LVI PREFACE
rêté du Directoire du 23 ventôse ^ IV, au grade de chef de bataillon, ii resta dans la capitale; initié au secret de l'expédition d'Egypte, après l'avoir suggérée, il travailla sans doute activement à la préparer.
Au raoment de son départ pour Toulon, le 19 avril 1798, il reçut les adieux de ses parents; ceux-ci n'espéraient plus le revoir; ils se disaient que si l'expédition était destinée aux Indes, Dieu sait quand il reviendrait, — et ils craignaient ^ qu'après leur mort on ne prétende leur fils émigré pour confisquer son pauvre héritage.
nat (chef de la Iroisième division) pour proposer au grade de chef de bataillon) (Arch. Adm). Lettre de Lazowski (au Directoire), Paris, rue de Tournon N" 1177, le 12 ventôse VI — 2 mars 1798. «Le ministre de la guerre m'a destiné pour l'armée d'Angleterre et il m'y emploie avec le même grade de capitaine que j'avais lorsque je fus expédié il y a près de quatre ans pour le Levant. J'espère de votre intégrité, Citoyen Directeur, que vous voudrez bien m 'accorder avant mon départ prochain, le grade de chef de bataillon , que vous avez bien voulu me faire espérer, lorsque je remis mon travail sur la Turquie, ainsi que les lettres de l'ambassadeur de la rép. et du reis-effendi qui témoignent la plus entière satisfaction de mes services dans ce pays».
=* Arch. Adm., Lazowski au min. (de la guerre Schérer).
Paris, le 30 germinal de l'an VI [19 avril 1798].
«Au moment de mon départ pour Toulon j'ai reçu une lettre de mes parents qui ne sachant pas le temps que mon service peut me retenir hors du territoire de la rép., demandent instamment que je satisfasse par avance aux loix du 9 et 20 floréal an III [28 avril et 9 mai 1795]. Attendu que mon père âgé de plus 90 ans et très caduque, pouvant mourir dans cette s intervalle, le département de la Meurthe où ils résident, est en droit de | leur demander en mon absence, un certificat qui constate ma non-émigra- | tien. Mes parents insistent d'autant plus, qu'ayant toujours été employé | au dehors pour le service de la rép., aussitôt après que le Comité de sa- i lut public m'eut rendu la liberté, le 25 thermidor de l'an 2 [12 août 1794], | l'exécution des loix ci -dessus pourrait entraver sous ce prétexte leurs 1 droits et les miens dans la succession de mon père. J'ai pensé qu'il suffisait que vous voulussiez bien attester mon emploi continuel au service de la répubhque, pour leur ôter l'inquiétude injuste que pourrait leur occa- | sionner l'aveugle et stricte application de loix à mon sujet pendant mon ' éloignement». Le certificat demandé fut expédié le 28 prairial VI — 16 juin 1798.
PREFACE l.VI]
A propos de cette époque, Lazowski écrit sommairement, dans son état de services: «en l'an IV employé à l'attaque de vives forces d'Alexandrie en Egypte, à la bataille de Chobrakhit^ et aux diverses affaires particulières qui ont eu lieu dans le Delta 2, jusqu'à la campagne de Syrie; en l'an VII employé au siège d'El-Arich dans le désert, au siège de Jaffa^ où il a été blessé à l'épaule, au siège d'Acre * où il a été blessé à la tête; en l'an VIII s'est trouvé à la bataille d'Uéliopoiis et à celle de Damiette, a été employé au siège de Belbéïs et du Caire; pendant l'intervalle des différentes affaires et sièges... a été employé comme directeur des fortifications de la direction de Damiette et ensuite comme commandant à l'armée les officiers du génie employés dans les différentes divisions^». Le 14 juin 1799, «le général en chef voulant donner un témoignage de la satisfaction du gouvernement au citoyen Lazou^ski. .. pour les services qu'il a rendus dans la campagne de Syrie et notamment aux sièges de Jaffa et d'Acre, le nomma au grade de chef de brigade ^w.
