A DUGUA, MAGALLON KT A DESAIX
qui en résulteraient. Si votre santé ne contrarie pas vos vœux, je regarde la chose comnne conclue.
J'ai rencontré une bande d'Arabes presque à la portée de Minieh. J'ai délivré des troupeaux d'un village qui est voisin et qu'ils enlevaient. J'en ai fais deux prisonniers dont un vient d'être décapité ici. Le rassemblement de Mameluks à Melaoui est déjà dispersé; demain nous voulons donner la chasse à une troupe d'Arabes qui volent le pays; après demain ou au plus tard le 27 je marcherai sur Minieh où je compte d'avoir le plaisir de vous embrasser ^
Je vous envoie deux lettres en original du général Desaix.
Mille amitiés à toute la société...
Zaj^czek au général Desaix ^
Hour, le 24 ventôse an VII (14 mars 1799).
J'ai reçu votre lettre du 19 ventôse au moment où je suis arrivé à Hour, province de Minieh. Le chef de brigade Détrès m'ayant mandé les inquiétudes au sujet du rassemblement de Mameluks fugitifs à Melaoui, ainsi que des bandes considérables d'Arabes qui infestent sa province. J'ai cru que l'intérêt commun exigeait que je me portasse à son secours. En eflet je me suis rendu chez lui des confins de Beni-Souef où j'étais j en tournée. Demain nous donnerons la chasse aux Arabes et ! après- demain je commencerai mon mouvement rétrograde. Je I le ferai avec d'autant plus de célérité que vous me prescrivez de ne point abandonner ma province et qu'il y aurait peut î être 5 à craindre que Mourad Bey de crochets en crochets ne I se jette dans le Fayoum. Il y serait dangereux pour la pro- I vince de Gizeh et pour celle du Caire.
j L'insurrection des habitants de Benhassé n'a point eu le ! caractère d'une rébellion combinée, mais elle méritait toujours ' une animadversion par la grande quantité de villages qui \ avaient pris les armes contre les Français. Le général Veaux
1 Biffé: ainsi que.
2 Ms. Oss. 2582.
' Biffé: réellement.
176 ZAJACZEK
se trouvant en tournée dans un village, nommé Matayeb^, y reçut ordre de se rendre incessamment au Caire avec les carabiniers du bataillon qu'il avait sous son commandement. Il exécuta ce qui lui avait été prescrit avec cette promptitude qui est commune à tous les militaires. Les gens du pays y crurent voir de la précipitation et inférèrent de là que votre division avait éprouvé des malheurs, que les Français fuyaient de partout parce qu'ils quittaient avec la même célérité Fayoum , et Atfieh, ce qui a été plus que suffisant pour les porter à tom- i ber sur cette poignée de monde qui accompagnait le général Veaux. Ils en blessèrent 45, dont 4 officiers. Le reste de la troupe se défendit vaillamment et a eu le bonheur d'échapper ^ à ces furieux. Pour le chef de la révolte, il n'y en avait point, mais tout est appaisé présentement. Deux villages des plus coupables ont été brûlés: le reste qui avait fui leurs maisons, a été rançonné au profit de la République, moyennant des conventions que leurs voisins conclurent pour eux. Telle est l'histoire et le résultat de la chose.
Quant au miri, la levée de cet impôt éprouve des difficultés. Le général Veaux après une course de six semaines n'est parvenu à en retirer que 44 mille pataquès sur 92 mille qui sont dues à l'état. Je ne suis pas plus heureux que lui ^ et je n'ai pu avoir que deux ou trois mille pataquès. Les villageois font des réclamations sur ce que le Nil n'a pas assez fertilisé leur terre et en effet, la plus grande partie du terrain de la province est inculte cette année.
Je n'ai point reçu des nouvelles sur la rentrée d'aucun Mameluk rentrant, mais il s'en est présenté chez moi deux de la classe commune que j'ai envoyés au Caire pour obtenir la permission de vivre tranquille dans le pays, que je n'étais pas en droit de leur accorder de mon chef. Mais puisque vous m'autorisez à faire une proclamation à ce sujet, je la ferai publier \ aussitôt que je serai de retour.
