AUX GÉNÉRAUX DESAIX ET BONAPARTE
si je trouverais des troupes à Beni-Souef. Il me répondit que j'en trouverais positivement et que dans le cas contraire je m'adressasse à vous pour en recevoir. Comme vous connaissez mieux que moi, Général, l'état et la situation de cette province, veuillez bien me faire connaître vos intentions relativement à la force armée que vous croirez nécessaire d'y employer ainsi que vos instructions pour ce qui est des autres de ma mission.
Zaj^czek au général en chef Bonaparte au Caire ^
(Beni-Souef) 2 le 19 vendémiaire an YW^^ (10 octobre 1798)3.
Je suis arrivé à Beni-Souef le 18 au soir; j'y ai trouvé la galère* la Coquette commandée par le capitaine Morandy. J'y ^i trouvé une ambulance avec 50 malades et le médecin destiné à les soigner, plus malade que tous; j'y ai également trouvé le citoyen Dumaret, capitaine de la 69 demi-brigade ^, que le général Desaix a envoyé pour commander la province; cet officier^ s'est rendu à Beni-Souef sur la galère et n'a emmené avec lui aucune force de terre. Je viens d'en demander au général Desaix qui est à Ellahoun, distant^ à 4 heures de marche de Beni-Souef. — Dans la nuit du 19 au 20 nous avons
I reçu de ses nouvelles. Il parle dans la lettre d'une victoire rem-
I portée le 16 s, mais n'en donne aucun détail.
I La province ^ de Beni-Souef offre un aspect d'un pays un
I peu 10 plus varié que celui du Delta, mais il l'en faut de beaucoup qu'il ait l'air aussi riche ni aussi peuplé que le premier.
1 Ms. Oss. 2582.
2 Comme tant d'autres, ce nom subit des altérations diverses; on le trouve écrit: Beny-Soueyf {Correspondance, Estève), Béni-Soûîf [Carte de Jacotin), Beni-Souef (La Jonquière).
; ' Lire: 20 vendémiaire, 11 octobre.
I ^ demi-galère (La Jonquière III. 194).
6 Lire: 21« légère (La Jonquière IIL 221, 698, 701). « Biffé: militaire.
7 Biffé: situé.
« Victoire de Sédiman (Sedment-el-Gebel). 9 Biffé: le pays.
10 Biffé: beaucoup.
96 ZAJACZEK
On a de la peine à distinguer les villages que l'on rencontre sur les deux bords du Nil, ce sont des huttes construites ^ de roseaux extrêmement ^ basses. La ville de Beni-Souef a tout au plus l'air d'un ^ village et on a de la peine à trouver ua endroit pour se reposer dans ce chef lieu de la province. J'ai été forcé de me loger sous une tente au bord du Nil. Quant aux habitants, l'on s'est trompé beaucoup lorsqu'on les annonce pour si doux^ et si honnêtes. Ils répugnent à tout ce qui est fourniture des vivres ou autres choses, et ceux de Minieh ont attaqué le détachement que la galère avait envoyé pour chercher des vivres pour les malades; il y a eu quatre hommes des nôtres de tués et plusieurs blessés^. Je puis me tromper, mais je regarde ces gens-là plus prompts à^ s'insurger que ceux du Delta, parce qu'ils sont plus pauvres. Rien n'est encore organisé dans la province. J'attends l'arrivée de l'intendant cophte qui est, dit-on, au Caire, pour procéder à la formation d'un divan l
1 Biffé: bâties.
* Biffé: tellement basses qu'on a de la peine à les distinguer.
' Biffé: d'un mauvais.
4 Biffé : que . . . pour être si bons.
5 La Jonquière III. 222: Donzelot à Berthier, 10 octobre. »...Un aviso croise à la hauteur de la province de Minieh. Il était chargé de protéger notre ambulance. Un jour, il avait été mis à terre une partie du détachement d'escorte, pour acheter à Minieh ce dont il avait besoin. Quelques hommes ont voulu prendre sans payer, et, par cette infâme action, ont excité parmi les paysans du marché une insurrection dont les suites eussent été plus funestes, si les habitants de cette ville n'avaient pas pris nos soldats sous leur protection. Néanmoins 5 ont été tués et 8 blessés... « Ordre du jour de la division Desaix, 3 octobre. La Jonquière III. 228. Desaix à Bonaparte, le 26 octobre: »Le commandant du Cerf a dû vous rendre compte de la manière dont ils ont été traités dans la partie supérieure de l'Egypte; ils ont été attaqués dans plusieurs endroits et ont couru plus d'un danger...*.
6 Biffé: à une insurrection.
' Biffé : Le général Desaix recommande beaucoup la d . . . —Voir la lettre de Donzelot à Berthier, 10 octobre. »A notre passage à Beni-Souef... le général Desaix avait ordonné à l'intendant général de la haute Egypte de laisser dans cette ville l'intendant copte destiné pour cette province, afin qu'il pût s'occuper de l'évacuation des grains. Mais, pendant notre course sur Siout, Mourad-Bey a envoyé des Arabes avec deux Mameluks à Beni- Souef, pour s'emparer de nos agents et piller. A leur arrivée, le cheik a
Je suis ici seulement avec les 75 hommes de cavalerie avec lesquels je me suis embarqué à Boulak.
Zajî^czek au général divisionnaire Desalx à Ellahoun \
(Beni-Souef), le 22 vendémiaire, 4 h. du soir (13 octobre 1798).
