‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 64 sur 115 · A DUGUA KT A MOALLEM IBRAHIM · texte numérisé non relu

A DUGUA KT A MOALLEM IBRAHIM

dont il y en a deux de blessés, mais ils assurent avoir été blessés par des Arabes; ne pouvant pas m'assurer positivement si ce sont des valets de Mameluks, personne ne les connaissant ici, je les ferai passer au commandant de la place du Caire par première occasion.

Aujourd'hui ou au plus tard demain, je me mettrai en marche pour réduire les rebelles qui presque de partout m'envoyent des députés en demandant leur pardon. La réparation d'un engin de canon m'a retenu ici 24 heures au de là de ce que je voulais.

Aucune nouvelle de la division Desaix. A Siout ainsi qu'à Girgé, il n'y a personne des nôtres. J'ai l'honneur de vous remettre ci-joint l'état de situation des troupes de la place. Salut et respect. Zayonchek.

Zaj^czek à l'intendant de la province du Fayoam Moallem Ibrahim ^

Le 3 ventôse an VII (21 février 1799).

L'ordre du général en chef est que vous restiez auprès de moi, cependant si la sûreté de votre famille exige votre présence à Medinet, je vous permets d'y demeurer jusqu'à mon retour à Beni-Souef.

Vous enverrez des lettres circulaires à tous les cheiks des villages pour qu'ils préparent le second tiers du miri. Aussitôt que j'aurai fini ma tournée dans la province de Beni-Souef, je me transporterai dans celle du Fayoum et je serai bien aise que le second tiers du miri fut ^ payé à mon arrivée. Recommandez 5 également que l'on ait tout prêt les chevaux, ainsi que les dromadaires.

La paye des janissaires, ainsi que celle du divan, a été ordonnée par le général en chef sur le restant du miri du premier tiers. Comme vous ne l'avez pas perçu, vous devez faire

1 Autogr. Ms. Os. 2582.

' Biffé: fut incessamment.

' Pressez.

156 ZAJ^CZEK

votre possible pour tranquilliser les uns et les autres afin qu'ils attendent patiemment ce qui leur est dû. Mandez moi régulièrement tout ce qui pourra survenir dans votre province et envoyez vos lettres à Beni-Souef.

Le général de brigade Zaj^czek, commandant des provinces de Fayoum et de Benhassé, au général divisionnaire Dugua, commandant au Caire ^

Au quart, gén. de Fechn, le 4 ventôse an VII (22 février 1799).

Mon Général, les lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 27 et 29 du passé ^ me sont parvenues à la fois. Je suis à faire ma tournée. Plusieurs villages révoltés m'ont envoyé demander leur pardon ^. Ces révoltés ont fait passer leurs femmes, leurs troupeaux et tout ce qu'ils avaient de mieux de l'autre côté du Nil, de manière qu'à mon approche je ne trouverai que des cabanes vides; les détruire et les raser n'est point avantageux pour personne; il se pourrait même que les paysans des villages détruits cherchaient* se rejoindre à ceux qui ne le seraient pas encore, ce qui nous donnerait 20 à 30 mille révoltés à combattre. Je suis donc décidé à traiter avec ceux qui demandent leur pardon. C'est le moyen de les détacher de la ligue. L'amende que je leur imposerai, sera versée dans le trésor. Par ce moyen la province sera pacifiée, ce qui est un objet essentiel. Je me réserve cependant de ne point accorder ^ le pardon au village qui a été le premier à lever l'étendard de la révolte et qui y a excité ^ les autres. Les

1 A. h. de la G., ms. Oss. 2583. En marge: Reçu le 7 ventôse, répondu le 8.

2 du 27 et 29 pluviôse (15 et 17 février).

' Biffé (ms. Oss.): les émissaires que j'avais expédiés pour observer les démarches des révoltés, m'ont annoncé que tous ces villages étaient déserts, que

* Biffé (ms. Oss.) : iraient.