Quant à la province de Fayoum, elle est bien la plus sage de toutes celles qui composent l'Egypte. L'habitant y est tran-
* Il s'agit probablement du village Matànieh au sud de Beni-Souef soi* la rive du Nil.
* Biffé: depuis que je commande dans cette province. ^
AUX GÉNÉRAUX DP^SAIX ET DUGUA 177
quille. Le premier tiers du miri a été exactement payé. Les personnes qui composent le divan, sont des gens d'esprit et beaucoup plus civilisés que le reste de leurs compatriotes égyptiens.
Je n'ai aucune connaissance que les Mameluks aient cherché à y pénétrer, mais je suis persuadé que leurs insinuations n'y produiront guère d'effet.
La somme totale du 1-er tiers du miri pour la province du Fayoum est de 34 mille pataquès. Les dernières nouvelles que j'ai eu du Caire, annoncent que notre armée a passé Gaza et que Djezzar Pacha est mort à la suite d'une diarrhé qui n'a duré que 24 heures. Le bombardement d'Alexandrie par les Anglais est plus faible depuis quelques jours ^
P. S. Au moment de mon départ du Caire le générai en chef a donné ordre au chef de bataillon Sacrost de la 21^ de commander la garnison de Beni-Souef et du Fayoum qui est composée de détachements de plusieurs corps. Comme il est de votre division, mon Général, je vous prie de vouloir bien me le laisser, parce que c'est le seul des officiers que j'aie sur qui je puisse compter.
Le gén. de brig. Zajqczek au général divisionnaire Dugua^, commandant au Caire.
Au qu. gén. de Minieh, le 27 ventôse an Vil (17 mars 1799).
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'hoimeur de m'é- «rire, le 19 du courant. Je peindrai mal la joie qu'ont excitée parmi les troupes les nouvelles que vous nous donnez de la France, mais vous en jugerez aisément puisque vous la sentez comme nous.
Ma jonction avec le chef de brigade Détrès a eu lieu le 24 dans la matinée. Le 25, nous attaquâmes les Arabes; ils étaient au nombre de cinq cents cavalliers et de deux cents fantassins;
1 Voir La Jonquière V 7—12.
2 A. h. de la G., Ms. Oss. 2582. En marge: «Reçu le 1, répondu le 1 germinal». Ce rapport fut communiqué au général en chef par Dugua le 14 germinal (3 avril). Voir l'extrait cité par La Jonquière V 42. •
178 ZAJAOZBK
quatre kachefs se trouvèrent parmi eux. Ils vinrent au devant de nous dès l'instant qu'ils nous aperçurent, ils nous entourent à leur manière, veulent, à force de nous harceler, nous empêcher de marcher sur leur camp, mais ils n'y parvinrent pas. Nous fûmes droit à leurs tentes; tout ce qui s'y est trouvé, a été pris, en partie par les nôtres, en partie par les villageois qui nous suivirent, les marmites et quelques tapis de lin est ce qu'il y avait de plus riche dans ce butin. Quant à leurs troupeaux, ils eurent le temps de les sauver. Nous leur tuâmes une quinzaine d'hommes. Ils nous ^ blessèrent six, mais légèrement; du nombre desquels se trouve le citoyen Pierre, mon aide de camp, qui a reçu une balle à la cuisse. Nous les poursuivîmes à plus de deux lieues dans le désert, et après un engagement de cinq heures nous retournâmes sur le bord du canal Joseph. — Le chef de brigade Détrès a réellement couru le risque d'être attaqué par les Arabes avant ma jonction ^. — Le 26, j'ai commencé mon mouvement rétrograde. J'étais déjà à trois lieues du citoyen Détrès, lorsque j'appris que Salah- Bey, accompagné de Kassim -Bey- Abouseif et de soixante de leurs, avait passé la nuit par ce village, en dirigeant sa marche sur Minieh. Les villageois, m'en ^ rendant compte, m'assuraient que les Mameluks s'informaient beaucoup s'il y avait des Français à Minieh. Cette nouvelle m'a engagé de presser mon arrivée dans cette ville. Je suivis les traces de SalahBey jusqu'à trois lieues de Minieh. Là, je les ai perdues, et les paysans des villages ne surent me donner aucun renseignement sur ce qu'ils étaient* devenus. Arrivé à Minieh j'appris par les membres de la Commission des grains que Salah-Bey se trouvait à trois lieues de cette ville dans un village nommé Thue^.. Je ne pouvais pas marcher contre lui la nuit, parce que la troupe se trouvait fatiguée; aujourd'hui j'apprends que les Mameluks cette même nuit ont filé^ vers le désert. Je viens (d')en-
* Ms. Oss. : nous en
* Biffé: il n'aurait peut être pas réussi à les défaire. 8 Biffé : de la marche de cette troupe.
