LXX PREFACE
lieutenant-général. Il avait fait 7 ans de campagne «contre les Russes pendant la Confédération de Bar»; «la campagne de 1777 et le siège d'Oczakow avec les Russes contre les Turc»; enfin «la dernière guerre des Polonais contre les Russes et les Prussiens» de 1792 à 1794. Si dans cet état de service il mentionne l'époque troublée du premier partage et l'année du deuxième démembrement de la Pologne, il ne dit pas, ce qui serait cependant plus vrai, que c'était lui notamment qui avait eu en réalité le commandement en chef dans la capitale attaquée par Souwarow. Et il avait raison de ne pas insister trop là-dessus. Cette tâche de généralissime était bien au-dessus de ses talents et même de son caractère. Ses moyens étaient plus modestes. Il connaissait la petite guerre, il savait par cœur les devoirs du colonel, il était républicain, il aimait son pays, mais qu'on ne lui demande pas l'étude approfondie des tacticiens du XVllI siècle, celle de calculs savants d'une stratégie moderne, ni la conception originale de ses obligations envers la patrie. Qu'on ne lui demande pas non plus le coup d'œil du chef né pour gagner les batailles, ni l'instinct du citoyen qui trouve au fond de son cœur la règle infaillible de sa vie publique. S'il fut à une certaine époque «le vrai Polonais», ami de Puîaski \ décidé «à se confédérer contre la violence et l'oppression»,— il fût aussi, un peu plus tard, le second des Russes dans les combats livrés aux Turcs, derniers alliés de la Pologne; s'il avait été «comte» en 1774-, — il n'était que «citoyen» en 1794; jacobin polonais et tout dévoué au système français, il
narodôw z powiekszonego etatu wojska swiezo udecydowaiiego ur. Jôzefowi Zajaczkowi, puîku lekkiej jazdy wojsk obojga narodôw szefowi dany. W Warszawie 29 maja 1792.
1 Voir aux Arch. des Aff. Etr., Pologne, corr. 306, f. 397— é05 : «Détail des opérations militaires de comte Puîaski par comte Zajaczek, ce 20 décembre 1774, Marseille», a La plupart des raisons qui ont influé sur les opérations militaires de M. Puîaski se sont effacées» de la mémoire de Zajaczek, il se contenta donc de «faire une énumeration des actions principales... sans compter les escarmouches et sans... rien dire de ses marches qui valoient quelque fois plus qu'une bataille gagnée». Zajaczek arriva à Marseille en venant de Constantinople (Pologne, corr. 307, f. 408, 410).
2 C'était du reste fort commun; Mostowski, palatin du duché de Masovie, signait «prince» en 1775. (Pologne, v. 307, f. 460, 461, 462, 476 etc., V. 308, f. 317 bis), ne l'étant plus.