‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 47 sur 115 · PREFACE XCIII · texte numérisé non relu

PREFACE XCIII

ment n'était plus loin où force lui serait se résigner à l'évacuation complète de l'Egypte.

Jusqu'à l'embarquement des troupes du général Belliard les Anglais ne tentèrent aucune attaque contre Alexandrie. Mais ils se décidèrent à couper la digue du lac Maréotis malgré que ^ les Arabes ne sussent pas où la mer pourrait s'arrêter et qu'on pût supposer qu'((il s'ensuivrait probablement la ruine d'Alexandrie» bâtie sur cette langue de terre. Pendant la moitié du mois d'avril et de mai une énorme masse d'eau se précipita d'une hauteur de six pieds. Au bout de ce temps (d'eau trouva presque son niveau; mais comme le sable en absorbait beaucoup, il y eut toujours une chute de neuf à douze pouces à l'entrée». Dès le V" floréal, les eaux du lac Madieh avaient fait des progrès considérables dans le lac Maréotis et le 14, l'ennemi fit entrer plusieurs chaloupes armées. Son but était d'intercepter les communications d'Alexandrie avec Rahmanieh et d'empêcher l'arrivée des convois 2. Le 8 prairial, le lac était entièrement inondé. L'armée anglaise exultait. Le découragement gagna les soldats français; «ce n'était pas pour l'Egypte qu'ils combattaient», «ils ne désiraient pas y rester»; «ils plaignaient même les Anglais, qui avaient maintenant un bon espoir de la posséder'». Mais le général en chef leur demanda de prendre patience, il leur rappela «de quel poids était l'Egypte dans la balance des négociations^». Plusieurs étaient décidés à défendre Alexandrie pour sauver du moins l'honneur des armes, malgré le triste dénouement qu'ils prévoyaient. «Il faudrait, disaient-ils ^ en parodiant les espérances chimériques de Menou, que les perfides Anglais soient précipités dans les flots et que les féroces Osmanlis soient étouffés sous les sables brûlants du désert, joignez à cela une épée I flamboyante frappant d'estoc et de taille et tout ira bien».

1 Wilson, I, 91—3.

2 Journal de la défense d'Alexandrie par les Français (Copie certifiée par le gén. Sanson aux Arch. du Comité du Génie).

* Ordre du jour du 7 mai 1801 (Rousseau, 404). 5 Paroles de l'adjudant-genéral René rapportées dans le Journal d'un dragon, p. 159.

PREFACE

Zaj^czek fut parmi ces défenseurs d'Alexandrie l'un des plus en vue^.

Promu au grade de général de division ^^ le 7 mai 1801,

1 Journal de la défense... Dans la nuit du 28 au 29 thermidor des signaux furent faits par l'escadre anglaise et répétés par la flottille et le camp. Des chaloupes canonnières s'étant rapprochées dirigeaient leur feu sur la ville et sur les flancs de notre ligne , mais quelques coups de canon de notre batterie de gauche et du fort Barillon les forcèrent à prendre le large, peu d'instants après, l'ennemi fit un mouvement et chercha à surprendre

nos vedettes Le jour qui commençait à paraître nous fit apercevoir la

cavalerie en bataille dans la plaine. L'infanterie en colonne sur les ailes avait poussé de forts avant-postes sur les hauteurs du bord de la mer et le long du calidgi... L'ennemi ne poussant pas plus... le général en chef jugeant bien que son intention n'était que d'attirer nos forces sur ce point, tandis que les bâtiments de transport qui se dirigeaient sur l'embarcadère tenteraient d'y débarquer des troupes, avait donné l'ordre au général de division Zajaczek de se porter avec la cavalerie partout où les circonstances

