‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 65 sur 115 · A NOBLE, DUGUA ET A DÉTRÉ · texte numérisé non relu

A NOBLE, DUGUA ET A DÉTRÉ

parats^. Sous peu de jours, vous recevrez du grain, car on est occupé dans ce monient-ci à en charger plusieurs ^ barques. Demain je poursuis ma marche. Salut et respect.

Zayonchek.

Zaj^czek au citoyen Détrès '\

Le 7^^ ventôse an VII (25 février 1799j.

Je viens de recevoir du Caire une dépêche pour le général Desaix; on me la recommande le plus vivement. Comme je n'ai d'autre moyen pour la lui faire tenir que de vous la passer, je m'empresse de vous l'envoyer.

Mandez moi, je vous prie, ce que c'est que ce rassemblement de Mameluks vis-à-vis de Siout; est-il considérable? Les avis que nous en recevons par des voyageurs sont partagés; les uns disent qu'ils ne sont que quarante, d'autres les portent à 500, d'autres à sept cent. Comme vous n'en dites rien dans aucune de vos dépêches, je ne sais ce qu'en penser et vous demande en grâce de m'instruire le plutôt possible de ce qui en est. En cas que la chose fut vraie, il faut observer leur démarche, y avoir des espions et les faire suivre sans cesse.

Le gén. de brig. Zajqczek, command. les provinces de Fayoum et Benhassé, au général divisionnaire Dugua, commandant au Caire ^.

Au quartier général de Jalaquet, à dix lieues de Beni-Souef, le 7 ventôse an VII (25 février 1799).

J'ai reçu votre lettre du 3 courant, j'ai expédié de suite 'Celle qui était incluse pour le général Desaix. Je l'ai envoyée

1 En marge: 4285 # 20.

' Ms. Oss. : quelques.

« Ms. Oss. 2582.

* A. h. de la G., Ms. Oss. 2582. Reçu le 21, répondu le 22. JLea Polonais en Egypte. 11

162 ZAJACZEK

au chef de brigade Détrès, en l'engageant à la faire parvenir ^ le plutôt possible à sa destination. Quelques rapports des gens qui venaient du côté de Siout m'avaient annoncé 2, que le rassemblement des Mamlouks vis-à-vis de cette dernière ville était bien peu de chose. Aujourd'hui le Copte de Minieh le fait monter jusqu'à sept cents hommes 2; ce malheureux Copte ne varie point dans les rapports et c'est déjà la 3-me lettre qui nous arrive de sa part toujours avec la même nouvelle*. Cependant le chef de brigade Détrès, qui m'a écrit par la même occasion, ne m'en dit rien^: il me témoigne seulement le désir de s'aboucher avec moi.

Je tâcherai de me conformer à votre ordre, autant qu'il me sera possible, à ne point m'éloigner des^ bords du Nil; d'ailleurs nous y avons une djerme armée.

Je me suis vu forcé de brûler un des villages révoltés, nommé Salaquoe; los habitants se sont sauvés à notre approche.

Aussitôt que je trouverai la possibilité d'envoyer quelque espion '' du côté de Siout, je ne tarderai pas à vous informer de ce que j'en apprendrai; la difficulté est de trouver un sujet! capable pour cette mission ^. Salut et respect.

Zayonchek.

Zaj^czek au chef de brigade Détrès^.

Magarara, le 11 ventôse an VII (1 mars 1799).

J'ai reçu votre lettre du 11 ventôse; je sens la difficulté de votre position; la mienne quoique moins embarrassante est cependant de nature à ne pas me permettre d'aller vous joindre

1 «d'Etres».

» Ms. Oss. : assuré.

' mamlouks.

* Ms. Oss.: le même rapport.

5 Ms. Oss.: me dit rien des Mamlouks.

* Ms. Oss. : abandonner les.

' Ms. Oss. : quelques uns.

* Ms. Oss.: mesure.

* Ms. Oss. 2582.

