse, secrétaire particulier de Schérer, J9 nivôse (Arch. Adm., La Jonquière 1,148).

* Caffarelli à Bonaparte, Boulogne, le 2 ventôse l'an VI~20 février 1798. «Je vous supplie de presser l'arrivée des officiers du génie qui doivent servir à cette aile de l'armée, ils me sont absolument nécessaires. Trois de ceux destinés à l'armée d'Angleterre sont à Paris, savoir Lazowski, Ferandy, Say. Voudriez vous leur donner vous même l'ordre de se rendre ici ou du moins charger le général Chasseloup de le faire expédier» {Arch. Nat. A F>^ 1599).

^ Lazovi^ski au min. de la gu., Paris, 26 nivôse VI— 15 janvier 1798. (Demande du grade de chef de bataillon; en marge: Renvoyé au cit. Pla-

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