Votre ordre du 20 m'a été remis le 22 courant, à 4 heures après midi. Je pars demain, à la pointe du jour, pour me rendre à El-Zawieh^. Il m'a été impossible de mettre plus de célérité dans ce mouvement à cause que la nuit est sombre et que les (bateliers ^) (ne) voulaient pas partir ce soir. Je mettrai tous mes soins pour réparer la digue que vous m(e; recommandez, qui se trouve entre le village de Kars Schouf daoué (?) et Commobodari (?). — J'ai donné ordre d'emmener avec nous 6 maitre-maçons de Beni-Souef, ainsi que vous le désirez. — Le capitaine Dumaret m'a instruit qu'il y a des bâtiments de guerre qui croisent à la hauteur de Miniet* et de Siout. Je vous envoie les seules nouvelles que nous en avons reçues. — Quant aux hommes du pays qui pourraient les mieux convenir à l'organisation de la province, je crois -que l'intendant copte est le seul qui soit en état de faire ce choix. Le capitaine Dumaret aussi bien que moi et tous ceux <jui ne parlent point la langue du pays, ne peuvent juger de la capacité des sujets que sur les apparences et par conséquent très imparfaitement. — J'ai reçu ici mille paires de souliers pour votre division que j'ai remis au commissaire de guerre Colbert.
pris la fuite, ainsi que l'intendant copte, dont la présence devient indispensable dans cette province. Il est allé au Caire; le général Desaix vous prie... de lui faire enjoindre de se rendre le plus promptement possible à Beni- Souef; puisque le général Zayonchek doit y commander, ayant des dragons à ses ordres, il n'a aucun danger à courir. D'ailleurs nous avons à cette hauteur une demi-galère, notre ambulance et un détachement...». (La Jonquière III. 221).
2 Zaoué dans le texte original, El-Zâouyeh dans la Correspondance. ' Mot illisible à cause d'une déchirure dans le manuscrit.
* Miniet ou Minieh qui remplace l'antique Mounât-Khoufou ou »Nourrice de Chéopsa (Reclus: Nouvelle géogr. univ. X. 563). , .
98 /AJAOZEK
Zaj^czek au chef de bataillon Lequoy ^
(El-Zawieh), le 23 vendémiaire an VII (14 octobre 1798).
Vous voudrez bien ordonner que le détachement qui doit partir pour Ellahoun, prenne soixante cartouches par homme. Vous voudrez bien en faire un bon qui sera visé par le chef de bataillon Dorsenne. Si parmi le nombre de volontaires com- P'»sant le détachement il y en a qui soient déjà munis, vous ferez seulement compléter le nombre de soixante. Vous trouverez ci-enclus le mot d'ordre et de ralliement.
Zaj^czek au général divisionnaire Desaix^.
(El-Zawieh), du 23 vendémiaire an Vil (14 octobre 1798).
Je me suis rendu à El-Zawieh aujourd'hui à midi; une demi heure après le chef de bataillon Dorsenne a paru avec der petites barques, les grandes ne sont pas encore arrivées. Nous, ferons ce que nous pourrons pour les expédier cette nuit^ avec des provisions pour Ellahoun.
La digue est rompue par les Mameluks et n'est point praticable dans ce moment ci; je vous en donnerai des détails plus amples, quand j'aurai été sur les lieux. Je vous mande en attendant ce que j'ai pu en apprendre par les gens du pays.
Zaj^czek au chef de bataillon Lequoy *.
(El-Zawieh), le 23 vendémiaire an VII (14 octobre 1798).
Vous voudrez bien partir demain matin, 24 courant, à la pointe du jour avec toute l'infanterie qui doit joindre la division Desaix, pour vous rendre à Ellahoun, où se trouve la ditfr
» Ms. Oss. 2582.
« Ms. Oss. 2582.
* Biffé: de suite.
^ Ms. Oss. 2582.
A LEQUOY, DESAIX, COLBKRT KT A MORANDY 99
division Desaix, et y accompagner un convoi de provision que vous protégerez de tous les nrioyens possibles. Surveillez exactement l'embarquement pour que vous puissiez mettre à la voile au plus tard à six heures du matin.
Zaj^czek au commissaire de guerre Colbert \
(El-Zawieh), le 23 vendémiaire an VII (14 octobre 1798).
Je donne ordre au chef de bataillon Lequoy de partir demain matin 24 courant à la pointe du jour pour se rendre à Ellahoun 2, où se trouve la division Desaix et y accompagner le convois de provision destiné pour cette division. Veuillez, je vous prie, faire toutes les diligences possibles pour que l'embarquement des dites provisions soit fait de suite ^ et que cet officier puisse mettre à la voile au plus tard à six heures du matm.
Zaj^czek au citoyen Morandy, commandant la galère
„la Coquette'''^.
(El-Zavvieh), le 24 vendémiaire an VII (15 octobre 1798).
Vous voudrez bien envoyer votre canot armé, commandé par le citoyen Morandy, qui se rendra à l'embouchure du canal d'Abousir ^ pour en reconnaître la passe afin de faciliter au convoi qui se rend à la division Desaix à Ellahoun le moyen d'y entrer. Cet ofïicier reconnaîtra bien la dite passe et il reviendra à son poste, sitôt après qu'il aura vu que tout le convoi destiné pour cette division y sera entré et continuera sa marche.
1 Ms. Oss. 2582.
' El-Lahoun (lUahoun) a conservé son vieux nom égyptien de Lo-Houn, ^Bouche du Canalt (Reclus X. 56H).
' Biffé: n'éprouve aucun retard.
* Ms. Oss. 2582.
' »d'agous€ dans le texte de la minute (d'augure?)
100 ZA.(A(]ZBK
Zaj^czek au général divisionnaire Desaix \
(El-Zawieh), le 24 vendémiaire an VU (15 octobre 1798).
Je me suis empressé, autant que j'ai pu, pour expédier à votre division les transports des vivres qui lui sont nécessaires, et cette opération n'a éprouvé d'autre retard que celui occasionné par le manque de matelots et autres objets relatifs à la navigation.
Je ne puis vous annoncer encore l'arrivée de toutes les barques qui ont été expédiées d'Ellahoun pour venir ici, car il n'y a que les plus petites qui sont descendues par le canal de Zaoue, celles qui demandèrent plus d'eau, ayant été obligées de prendre par le canal d'Agous, ne sont pas encore rendues.