5 Biffé (ms. Oss.): comprendre.

« Biffé (ms. Oss.): à engager.

habitants de cet endroit, si je les y trouve, seront passés au fil de l'épée et le village rasé.

Vous me demandez, Général, de vous faire passer ^ de l'argent, le payeur de la province de Benhassé ne s'y refuse point, mais îl m'a montré un ordre du payeur général qui lui enjoint de tenir cet argent à la disposition du général Desaix. Cependant, comme ce général n'en demande pas encore, et qu'il est fort éloigné d'ici, je vous enverrai 40 mille livres 2, aussitôt que la djerme armée qui doit venir ici du Caire pour la commission, s'y sera rendue. La somme qui avait été déposée à Fechn par l'intendant copte, est déjà entre les mains du payeur. C'est une inquiétude de moins. — Le rapport du copte de Minieh que j'ai eu l'honneur de vous faire passer, se trouve faux quant à la quantité des Mameluks. Le fait est qu'il n'y a que quarante de ces fugitifs qui sont assemblés à Boucy vis-à-vis de Siout. Ils y ont vendu leurs effets jusqu'à leurs habits pour se procurer les habillements des paysans afin de se sauver plus facilement au moyen de ce déguisement, si on allait les y chercher. — Quant aux grains, la commission chargée de cet objet s'en occupe sans cesse et ses membres m'ont assuré qu'ils en enverront au Caire incessamment. Le défaut de djerme est cause du retard. — Les Arabes ont fait quelques dommages à la province du Fayoum, mais ils ne sont pas bien considérables. Ils se sont retirés tout de suite après dans le désert. Le chirurgien du 1 bataillon de la 22™% qui est ici, a accompagné au Caire le chef du même bataillon blessé. Cet officier de santé, qui est très nécessaire, tarde à venir, je vous prie de lui faire donner l'ordre de rejoindre le plutôt. — Le gardemagasin à Beni-Souef, nommé Barrere, a quitté son poste sans permission et s'est rendu au Caire. Je vous prie, mon Général, d'ordonner qu'il soit arrêté. Il le mérite d'autant plus qu'il a

^ Ms. Oss.: à vous envoyer.

2 Voir à la date du 9 mars rapport de Dugua «sur la situation actuelle de différentes provinces de rEgypte> (La Jonquière V 24). «Béni Souef et Fayoum. — Le général Zayonchek a envoyé 42,000 francs au Caire; il a marché contre les villages qui s'étaient révoltés ; la plupart se sont soumis. Je n'ai pas encore reçu de rapport sur son expédition. La commission a envoyé au Caire 1,100 ardeps de blé, qui ont été envoyés à Alexandrie ».

158 ZAJACZEK

emporté deux mille livres avec lui, qui lui ont été confiées par l'ordonnateur en chef pour le service de la place et celui de l'hôpital. — Le général Veaux me demande un témoignage auprès de vous sur sa conduite pendant son commandement de la province de Benhassé; je puis vous assurer, mon Général, qu'aucune plainte (ne) m'est parvenue et d'ailleurs le général Veaux est au-dessus de tout soupçon.

Je n'écris point au général en chef pour lui annoncer que j'ai retiré l'argent déposé à Fehtme ^, persuadé que vous lui en donnerez avis. — Quand j'aurai fini ma tournée et pacifié la province, je lui ferai un rapport de tout. — Salut et respect.

Zayonchek.

Zaj^czek au général Veaux^.

(Fechn), le 4 ventôse an VII (22 février 1799).

J'ai reçu, Général, la lettre que vous m'avez fait l'amitié de m'écrire. Son contenu m'a^ étonné. Je puis vous assurer qu'il ne m'a été fait ici aucun rapport, aucune plainte à votre désavantage et s'il y a quelques bruits vagues au Caire, ils ne viennent certainement pas des^ personnes qui se trouvent ici et qui toutes vous rendent justice, mais c'est le sort des hommes de la place d'être sourdement attaqué et je m'y attends à mon tour. Je ne sais encore rien de la petite jument que je dois faire passer au général Dugua, mais j'en écrirai au commandant de la place pour la faire passer à la première occasion au Caire. L'argent déposé à Fetchne est déjà entre les mains du payeur. Les révoltés demandent leur pardon. Je vous souhaite un heureux voyage et je recevrai de vos nouvelles avec plaisir.