A DÉTRÉS ET A DUGUA 163

aussitôt que vous le désirez. Je continue ma tournée pour mettre à la raison les villages révoltés; interrompre cette besogne, laisser les révoltés à dos, ne m'arrange pas du tout; d'ailleurs à peine nous verrait-on entrer dans votre province que les Arabes s'enfuyeraient et ma course serait pour rien, mais je fais tous les jours quelques pas vers vous et j'espère que le 14 ou 15 nous pourrons nous rejoindre; alors nous nous aviserons de ce qu'il y aura à faire.

P. S. Ma lettre achevée, je reçois celle que vous m'avez écrite le 10.

Le citoyen Magallon, ainsi que la commission et le détachement qui les accompagne, continuent leurs opérations dans ma province et vont incessamment vous joindre.

Le général de brigade Zaj^czek, command, les prov. de

Benhasse et de Fayoum, au général division. Diigua,

commandant au Caire ^.

Au qu. g. de Tombaddi^, à douze lieues de Beni-Souei, le 13 ventôse an VII (3 mars 1799).

Mon Général, j'avais cru pouvoir vous mander par la présente le résultat de mes opérations, tendant à la tranquillisation de la province. Mais l'obstination de quelques villages qui ne voulaient point se repentir ni rentrer dans l'obéissance, m'a fait perdre du temps. J'en ai brûlé deux des plus tenaces. Cet exemple fera peut être effet sur les autres et s'il est tel que je l'espère, ma prochaine vous annoncera une pacification entière du pays. — La nouvelle du rassemblement vis-à-vis de Siout ne se confirme pas et les rapports postérieurs la contredisent. — J'espère que l'argent que j'ai fait passer au Caire, y est déjà.

La Commission s'occupe continuellement de l'envoi du grain. Quant aux chevaux de réquisition, il n'y en a presque point à tirer de la province de Benhasse. Celle du Fayoum

1 Arch. h. de la Gu. A. d'Orient, Ms. Oss, 2582. Reçu le 21 ventôse, répondu le 2H.

2 Ms. Oss. : Tombaggi.

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en doit 21, mais je ne puis les lever que lorsque j'aurai achevé ma tournée. — Rien de nouveau de la division Desaix. Salut et respect. Zayonchek.

Zaj^czek au général Desaix ^

Guvinvusse, le 16 ventôse an VII (6 mars 1799).

Vos deux lettres du 6 et huit ventôse adressées au général Veaux 2 me sont parvenues; je les ai reçues avec d'autant plus du plaisir, que nous soupirions après vos nouvelles depuis longtemps.

Lorsque vous ordonniez au général commandant la proprovince de Beni-Souef, de se porter avec toutes ses forces sur Minieh, vous ignoriez certainement, Général, le départ de l'armée et du général en chef pour l'expédition de la Syrie, l'évacuation du Fayoum, l'insurrection de plus de vingt villages de la province de Benesé, ainsi que la faiblesse de la garnison du Caire. Chargé par le général en chef de remplacer le général Veaux et de pacifier la province insurgée, aussi bien que de maintenir dans le devoir celle de Fayoum et d'Atfieh, je n'ai pour toute troupe qu'un bataillon de la 22® légion de 250 hommes et un détachement de 120 hommes composé de différents corps. C'est avec des moyens aussi bornés, qu'il s'agit de maintenir dans l'obéissance les^ provinces dont l'esprit est inquiet, de réduire les révoltés de Benesé et de percevoir le miri. Le recouvrement de cet impôt éprouve de grandes difficultés. Sur 92,000 pataquès du premier tiers il n'y en a que 44,000 de perçues, malgré les tournées continuelles de la troupe pour les exiger.

Toutes ces raisons doivent vous convaincre. Général, que je ïne trouve dans l'impossibilité absolue de pouvoir me porter sur Minieh, comme vous l'ordonnez. Ce mouvement pourrait devenir préjudiciable non seulement à la tranquillité de la province de Benesé, mais encore à celle de la ville du Caire. Le

1 Ms. Oss. 2582.

' Voir (La Jonquière III 584;), à cette date, lettres de Donzelot au général Veaux et au commandant de la province du^Fayoum. ' Biffé: trois provinces.

