‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 60 sur 115 · AUX GÉNÉRAUX DKSAJX ET BONAPARTE · texte numérisé non relu

AUX GÉNÉRAUX DKSAJX ET BONAPARTE

Zaj^czek au général DesaixK

(El-Zawieh), le 23 brumaire an VII (13 novembre 1798).

Un de mes espions vient d'arriver du camp de Mameluks. Ils ont abandonné cette nuit la position de Mayanny, et de Sédiman, ils ont marché sur Benhassé en côtoyant la montagne. Mourad-Bey a, dit-on, été furieux de l'événement qu'ont eu les entreprises des siens sur Fayoum^ Il a reproché aux Mameluks leur lâcheté en disant: pour le coup la terre, où nous sommes, n'est plus à nous, et je conviens que les Français sont plus dignes que nous de la possédera

Je fais suivre Mourad-Bey par mes espions; je ne manquerai pas de vous faire part de ce que j'en saurai. J'ai reçu vos deux lettres, N-o 7 et N-o 8, en date du 21. Le citoyen Rapp, votre aide de camp, vient de partir à ce moment pour le Caire. J'ai fait prévenir les villages au-dessous d'El-Zawieh qu'ils aient à fournir les chevaux qui leur ont été requis, ainsi que l'acompte du miry qui leur a été demandé, et si dans 3 jours ils ne se conforment pas à cet ordre, il y aura un détachement qui marchera contre eux.

Zaj^czek au général en chef Bonaparte ^.

(El-Zawieh), le 25 brumaire an VII (15 novembre 1798).

Si j'ai tardé de vous accuser la, réception de vos deux ordres du 12 s, c'est que depuis le 21, où ils me sont parvenus, je n'ai pas eu un moment de relâche, une douleur des yeux excessive me tourmentant sans discontinuer.

Jusqu'à l'arrivée du général BelHard, j'avais assez ^ de barques à la vérité pour les employer à courir après les chevaux,

1 N-ro 14. Ms. Oss. 2582.

2 La Jonquière III. 346—7.

' La Jonquière IIL 350. Belliard à Bonaparte, El-Zawieh, 23 brumaire.

4 Ms. Oss. 2582.

8 Ces ordres ne sont pas publiés dans la Corr.

« Biffé: beaucoup.

132 ZAJACZEK

mais je n'avais pas assez de soldats pour les armer. Après que le o'énéral Desaix avait marché dans le Fayoum, les Mameluks s'étaient tellement avancés dans le pays, que je devais me tenir en garde contre eux. Les quatre bâtiments armés qui se trouvent ici, avaient reçu ordre: de requérir les chevaux dans tous les villages qui se trouvent sur les bords du Nil, mais cet ordre n'a rien produit, le commandant de la flottille s'excusant. tantôt parce qu'il manquait de vent et tantôt parce qu'il manquait d'eau.

Kniin les choses ont trainé jusqu'à l'arrivée du général Belliard, et ce n'est que dès aujourd'hui que nous envoyons une colonne mobile pour percevoir l'acompte^ du miry et les chevaux. On commence par la partie la plus basse de la province; quand nous en aurons tiré ce qu'elle doit fournir, nous avancerons sur BeniSouef.

Votre ordre du 20 c^^, qui enjoint d'arrêter le nommé sultan Ibn-Behitta-el-Assioulti, m'est parvenu le 24; il m'a été impossible de l'exécuter, parce que le prévenu s'est évadé depuis plusieurs jours. Je puis seulement dire en sa faveur que c'est un des nationaux qui a montré le plus d'attachement aux Français et qui les a servi avec tant de zèle que tous ses compatriotes sont contre lui. Il se peut fort bien qu'il ait tiré quelque argent des barques qu'il a visitées, car ces sortes de concessions sont du style turc, mais c'est l'homme que je crois réellement porté pour les Français. Je ^ le recherche et si je le découvre, je vous l'enverrai.

Depuis les derniers avantages que la division Desaix a remportés, dans le Fayoum, l'ennemi* a abandonné Moyanne et Sédiman pour se replier sur Benhessé.

La division du général Desaix est toujours à Fayoum.