* Biffé: soient, seraient.
» Taha-el-Amoudém.
« Biffé: marché pendant la nuit.
A UUGUA KT A ROCHEBRUN 179
voyer quelque émissciire pour en avoir des nouvelles plus certaines et mes mouvements seront réglés sur les nouvelles que j'en recevrai. Ce qu'il y a de certain, (c'est) que sans le détachement de la Commission qui se trouvait à Minieh, pendant que nous étions avec le chef de brigade Détrès contre les Arabes, Salah-Bey se serait établi dans la ville de Minieh et, vu un certain nombre de créatures qu'il a dans cette ville à lui, peut être y serait-il parvenu à faire quelque mouvement. Je viens avertir de tout ceci le chef de brigade Détrès avant que de retourner dans ma province. Salut et respect.
Zayonchek.
Zaj^czek au citoyen Rochebran, commandant de place
de Beni-Souef^.
(Minieh), le 27 ventôse an VII (17 mars 1799).
J'ai reçu votre lettre du 25 du courant. Je suis fort content de la manière que vous avez conduit l'expédition contre les Arabes. Si les chameaux pris ne sont pas bons pour le service de la République, vous pouvez les vendre, mais que cela soit fait à vente publique et que le citoyen Noble en soit témoin ainsi que mon aide de camp Pierre.
Quant à la gratification qui en revient aux volontaires, il est juste qu'ils en aient une, mais je veux la régler après que vous m'aurez instruit de la somme que les bestiaux produiront. Salut...
P. S. Soyez toujours sur vos gardes tant contre les Arabes que contre les Mameluks qui peuvent entrer dans votre province.
Zaj^czek au général Dugua^.
Le 28 ventôse an VII (18 mars 1799).
Salah-Bey que j'avais perdu de vue pendant 24 heures, se trouve aujourd'hui dans la province de Beni-Souef à 8 lieues de
180 ZAJA(;ZEX
Minieh. Ceux qui lui ont parlé, m'assurent qu'il va au Caire pour y demander son pardon. Cette manière de m'éviter me paraît suspecte, ce})endant elle est dans le genre turc. Si j'avais de la cavalerie, je courrais après lui, mais avec de l'infanterie je ne ferais que la fatiguer; puis en abandonnant cette contrée, la perception du miri serait retardée. Néanmoins je mettrai mes émissaires en campagne pour être informé de ses mouvements.
Zaj^czek au commandant de la place de Beni-Souef
Rochebnin ^
Le 28 ventôse an VII (18 mars 1799).
Je viens d'apprendre que Salah-Bey avec soixante Mameluks a passé la nuit d'aujourd'hui à Semonout'-^ dans la province de Beni-Souef à quelques lieues d'ici. Il va, dit on, au Caire pour y demander son pardon. Cependant comme il n'a fait aucune démarche auprès de moi, sa conduite me parait suspecte. Par conséquent je vous invite à être sur vos srardes. Envoyez des espions au devant de lui pour éclairer ses mouveînents. Si le détachement avec le capitaine Dumas est sorti pour percevoir le miri, vous l'avertirez aussitôt de cette visite des Mameluks afm qu'il soit aussi sur ses gardes, et si son détachement est éloigné de Beni-Souef, vous lui écrirez de revenir afm d'être plus en force pour repousser ces Mameluks, en cas qu'ils s'avisent de quelques hostilités.
Zaj^czek au général en chef Bonaparte^.
Le 30 ventôse* an VII (20 mars 1799).
Je tardais jusqu'à aujourd'hui de vous informer de mes opérations, parce que je me suis tous les jours flatté de vous
2 Lire: Samallout.
» Ms. Oss. 2582.
