RAPPORT SUR LES TRAVAUX
«hée avait quatre pieds de profondeur sur six pieds de largeur et quatre-ving-ts toises de longueur, à l'exception du dernier boyau en retour qui était sur les maisons, creusé dans un terrain ferme et n'avait que trois pieds de largeur sur quatre pieds de profondeur et vingt toises de longueur.
Sur les 11 heures du soir, nous pénétrâmes dans l'intérieur des maisons jusqu'à la dernière rue qui forme la séparation du fort d'avec le village, afin de reconnaître où l'on pourrait placer le mineur et pratique»* la galerie de communication.
Les sapeurs n'ayant point été relevés de toute la nuit, ce premier travail se termina à 5 heures du matin.
Zajqczek au chef de brigade Détrès, à MinietK
(Beni-Souef), le 27 pluviôse an VII (15 février 1799).
Je vous fais passer ci-joint des dépêches qui m'ont été remises pour vous au quartier général, ainsi que celles pour le général divisionnaire Desaix, auquel je vous prie de les expédier par première occasion.
L'insurrection qui a eu lieu dans le haut de cette province, paraît n'avoir pas de suite, quoiqu'elle ne soit pas sans donner bien de l'inquiétude et la communication entre votre province et celle-ci paraît n'être pas entièrement libre.
Le général divisionnaire Dugua, commandant au Caire en absence du général en chef, m'a ordonné de le tenir avisé sur tout ce qui pourrait avoir lieu dans la haute Egypte, ainsi si vous avez quelque chose à lui mander, vous pouvez m'adresser vos dépêches, parce que toutes les décades et quintidis je lui expédierai un courrier. Si vous avez quelque nouvelle de la division Desaix, je vous serai obligé de me la communiquer, €t si de mon côté j'en ai quelqu'une, soit de Syrie ou de France, je m'empresserai à vous la faire suivre.
P. S. Dans ce moment-ci le citoyen Colbert vient de me communiquer votre lettre du 25. Je vois que votre position est toute aussi embarrassante que la mienne, et si tout ce que le Copte qui est auprès de vous mande dans sa lettre, est vrai, vous vous trouverez bientôt dans des circonstances plus déli-
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cates. Le Copte dit entre autres choses que trois des beys, avec? 500 Mameluks qui ont passé de l'autre côté du Nil, se trou- • vant portés vis-à-vis de votre province, ont fait passer leurs! émissaires et une partie de leur troupe du côté de Siout, que les paysans encouragés par ces gens là font des provisions de cartouches et se préparent à nous faire la guerre. Malgré que je doute de la vérité de ce rapport, parce que si le fait était tel \ vous en sauriez quelque chose, cependant comme tout est possible, je crois devoir vous avertir qu'au plus tard dans 3 jours, je me propose de marcher sur^ les villages révoltés de ma province et qui se trouvent du côté de Miniet. A mesure ^ que % je m'approcherai de vous, je vous enverrai des exprès, de ma- nière que vous puissiez toujours être informés de ma position, afin de régler vos mouvements là-dessus et en cas que vous ; eussiez besoin de mon secours, je m'y porterai ou bien vous vous replierez sur moi dans le cas que vous aurez calculé que, ■ vu l'éloignement, il me serait impossible d'aller vous secourir. J'aurai avec moi 400 hommes et une pièce de canon, ce qui ; uni aux 250 que vous avez, nous mettrait très en état de re- j sister même aux Mameluks, s'il est vrai qu'ils aient repassé la rivière. Donnez moi le plus souvent possible de vos nouvelles.
Le général de brigade Zajqczek, commandant les provinces de Fayoum et Benhassé, au général divisionnaire Dagua, commandant au Caire ^.
Au quartier général de Beni-Souef, le 21 pluviôse an VII (15 février 1799).
Général, le général Veaux vous aura certainement mis au fait de l'insurrection des paysans des 14 villages, qui a eu lieu pendant son commandement dans la province de Beni-Souef^ Ce mouvement, sans porter le caractère d'une rébellion com-
1 Biffé: si la chose était telle...
* Biffé: vers...
3 Biffé: Si de votre côté...
4 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient (ms. Oss. 2582). En marge du texte original: Reçu le 29, répondu idem.