1 Biffé: argent.

^ Corr. V. 3599. Au général Zayonchek, à Beni-Souef, 10 novembre. «Vous trouverez ci-joint . . . une lettre de l'administrateur des finances. Je vous prie d'envoyer sur-le-champ des bâtiments armés et des troupes pour faire arrêter le sultan Ibn-Behitta-el-Assioulti >.

' Biffé : J'en fais faire des recherches.

* Biffé: s'est replié sur Bénése.

A BONAPARTE ET A l.'jNTENDANT DE J'.ENl-SOIIEF 133

Zaj^czek au général en chef Bonaparte \

(El-Zawieh), le 27 brumaire an VII (17 novembre 1798). La course que fait le général Belliard dans le pays, nous a valu quelques chevaux: je vous en envoie dix. Le général Belliard va recommencer sa promenade demain; à mesure qu'il nous viendra des chevaux, je vous les ferai passer. Pour prévenir 2 tout accident en route, je vous envoie le signalement de ces chevaux N-ro 1 à 10 ^ Je n'ai rien de nouveau, ni de la division, ni de l'ennemi. Il se répand seulement le bruit que les Mameluks sont à Abou-Girgéh et qu'ils se préparent à passer le fleuve pour aller rejoindre Ibrahim- Bey, mais ce n'est qu'un bruit parmi les nationaux. La barque qui* conduit ces chevaux, nous est nécessaire pour en conduire d'autres. Le sous-ofticier qui commande, a ordre de la ramener; en cas qu'il fut empêché, je vous prie d'ordonner qu'il la reconduise ici.

Zaj^czek à l'intendant de la province de Beni-Souef^.

(El-Zawieh), le 27 brumaire an VII (17 novembre 1798).

Le service de subsistances est sur le point de manquer. Vous voudrez bien donner vos ordres de suite pour qu'il soit versé dans les magasins d'El-Zavi^ieh, avant deux jours au plus tard, cent ardeps^ de farine, vous rendant responsable du moindre retard. Il existe ici une barque auprès de celle de l'intendant de Girgeh, plusieurs sacs de farine; veuillez bien me dire à quoi ces farines sont destinées ou à qui elles appartiennent.

^ Ms. Oss. 2582.

2 Biffé: éviter.

* En marge : Exp. 10 chevaux par le c".

* Biffé: qui vous.

5 Ms. Oss. 2582.

« àrdeb, mesure de grains.

134 ZAJACZKK ET i.AZOWSKl

Zaj^czek au général DesalxK

(El-Zawieh), le 29 2 brumaire an VII (19 novembre 1798).

Je viens de recevoir l'ordre du général en chef de me rendre au Caire pour y rétablir ma santé. Je quitte El-Zawieh aujourd'hui, heureux si pendant le peu de temps que j'y ai passé sous vos ordres, j'ai pu mériter votre estime.

Zaj^czek au général BelliardK

(El-Zawieh), le 29 brumaire an VII (19 novembre 1798).

J'ai l'honneur de vous remettre ci-joint la copie de l'ordre du général en chef relativement à la perception du miri dans les diverses provinces d'Egypte 4, ainsi que la quantité de chevaux que j'ai reçue jusqu'au 28 brumaire.

Lazowski, chef de bataillon du génie, au général divisionnaire Dugua, commandant à Damiette^.

Lesbé, le 3 frimaire an VII (23 novembre 1798).

Citoyen Général, il est bien vrai que dans la première distribution que j'ai faite généralement des bâtiments situés le long de la rivière à Lesbé, j'ai tâché d'affecter à chaque administration différente, ce qui m'a paru convenir le mieux à son service particulier. C'est ainsi que j'ai déterminé pour l'artillerie une île de maisons à la gorge d'un bastion qui commande toute la rivière, parce que cette position demandera en tout temps un armement dépendant en partie du service de cette arme; que j'ai déterminé pour la marine un établissement près de l'eau où se trouvent des hangards propres à des dépôts de cordages, ancres, goudron, etc.; que j'ai déterminé pour le nouveau

1 N° 15. Ms. Oss. 2582.

2 Biffé: 28.

8 Ms. Oss. 2582.

4 Corr. 3566.

s Arch. h. de la Guerre, Armée d'Orient, autogr.

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