‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 70 sur 115 · A POUSSIELGUE · texte numérisé non relu

A POUSSIELGUE

puis vous détailler tout ce qui a rapport à cette matière parce que je serais trop long et que je ne vous manderai que des suppositions, mais les citoyens Magallon et Reynier qui m'ont accompagné pendant longtemps dans ma tournée, pourront vous en donner des éclaircissements.

Dans ma lettre de Medinet en Fayoum je vous ai parlé en bien de l'intendant copte qui s'y trouve; en effet il est plus actif que celui de Benhassé, mais le hazard a voulu que pendant trois à quatre jours que je reste à Medinet, j'ai découvert qu'il n'est pas moins voleur que les autres. Les effets d'Ali- Kachef, qui commandait le Fayoum du temps des Mameluks, ont été totalement perdus pour la République. Ce que les Coptes ont déclaré au général Boyer et au citoyen Noble, se réduisait à bien peu de chose, mais depuis que j'ai saisi l'homme d'affaires d'Ali-Kachef, la République y gagnera cinq à six mille pataquès pour le moins. J'en ai remis la note au citoyen Noble qui poursuit cette affaire, mais ce qui décèle toute la fourberie de l'intendant copte, c'est qu'il disait toujours à l'intendant d'Ali-Kachef de fuir les Français. C'est le même Copte qui a donné aux villageois l'idée de se munir de reçus simulés qui attestent la vente des effets par Ali-Kachef et qui selon la déclaration de l'homme d'affaires que nous tenons prisonnier, est de toute fausseté. Y il a encore une esclave qui d'après la déclaration du même prisonnier a con-

pendant V occupation (Au Kaire, de l'imprimerie nationale. Pluviôse an VII —9 messidor an IX) (Bibliothèque Nationale L. h. * 117 folio). Proclamation

aux habitants de V Egypte. Kaire, le 6 brumaire an IX p. 35: « Aucune

règle ne fixait d'une manière précise tout ce que vous deviez payer

Souvent, quand les Français ou les troupes voyagent, un domestique, un interprète, un écrivain, ou tout autre, se détachent en avant, entrent dans vos villages, et vous disent, pour vous effrayer, que les Français demandent pour vivre un nombre considérable de buffles, de chèvres, de moutons ou autres objets. Alors vous les priez de s'intéresser pour vous; ils y refusent pour mieux vous effrayer, et vous finissez par leur donner de

l'argent Ceux qui sont chargés de veiller à la justesse des poids, se

présentent souvent chez les marchands: ils prétendent toujours trouver les poids faux; alors ils ordonnent des coups de bâton ou autres punitions. Le marchand s'effraye, il promet qu'il se rendra le lendemain chez l'agha des poids et mesures; il s'y rend effectivement et porte en présent 20, 30, 50 pataquès plus ou moins »

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naissance des objets cachés appartenants à Ali-Kachef, mais l'intendant copte fait tout ce qu'il peut pour que cette esclave ne tombe pas entre nos mains. En un mot, c'est un fripon, comme tous les Coptes qui plus ils sont fripons, plus ils trouvent de la protection chez les grands Coptes et pour les rendre plus dépendants des Français il faudrait que leur nomination fut entre vos mains et non pas entre celles de l'intendant général. Je croirais même que s'il y en avait pas du tout de Coptes dans les provinces, nous n'en serions que mieux. Le miri une fois réglé, les agents français à l'aide de leurs interprètes qu'il faudrait les obliger d'avoir et de quelques écrivains qu'ils auraient avec eux, pourraient faire la besogne et percevoir les impositions. La République en serait mieux servie et le peuple moins volé.

Pardonnez la longueur de ma lettre, j'ai cru devoir entrer dans tous ces détails pour le bien de la République ^.

Le miri de la province n'est pas totalement perçu, il en reste la partie du nord à parcourir.

P. S. L'homme d'affaires d'Ali-Kachef qui est ici détenu, vient de me déclarer tout nouvellement que c'est l'intendant copte du Fayoum qui fournit aux dépenses et à l'entretien de l'escl.ive, preuve certaine qu'il doit avoir des fonds d'Ali-Kachef, peut être même des correspondances, parce que d'après la connaissance que nous avons des Coptes, nous ne pouvons pas regarder ce fait comme un procédé [de pitié). Ils n'en sont pas susceptibles à l'égard de qui que soit. Comme ce sont des affaires qui vous regardent particulièrement, je n'en [fais] point connaissance au général Dugua, mais je vous prie de lui communiquer ma lettre avant que mes affaires me permettent de lui en faire mon rapport.

^ Biffé: Après vous avoir entretenu des affaires de la République, je vous demanderai un moment d'attention pour les miennes. Ne pourriez vous pas ordonner que l'on m'envoyât de magasins de la République un tapis de pied.