5 12 pluviôse {Corr. V. 4188).
binée 1, ne laisse pas que de faire voir, combien le peuple de ce pays-ci est porté ^ à se soulever ^ Les révoltés jusqu'à ce moment-ci n'ont point mis de suite dans leur fait, mais le résultat* de ce soulèvement est que la communication par terre de cette province avec celle de Minieh est interrompue; les courriers que l'on a envoyés d'ici à cette dernière ville ont été dévalisés, que la perception du premier tiers du miri est suspendu, cette perception est encore très conséquente, puisqu'elle est de plus de la moitié selon le compte que m'en a rendu l'intendant copte, et^ ce qu'il y a de plus délicat encore, c'est que 18,757 pataquès que l'intendant copte a déposées, je ne sais pourquoi, à Fethene ^, village de cette province, courent le risque de tomber entre les mains des révoltés ou bien d'être volées par les Coptes mêmes, chez qui elles sont déposées: Cette dernière circonstance est celle qui me décide à marcher incessamment contre les villages révoltés et je l'aurais déjà fait, si je n'avais pas trouvé le détachement que je suis venu commander, dépourvu de munitions, aussi bien que la pièce d'artillerie qui n'a que 100 cartouches à boulet. Comme l'adjudant général Boyer a prévenu le général Veaux que vous lui envoyez. Général, cent hommes et des munitions nécessaires, j'attends ce convoi avec la plus grande impatience. Les nouvelles que nous recevons de villages révoltés, portent que les paysans font passer leur bétail, leurs femmes et ce qu'ils ont de mieux, de l'autre côté du Nil ^ et qu'ils ne laissent que des vieillards dans leurs habitations. Deux de ces villages viennent de m'envoyer aujourd'hui un exprès pour me demander leur pardon, en rejettant^ comme de coutume, la faute sur leurs voisins. Comme en effet ces deux villages paraissent les moins coupables, je n'ai pas balancé à leur envoyer leur pardon, comptant que cette clémence portera les autres à la même soumission, mais,
* Ms. Oss.: bien prononcée.
2 Ms. Oss.: prompte, enclin.
3 Ms. Oss. : à la désobéissance.
^ Ms. Oss.: mais la seule conséquence.
5 Biffé {Ms. Oss.): mais, s Fechn.
7 Biffé {Ms. Oss.) : de la ville.
8 Biffé {Ms. Oss.): s'excusant.
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soit qu'ils se repentent, soit qu'ils persévèrent dans la désobéissance ^ je me propose de punir de mort les auteurs ^ de la révolte et de bien rançonner 3, vu que l'Arabe est le plus sensible à la perte de son argent. Cette amende sera versée selon l'ordre du jour dans la caisse du payeur.
Le chet de brigade Détrès mande de Minieh que les villages de cette province sont très récalcitrants et qu'ils ne veulent point payer le miri, qu'il est sans munition et qu'il n'attend que leur arrivée pour faire sa tournée dans le pays. L'intendant copte de la même province fait savoir à Moallem Bortho, membre de la commission *, par la même occasion que trois
1 Ms. Oss.: se défendent.
2 Biffé [ms. Oss.): premiers auteurs.
» Biffé {ms. Oss.): rançonner les villages.
* Voir: La Jonquière III. 579. «Le 13 janvier, Bonaparte institua une commission chargée d'activer la rentrée et l'envoi au Caire des grains et autres contributions en nature, dans les provinces de Beni-Souef, de Minieh, de Manfalout et de Girgeh. Il mit à la disposition de cette commission les deux djermes armées la Carinthie et la Strasbourgeoise, ainsi qu'une escorte de 100 hommes et une pièce de 3... Cette commission comprenait: un officier d'état-major (le chef de bataillon Brun), un commissaire des guerres (Colbert), un agent de l'administration des finances (Magallon) un intendant copte>. Estève 278—9. «Les contributions en nature ne se percevaient que dans les provinces de la haute Egypte... Nous savions généralement que cette région payait la plus grande partie de ses impôts en grains : mais nous n'avions aucune notion qui pût servir à nous les faire connaître. Maallem Jacob, ancien intendant de Soliman bey, suivit le général Desaix, et fut chargé avec les agens françois de diriger la levée des contributions. Les perceptions eurent lieu suivant l'ordre établi dans la basse Egypte. Des détachements de troupes escortèrent dans tous les villages les Qobttes, qui en furent chargés. — Notre ignorance, les désignations particulières données à l'impôt dans le Ssa'yd, les variations qu'il éprouve selon les différentes productions des terres, et notre situation précaire dans un pays que Mourâd bey nous disputait, fournirent de grands avantages aux Qobttes pour nous induire en erreur dans les renseignements qu'ils nous fournirent sur les recouvrements en nature. — Le général en chef s'en étant aperçu, et ayant à cœur de se procurer des indications précises sur cette branche importante de nos revenus, chargea une commission à Beni-Souef de toutes nos perceptions en grains (dans les provinces: Beni-Souef, Fa>oum et Atfieh). Cette commission était composée de MM. Magallon, administrateur des domaines, Heynier, inspecteur général des domaines, et Edouard Colbert, commissaire des guerres. — Lorsque notre domination s'étendit jusqu'aux cataractes, l'expédition de Syrie tenant