Il vient de m'arriver cent hommes à pied du 3°^® régiment de dragons. Cette augmentation de force m'a été bien nécessaire, car après l'expédition des vivres et du convoi qui les accompagne, je serais resté seulement avec 70 hommes de la cavalerie démontés, position assez désagréable dans un pays tel que celui-ci.
Zaj^czek au citoyen Morandy, commandant la galère
Ja Coquette" ^,
(El-Zawieh), le 24 vendémiaire an VII (15 octobre 1798).
Vous ordonnerez aux hommes qui sont de garnison à bord de la galère que vous commandez, de se rendre tout de suite à terre avec armes et bagages, pour accompagner le convoi qui se rend à la division Desaix. Cette garnison sera relevée dans le courant de la journée. Les hommes descendants à terre s'adresseront au chef de bataillon Dorsenne.
1 Ms. Os. 2582.
« Ibid.
A MOKANDY, KONAi'AinK KT A DESAIX 101
Zaj^czek au général en chef Bonaparte ^
(El-Zawieh), le 24 vendémiaire an VII (15 octobre 1798).
Le général Desaix ayant trouvé le point de Beni-Suef trop peu facile dans les communications a jugé à propos de transférer le siège de la province à El-Zawieh. Je crois que cet établissement n'est que momentané, parce que le village d'Ei-Zawieh est infiniment plus petit ^ et plus incommode que celui de Beni-Suef.
Le général Desaix ne me donne point de réponse à la demande que je lui ai faite de la force armée et je suis ici avec 68 hommes de la cavalerie démontés et à peu près 300 malades de sa division qui sont tous logés sur des barques. Cette position est assez embarrassante parce que les gens du pays ne sont pas plus portés pour nous que le reste de l'Egypte et leurs sentiments ne sont rien moins que pacifiques, ainsi qu'on a voulu les désigner.
Je n'ai pu encore procéder à l'organisation du divan, non seulement par la raison de la translation du siège du gouvernement qui vient d'avoir lieu, que par celle de l'absence de l'intendant cophte qui naturellement doit guider mon choix parmi les habitants du pays qui me sont totalement inconnus.
Je viens d'expédier au général Desaix les vivres destinées pour sa division. Le convoi part d'El-Zawieh et a ordre de se rendre à Ellahoun.
Zaj^czek au général divisionnaire Desaix^.
(El-Zawieh), le 26 vendémiaire an VII (17 octobre 1798).
J'ai l'honneur de vous envoyer le plan d'El-Zawieh. Ce village est tellement rapproché d'un autre qu'il serait impossible de mettre le premier en état de défense sans fortifier le second. Cependant les canaux qui entourent cette position contribue-
» Ms, Oss. 2582.
» Voir Denon I. 221.
' Ms. Oss. 2582.
IQ'J ZA.JACZEK
raient 1 à la mettre en état de défense. Trois redoutes placées comme je les ai marquées sur le plan, la rendraient- tenable. Je ne puis cependant m'empêcher de vous observer qu'El-Zawieh aussi bien que le village avoisinnant sont entourés de dattiers qu'il faudrait abattre ^ et qu'il faudrait rendre plus larges et plus profonds les canaux, si l'on prend le parti de fortifier cet endroit. J'ai été visiter la digue jusque à l'endroit où elle a été rompue par Mameluks, et il faudrait beaucoup de temps et beaucoup de dépenses pour réparer cet ouvrage, d'ailleurs cette digue tantôt large, tantôt très étroite ne pourrait guère* favoriser le passage des canons. Il y a des endroits où deux hommes de front ont de la peine à marcher. La coupure de cette digue se trouve distante d'une heure de marche d'El-Zawieh. Les habitants du pays m'ont assuré qu'il y avait trois autres coupures très larges du côté du désert, mais s'il y a une nécessité de rendre cette digue praticable pour les troupes, il faudrait y envoyer des barques par le canal de Joseph pour servir au passage et tenir autant de détachements qu'il y a de coupures pour surveiller les barques, mais ces détachements se trouvant très éloignés devraient naturellement être très forts. ^;
Le général en chef en m'envoyant à Beni-Souef m'a prescrit dans son ordre l'organisation de cette province. Je n'y ai point procédé jusque à ce moment-ci, parce que j'attends que vous m'ayez expliqué vos volontés à cet égard; d'ailleurs la présence du Cophte, intendant de cette province, serait absolument nécessaire. Sans lui je ne pourrai qu'au hasard choisir les mem- ? bres du divan. Il ne manque plus qu'une djerme de celles expédiées d'El-Lâhoun. J'espère qu'elle ne tardera pas d'arriver.
J'ai l'honneur de vous joindre la copie de deux ordres que j'ai tout récemment reçus du général Bonaparte. Comme je sais que ce n'est pas votre intention d'évacuer les malades sur le Caire ^, j'attendrai que vous m'ayez signifié ce que je dois faire à cet égard.
^ Biffé: contribueroient bientôt.
2 Biffé: rendroient cette.
3 Biffé: si l'on prenait le parti de la...
* Biffé: jamais.
* Le 13 octobre (22 vendémiaire) Bonaparte prescrit à Berthier de faire partir pour Beni-Souef tous les hommes de la division Desaix présents au
AU (lENKKAl. lUoAl'AKTE
loa
J'ose vous prier en même temps d'ordonner au Cophte, intendant de l'Egypte supérieur, de presser la remonte des chevaux, parce que le dernier ordre du général en chef fait voir qu'on en a bien besoin.
Une quarantaine de barques chargées de gr.iins sont attendues de la haute Egypte pour aller au Caire. Toutes celles que vous avez expédiées d'Ellahoun sont rendues ici. Un adjoint à l'état-major ^ m'a remis un paquet pour vous. Conformément aux instructions du citoyen Dumaret je le lui remets.
' Zaj^czek au général en chef Bonaparte 2.
(El-Zawieh), le 25 vendémiaire an VII (17 octobre 1798).