AU GENERAL D'JGLTA

Le général de brigade Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Benhassé, au général divisionnaire Dugua, commandant au Caire \

Au qu. génér. de Béni Souef, le 21 germinal an VII (10 avril 1799).

Mon Général, le vent contraire trop violent m'em péchant de partir, j'emploie ce moment pour vous faire part d'une découverte qui est du ressort de l'administration, mais qui cependant doit vous être connue sous un certain rapport.

Ali-Kachef, homme riche et puissant, commandait dans le Fayoum du temps des mamlouks; Moaliem Ibrahim, un Copte, était son premier écrivain. A notre entrée dans la province du Fayoum, tous les biens et effets appartenant à ce mamlouk disparurent. Moaliem Ibrahim, ci-devant son écrivain, devint intendant de la province. Questionné sur la fortune de son ancien maître, il n'a déclaré que quelques guenilles, en rejetant sur un nommé Saragi l'évasion de ce qu'il y avait de plus précieux après Ali-Kachef. C'est ce même Saragi, dont je vous ai parlé dans ma dernière lettre, depuis que j'ai cet homme entre mes mains, il m'a découvert pour plus de six à huit mille pataquès d'effets tant en boeufs qu'en indigo, blé et d'autres choses. Ce même Saragi m'assure qu'il n'aurait jamais évité les Français, si Moaliem Ibrahim ne l'y avait ^ engagé, que Moaliem Ibrahim a été de concert avec lui pour cacher tous les effets et que pour preuve de cela on n'a qu'à questionner l'esclave favorite d'Ali-Kachef qui se trouve dans le village de Minieh et qui y est entretenue par Moaliem Ibrahim qui lui envoie de l'argent. En eflet cette preuve est convaincante, parce que d'après la connaissance que nous avons des Coptes, il ne sont pas susceptibles de (tels) procédés et si Moaliem fournit à l'entretien de l'esclave, cela ne peut venir que des fonds qu'il aura chez lui appartenants à Ali-Kachef; je voulais avoir cette esclave

1 Arch. h. de la Cru., A. d'Orient. Ms. Oss. 2582. En marge: Ueçu le 27, -communiqué sur-le-champ au c. Poussielgue. * Ms. Oss. : si les Coptes ne l'y avaient . . .

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pour m'assurer de la vérité, mais on Ta fait échapper et je doute que je puisse parvenir ^ à l'avoir. Il est à croire que cet homme (Moallem Ibrahim) entretient des relations avec Ali» Kachef qui ne peuvent qu'être ^ dangereuses. Comme le général en chef a trouvé mauvais lorsque je pris sur moi d'arrêter un Copte à Menouf que je soupçonnais avec probabilité ^ d'avoir su d'avance l'insurrection d'un village, je n'ose * pas agir avec vigueur comme je le devais contre cet intendant; daignea guider ma conduite. Salut et respect. Zayonchek.

P. S.'^ J'en écris au citoyen Poussielgue; ce qui prouverait la connivence de Moallem Ibrahim et même des relations avec les mamlouks, c'est qu'il n'a jamais quitté Medinet, tandis que tous les autres Coptes se sauvent quand les Français évacuent quelque endroit et qu'il est resté à Medinet lorsque Salah-Bey y était.

Zaj^czek au général Dugua \

Le 23 germinal (12 avril 1799).

Après dix heures de marches je me suis rendu à Gibebat. Les mamelouks l'avaient déjà évacué, non le 19 comme je vous l'avais mandé d'après le rapport de mon espion, mais le même jour que je m'en suis approché, 9 heures avant que j'arrivasse. Je vous envoie le cheik de ce village \ Les mamelouks ont pris le chemin pour remonter vers la haute Egypte. Ils sont au nombre de 50 à 60, autant d'Arabes. La province d'Atfieh aurait besoin d'une garnison, mais d'une garnison de 400

* Ms. Oss.: la découvrir.

2 Ms. Oss. : qui peuvent devenir . . .

^ ces deux mots ne se trouvent pas dans la minute.

* Ms. Oss.: je ne peux agir comme je le voudrais vis-à-vis de l'intendant de Fayoum.

5 Ces post-scriptum manque dans le Ms. Oss.

« Ms. Oss. 2582.

' Voir la sentence de Bonaparte du 21 juin: «Kemeal-Achik, cheik-elbeled du village de Gibebat, sera détenu en prison jusqu'à ce qu'il ait versé 2000 talaris dans la caisse du payeur de l'armée, indépendamment de ce qu'il pourrait devoir pour son village» (La Jonquière V. 230).

