AUX GÉNÉRAUX DKSAIX ET BONAPARTE
Zaj^czek au général en chef Bonaparte \
(El-Zawieh), le 15 brumaire an VII (5 novembre 1798).
Mon Général, les Mameluks ont fait un mouvement sur Sédiman; Mourad-Bey s'y trouve en personne; instruit par ses espions que le général Desaix s'est rendu à Fayoum pour tirer les chevaux de cette province, il a détaché deux beys avec leurs corps, à qui il est enjoint de chercher à couper les détachements que le général Desaix aura été dans le cas de faire avoir des chevaux. Il est à espérer que les deux beys en seront quittes pour leurs peines 2.
Cependant quoique l'armée des Mameluks se soit approchée de la nôtre, elle se tienne toujours derrière le canal de Joseph. Ces nouvelles sont certaines, je les tiens d'un espion sûr.
Les paysans refusent constamment de nous fournir les chevaux et depuis deux jours ils nous refusent même les vivres. Je suis forcé par conséquent de faire un de ces jours une expédition qui servira d'exemple au reste du pays ^.
1 Ms. Oss. 2582. En marge: Il a été expédié le même jour au général Berthier l'état de situation.
2 Voir Corr, V. 3583-4. La Jonquière III. 848-50. 'Berthier au général Zayonchek, commandant la province de
Benasse.
Au quartier général du Caire, le 12 brumaire an VII [2. XI 1798]. Le général en chef... vous ordonne que immédiatement après la réception du présent ordre, vous ayez à réunir chez vous l'intendant de la province et l'agent français. — L'intendant de la province remettra la note •des villages de la province auxquels l'intendant général a fait une demande ■de l'acompte sur le miri. Cela se monte pour chaque province aux sommes portées dans l'état ci-joint. — Le général en chef me charge particulièrement de vous faire sentir que comme la subsistance de l'armée est basée «ur ces prompts recouvrements, il est indispensable que sous huit jours les villages aient versés, en envoyant une colonne mobile à ceux qui n'auraient pas payés.— Cet argent conformément à l'ordre doit être versé dans les mains du payeur de la province ou pour celles qui n'auraient pas de payeur, dans les mains d'un quartier-maître qui en fera les fonctions. Le montant de l'acompte pour votre province est de 28.750 pataquès de 90 médins.
120 ZAJACZEK
Le commandant de la flottille qui est à Beni-Souef, a ordre de requérir les chevaux dans tous les villages qui se trouvent sur les bords du Nil dépendant de la province de Béni Souef.
P. S. Je n'ai encore reçu aucun cheval de la province de Beni-Souef.
P. S. L'armée de Mourad-Bey est encore de trois à quatre mille hommes; il lui vient des Arabes assez souvent, mais il en repart de même de son camp. Les dernières nouvelles que j'ai eu du général Desaix, sont d'hier de Fayoum.
Il se trouve à l'armée de Mourad-Bey trois pièces de canons et un obusier.
Zaj^czek au général Desaix \
(El-Zawieh), le 15 brumaire an VII (5 novembre 1798).
J'ai reçu votre lettre du 14 N-ro 4. J'espère que la mienne d'hier vous est déjà parvenue. Je vous ai mandé que Mourad- Bey était campé près de Sédim.an et qu'il a détaché deux beys de son armée pour vous inquiéter et enlever ceux des nôtres que vous aurez envoyés après les chevaux. Aujourd'hui je reçois la confirmation de ce rapport. On y ajoute seulement de Beni-Souef qu'une partie des Mameluks était postée à Mayani, village situé à l'autre côté du Bahr Joseph ^ et à quatre lieues de Beni-Souef.
Les habitants de ce dernier endroit prétendent avoir été informés que Mourad-Bey doit y venir incessamment. Ils mandent en même temps qu'ils ont été requis de fournir aux Mameluks 100 hommes armés. Le village de Bellifeen * me mande la même chose et en général tous, depuis ce mouvement en avant de Mourad-Bey, les habitants sont plus que jamais obstinés à ne rien vouloir nous donner.