* nivôse dans la minute.
A ROCHEBRUN El' A BONAPARTE 181
en mander les résultats, mais dans ce pays ici malgro toute l'activité que l'on met à terminer les affaires, on le voit traîner en longueur. Cependant celle qui avait rapport à la révolte, vient d'être terminée. Deux villages des plus coupables ont été brûlés. Le reste a été condamné à payer l'amende et importer au trésor dix neuf mille pataquès, dont quinze mille ont déjà été versées dans la caisse du payeur et quatre restent à percevoir. Outre cette somme il a été perçu pour l'indemnité des équipages des officiers perdus dans l'attaque que firent les paysans, ainsi qu'une petite gratification pour la troupe.
Ayant pacifié la province, je m'occupe à percevoir le miri, mais j'éprouve beaucoup de difficultés. Les habitants font des réclamations sur ce que le Nil n'avait pas assez fécondé leur terre et en effet on voit dans la province la plus grande partie des terres incultes. Vingt trois villages m'ont présenté des notes à ce sujet, mais îie pouvant pas décider sans avoir un ordre précis de votre part, je les ai ajournées.
Quelques-uns des villages prétendent avoir été forcés :-;.* payer le miri aux Mameluks. Nous en exigeons néanmoins quelque acompte, mais il y aura infailliblement non seulement du retard dans la perception, mais peut être un déficit.
Du reste les provinces qui me sont confiées, sont parfaitement tranquilles.
Outre plusieurs assignations payées à la division Desaix, j'ai envoyé au Caire cinq mille francs.
Me trouvant à la frontière de ma province du côté de Minieh, le chef de brigade Détrès m'a invité de venir le délivrer d'une partie d'Arabes, très considérable, qui ravageait sa province. Je me suis porté aussitôt, nous attaquâmes les brigands le 25, nous leur tuâmes du monde et les forçâmes à fuir dans le désert, en les y poursuivant à plus de deux lieues, mais le citoyen Détrès est trop faible pour être à l'abri des incursions de ces voleurs, (d'au)tant plus que quatre kachefs et plusieurs Mameluks se sont unis.
182 ZAJACZKK
Le général de brigade Zajaczek au général div. Dugua, commandant au Caire ^
[Le 30 ventôse an VII (20 mars 1799)].
Je n'ai rien de nouveau à vous mander, Général, si non que le 29 les paysans d'un village voisin ont dévalisé le courrier qui se dit porteur d'une lettre de votre part pour moi. Si elle contenait quelque ordre, ne soyez pas surpris du retard. Je mande au général en chef les résultats de mes opérations. Je vous envoie ma lettre ouverte pour ne pas répéter dans la vôtre ce qu'elle contient.
P. S. Les roues, le train et l'affût de la pièce de huit que
j'ai avec moi, sont tout à fait ruinés. Je vous demande en
grâce, mon Général, de m'en faire passer d'autre ^ s'il y
en a 3 à Gizeh.
Zayonchek.
Zajaczek au général Desaix^.
Le r germinal an VII (21 mars 1799).
Je viens de recevoir la lettre où vous m'annoncez votre arrivée à Siout, ainsi que la soumission des 60 Mameluks. Vous me demandez, s'il n'y en a point de réfugiés dans ma province. Elle fut préservée jusqu'à ce moment; mais depuis le 27 Salah-Bey avec 50 des siens y a pénétré du côté de Minieh. J'avais quitté le citoyen Détrès le 26 et je marchais sur Minieh, lorsque j'ai appris dans un des villages que Salah-Bey y avait passé la nuit du 25 au 26. J'ai pressé aussitôt ma marche et bientôt j'ai découvert les traces des Mameluks. Je les ai suivis jusques (à) la nuit, et croyant qu'il chercherait à s'établir à Minieh, je m'y suis porté tout d'un trait. Le détachement de la Commission au grain se trouvait à Minieh. Les
1 Arch. h. de la Gti. A. d'Orient., Ms. Oss. 2582. Reçu le 14 germinal. ^ Ms. Oss.: par le Nil.
» Ms. Oss. : de rechange.