Les deux pièces de canons que vous avez donné ordre d'envoyer à Beni-Souef sont de la plus grande nécessité et ne peuvent pas manquer de faire effet. Avant qu'elles arrivent ici, je ferai tous mes efforts pour trouver 24 mulets ou juments pour les atteler. Il serait également à souhaiter que je fusse ^ satisfait pour ce qui est de la force armée que je dois commander ici*; jusque à ce moment rien n'est fixé à cet égard et je suis encore à attendre la réponse du général Desaix. Cependant dans cette province, comme dans toutes celles de l'Egypte, on ne peut rien faire si on n'est point suffisamment pourvu de troupes.
dépôt et cent dragons à pied du 3'' régiment. Ordre devait être donné au général Zayonchek de faire construire un four à Beni-Souef et d'évacuer tous les malades sur le Caire. — Le même jour, Bonaparte annonce à Zayonchek le prochain envoi de deux pièces de campagne avec les harnais, canonniers et charretiers: «Procurez-vous 24 mulets ou juments pour les atteler. Dans tous les cas, deux pièces de campagne vous seront utiles, surtout lorsque les eaux baisseront«. (La Jonquière III. 226).
1 Charles Davout.
> Ms. Oss. 2582.
3 Biffé: également.
^ Voir l'ordre donné au citoyen Duroc, aide de camp du général en chef (20 octobre): »... Vous verrez le général Zayonchek à El-Zâouyeh, et vous lui ferez sentir combien il est urgent qu'il accélère la levée des chevaux, que je trouve singulier qu'il demande toujours des troupes, lorsqu'il a plus de 200 hommes et des bâtiments armés. . .« [Corr. V. 3518). L'insurrection du Caire empêcha Duroc de partir. (La Jonquière III.
104 zajac,.;':k
L'organisât! m de cette province n'est pas encore conimenrée, j'ai cru devoir attendre que le général Desaix m'ait répondu à cet ég-ard et jusque à ce moment rien n'arrive de sa part. L'absence du cophte intendant de Beni-Souef est également préjudiciable aux affaires et les fait traîner en longueur, tant pour le choix des membres du divan que pour la remonte des chevaux dont il n'y en a pas encore un seul, et autres objets V relatifs. — Pour ce qui est des fours que vous ordonnez de construire à Beni-Souef, j'y en ai laissé deux tous faits, lorsque je reçus ordre du général Desaix de transporter le siège de la province à El-Zawieh. J'en fais construire deux autres ici qui seront prêts dans deux ou trois jours.
Quant à l'évacuation des malades, je vais la faire préparer, quoique les ordres donnés par le général Desaix soient de les laisser ici attendu que, dans le nombre de malades il y en a beaucoup dans le cas de retourner à la division. J'en préviens dans ce moment le général Desaix.
Le restant des 100 hommes du 3™^ régiment de dragons viennent d'arriver, ainsi que le citoyen Davout qui m'a remis vos dépêches et qui repart aujourd'hui pour le Caire.
Zaj^czek au citoyen Leqitoy, chef de bataillon de la. 6r demi-brigade^.
(El-Zawieh), le 27 vendémiaire an VII (18 octobre 1798).
Le général divisionnaire Desaix vient de donner ordre pour que les djermes chargées de provisions qui étaient destinées pour Ellahoun et qui ne l'y ont point attendu, comme elles le devaient, retournent sur leurs pas pour se rendre à Ellahoun. En conséquence de ce, au reçu de la présente, en quel endroit que le porteur vous rencontre, partez de suite pour vous rendre à Ellahoun où vous êtes attendu avec impatience. Faites toutes les diligences possibles pour exécuter le présent ordre avec célérité.
P. *S. L'officier du canot vous remettra un avant-train de 3 qui est destiné pour le citoyen Latournerie, chef de brigade,
* Ms. Oss. 2582. En marge: A lui envoyer par exprès.
A LK'jUOY ET A DE^AIX 105
commandant l'artillerie de la division Desaix, et à ({ni vous le remettrez.
Zaj^czek au général divisionnaire Desaix K
(El-Zavi^ieh), le 27 vendémiaire an Vil (18 octobre 1798).
Je viens de recevoir votre lettre en date d'aujourd'hui. Je comptais que le convoi de provisions vous eut joint à EUahoun. |D'après votre lettre par laquelle vous m'annoncez qu'il n'y est point arrivé, je viens d'expédier un exprès par terre au citoyen Lequoy pour qu'il esta retourner de suite à EUahoun. J'expédie également un canot armé, pour qu'on puisse le joindre partout où il sera. Ce canot vous porte un avant train demandé par le citoyen Latournerie, chef de brig-ade d'artillerie.
Le citoyen Rapp, votre aide de camp, n'est point encore arrivé; dès l'instant qu'il paraîtra, je lui communiquerai votre ordre pour qu'il ait à se rendre de suite auprès de vous avec le détachement qu'il emmène, ainsi qu'avec tous les hommes en état de rentrer en campag:ne. J'avais anticipé à votre désir au sujet des hommes en état. Car le citoyen Lequoy en emmène avec lui cent quarante et il en est parti encore avant hier.
Quant à la garnison de la galère, j'y avais déjà pensé, ainsi que le citoyen Dorsenne, mais elle se trouve réduite à sept hommes.
Je suis sans aucune nouvelle des bâtiments de guerre qui croisent sur le Nil. Dès l'instant que j'en recevrai, je vous les communiquerai.
' Le Copte, intendant de la province de Beni-Souef est arrivé aujourd'hui. Je lui ai donné ordre d'établir ici des magasins, soit de légumes, farines etc.; dès l'instant qu'il en sera versé, |je vous en ferai passer par convois, accompagnés des détacheiments formés par les soldats en état de reporter les armes. Si là l'arrivée du citoyen Rapp le versement est commencé, je vous en expédierai.