A DESAIX ET A DÉTKÉS 165

général Dugua ne pouvant pas rennplacer les troupes qui évacueraient Beni-Souef. En un niot cette démarche éveillerait les esprits, leur ferait croire que votre division a éprouvé des revers, et pourrait causer, vu l'état actuel de fermentation, un incendie général. Je vais toutefois faire part de votre ordre au général Dugua et sa réponse réglera ma conduite.

Quant à l'argent que vous demandez, je ne sais en vérité comment faire. Le général Dugua m'en demande de la ma- I nière la plus pressante pour subvenir aux dépenses immenses j de l'armée de Syrie. Je lui ai envoyé 42,000... J'en aurai incessamment 60,000..., mais d'après Tordre récent qu'a reçu le I payeur de Beni-Souef, je serai, malgré tout le désir que j'aurais i de faire quelque chose qui vous convient, obligé de le laisser partir pour le Caire. Salut et respect.

Zaj^czek au commandant Détrès \

Guernous^, le 16 ventôse an VII (6 m.ars 1799).

J'ai reçu votre lettre du 16 ventôse. Je vois, mon cher Commandant, que le général Desaix n'a pas été instruit de l'expédition de la Syrie, de l'insurrection qui a eu lieu dans la province Benésé, des difficultés que vous éprouvez dans celle de Minyeh, et de la faiblesse de nos forces respectives, lorsqu'il a donné ses ordres du 6 et 8 ventôse. Nous nous trouvons dans l'impossibilité totale de les exécuter et je ne puis faire un pas hors de ma province sans compromettre la tranquillité du pays. D'ailleurs les mouvements de cette nature doivent être combinés avec le commandant du Caire, qui n'a pas de troupe en assez grand nombre pour remplacer celles qui évacueraient Benésé et Minieh.

Quant à la Commission ou plutôt quant à son détachement que vous voudriez avoir avec vous, tous les jours diminuent de l'espace qui vous séparent. D'ailleurs ce petit détachement m'a été de la plus grande utilité pour la pacification de la province et le but de la Commission étant de faire filer au

* Guvinousse, Giurnousse.

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Caire tous les grains qui se trouvent dans la province appartenants à la République, son arrivée à Minieh est subordonnée à la fin de ses opérations ici.

Pour ce qui est du chef de bataillon Sacrost, ainsi que du détachement de la 6P et de la 21®, ils m'ont été donnés par un ordre exprès du général en chef et je ne puis m'en désaisir. Avec 370 hommes j'ai à contenir trois provinces et vous devez juger que ces ressources son faibles. Cependant si jamais vous êtes dans le cas de craindre une attaque de Mameluks et Arabes réunis, mandez le moi et je vole à votre secours avec toutes mes forces. — Lisez ma lettre pour le général Desaix et cachetez la.

Je vous salue, mon cher commandant, et j'espère vous embrasser dans peu. Demain je serai à Kefî, après-demain à Jamolins.

Le gén. de brig. Zaj^czek, commandant les provinces

de Fayoum et de Benhassé, au général divis. Dugua,

commandant au Caire ^

Au qu. gén. de Guernous, le 16 ventôse an VII (6 mars 1799).

Mon Général, j'ai l'honneur de vous envoyer la copie de quatre lettres écrites par le général Desaix aux commandants des provinces de Benhassé et de Fayoum. Il ne s'agit de rien moins que d'évacuer les provinces de Benhassé et de Fayoum pour aller occuper celles de Minieh, Siout et Girgeh. Je lui ai répondu que je me trouvais dans l'impossibilité de faire ce mouvement, vu l'état peu tranquille de ma province, la faiblesse du corps que je commande et les conséquences que pourrait avoir cette démarche, j'y ai ajouté que je vous informerai sur-le-champ et que j'attendrai votre décision. — Il demande aussi que je tienne à sa disposition tout l'argent que j'ai, mais d'après l'ordre d'envoyer tout au Caire, je ne puis le satisfaire. D'ici à quelques jours je pourrai vous en-

1 Arch. h. de la Gu. A. d'Orient, Ms. Oss. 2582. Reçu le 23 ventôse, répondu le 28.

A Dt/GUA ET A UO0HEBRl?N 167

voyer environ 50 à 60,000 livres. Rien de nouveau dans ma province; les révoltés rentrent peu à peu dans le devoir et je vous instruirai quand tout sera terminé de ce que j'ai fait pour la pacifier.

