LXXXIV PRÉFACE
rer de la France, et que jamais, ou du moins pendant cette o^uerre, nous ne formerons de colonies en Egypte, à moins, toutefois, que les cotonniers et les palmiers ne produisent bientôt des soldats et du fer coulé». Mais il se crût^ chargé de veiller à la gloire autant qu'à la conservation de l'armée. Il savait répondre à une insolence par des victoires, en chassant tambour battant^ ces troupes du grand vizir qui se disaient «toujours fatales à leurs ennemis 3». Et tout résigné qu'il était à rester en Egypte «tant qu'il plairait au destin*», à y «attendre... la paix générale 5», il profita du moment où le grand vizir ne pouvait agir, pour se « mettre en mesure de le recevoir quand il en aurait les moyens^'». Il s'attendait^ «à être attaqué de nouveau» «avant deux mois»; il concentra donc les troupes, établit une réserve dans le Delta, envoya à Alexandrie des forces suffisantes pour repousser les débarquements ennemis, et se tint tout prêt, au premier signal, à se mettre à la tête de l'armée. Il subordonna tout son système gouvernemental à ce but principal de la défense du pays. Pour la rentrée des contributions il prit^ une «mesure purement de circonstance»: «de grandes réformes dans l'administration exigeraient une grande réorganisation».
Mais «nous sommes déjà assez avancés, pensait-il, sur ce fameux livre concernant la nature des impôts en Egypte; il ne
» Kleber à l'armée, le 11 mars 1800 (Rousseau, 238).
' Kleber à Fourier et à Gloutier, le 20 mars 1800 (Rousseau^ 252-3).
' Lettre du grand vizir «au modèle du prince de la nation du Messie, au soutien des grands de la secte de Jésus, l'estimé et affectionne Bonaparte (dont la fin soit heureuse) l'un des généraux en chef de la République française> (Pajol, p. 370 — 2).
* Kleber aux habitants de Boulac, le 10 avril 1800 (Rousseau, 261).
^ Kleber à Lanusse, le 28 mars 1800 (Rousseau, 254;).
6 Kleber à Rampon, le 23 mai 1800 (Rousseau, 301).
T Kleber à Donzelot, le 31 mai 1800 (Rousseau, 314 — 5): «Dan l'état de tranquillité où vous vous trouvez, et au moyen des secours qu vous offre Mourad-Bey contre les Arabes, vous pouviez vous passer d'un bataillon de la 21^ et de l'envoyer dans le deuxième arrondissement au général Zaj^czek, afin que celui-ci puisse nous envoyer ici la 88* demibrigade. ..>
8 Kleber à Chanaleilles , agent français, le 22 mai 1800 (Rousseau, 296).