Je vous avais expédié hier matin un exprès, mais il est revenu avec les dépêches, prétendant avoir été rencontré par les
1 Ms. Oss. 2582.
106 ZAJACZEK
Arabes. Je remets toutes les dépêches au même qui vous porte la présente.
Je suis sans nouvelles attendues du quartier général.
Zaj^czek au général en chef Bonaparte ^.
(El-Zawieh), le 28 vendémiaire an VII (19 octobre 1798).j
L'intendant copte vient d'arriver, mais très malade, et il ne pourra pas vaquer aux affaires de quelques jours. L'établissement des magasins et la remonte seront les premiers objets dont je m'occuperai avec lui aussitôt que sa santé le lui permettra.
Le chef de l'état-major de la division Desaix me mande en date du 26 courant que le général Desaix après avoir fait une courte tournée dans le Fayoum est revenu à Ellahoun, que les Mameluks s'en sont approchés à deux lieues et qu'ils ont pris la position de Sédiman sur le canal de Joseph.
Zaj^czek au citoyen Quichard ^ commandant la flottille\ mouillée à Saoie \
(El-Zawieh), le 30 vendémiaire an VU (21 octobre 1798).! En conséquence des ordres du général en chef au général] de division Desaix: vous ordonnerez, citoyen, à l'officier com-j mandant le chebec le Cerf^ de partir sur le champ pour se rendre à Boulak, où il est destiné à une mission*.
Zaj^czek au général en chef Bonaparte ^
(El-Zawieh), le 30 vendémiaire an VII (21 octobre 1798).
J'ai l'honneur de vous mander qu'au moment où je recevais votre ordre pour faire partir le chebek le Cerf, pour Boulak, la flottille arrivait de la haute Egypte.
1 Ms. Oss. 2582.
2 Ibid.
' Lire: El-Zawieh.
< Corr. V. 3495.
^ Ms. Oss. 2582.
A HONAI^ARIK. I>1'>AIX KT A (;n,CHAKI> 107
J'ai confurmement à votre ordre ordonné à l'officier commandant ce bâtiment de se rendre sur le champ au lieu que vous lui désigniez.
Je vous fais passer ci-joint une lettre du Lrénéral Desaix à votre adresse. Salut et respect.
Zaj^czek au général Desaix \
El-Zavi^ieh, le 1 brumaire an VII (22 octobre 1798).
J'ai l'honneur de vous envoyer la copie de la lettre que je viens de recevoir du Caire. Elle annonce une insurrection qui est heureusement appaisée.
Je vous avais expédié ce matin à 9 heures 3 barques chargées de biscuit, lentilles, farines, les cantiniers de tous les corps, les 50 dragons et 150 hommes d'infanterie, le tout composant un convoi de 13 barques, dans lesquelles se trouvaient toutes les petites djermes de Mameluks; cependant je viens de recevoir l'avis par une d'elles, qu'il n'y a plus assez d'eau pour passer.
Il est actuellement 9 h. soir, je vous expédie de suite un paysan pour vous porter ces nouvelles. J'attends vos ordres pour me procurer les moyens de vous faire parvenir ces transports. Salut et respect.
Zaj^czek au citoyen Guichard, commandant la flottille de la haute Egypte ^.
El-Zàouy^ le 5 brumaire l'an VII (26 octobre 1798).
D'après les ordres que je viens de recevoir du général divisionnaire Desaix, vous voudrez bien ne point débarquer les igarnisons de vos bâtiments et vous préparer à aller en croisière.
I II vous est ordonné de croisière* à la hauteur de Beni-
1 Ms. Oss. 2582.
^ Ms. Oss. 2582 (de la main de Zajaczek).
» El-Zawieh.
* croiser.
108 ZAJAC'ZKK
Souel' ou Abou Girgeh. Il est indispensable que vos bâtiments^ ne restent pas un jour dans le même lieu, mais au contraire, qu'ils soient souvent en mouvements près de Beny-Soueyf ou d'Abou Giro-eh. Vous devez souvent donner de vos nouvelles, ainsi que celles que vous apprendrez sur les mouvements de l'ennemi et les dispositions des habitants. N'épargnez pas la dt'^pense des exprès que vous enverrez avec des nouvelles.
Zayonchek.
P. S. Vous devez visiter tous les bateaux qui remontent; s'ils n'ont pas leurs papiers visés de nous, vous serez plus scrupuleux dans votre visite.
Zaj^czek au général en chef Bonaparte ^
(El-Zawieh), ce 5 brumaire l'an VII (26 octobre 1798).
Ma dépèche d'aujourd'hui ne contient que la relation des bruits qui sont venus jusqu'à moi, mais je suis bien éloigné de les garantir.
Un interprète, Grec de nation, venant de Miniet^ prétend que à Melaoui il y a un rassemblement de 50.000 paysans qui ont des canons. Le nombre des insurgés me paraît exagéré; mais les canons s'y trouvent puisqu'ils ont fait feu sur notre flottille. Comme je n'ai rien sçu ^ de nos émissaires qui démente les bruits, j'ai cru devoir vous les mander. Il assure cependant que Miniet jouit de la plus grande tranquillité.
Le même m'a appris qu'il paraît dans les villages une proclamation du Grand Seigneur, par laquelle les habitants de l'Egypte sont prévenus que plusieurs pachas avec un nombre considérable de troupe sont destinés à venir les secourir contre les Français *.
Le général Desaix vient de me donner ordre d'envoyer en
1 Ms. Oss. 2582, autographe.
2 Minieh.
* su.
* Voir: La Jonquière III. 277 (firman), 291— 6 (fermentation dans le Delta), 302—8 (dans la province de Charkieh), Denon 201, Nakoula el- Turk 75, 82, Reybaud IV. 139, 142-152, Courier de V Egypte N. 15, 20 brumaire. Extrait de l'ordre du jour du 14 brumaire VII. Corr. V. 3575.