J'ai l'honneur de vous remettre ci-joint un paquet de dépêches pour le g'énéral Berthier, qui m'a été adressé par le général Desaix. Salut et respect. Zayonchek.

Zaj^czek au commandant de la place de Beni-Souef

(Rochebrun) ^

t Le 17 ventôse Vil (7 mars 1799).

'^ Je vous ai ordonné, il y a trois jours, de marcher sur les Arabes et de les battre. Si vous ne l'avez déjà fait, faites le de suite, parceque j'ordonne au capitaine Dumont de la 2V de prendre avec lui 90 des hommes et la quantité suffisante d'officiers pour aller avec le procureur de la commission, Moallem Ibrahim, faire une tournée dans le nord de la province de Benhasse pour lever le restant du premier tiers du miri, ainsi que le second. Je viens d'apprendre que votre garnison est forte de 140 hommes, il vous en restera conséquemment 50, qui seront suffisants pour garder Beni-Souef. — Si vous faites l'expédition contre les Arabes, méditez la bien pour ne pas compromettre votre troupe.

Lazowskî : Rapport^ sur l'assaut donné à la place

de Jaffa.

Le 17 ventôse an VII (7 mars 1799).

Aussitôt que j'eus reçu l'ordre d'accompagner le premier détachement de grenadiers, commandés pour monter à la brèche et s'y logera avec vingt sapeurs portant trois échelles,

1 Ms. Oss. 2582.

' Arch. h. de la Gu. (Armée d'Orient. Génie). Extrait cité par La Jonquière IV 264—5.

» Voir: Corr. V 4009. La Jonquière IV 26i— 4.

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des outils de pionniers et leurs armes, six ouvriers et cinq mineurs, l'exécution l'en suivit avec toute la célérité possible.

Je laissai une partie des sapeurs avec le citoyen Vernois^ lieutenant du génie, sur le sommet de la brèche pour la rendre plus praticable, et je me portai avec le surplus, les mineurs et les ouvriers, à droite et à gauche d'une grande rue parallèle au front d'attaque, immédiatement derrière la grande maison où Ton avait fait brèciie, pour établir les communications et crénaux nécessaires à nos troupes.

Toutes les portes des maisons de la grande rue ayant été enfoncées, on se porta dans plusieurs petites rues qui étaient à peu près perpendiculaires à sa direction, et qui se dirigeaient dans le centre de la ville. En même temps, on perçait des communications le long des courtines et vers les deux tours latérales.

Dans tout ce travail et celui de même nature qui suivit, les sapeurs, mineurs et ouvriers montrèrent constamment le même courage et la même activité, bien qu'il se fit sous le feu continuel de l'ennemi.

Sur vingt sapeurs sept furent tués, dont trois aux pieds de la brèche, et quatre blessés. Savoir: Simoneaux, Vidalin, Bouret, Gauthier, Montagne, Lempereur, Mauricaud — tués. Chevaljer, Messe, Grenier, Jurjet — blessés.

Parmi les neuf autres sapeurs, trois se sont fait rémarqués plus particulièrement; ce sont les citoyens Clovry i, Ogetan '^ et Choquet.

Quatre mineurs et un ouvrier ont été blessés; parmi les mineurs blessés Bivert s'est distingué par son activité.

Je dois surtout rendre un compte particulier de la conduite ferme et active du citoyen Colombier, officier de sapeurs. Je l'ai rencontré partout, et dans tous les travaux de tranchées,

1 Clavi.

» Augeteaux (Corr. V 4032), Angeteau{La Jonquière IV 666: Armes d'honneur accordées à l'occasion de la campagne de Syrie).

