‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 3 sur 115 · PREFACE XII E · texte numérisé non relu

PREFACE XII E

cution que leur ont vouée nos enneniis communs, les tyrans couronnés; le Conseil exécutif leur a déjà rendu justice, en observant aux administrateurs de police ^ que presque tous les Polonais qui sont ici sont des zélés patriotes de ce pays là, qui ont été forcés d'émigrer. Cependant tous ont été vexés^ persécutés par les comités de leurs sections, qui leur ont scellé les papiers, enlevé les armes, et loin de s'en plaindre ils n'ont vu dans toutes ces mesures de rigueur que les démarches excitées par les circonstances et justifiées par la nécessité. Mais la République doit à sa dignité, les Français doivent à des victimes de despotisme de mettre enfin un terme à cette inquisition ».

Suîkowski^ «se fit reconnaître citoyen français et il se disposait à aller servir sa nouvelle patrie sur la frontière, lorsque le citoyen ISémonville, nommé ambassadeur de la République à la Porte, crut devoir l'attacher, comme un homme qui pouvait être employé très utilement dans les affaires de la Pologne, dont la surveillance lui était particulièrement recommandée^». Or cette mission en Orient ne devait pas être sans influence sur l'avenir de son pays. A Varsovie «le bruit est* d'ailleurs assez général... que Monsieur de Sémonvilie a plusieurs millions à sa disposition pour amener une diversion de

» Voir aux Arch. Nat. A F" 7: Lettre des administrateurs du département de la police au Conseil exécutif. Ils proposent pour venger l'outrage fait par le gouvernement polonais au chargé d'affaires de la France à Varsovie, d'user de représailles contre les Polonais à Paris (9 avril 1793). Ce jour-ci Conseil exécutif provisoire « arrête qu'il n'y a pas lieu à exercer contre les Polonais qui sont à Paris les mêmes représailles qui ont été déterminées contre les Russes par la délibération du Conseil du 5 avril 1793 (Rec. des Actes du Com. de salut public. III, 169).

2 Voir aux Arch. Adm. de la Gu. rapport présenté au ministre de la guerre, Petiet, le 21 germinal an IV (10 avril 1796).

' Georges Grosjean: La mission de Sémonvilie à Constantinople 1792 — 1793 (Paris 1887), p. 10, 13, instructions pour Sémonvilie: «La guerre qui s'allume entre la Russie et la Pologne ne peut manquer d'offrir à M. de S. des occasions et des moyens dont son intelligence saura protiter». «M. de S. pressentira la Porte sur la possibilité d'un projet d'alliance offensive et défensive entre la République française et l'Empire ottoman, dans lequel entreraient la Prusse, la Suède et la Pologne....»

^ Descorches à Le Brun, Varsovie, ce 10 octobre 1792 (Aff. Etr., PoL, corr., 320, f. 280), Grosjean, 18.

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