pourraient exiger Cependant la flottille anglaise forte de plus de 140

voiles menaçait de débarquer sur deux points. Le général Zajaczek avait établi la cavalerie entre la colonne de Pompée et l'embarcadère. Ce dernier poste était défendu par le général Eppler, ayant sous ses ordres les dromadaires, un détachement de gardes et la 21^ légère à laquelle vint de se joindre la IS"" de la ligne. Nous avions également sur ce point 17 embarcations armées. La flottille continua à faire voile jusqu'à la hauteur du Marabou. Les généraux Zajaczek et Eppler voyant ce mouvement, s'avancèrent aussi sur le point menacé, mais l'ennemi favorisé par le vent effectua son débarquement avant qu'ils pussent arriver. Les troupes françaises prirent position à une lieue en avant de l'embarcadère, leur droite s'appuyant àla mer et leur gauche au lac. L'ennemi prit la sienne un peu arrière du Marabout. — Le soir du même jour le général en chef qui s'était transporté sur les lieux donna au général Zajaczek l'ordre de se replier avec toutes les forces qui se trouvaient alors sous son commandement, jusqu'à l'embarcadère et de tenir dans cette position. Le 30 thermidor l'ennemi ne fit aucun mouvement. Il travailla toute la nuit à établir des batteries contre le fort de Marabout. Plusieurs de ses chaloupes et avisos firent une canonnade très vive sur notre ligne. Le bataillon de la 61® qui était à la colonne de Pompée y fat remplacé par un de la 75® et se porta à l'embarcadère. Le 1 fructidor (10 août) les batteries que l'ennemi avait établies contre le fort du Marabou commencèrent leur feu. En même temps les chaloupes du lac canonnèrent la gauche de la position du général Zajaczek

î ArcJi. h. de la Gu., Reg., lettre K. 2, f. 32: 17 floréal IX. — Arch. Adm. 2R floréal de l'an X — 16 mai 1802. — Bonaparte, premier consul de la République, sur le rapport du ministre de la guerre, arrête ce qui

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il fut nommé ^ commandant de la cavalerie de l'armée, le 12 du même mois. « Il s'occupa avec le plus grand zèle de réorganiser les troupes qui lui étaient confiées, mais les ressources manquaient absolument, il ne pouvait suppléer ni à la pénurie des chevaux puisque nous n'avions pas de remonte, ni au mauvais état des selles puisque les ouvriers étaient tous à Boulacq, et que l'on ne pouvait se procurer à Alexandrie le cuir^ nécessaire aux réparations les plus urgentes». La nourriture des chevaux se composait uniquement d'orge et de fèves et en quantité insuffisante pour avoir une cavalerie vigoureuse. Cette cavalerie, du reste, depuis l'attaque des redoutes anglaises, le jour de la bataille de Ca-

sait: Le général Zajaczek est confirmé dans le grade de général de division; il sera porté sur le tableau des officiers généraux de ce grade en activité en remplacement du général Destaing. Courier de VEg., N° 116. Reynier, De V Eg., p. 232: «A cette époque le général Menou nomma trois généraux de division, trois généraux de brigade, et fit plusieurs autres avancements; quelques officiers voulurent refuser ces grades, mais ils furent contraints d'accepter». Journal d'un dragon, p. 158: «Les officiers les plus actifs et les plus braves tenus à l'écart par un inconcevable aveuglement du général en chef. D'un autre côté il prodigue les honneurs à tous ceux qui le flattent, Priant et Rampon ont été nommés lieutenants généraux, Destaing et Robin généraux de division; cent autres obtiennent de l'avancement, toutes les vacances provenant des pertes de champ de bataille, des départs ou de la maladie sont comblées et au-delà, les effectifs seuls et les armes manquent*. Reg., lettre N° 2, f. 16 et 17: Le 18 septembre 1801. Menou aux lieut. gén. Priant et Rampon et au gén. de division Zajaczek. Les engage à lui faire passer desuite et revêtues de toutes ' les formalités les demandes d'avancement qu'ils ont encore à faire.

1 Arch. h. de la Gu., Reg., lettre K. 2, f. 34:: 22 floréal IX et l'ordre du jour du 23 floréal IX.

2 Journal d'un dragon, 162, 170. Aux Arch. h. de la G-u.: Etat des chevaux et chameaux existant à Alexandrie d'après la revue passée le 26 mai 1801. Ils étaient au nombre de 1788.— J?e|7., lettre L. 62:18 juillet 1801. Menou à Zajaczek. Ordre de lui envoyer 20 dragons des mieux montés, des mieux armés et des plus vigoureux, commandés par un brave officier.

Ibidem: 28 mai 1801. Menou aux lieut. gén. Priant et Rampon. Ordre jde ne laisser qu'un cheval aux chefs de brigades et de bataillons et de 'renvoyer à la cavalerie les chevaux excédents. — 21 juillet 1801. Menou à Zajaczek. Le prie de faire placer dans la cavalerie une jument qui a été ; prise sur les Anglais. Beg.y lettre, K. 2: 31 août 1801. René aux généraux Priant, Rampon et Zajaczek. Les prie de donner l'ordre aux chefs des corps de faire prendre ou échanger tous les fusils dont ils ont besoin.

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