KAFPOKTS 169

soit de jour soit de nuit, où cet officier s'est trouvé sous mes ordres, il a constamment mérité les mêmes éloges.

Au camp sous Jaffa, le 19 ventôse an VII [9 mars 1799].

Le chef de bat. du génie Lazowski.

Le gen. de brig. Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et Benhassé, au général divis. Dugiia, commandant au Caire ^.

A q. g. de Benenzal, le 20 ventôse l'an Vil (10 mars 1799).

Mon Général, votre lettre du 6 ventôse ayant été adressée à Minieh, ne m'est parvenue qu'aujourd'hui. J'ai expédié aussitôt celles qui y étaient incluses pour le général Desaix. La dernière que j'ai reçue de votre part, est du 8 ventôse. Je présume qu'il y a quelque retard dans les courriers, puisque nous voilà au 20 sans que j'aie reçu d'autres nouvelles de votre part. — La pacification de ma province est presque achevée. Comme les amendes que j'ai imposées ne sont presque pas payées, je ne puis vous dire au juste la somme que cette expédition vaudra au trésor, crainte de me tromper. Toutes fois cela ne sera pas moins de 50 mille livres. — Je n'attends que le retour de la barque armée, la Carinthie, pour vous envoyer les 50 ou 60 mille livres. La perception du miri va très lentement. Les paysans ne veulent pas payer et prétendent ^ que le Nil n'a pas assez fertilisé" leur terre. — Quant aux chevaux, il n'y en a point à tirer de ^ la province de Benj basse. Il n'y a que celle du Fayoum qui en doit 21 et que je ne pourrai retirer que lorsque j'y serai en tournée. J'ai l'honneur de vous faire passer ci-joint la lettre du général Priant pour le général en chef. Salut et respect. Zayonchek.

1 Arch. de la Gu. A. d'Orient, Ms. Oss. 2582. Reçu le 26 ventôse, répondu le 28.

' Biffé: obtenir une indemnité.

' «dans».

170 ZAJACZRK

Le gen. de br. Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Benhassé, au général div. Dugaa, commandant au Caire ^

Au q. gén. de Benenzad 2, le 21 ventôse an VII (Il mars 1799).

Mon Générai, la djerme la Carinthie vient de m'apporter deux de vos lettres du 11 et du 14 ventôse. — J'attendais la djerme pour vous expédier la Vénitienne avec 50 et quelques mille livres, ce qui joint aux 42 mille et quelques fait la somme de cent mille livres. — La perception du miri éprouve des difficultés, comme je vous l'ai marqué dans ma lettre d'hier, et malgré toutes les peines que je me donne à ce sujet, je ne crois pas finir de sitôt ma tournée. — La commission vous fait passer tout le blé qu'elle peut ramasser dans la province, mais elle trouve également des obstacles ^ qui retardent les envois. Demain je serai presque sur les confins de la province de Minieh. Si le chef de brigade Détrès a besoin de mon secours contre les rassemblements des Arabes dont il se plaint, je serai peut être forcé de m'y prêter avec tout mon corps pour les reprimer. Cela ne sera toute fois qu'une course. Quant aux chevaux, il n'y en a point de tirer, comme j'ai eu l'honneur de vous le dire; il n'y a que Fayoum qui en doit 21 et que je ne pourrai retirer, que lorsque je m'y transporterai avec mon corps.

La place de Beni-Souef étant très facile à mettre en défense, et ayant en vu de la retrancher^ sans qu'il en coûtât rien à la République je vous demanderai. Général, si vous approuvez cette idée 5, de m'envoyer un officier de génie quelconque pour y travailler^. Salut et respect.

Zayonchek.

1 Arch. h. de la G., Ms. Oss. 2582. Reçu le 25 ventôse, répondu le 28.

2 Vraisemblablement il s'agit du village marqué Belaazlein sur la carte de Jacotin.

' Ms. Oss. : entraves.