A KONAPARTK ET A DKSAIX 109
croisière la plus grande partie des bâtiments de guerre jusqu'à la hauteur de la province de Beny-Soueyf. Ce mouvement sera exécuté au premier vent.
J'espère que le général Desaix qui est toujours à Ellahoun, vous donne des détails sur la position des Mameluks. Quant à moi, je n'en sçais autre chose, si non qu'une partie de leur armée chemine vers Osiot^ en côtoyant les montagnes. Le bruit court que Mourat-Bey veut passer le Nil, traverser les déserts «t se joindre à Ibrahim. L'intendant cophte étant toujours malade, la remonte des chevaux et l'organisation de la province ne sont pas du tout avancées. Notre ambulance a besoin de médicaments. Daignez, Général, donner des ordres pour qu'il nous en soit envoyé. Salut et respect.
Zaj^czek au général Desaix^,
(El-Zawieh), 6 brumaire l'an VII (27 octobre 1798).
Au moment où j'allais vous expédier le porteur de cette dépêche, la vôtre du 5 brumaire m'est parvenue. Je recommanderai la plus grande exactitude aux exprès que je vous enverrai. Quant à la paye, c'est l'intendant Copte que j'en ai chargé et il a fait avec eux le marché pour aller et venir. Par conséquent, mon Général, il est inutile que vous les payez de vôtre côté, à moins que vous ne vouliez leur donner une gratification.
Les bateliers seront payés en grain, comme vous l'ordonnez.
Pour ce qui est de la digue qui doit servir de communication, je ne puis encore rien vous mander de nouveau à cet égard, mais c'est' une opération qui n'est rien moins que facile, j'y travaillerai cependant de toutes me(s) forces, et vous en enverrai les croquis le plutôt qu'il me sera possible.
Quant à l'organisation de la province, ainsi qu'à la remonte, je presse tous les jours l'intendant Copte de me présenter les
* Probablement: Aoiout ou Siout.
2 Ms. Oss. 2582, aut.
* »ceta dans le texte de la minute.
110 tAZOWSKI
sujets pour le divan et d'envoyer ses ordres pour faire venir les chevaux. Sa réponse ordinaire est que l'organisation du divan ne peut avoir lieu que lorsque nous serons à Beny-Soueyf, et que l'on ne peut demander les chevaux dans ce moment ici, parce que les paysans ne se trouvent pas dans une assiette d'esprit tranquille, et qu'ils attendent d'un jour à l'autre une nouvelle bataille qui selon eux doit chasser les Français de la haute Egypte. L'insurrection qui s'est ^ manifestée à Melaoui^ tient les esprits, à ce que disent les Cophtes, dans l'incertitude sur le parti qu'ils doivent prendre. Ces raisons sont-elles vraies ou imaginaires? Je n'en sais ^ rien. Pour moi, je crois que la paresse du Cophle y entre pour beaucoup. Salut et respect.
Zayonchek.
Le chef de bataillon du génie tazowski au général de division Dugua ^
Damiette, le 8 brumaire an VII (29 octobre 1798).
Général, je vous prie de vouloir bien faire la demande dans les provinces circonvoisines de tous les maçons qui s'y trouveront pour les travaux des fortifications de Lesbé, du Lac* et de l'embouchure du Nil. — Vous avez déjà pu vous apercevoir du peu de moyens-^ que nous fournira la ville de
1 »c'est€ (dans le texte original).
2 »sçais«.
' Arch. hist. de la Guerre. Armée d'Orient.
* Menzaleh. La Jonquière III. 146: Extrait de la Carte topographique de l'Egypte, levée par les Ingénieurs géographes: »Damiette et lac Menzaleh t.
' Voir lettre de Caffarelli à Lazowski, du 14 octobre: »Je vous envoie ci-joint, mon cher camarade, un mandat de dix mille livres qui vous sera payé à Damiette. Comme le payeur de cette place a peut-être plusieurs ordonnances à acquitter et qu'il différerait l'acquit de la vôtre, s'il la jugeait peu urgente, vous lui laisserez ignorer ainsi qu'à tout le monde que vous ayez d'autres fonds à votre disposition : c'est un avis donné par le général en chef lui-même. Je vous donne cependant un mandat de cinq mille livres que vous trouverez ci-joint, lequel vous sera acquitté par le gérant avant votre départ. — Je vous prie de reconnaître votre route avec tQ\it le soin possible en vous servant même de la boussole, si vous le pou-
AU GÉNÉRAL DllGUA 111
Damiette en ouvriers de ce genre et en matériaux de construction, mais j'ai la pleine confiance que toutes les difficultés de premier établissement que j'éprouve depuis mon arrivée, seront aplanies par les ordres que vous voudrez bien donner pour me mettre à même de pouvoir exécuter ceux du général en chefi. Salut et respecta
vez sans trop de fatigue. Vous savez que Sabatier a été forcé de laisser dans sa carte de nombreuses lacunes. On met surtout un grand intérêt aux renseignements sur la navigation des canaux qui se portent vers le désert. — En arrivant à Damiette vous remettrez au général Vial, au capitaine Sabatier, s'il est à Damiette, à l'ingénieur des ponts et chaussées Girard, les lettres ci-jointes. Elles sont destinées à leur demander les secours qui vous seront nécessaires. — Je vous ai remis et vous connaîtrez officiellement à Damiette les divers ordres du général en chef pour la fortilication de Lesbé et de son isthme. Exécutez avec toute la célérité possible ces travaux urgents; avant un mois peut-être ils seront visités par le général en chef lui-même. Il y attache une grande importance. Nous n'avons pas que poser les bases du projet de Lesbé {la Eshé). Reconnaissez la au plutôt, levez-la à grande échelle, envoyez-moi votre projet pour sa clôture. Cet ouvrage me paraît le plus facile. Dans tout état de coup, c'est beaucoup que d'être clos. De même il faut déterminer l'emplacement des trois batteries et les mettre en état de recevoir les pièces ou les perfectionner ensuite. — Déterminez dans Lesbé les maisons à abattre, celles qui doivent être destinées aux usages publics. Les ingénieurs des ponts et chaussées vous aideront soit dans la reconnaissance des maisons soit dans leur expropriation. Je ne puis rien ajouter à cette instruction que je n'ai vu vos projets, les ordres du général et les discussions verbales dans lesquelles nous sommes entrés, vous ont fait assez connaître le but que vous êtes chargé de remphr. — Je vous recommande avec instance de me rendre des comptes très fréquents et de m'écrire aussi souvent que possible: faites en sorte que ce soit de moi que le général apprenne les progrès de vos travaux*. 1 Voir. Gorr. V. 3428, 3443, 3467,3468, 3473, 3475; LaJonquière III. 299-301.
