‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 41 sur 115 · PREFACE LXXXIII · texte numérisé non relu

PREFACE LXXXIII

pour toujours». Sa «douleur^» devait être d'autant plus grande qu'à cette époque précisément il venait de prouver ^ que les Coptes avaient «trompé de la manière la plus affreuse» qu'ils avaient «toujours fait trois portions des revenus d'Eurypte: un tiers aux Français, un tiers pour eux, et le troisième tiers, ils le faisaient passer aux beys, aux cachefs et aux mamelouks fugitifs». L'administration française jusqu'ici lui semblait «détestable»: «la soif de l'or» avait dominé, «ainsi que l'oubli de tous principes d'honneur et de moralité». — 11 était ^ «malade de zèle et d'envie de bien faire».

Mais Kleber s'impatienta. «Il semble, répondait-il* à Menou, que c'est pour la première fois que vous voyez de fripons, et que c'est pour cela qu'ils vous exaspèrent à ce haut degré». «Je vous prie^. .. de vous occuper surtout bien particulièrement de tout ce qui tient au système de défense des deux ports et à celui de la côte». Il ne voulait pas lire^ les mémoires de Menou «sur les rapports commerciaux de la France avec les différentes colonies», il ne croyait pas «devoir entamer une discussion sur l'économie politique» à ce moment, car il lui «importait moins de savoir combien il pouvait croître de coton, de sucre et d'indigo en Egypte, que de pourvoir aux moyens d'y nourrir et solder l'armée et de lui procurer des armes et de munitions».

Même après Héliopolis, il écrivait^: «Tel est l'état de ma stupeur, qu'aujourd'hui encore je ne crois pas plus que la convention d'El-Arich ait été une faute politique, que je ne pense que la victoire remportée par l'armée soit un sujet d'ivresse; qu'aujourd'hui encore, je suis dans la conviction la plus intime que, par ce traité, j'étais parvenu à donner une issue raisonnable à l'entreprise la plus extravagante; qu'aujourd'hui encore, je suis persuadé que nous n'avons aucun secours à espé-

; 1 A Lebrun et à Maret, le 28 février (Rousseau, 227, 230).

» A Bonaparte, le 19 mars 1800 (Rousseau, 248 — 9); à Kleber, le M septembre 1799, à Damas, 29 mars (Rousseau, 35, 255). i 8 Kleber à Menou, le 15 septembre 1799 (Rousseau, 39). • * 28 septembre 1799 (Rousseau, 62—3).

5 18 septembre 1799 (Rousseau, 51).

! « Damas à Menou, 22 mars 1800 (Rousseau, 239). ' A Menou, le 23 mai 1800 (Rousseau, 301—2).

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