Il y a quatre jours que j'ai envoyé à la découvert du chemin de Boûch à Illahoun*, mais c'est une mer à boire avec
* N"^*» 5 autogr. Ms. Oss. 2582.
2 Bahr Yoûsef ou <fleuve de Joseph:
» Beléfiéh.
* Ellahoun.
AU GÉNÊKAL DESAIX ET CIT. GUICHAllD 121
les gens du pays. Ils m'ont siniplennent rapporté que ce chemin était encore inpraticable dans deux endroits, par rapport à l'inondation ou plutôt à la fange qu'elle a laissée par là; mais ils ne me disent rien, ni quel(le) est la largeur du chemin, ni quel(le) quantité de canaux qu'il y a (à) passer, ni quels sont les villages que l'on a à traverser en suivant ce chemin. J'en ai expédié deux autres aujourd'hui, l'un pour examiner le chemin de Bouch, l'autre celui de Beni-Souef à Ellahoun. Je m'empresserai de vous en instruire le plutôt qu'il me sera possible. Quant à la flottille, c'est un cas très embarassant pour moi de décider, si elle peut encore agir sur le Nil, et je crois ne pouvoir mieux faire que de m'en rapporter au commandant de la flottille. Il est certain que le Nil baisse considérablement.
Zajqczek [au citoyen Guichard, commandant de la
flottille] \
[El-Zawieh, le 15 brumaire an VII (5 novembre 1798)].
J'ai reçu votre lettre du 14. J'ai communiqué au général Desaix celle que vous m'avez écrite précédemment et dans laquelle vous vous plaigne de la baisse des eaux. Il me charge de vous répondre qu'il laisse à votre zèle et à votre prudence^ soit de continuer vos opérations sur le Nil, soit de vous retirer vers nous selon que vous en verrez la possibilité.
Je n'ai jamais pensé à vous charger de l'exécution des chevaux dans des villages éloignés des bords du Nil, mais je vous réitère de visiter tous ceux qui se trouvent près du Nil et d'en tirer des chevaux.
Mandez moi tout ce que vous saurez sur Mameluks et n'épargnez pas l'argent ni pour les commissionnaires ni pour les espions. Vous ordonnerez au cheik de Béni- Souef de préparer le plus de farine qu'il pourra.
Ms. Oss. 2582. L'adresse et la date sont à peu près illisibles.
122 ZAJACZRK
Zaj^czek au général Desaix^.
(El-Zawieh), le 16 brumaire an VII (6 novembre 1798). Le bruit vient de se répandre qu'un de vos détachements a été défait par les Mameluks, que vous êtes cerné avec le reste de votre division et que les Mameluks ont pratiqué un pont sur le canal Joseph à une lieue d'Ellahoun. Je regarde tout cela comme un faux bruit. Cependant je désirerai à avoir de vos nouvelles le plutôt possible. Je viens encore d'expédier trois espions au camp de Mameluks. J'attends leur retour demain ou au plus tard après. Je vous envoie la lettre du commandant de la flottille.
Zaj^czek au citoyen Guichard^.
(El-Zavi^ieh), le 17 brumaire an VII (7 novembre 1798). Puisque le vent ne vous favorise pas et que d'ailleurs notre marche sur Beni-Souef est retardée de quelques jours, tâchez de vous rapprocher de nous autres. Vous commencerez votre mouvement aussitôt que vous aurez reçu la présente, mais en faisant vous exécuterez les villages qui se trouveront sur votre passage pour les chevaux. Mais si par hasard vous appreniez que les Mameluks s'avancent de nôtre côté, alors sans perdre de temps vous tâcherez de nous rejoindre le plutôt possible. Prenez de Beni-Souef tout ce qui se trouve en fait de farine.
Zaj^czek au général en chef Bonaparte^.
(El-Zavvieh), ce 17 brumaire an VII (7 novembre 1798). Le général Desaix me charge de vous demander du biscuit pour toute la division; nous n'avons ni assez des fours ni assez 4'ustensiles pour en perfectionner ici.
1 N'« 6. Ms. Oss. 2582.
2 Ms. Oss. 2582.
« Ms. Oss. 2582.