* Caffarelli au cit. Lazowski, 16 octobre: »Je vous prie d'exécuter le plus promptement possible après votre arrivée à Damiette la commission que je vous ai donnée d'acheter et d'envoyer au Caire toutes les enclumes, étaux, soufflets à l'européenne et propres aux grands ouvrages, que vous pourrez vous procurer*.
112 ZA.IACZÏOK
Zaj^czek au général Desaix^.
El-Zawieh, ce 10 brumaire an VII (31 octobre 1798)
Citoyen Général, j'ai l'honneur de vous envoyer la copie de la dépêche qu'un adjoint de l'état- major général vient d'apporter pour vous à El-Zawieh. La digue que vous m'avez recommandé de rendre praticable pour la communication avec votre armée ne peut pas être rendue réelle malgré tous mes soins. L'inondation ayant diminuée considérablement, il ma été impossible d'y faire parvenir des barques, moyennant lesquelles j'avais compté d'arranger ce passage. Le pays manquant de bois je ne puis y établir des ponts, il ne resterait donc que de faire combler les coupures avec des terres, mais cet ouvrage ne peut point être entrepris dans un pays où nous sommes encore trop mal obéis. D'ailleurs la terre sera sèche et praticable avant qu'un ouvrage de la corde puisse être achevé'-^. Ainsi, Général, ne comptez pas du tout sur ce chemin, mais les habitants du pays m'ont assuré que celui d'Ellahoun à Beni-Souef est déjà praticable.
Le général en chef m'ordonne en date du 7 brumaire de prendre des moyens actifs pour avoir des chevaux de cavalerie*. J'ai beau presser l'intendant Copte, que tant que nous ne serons pas à Beni-Souef rien ne pourra se faire dans la province. Daignez, Général, porter l'intendant général qui est auprès de vous de recommander sérieusement à celui de Beni-Souef de faire l'impossible pour avoir des chevaux; cet homme est un vieillard extrêmement honnête et doux, mais trop mou et trop craintif pour bien remplir cette place. ■■
1 Ms. Oss 2582.
' Biffé: activé.
' Corr. V. 3552. Au général Zayonchek, à Beny-Soueyf, le 28 octobre. » Je vous prie ... de prendre des moyens actifs pour monter les hommes à pied que vous avez avec vous. Les eaux baissent de tous côtés, et bientôt la cavalerie nous sera extrêmement essentielle. Faites-moi connaître si vous vous êtes procuré les vingt-quatre chevaux pour atteler notre artillerie. — • Envoyez tous les cinq jours votre état de situation à l'état-major, et donnez-moi de vos nouvelles et de celles du général Desaix le plus souvent qu'il vous sera possible*.
Les bâtiments armés ne sont partis d'ici que depuis hier, faute de vent.
Zaj^czek au général Desaix ^
(El-Zawieh), le 10 brumaire an VII (31 octobre 1798).
Citoyen Général, le capitaine Sève de la 21-me vient d'arriver avec un détachement de 28 hommes de différents corps, il m'a remis une dépêche pour vous de la part du général en chef, je vous ea envoie la copie.
Les espions que j'ai envoyés dans la haute Egypte, ne me donnent point encore des nouvelles de l'ennemi ni du rassemblement à Melaoui dont je vous ai fait part, il y a quelques jours. Nous apprenons seulement par les différentes personnes qui en viennent, qu'il n'y a point de rassemblement effectif, mais que les paysans du voisinage de la ville de Melaoui, dociles à l'invitation du cheik de cette ville, se sont engagés de se réunir à lui au premier coup de canon.
Je vous ai communiqué, mon général, l'ordre que le général en chef vient de m'envoyer, d'employer les moyens actifs pour avoir des chevaux; il me faudrait en conséquence quatre à 500 hommes d'infanterie pour aller d'un village à l'autre pour chercher des chevaux, je me ferais accompagner dans cette tournée par l'intendant de la province. Ce moyen serait selon moi le plus efficace pour avoir des chevaux, mais ne dérangera-t il pas vos projets, ce que je crains, parce que pour le mettre en exécution au lieu de vous envoyer les hommes qui sont en état de porter les armes, je serais obligé de m'en servir. Toutefois je ne m'en aviserai pas sans y être autorisé par vous; je vous préviens seulement, Général, que sans cette mesure nous n'aurons pas de sitôt les chevaux de la province de Beni-Souef. Si je demande pour cette expédition 4 ou 500 hommes, c'est pour épargner le sang de nos soldats, aussi bien que des paysans qui n'oseront jamais attaquer un détachement aussi fort et qui s'aviseraient peut être de guerroyer, s'ils nous voyaient moins en force.
1 Ms. Oss. 2582.
114 ZAJACZEK
Le chef de bataillon de la 21-e, Picquet, est arrivé ici depuis hier avec 80 hommes de différents corps, il a porté avec lui. j beaucoup d'effets d'habillement pour votre division. *
11 y a six jours que j'ai fait publier par l'intendant copte que tout village qui aura tardé d'amener des chevaux dix jours après la réquisition, sera puni de 100 thaler d'amende; cette . mesure qui est purement par menace, ne fait aucun effet. — î Salut et respect.