4 Ms. Oss. 2582.
AUX GÉNÉRAUX DUGUA ET DESAlX 183
Mameluks évitèrent cet endroit et j'ai appris !e lendemain qu'ils s'étaient jetés sur leur gauche et avaient séjourné le 26 à Tahael-Amoudeïn, village frontière de la province de Beni-Souef. La nuit du 26 au 27, ils marchèrent sur Semanhout^ dans la province de Beni-Souef. Du 27 au 28, ils poussèrent à Serroue au bord du Nil. Ils payèrent aux paysans tout ce qu'ils prirent et les assuraient qu'ils allaient au Caire demander leur pardon. Comme ils avaient trois marches sur moi, lorsque j'ai eu la certitude de ce qu'ils étaient devenus, je n'ai point cherché à les atteindre, parce que cela aurait fatigué la troupe inutilement et retardé la perception du miri de la contrée où je me trouve, mais j'ai averti le commandant de la petite garnison que j'ai laissé à Beni-Souef de chercher à tomber sur ces fugitifs, s'ils se mettent à sa portée. C'est la seule troupe de Mameluks que je sache dans la province de Beni-Souef, mais il n'en est pas de même de celle de Minieh. Le commandant Détrès est trop faible, ce qui encourage l'ennemi à y séjourner davantage. La Commission chargée du recouvrement des grains me mande en date du 30 ventôse que les Mameluks unis aux Arabes se trouvent au nombre de 500 à trois lieues de Minieh dans un village nommé Thella '^.
Le général Dugua me mande dans sa lettre du 23 ventôse qu'il doit y avoir un rassemblement sur les confins de la province de Minieh et d'Atfieh dans les villages nommés Gibebat*, Casir-al-Onussilye"^. Il m'ordonne d'aller les attaquer conjointement avec le chef de brigade Détrès. D'après les informations que j'ai pris à ce sujet, ces deux villages se trouvent sur la rive droite du Nil vis à-vis d'El-Zawieh à 6 lieues plus bas que Beni-Souef et par conséquent à 20 lieues de l'endroit où je me trouve et à 36 du chef de brigade Détrès. Si la garnison du Caire était plus forte, ce serait plutôt à elle d'aller dissiper ce rassemblement, mais elle est trop faible pour pouvoir rien détacher.
Mes deux lettres précédentes vous auraient appris, Général,
* Lire: Samallout.
2 S'il s'agit du village Talléh, il se trouve bien, plus près de Minieh.
3 On écrit « Alcabebath », <Alcabebak> ou « Elcabebak » dans le texte original.
* «Casio-al-Omessilya».
184 ZAJACZEK
la pacificatien de l'espèce d'insurreciiou qui a eu lieu dans cette province. Aujourd'hui elle est totalemeiit tranquille.
Quant aux barques que vous me demandez, la Commission du g-rain a fait tous ses efforts pour en avoir toutes celles qui se trouvaient dans le pays; par conséquent, Général, ne comptez pas que je puisse vous en envoyer. Salut...
Le général de brigade Zaja^czek au général divisionnaire Diigua ^
A Gallo Suni2, le 1^'' germinal an VII (21 mars 1799).
Généra!, je viens de recevoir votre lettre du 23 ventôse. Vous m'y ordonnez d'aller disperser le rassemblement des Mameluks qui se trouvent à Gibebat, Casir-al Onussilye, et de m'unir pour cet effet au chef de brigade Déirès. — D'après les renseignements que j'râ pris à ce sujet, les deux villages en question sont situés à 20 lieues plus bas du côté du Caire que n'est l'endroit où votre lettre m'a trouvé. Si je précipite ma marche de ce côté-là, il est à craindre qu'une insurrection semblable à celle qui a eu lieu sous le général Veaux, ne se renouvelle, tout le pays étant informé que je me suis rendu ici pour percevoir le miri. Si je m'en allais avant que le recouvrement fut achevé, cela éveillerait les esprits et la scène de la révolte pourrait se reproduire encore. Le chef de brigade Détrès est éloigné de nous de 16 lieues au moins; d'ailleurs sa province est infestée d'Arabes et de Mameluks. On me mande, le 30 ventôse, de Mmieh qu'à 3 lieues de cette ville il y a 500 cavaliers tant Mameluks qu'Arabes. Ainsi je ne dois nullement compter sur la réunion du citoyen Détrès avec moi. — Cependant, Général, je ferai tout ce que je pourrai. Je vais aussitôt envoyer des émissaires pour éclairer ces villages, et en attendant le retour, je presserai la perception du miri, tant que je pourrai, afin de me rapprocher de Beni-Souef pour