* Biffé (Ms. Oss.): fortifier.

5 Biffé (Ms. Oss.): mon plan.

8 Voir Corr. V. 3638-9.

A DUGUA, P()U.SS1ELGUE ET A ROCHEBRUN 171

Zajqczek au citoyen PousslelgueK

Le 21 ventôse an Vil (11 mars 1799j.

Vous m'avez permis, citoyen, de m'adresser à vous dans tous les cas où j'aurais besoin de votre assistance. En voici un qui se présente. L'intendant copte de la province de Benhassé est totalement incapable de s'acquitter de ses fonctions. Je vous demande en grâce de faire tout ce que vous pourrez pour me faire donner un autre, qui soit plus en état que lui. La perception du miri va très difficilement. Les habitants font des réclamations en prétendant que leur terre n'a pas été assez fertilisée par le Nil, et en effet nous en voyons qui n'ont pas été ensemencées, mais je ne me crois pas en droit de statuer rien en cette occasion. Vous y verrez mieux que moi ce qu'il y aurait à faire. — L'insurrection de la province est totalement appaisée. J'ai été forcé de brûler deux villages, toutes les autres ont été rançonnés, mais comme ils ^ n'ont pas encore payé et qu'il y aura peut être quelques rabais, je ne puis vous mander au juste la somme que cela emportera à la République. Je crois cependant que cela n'ira pas à moins de 50 mille livres.

Zaj^czek au capitaine Rochebrun, commandant de la place de Beni-Souef^.

Le 21 ventôse an VII (11 mars 1799).

Vous recevrez par le capitaine Fraisse, commandant la barque la Vénitienne, deux canons de 3 en fer sur leurs affûts, vous en aurez soins parce que je les destine à la défense de Beni-Souef que nous retrancherons peut être. à mon retour. Ne laissez partir personne de la garnison de Beni-Souef pour venir nous joindre sans un ordre de ma part.

1 Ms. Oss. 2582.

« Biflé: l'argent, a Ms. Oss. 2582.

172 ZAJACZEK

Zaj^czek au commissaire Jaqiiin ^

Le 21 ventôse an VII (11 mars 1799).

H est surprenant que depuis que vous êtes à Beni-Souef vous no m'ayez renvoyé qu'un petit convoi de pain. Si à la réception de la présente vous avez de quoi me faire un convoi, expédiez le tout de suite. Si au contraire vous n'avez rien de prêt, ne m'envoyez plus parce que je m'éloigne du Nil. Continuez à faire du biscuit et à les eumas^asiner.

Le g. de brig. Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Benhassé, au général div. Dugua, commandant au Caire ^

Au quar. gén. de Semalout ^, du 22 ventôse an VII (12 mars 1799).

Mon général, je vous envoie la dépêche de l'adjudant général Donzelot au général Berthier; elle a été envoyée ouverte au chef de brigade Détrès, afin de nous instruire des événements. Comme les demandes qu'elle contient, paraissent être pressantes, j'ai cru devoir vous l'envoyer telle que je l'ai reçue. — Le général Desaix réitère son ordre aux commandants de Benhassé et du Fayoum de se porter en avant. Comme je n'ai point encore reçu votre réponse à ma première demande faite à ce sujet, je ne puis prendre aucun parti, mais je croirais très dangereux d'abandonner les deux provinces voisines du Caire. Cette évacuation pourrait occasionner quelque mouvement populaire. Cependant le chef de brigade Détrès se trouvant inquiété par un rassemblement de Mameluks à Melaoui, me demande de m'unir à lui pour les chasser de la province. Comme cw n'est qu'une course de 13 à 14 lieues, je me pro-

» Ms. Oss. 2582.

2 A. h. de la G., Ms. Oss. Reçu le 7 germinal.

' Samalloùt sur la carte de Jacotin, Salamout sur la carte moderne d'Egypte publiée par le Service géographique de l'Armée française (1898).