Zajqczek au citoyen Gaichard, commandant la flottille ^
(El-Zawieh), ce 11 brumaire an VII (1 novembre 1798)
J'ai reçu votre lettre, Citoyen Commandant. Je vous remercie des nouvelles que vous me donnez des Mameluks; continuez, je vous prie, à m'écrire le plus souvent possible. Cette correspondance entre nous est indispensable. Le général Desaix me recommande surtout de faire l'impossible pour savoir, où sont les bâtiments de guerre des Mameluks. Faites de votre- , côté tout ce que vous pourrez pour l'apprendre. Quant au peu ! d'eau dont vous vous plaignez, j'en ferais mon rapport au général. En attendant continuez votre croisière.
Je vous envoie une djerme que vous me demandez. Comme l'eau diminue, ne restez pas longtemps à Beni-Souef et poussez plus loin. Le village d' el Melahiez ^ s'amuse à piller les barques. Tâchez de le mettre à la raison. — Salut et fraternité.
Zajqczek au général Desaix^,
(El Zawieh), le 12 brumaire an VU (2 novembre 1791
J'ai reçu vos deux lettres du 11 du courant; si je ne voulais- 1 pas accuser la réception de deux autres en date du 7 brumaire, c'est que ce commissionnaire n'était pas encore arrivé- i au moment où je vous ai écrit. La route étant infestée de ^ Bédouins, les commissionnaires sont obligés de faire des dé-!
1 Ms. Oss. 2582. g-
2 Peut être: Melatieh (entre Minieh et Beni-Souef). | 5 N- 3. m. Oss. 2582. |
A GUICHARD ET A DKSAIX 115
i tours pour les éviter. Je suivrai exactement ce que vous me I prescrivez, mon Général, pour la levée des chevaux; la flottille pourrait m'aider de beaucoup dans cette opération, mais je suis forcé de vous dire qu'il faudrait plus de zèle dans les commandants de cette arme^, cependant je lui ferai passer incessamment un ordre et des instructions à cet égard. Il m'a écrit hier de Beni-Souef pour me dire que le Nil diminua considérablement et qu'il serait temps de lui faire finir sa campagne; je lui ai répondu que je ne puis le faire sans un ordre de votre part, et en attendant votre décision il n'avait qu'à pousser plus loin sa croisière. Je lui ai envoyé en même temps une djerme qu'il m'a demandée pour alléger ses bâtiments de guerre.
J'ai expédié trois espions du côté de l'ennemi, mais je n'en reçois point de nouvelles; on m'a seulement mandé hier que les Mameluks étaient à Sédiman; c'est un écrivain du Copte qui l'en instruit, mais comme d'un bruit.
Aussitôt que j'aurai tiré les chevaux de villages voisins de El-Zawieh, je partirai pour Beni-Souef. Le Copte me promit que je les aurai dans la journée de demain ou après; toute fois avant de quitter cet endroit -ci je vous enverrai un exprès pour vous en avertir.
J'ai recommandé à l'intendant Copte, il y a quelques jours, d'envoyer un homme sensé pour avoir des nouvelles du chemin qui conduit de Beni-Souef à Ellahoun, mais ces gens là sont si lents dans l'exécution de ce qu'on leurs commande, que je ne sais encore, si en effet ce chemin est praticable; nous enverrons aujourd'hui pour nous informer de celui qui conduit de Bouch à Ellahoun.
J'ai ordonné la confection de biscuits, mais les préposés aux fours trouvent cette opération difficile, il faudra cependant qu'elle se fasse à moins d'une impossibilité absolue. Le commandant de la flottille me mande que la plus grande tranquillité règne dans la haute Egypte, mais l'écrivain du Copte
* Voir les extraits du journal de Belliard(La Jonquière III. 517). »Les maudits marins ne sont pas meilleurs sur l'eau douce que sur la mer«... j La caractéristique de Guichard : «l'aimable mâchoire», ^toujours content I de Iui«, prend «beaucoup des sages précautions pour sa sûreté person- I nelle« etc.
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que je lui ai fait donner d'ici, dit le contraire dans sa lettre à l'intendant et prétend que les esprits y sont très agités.
La lettre ou proclamation que les gens de loi du Caire ont écrite aux habitants de la province de Beni-Souef\ a fait un fort bon effet à ce que m'en assure l'intendant Copte.
Je suis enchanté que vos yeux aillent mieux. Le visicatoire est un remède souverain contre ce mal; j'en ai éprouvé l'eflicacité.
P. S. L'officier de santé m'ayant recommandé qu'ayant dans son hôpital une trentaine de malades qui ne peuvent point être scuéris ici, j'ai pris sur moi de les envoyer aujourd'hui au Caire.
Je vous envoie la lettre du commandant de la flottille; vos lettres pour le général en chef vont partir aujourd'hui pour le Caire.
Zajqczek au général en chef Bonaparte ^
(El-Zawieh), le 12 brumaire an VIÏ (2 novembre 1798).
La baisse des eaux ayant interrompu la communication qui existait entre El-Zawieh et EUahoun, le général Desaix vient de me donner l'ordre de me rendre à Béni- Souef avec le détachement qui se trouve auprès de moi. Je vais exécuter cet ordre le 14 ou le 15 du courant, si le vent ne s'y oppose pas.
La lettre que les gens de loi au Caire ont écrite aux habitants de la province de Beni-Souef pour leur annoncer la mauvaise issue de l'insurrection de la capitale a produit le meilleur ^ effet possible et l'intendant Copte m'assure que nous aurons pour demain quarante chevaux. S'ils sont bons, je les envoie aussitôt au Caire.
La flottille croise du côté de Beni-Souef; du reste je n'ai rien de nouveau à vous mander.
^ Courier de VEgypte Nr. 14, 10 brumaire VII. Traduction d'une circulaire adressée par les gens de loi de la ville du Caire aux habitants des provinces. La Jonquière ill. 285.
2 Ms. Oss. 2582.
3 Biffé: un fort bon effet.