1 Arch. h. de la Gu. A. d'Orient, Ms. Oss. 2582. Reçu le 9 germinal, répondu le 10.
2 Qaloûsneh sur la carte de Jacotin, au nord de Samalloût.
AU GÉNÉKAL DI'GIIA ET A DÉTltÉS 185
tenter le passage et l'expédilio!! contre ces rasseniblemeiils. — Les deux viilag-es dont vous me parlez, sont à 6 lieues plus bas que Beni-Souef et par conséquent à 18 lieuos du Caire, si la g-arnison de cette dernière place était plus i'orie ({u'olle n'est, elle pourrait tenter le coup contre ce rassemblenuMit. Ki!e y serait plus à portée que je ne suis aujourd'hui. Salut et respect.
Zav^)n.hek.
Zaj^czek au chef de brigade Détrès K
(Qaloûsneh), le 1^'" g-erminal an VII (21 mars 1799).
Je n'ai point eu de vos nouvelles depuis notre séparation, ce qui m'inquiète. Le citoyen Colbert, membre de la Commission aux g-rains, me mande que les Arabes que i ous avons combattus, sont revenus au même endroit. Le même commissaire ajoute que 500 cavaliers tant Arabes que Mameluks se trouvent à Theila, village éloigné à 3 lieues de Minieh. Si vous ne recevez pas quelque secours de la division Desaix, vous aurez de la peine d'affranchir votre province de ces invasions.
Je vous envoie la copie de la lettre du général Dai>ua. Les deux villages dont il est question, se trouvent à 6 lieues de Béni Souef sur la rive droite du Nil et par conséquent à 36 lieues de vous et à 20 lieues de moi; vous êtes d'ailleurs trop occupé pour unir vos forces aux miennes, mais je vous l'envoie toujours afin de vous informer de ce qui se passe. Salut.
Zaj^czek aux membres de la Commission^ (aux grains),
[Qaloûsneh, 1®^ germinal an VII (21 mars 1799)].
Citoyens, le commissaire Colbert, votre collègue, vient de m'instruire qu'il y a un rassemblement de 500 cavaliers, tant Mameluks qu'Arabes, à Theila, village voisin de 3 lieues de Minieh. Je suis aujourd'hui à sept lieues de cette ville. Je ne puis marcher contre les ennemis parce qu'ils se sauveraient
1 Ms. Oss. 2582.
' Ms. Oss. 2582.
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à mon approche et la course serait inutile. D'ailleurs un semblable rassemblement m'appelle du côté de Beni-Souef. Le général Dugua me mande que les Mameluks se réunissent à Gibebat (et à) Casir-al-Onussilye. Ces deux villages sont sur la rive droite du Nil vis-à-vis d'El-Zawieh.
Si votre position devient peu sûre, je vous conseille de vous replier sur moi. Salut...
P. S. Je ne précipiterai point ma marche pour me rendre à Beni-Souef crainte d'exciter une semblable révolte que celle qui a eu lieu, mais je me hâterai pour terminer la perception du miri.
Le général de brigade Zaj^czek au général division.
Dugiia ^
Le 2 germinal an VII (22 mars 1799).
Général, le citoyen MarechaP, agent français dans la province de Minieh, vient d'arriver dans ce moment-ci de l'armée du générai Desaix. Le même agent m'a fait passer plusieurs copies des lettres que le général Desaix a écrites et qu'il a ordonné de copier afin que, si les originaux manquent de parvenir, on reçoive au moins des copies; je vous les envoie de suite; y ^ paraît qu'ils ont le plus pressant besoin de munitions. Salut et respect. Zayonchek.
Zajqczek au chef de brigade Détrès'^.
Le 5 germinal an VII (25 mars 1799).