1 Corr. inédite (Panckoucke) I, 268 — 70. Andréossy au géu. Bonaparte. En rade de Chobrakhit, le 25 messidor an VI — 13 juillet 1798: «...Les officiers qui se sont le plus distingués... sont... chef de la bataillon Lazowski»...
2 La Jonquière, II, 172 (Journal de Detroye).
3 Ibidem IV, 24.9, 261—2.
* Ibidem IV, 366 (croquis).
5 Arch. h. de la Gu. Etat des officiers et employés du génie et leur répartition dans les quatre directions de l'Egypte à l'époque du 1 thermidor VIII— 20 juillet 1800: Lazowski dans l'état-major général.
6 Extrait des registres de l'état- major général du 26 floréal an VII. (Arch. h. de la Gu.).
On retrouve les réminiscences de cette guerre dans les motifs de ses promotions postérieures (Arch. Adm.):
Carnot, le ministre de la Guerre, à Lazowski.
Paris, le 19 germinal an VIII [9 avril 1800].
«Je vous annonce, citoyen, que le Premier Consul, sur la proposition de mon prédécesseur, et d'après le compte qu'il lui a rendu du mérite et de la distinction de vos services, vous a, par son arrêté du 7 de ce mois, nommé à un emploi de sous-directeur des fortifications. Je me flatte, citoyen, que vous justifierez pleinement le choix que le Premier Consul a fait
LVllI PREFACE
On peut suppléer à ces renseignements par quelques détails. — Lazowski s'embarqua ^ sur le vaisseau le PeupleSouverain ^ «un des plus vieux de la flotte et des plus arqués», bon voilier du reste. On vivait à bord «dans la plus heureuse harmonie», on se récréait avec la musique de la 25^ demi-brigade. Mais, l'armée débarquée, Lazowski, un des enthousiastes de l'expédition, sentit, sans doute, peser sur lui ce dégoût gé: néraP qui saisit les troupes réduites à la misère, détrompées «sur cette entreprise si belle et si vantée». Ce fut peut-être la cause pour laquelle il chercha à se rapprocher de Zaj^czek, avec lequel il se sentait quelques traits communs de caractère polonais. -~ Bientôt il fut tout absorbé par les travaux du système défensif de l'Egypte^, et notamment par les ouvrages entrepris à la bouche Phatnitique du Nil*. Il n'en fut détaché que par l'expédition en Syrie, et seulement pour quelques mois^. Du reste ce temps de la campagne de Syrie 6, des premiers jours de février au commencement de juin 1799, fut le plus dur, le plus horrible. La guerre en Asie et en Afrique est = beaucoup plus affreuse et plus meurtrière qu'en Europe"^. Les soldats à tournure misérable, aux costumes déguenillés, aux visages noirs, hâves et rébarbatifs, prirent peu à peu les mœurS' du désert^. «Le pardon n'était plus de saison^». Au milieu^ de ce pays, entre Jaffa et Acre, le plus beau, le plus variée le plus fertile que l'on puisse voir, on commit des cruautés à faire frémir. Des familles françaises établies depuis longtemps dans ces contrées ne furent pas même respectées. On
de vous pour cet emploi, choix auquel j'applaudis bien sincèrement, d'après la connaissance particulière que j'ai de vos talents et de vos ser-^ vices»... .
* La Jonquière, I, 540, (Journal de Laugier).
2 Copies of... p. 104
3 Voir N" 19 du Courrier de V Egypte (informations publiées évidemment afm d'influencer la Turquie et l'Angleterre).
4 Gorr, 3428, 8443, 3467-8, 3473, 3475; La Jonquière, III, 299-301!
5 Corr. 4174, 4181, 4225, 4331; La Jonquière V, 192-5, 567. « Tout le IV^ volume de l'œuvre de M. de La Jonquière est consacré
à l'étude de cet épisode.
' Lacorre: Journal, 91,
8 Thurman 79, Villiers du Terrage 237, François 280, Abdurrahman 116.
» Lacorre 89, 90, 95, 99.