^ Fechn.

2 Ms. Oss. 2582.

3 Biffé : Je suis très . . .

* Biffé : de qui que . . .

Zaj^czek au commandant de la place de Beni-Souef

Rochebrun ^

(Fechn), le 4 ventôse an VII (22 février 1799).

Vous donnerez l'ordre au conamandant de la djerme armée de venir nous joindre "^ où quelle part que nous soyons et d'emmener avec elle toutes les barques destinées pour transport des grains et qui seront sous son escorte; bien entendu que les trois qui doivent rester à Beni-Souef ne seront point comprises dans ce convoi.

Le général Veaux me parle d'une petite jument que l'on devait embarquer avec les dromadaires pour le Caire et qui a été oubliée. Dites moi ce qu'est devenue cette jument et expédiez la par première occasion sûre au général Dugua au Caire.

Faites partir les lettres ci-jointes pour le Caire.

Zaj^czek à V intendant copte de la province de Benhasse (Moallem Bortho) \

(Fechn), le 5 ventôse an VII (23 février 1799). Vu la difficulté que vous m'avez exposée de former un petit magasin de toutes sortes de grains pour le cas extraordinaire, il vous est permis d'acheter cent ardeps de blés que vous déposerez entre les mains du commissaire des guerres à Beni- Souef. Vous prendrez le fonds pour. cela sur le second tiers du myry.

Zajqczek au citoyen Noble, agent national, à Beni- Souef K

Le 5 ventôse an VII (23 février 1799). Je vous renvoie le copte que vous m'avez expédié. Il est porteur d'un ordre d'achat de cent ardeps de blés; les cent

1 Ms. Oss. 2582.

2 Biffé: se rendre incessamment à Fechn. ^ Ms. Oss. 2582.

4 Ms. Oss. 2582.

160 ZAJACZKK

autres seront fournis par la commission au magasin de Beni- Souef. L'orge, les fèves et la paille seront enmagasinées par l'intendant de Beni-Souef. Le commissaire des guerres Jaquin, qui se rendra incessamment à Beni-Souef, aura l'ordre de ne pas toucher à ces magasins, de les garder pour les cas extraordinaires. Quant à la dépense journalière, on doit y pourvoir comme ci-devant.

Le général de brigade Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et Benhassé, [à Dugua] ^

Au quartier général de Fechné 2, le 6 ventôse an VII [24 février 1799].

Mon Général, j'ai l'honneur de vous envoyer deux mamlouks dont l'un s'appelle Emir Achmed, et l'autre Hussein Schorbagi qui avaient servi sous Ibrahim-Bey, et qui sont venus se présenter d'eux-mêmes 3, pour demander la permission de rester dans le pays; comme je ne suis point en droit de la leur accorder, vous voudrez bien, Général, ordonner à leur égard ce qu'il vous plaira de convenable au bien de l'armée. Salut et respect. Zayonchek.

Le général de brigade Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Benhassé, au général divisionnaire Dugua ^.

Au quartier général de Fechn, ce 6 ventôse an VII (24 février 1799).

J'ai l'honneur de vous expédier par la djerme la Carinthie (commandée par)j capitaine Mouren ^ douze cent mille

* Arch. hist. de la Guerre. Armée d' Orient. En marge: Reçu le 10 ventôse, écrit au général en chef. Répondu le 11.

' Fechn.

' Biffé: de bonne volonté.

^ A. h. de la G., Ms. Oss. 2582. En marge : Reçu le 10, répondu le 11.

* Maurano.

Page 1