Je vous envoie, Citoyen, un paquet que j'ai reçu pour vous du Caire. J'y joint en même temps un autre pour le général Desaix.
1 Arcln. h. de la Guerre, Armée d'Orient, Ms. Oss. 2582. Reçu le 9 germinal.
^ Mareschal (Estève: Mémoire... p. 218/. 3 Ms. Oss. 2582: IL...
* Ms. Oss. 2582.
A DLFCUTA, DÉTRÉS KT A HOCHEBKUN 187
Nos troupes sont à Jaffa, Jéruscilem. Le liénéral en chef fait le siège de Saint-Jean-d'Acre. Les Anglais ont quitté la rade d'Alexandrie. Telles sont les nouvelles que je reçois et que je m'empresse de vous communiquer. Salut etc.
Zaj^czek au commandant de la place de Beni-Souef
Rochebrun\
Le 5 germinal an Vil (25 mars 1799).
La mauvaise conduite du village sur la rive droite que vous ne nommez pas, mérite toute l'attention possible de votre part. Si vous vous croyez assez en force pour aller le surprendre, faites une expédition contre lui. Si au contraire vous y voyez du risque, n'aventurez pas la troupe. Je vous le recommande sérieusement.
En cas que vous tentiez l'expédition, vous observerez que le village ne soit pas piîlé. Vous vous emparez des cheiks et des principaux du village que vous amènerez avec vous. 8i vous pouvez amener une cinquantaine de bestiaux en chameaux et bœufs, vous les conduirez également avec vous à Beni-Souef. Ce village doit être puni par une amende au compte de la République, mille pataquès sont le moins qu'il peut donner. Les hommes et les bestiaux que vous prendrez, serviront d'avertissement pour cette somme. Du reste vous serez responsable, s'il se commettait le moindre dégât, aussi pesez bien la chose et n'entreprenez qu'à coup^ sûr. Communiquez cette lettre au citoyen Pierre que j'embrasse. Salut...
P. S. Faites attention que ce soit le même village où se trouvent les Mameluks; les Mameluks qui viendront se rendre, doivent être traités avec civilités. Et cela ne doit pas vous empêcher de les surveiller extrêmement; s'ils viennent en effet se rendre, vous les enverrez sous une bonne escorte au Caire, commandée par un officier très vigilant. Vous préviendrez les Mameluks qu'au Caire ils jouiront de leur pleine liberté, mais qu'il y a des ordres pour ne pas les laisser dans la province.
1 Ms. Oss. 2582.
188 ZAJAC/>EK
Zaj^czek au capitaine DumonP.
Le 7 germinal an Vil (27 mars 1799).
Le citoyen Pierre, moi! aide de camp, me mande que le C 'pte, chargé de la perception du miri dans la partie septentrionale de la province, a écrit à tous les cheiks des villages pour leur faire apporter l'argent à Beni-Souef. Si cette mesure prospérera, c'est tant mieux, vous ne ferez point de course; si au contraire elle est insuffisante, comime je le crois, vous marcherez à la tête de cent honsmes pour favoriser le recouvrement de cet impôt.
J'envoie quarante volontaires pour augmenter la garnison de Betii-Souef. Il en a passé de chez moi avec plusieurs détachements plus de trente. Tout cela augmente votre force et par conséquer.t le commandant de la place pourra vous donner les cent hommes que je commande et faire aller le service à Beni- Souef. D'ailleurs je m'en approche tous les jours et aujourd'hui je n'en suis éloigné que de 12 lieues.
Pressez le Copte; ils ont l'habitude d'agir lentement, il faut les pousser.
Toutes les fois que l'argent perçu passera cinq milles livres, envoyez les. sous une bonne escorte, au payeur à Beni-Souef aiin d'éviter quelque malheur, soit de la part des Arabes soit de celui des paysans.
Comme je charge le commandant de la place d'une expédition, vous vous concerterez avec lui avant que de partir. Salut...
Zaj^czek au commandant de la place de (Beni-Souef)
(Rochebran) ^
Le 7 germinal an VII (27 mars 1799).
Citoyen, j'envoie un détachement de 40 volontaires pour renforcer la garnison de Beni-Souef. Il en a déjà passé au delà
1 Ms. Oss. 2582.
* Ms. Oss. 2582.