beys avec 500 Mameluks, ayant passé le Nil, se sont fixés depuis quelques jours sur la rive droite vis-à-vis de Siout, que de là ils font passer leurs émissaires et quelques uns de leurs Mameluks dans cette partie de la province de Minieh qui avoisine Siout pour tirer des villages le miri. Les paysans reçoivent les Mameluks avec complaisance, et font des préparatifs qui paraissent hostiles. Ce rapport me paraît exagéré parce que le chef de brigade Détrès n'en fait aucune mention, mais comme ce commandant se trouve sans un bon interprète, il se peut qu'il n'ait pas été bien instruit de ce qui se passe dans sa province; cette incursion de 3 beys avec 500 Mameluks serait-elle un effet de la dispersion totale de leur armée par le général Desaix ou bien est-elle une de leurs opérations de guerre ^ pour donner de l'inquiétude à ce général, c'est ce que nous ignorons. Quoiqu'il en soit, j'ai écrit au chef de brigade Détrès que 2 dans trois jours au plus tard je me porterais avec 400 hommes et une pièce d'artillerie vers les confins de ma province qui avoisinont la sienne pour réduire les villages révoltés; en cas qu'il eût besoin de secours, je marcherai vers lui avec toute cette force, ou bien dans le cas qu'il vît l'impossibilité de mon arrivée à temps, il n'avait qu'à se replier sur moi avec les 250 hommes qu'il a sous ses ordres et que pour lors, réunis, nous serons en état de faire face aux 500 Mameluks, ainsi qu'aux paysans qu'ils auraient pu réunir'. Je vous envoie la copie de la lettre arabe * de l'intendant copte de Miniet à Moallem Bortho ^ et j'attends en cas que vous ayez quel-
I le général en chef éloigné du Kaire, l'administrateur général des finances, ; qui était resté dans cette ville, confia la même mission dans les provinces 1 nouvellement conquises (Quéneh, Esnéh, Girgéh, Syout, Manfaloutt, Mijnyet) à MM. Livron et Hamelin. Ces dispositions ne remplirent pas l'objet jqu'on s'était proposé. Après la récolte de 1213 nos percepteurs se rendirent I successivement dans tous les villages, sans qu'il leur fut possible de nous ' fournir aucune lumière sur les grains dont on nous était redevable. Une I partie de ceux dont ils opérèrent le recouvrement furent considérés comme îdes à-comptes». Voir aussi La Jonquière V. 269—70.
^ Biffé (ms. Oss.) : un mouvement combiné. ; ' Biffé {ms. Oss.) : que je me prépare. I ' Ms. Oss.: ramasser.
I * Ms. Oss.: en arabe.
j ^ l'intendant copte de Beni-Souef.
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ques ordres à me donner concernant la conduite que je dois tenir dans cette circonstance, je les recevrai avec le plus grand plaisir. Ma lettre au général en chef que je joins ici, est à peu près copie de ce que j'ai l'honneur de vous écrire. — Salut et respect. Zayonchek.
P. S. Dans ce moment-ci je viens de recevoir ^ les munitions que l'on a expédiées du Caire, et je fais repartir de suite les 30 hommes de la 32^ demi-brigade de bataille 2.
Le général de brigade Zajqczek, commandant les provinces du Fayoam et de Benhassé, au général divisionnaire Dagua, commandant an Caire ^
Au quartier général de Beni-Souef, le 30 pluviôse an VII (18 février 1799).
Général, depuis ma dernière lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire, le 27 du courant, nous avons* reçu la confirmation de la nouvelle qui nous annonçait un rassemblement de 500 Mameluks sur la rive droite du Nil dans un village nommé Bour^, vis-à-vis de Siout. Cette troupe de fugitifs a éveillé les Arabes et une partie des paysans du voisinage qui, dit-on, font des préparatifs hostiles. On vient de m'avertir qu'outre ce rassemblement il passait^ assez souvent^ tant par eau que par terre un nombre de valets de Mameluks, quelques uns blessés, d'autres bien portants, qui tous cheminent vers le Caire. J'en ai arrêté quelques uns que j'ai découverts dans des barques 8,
* 3f8. Oss.: Au moment arrivent les munitions expédiées du Caire et je renvoie . . .
2 Ms. Oss.: en marge: 27 pluviôse, écrit au général en chef, de même qu'au général Dugua.
3 A. h. de la (t., A. d'Orient, minute dans le ms. Oss. 2582. En lïiarffe, note du général Dugua: Reçu le 2 ventôse, répondu le 3. '^^9Ê
^ Ms. Oss.: j'ai reçu. • '™^
5 Ms. Oss.: Bourq.
« Ms. Oss. : passe.
^ Biffé (ms. Oss.): tous les jours.
8 Biffé (ms. Oss.): mais le rassemblement pouvant devenir dangereux.