A JAQIJIN, DÉTKÉS KT A DUGUA 173

pose d'aller à son secours et cette opération ne me prendra <îue cinq à six jours i. — Salut et respect. Zayonchek.

Zaj^czek au chef de brigade Détrès \

(Samalloût), le 22 ventôse an VII (12 mars 1799).

J'ai reçu votre lettre du 23. Je crois, mon cher Comman- -dant, que vous avancez sur la date, car selon moi nous sommes au 22. Je pars demain pour me rendre à Minieh; la Commission s'y rendra de même. Tâchez de préparer tout de manière <[ne nous puissions surprendre les Mameluks à Melaoui. Si la marche que je ferai d'ici à Minieh, n'est pas trop forte, je . . .

^ de vous rejoindre encore demain. Si au contraire la

marche est forte, alors j'y passerai la nuit. Je vous observe que la flèche de la pièce de 8 que j'ai avec moi, a été brisée aujourd'hui; elle n'est pas encore réparée; ainsi si vous ne me voyez pas arriver demain, n'attribuez ce retard qu'à cet accident.

Le g. de brig. Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Benhassé, au général div. Dugua, commandant au Caire ^.

Au qu. g. de Hour (province de Minieh), le 24 ventôse an VII (14 mars 1799).

Mon Général, j'ai eu l'honneur de vous mander le 22 de Samalloût que le chef de brigade Détrès m'invitait très instamment de venir le dégager des partis très considérables d'Arabes qui ravagent sa province, ainsi que d'un rassemblement de Mameluks qui se faisait, m'a-t-il dit, à Melaoui. Connaissant la faiblesse de son détachement et craignant qu'en cas

1 Ms. Oss.: et j'espère qu'il ne me faudra que 5 ou 6 jours pour aller et revenir.

a Ms. Oss. 2582.

» Biffé: tâcherai.

* Arch. h. de la Guerre, Ad' Orient Ms. Oss. 2582. Reçu le 4, répondu idem.

174 ZAJACZEK

qu'il éprouva un échec, je ne me ressentis pas de l'effet qu'un malheur semblable pourrait produire sur l'esprit inquiet des habitants, je me suis décidé de lui porter secours et en effet j'ai quitté les confins de ma province le 23 du courant. Après douze heures de marche j'ai joint le chef de brigade Détrès dans la matinée du 24. Nous consacrons la journée d'aujourd'hui au repos des troupes, ainsi qu'aux arrangements nécessaires pour l'expédition que nous tenterons demain contre les Arabes, les Mameluks ayant évacué Melaoui à l'approche du général Desaix, qui est à Siout. Je ferai l'impossible pour retourner dans ma province le plutôt. La tranquillité du pays et la perception du miri sont des considérations que je ne puis jamais perdre de vue; d'ailleurs la lettre du général Desaix dont j'ai l'honneur de vous envoyer la copie, m'engage à y revenir sans délai. Si les crochets que fait Mourad-Bey par les déserts se réitèrent, la province de Fayoum pourrait se ressentir de sa visite et peut être celle de Gizeh et du Caire, ainsi au plus tard le 27 ^ je me mettrai en marche pour ma province. Chemin faisant j'ai délivré les troupeaux très considérables d'un village de la province de Minieh que des Arabes enlevaient. Je leur ai pris deux hommes dont un vient d'être décapité ici. Salut et respect. Zayonchek.

Zaj^czek au citoyen Magallon, membre de la Commission des grains'^.

(Hour), le 24» ventôse an VII (14 mars 1799).

Citoyen, je me suis tant loué de votre amitié pour moi et j'ai tellement rendu justice à votre zèle pour la chose publique que le chef de brigade Détrès qui a été déjà porté de lui même à vous demander d'unir vos forces aux siennes, m'a engagé de vous en parler. La chose est trop claire par elle même et vos dispositions me sont trop connues pour que je sois dans la nécessité de vous exposer les avantages communs

» Jtfs. Oss.\ 26.

2 Jtf«. Oss. 2582.

' 23 dans texte original de la minute.

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