A ROOHEBRUN, DUMONT KT A IMy'GlJA 189
de 30 en différents détachements, ce qui uni ensemble doit vous faire près de deux cents hommes.
Cette augmentation vous met en état d'attaquer le village que nous devons punir, concertez vous donc avec le capitaine Dumont pour cette opération. Mon avis serait qu'après avoir laissé 50 hommes tant malades que bien portant à Beni-Souef, vous vous embarquez de nuit avec tout le reste. Arrivés près du village que vous devez attaquer, vous débarquerez et vous ferez votre coup. Cependant ce C[ue je vous dis là, ne doit pas être regardé comme un ordre et vous réglerez votre conduite selon les circonstances.
Comme il est absolument nécessaire que le ca{»itaine Dumont fasse une tournée dans le nord de la province, vous le feriez débarquer à Ei-Zawieh, après que vous aurez terminé votre expédition contre le village coupable; pour vous, accompagné d'une petite escorte vous reviendriez à Beni-Souef
Mais soit que vous tentiez cette expédition, soit que vous n'en fassiez rien, il est de toute nécessité que le capitaine Dûment comnience sa tournée le plutôt possible. Communiquez cette lettre au citoyen Pierre. Salut...
Le général de brigade Zaj^czek au général divisionnaire Dagua \
A Lahnutem de Abougeryr, le 7 germinal an Vil (27 mars 1799).
Mon Général, je vous envoie 16 chevaux ^ que je suis parvenu à tirer des villages, sur lesquels on ne comptait plus. J'espère d'en recevoir encore quelqu'uns. Je vous les ferai passer aussitôt que je les aurai. Fayoum doit en fournir 21,
1 Arch. h. de la Guerre, Armée d'Orient, Ms. Oss. 2582. Reçu le 14, ré- I pondu le 15.
I 2 Dugua à Bonaparte, le 14 germinal: « Pendant que j'écrivais ma
i lettre, on m'a annoncé des chevaux venus de Beni-Souef. Le général Zaj yonchek en a envoyé 15; mais ne les ayant fait accompagner que par ' des janissaiies, on en a volé 8 en chemin, dans les environs d'Atfieh» .. .. ;La Jonquière V. 44—5).
190 ZAJAOZEK
mais ceux-là ne seront pas de sitôt. — A mesure que j'aurai | 60 mille livres en caisse, je vous les ferai passer au Caire. On ne saurait se faire une idée de la difficulté que nous éprou- , vons à faire contribuer les paysans. Voilà deux mois que la troupe parcourt les villages et le premier Yg n'est pas encore payé. — Mes espions que j'ai envoyés à Gibebat ne sont pas encore de retour. Salah-Bey avec 30 hommes a quitté la route du Caire pour prendre celle du Fayoum. J'en attends les nouvelles à tout instant. Du reste les deux provinces que je commande, sont parfaitement tranquilles. Salut et respect.
Zaj^czek au commandant de la place de (Beni-Souef)
(Rochebran) \
Le 9 germinal an VII (27 mars 1799).
J'ai reçu votre lettre du 7 courant. Vos émissaires sont d'une grande lenteur. Tâchez de vous en procurer de plus vigilants ou bien punissez tous ceux qui resteront trop longtemps en route. Quand on les paye bien, il faut en exiger d'être bien servi.
Je vous trouve surprenant. Vous demandez des ordres, vous les envoyez chercher et sans attendre qu'ils arrivent, vous vous décidez à votre fantaisie. Si la vente des bestiaux a été faite sans que le citoyen Noble et mon aide de camp en aient été témoins, vous conviendrez que cette manière d'agir pourrait donner à penser; mais quoique la chose est faite, j'espère au moins que vous attendrez avec le report ^ de l'argent jusqu'à ce qu'(ils) soient arrivés.
Vous resterez avec 40 hommes y compris les malades à Beni- Souef et le capitaine Dumont avec le reste de la troupe se portera sans délais contre le village Gibebat pour y attaquer 30 ou 40 Mameluks qui s'y trouvent et punir le village.
1 Ms. Oss. 2582.
» >la reporture«.