AU GBNEUAL DUGUA

hommes pour le moins. Le paysan y est farouche et quantité d'Arabes y séjourne le long du désert. Comme je marchai sur la rive droite, depuis Beni-Souef j'ai vu plusieurs tribus qui levèrent leurs camps et s'enfuyèrent dans le désert à notre approche. Je me suis emparé aussi d'un cheik du village d'Kl- Gedid^ qui avait attaqué et pris les chevaux de remonte. Pour l'autre village, nommé Qoudlek qui attaque tous les passants, je n'y ai trouvé personne; il faudra faire une incursion contre lui. Si je n'ai pas détruit les mamlouks, cette expédition ne pourra cependant que produire un bon effet quand cela ne serait que de faire voir la troupe dans le pays. Il faudrait une petite colonne mobile qui n'eût d'autre soin que de poursuivre les mamlouks et empêcher leur rassemblement. Je retourne à Beni- Souef par la rive gauche. Je vous rappelle le train de ma pièce qui ne peut plus marcher.

Zaj^czek au général divisionnaire Dagua, au Caire'^.

Le 25 germinal (14 avril 1799) de Beni-Souef.

Tout ce que vous me dites au sujet de la ville de Médine, est parfaitement juste; je sens comme vous que la politique a eu plus de part à la conduite de ses habitants que leur dévouement pour les Français; mais que l'on politique de la même manière dans toute l'Egypte et cela nous arrangera.

J'espère que la djerme ^ V Eléphantine est déjà parvenue au Caire et mes deux lettres dont j'avais chargé son commandant pour vous, *[sont] rendues. Le même commandant a dû vous avoir remis le cheik de Gibebat.

Elfi-Bey a eu l'air de remonter. J'ai envoyé quelques espions après lui, mais j'ignore jusqu'à ce moment-ci quelle est la route qu'il tiendra, car je ne crois pas qu'il s'avise de remonter. Dans ce dernier cas il me donnerait encore de l'embarras non seulement pour surveiller ses marches, mais encore pour le chasser de partout où il s'arrêterait, ce qui retarde la perception

1 »de Quidioi« dans le texte original.

2 Ms. Oss. 2582.

3 demi-galère (La Jonquière V. 62).

■* Biffé: ainsi que le cheik.

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du miri et fatigue extrêmement la troupe. D'ailleurs à chaque interruption du miri le paysan reçoit une nouvelle secousse, il est comme électrisé par l'idée de l'embarras où se trouvent les Français, ce qui l'entretient dans l'espoir que peut être nous serons forcés de quitter l'Egypte et qu'il gardera son argent.

Le détachement^ que je commande a diminué de beaucoup depuis deux mois, tant par les malades que j'ai évacués sur le Caire que par une espèce de la désertion. Des soldats de corps qui se trouvent de la division Desaix, profitent des convois qui passent et s'embarquent clandestinement pour la joindre. Les commandants certainement sont fautifs de ne pas assez surveiller leurs soldats mais c'est une négligence ^ qui est com. mune à toute l'armée. Cette diminution est cause qu'à chaque fois qu'il s'agit de faire un mouvement je ne puis rien laisser pour continuer le miri et qu'il faut emmener tout avec moi. Je suis dans le même cas. Au moment où je vous écris, on vient de m'avertir de Fayoum qu'il s'y forme un rassemblement de mamelouks et d'Arabes sur le bord du désert dans un village nommé Abougoundid ^ dont kachef est l'âme de cette troupe. 11 faudra encore y marcher pour ne pas laisser prendre d'accroissement à cette réunion, ce qui est autant de retard pour le malheureux miri. Cependant cette course ne sera que de 3 à 4 jours et je n'atlends pour me mettre en route que le retour de mes espions.

J'attends votre décision au sujet de l'homme d'affaires d'Ali- Kachef Sa vie serait peut être nécessaire pour prouver les vols de l'intendant copte du Fayoum. Ces malheureux Coptes commettront impunément leurs brigandages tant que leur nomination ainsi que leur destitution ne dépendront directement du c" Poussielgue, parce que moallem Girgès-el-Gouhary ^ est le chef des voleurs et trouvera toujours des raisons pour protéger les fripons.

J'envoie le c" Thibaud, officier de la 21-me légère, pour m'amener du Caire un affût de rechange pour la pièce que j'ai avec moi qui est toute ruinée. J'ose vous prier, mon Gé-

* Biffé: Ma garnison.

» Biffé: abus.

' Lire: Abou Gandir.

* «Mallem Groharis» dans le texte original.

' A DUGUA ET A POUSSlELGUK 211

néral, d'ordonner pour qu'on l'expédie le plutôt possible. En cas qu'il n'y eut point d'affût de rechange et que vous puissiez me faire avoir une pièce de 4 avec sa munition nécessaire, je vous en serai bien obligé. C'est la moitié de notre force que ce canon; de grâce. Général, ne m'en laissez pas manquer.

J'espère que dans une dizaine de jours je pourrai vous envoyer 60 mille livres; aujourd'hui il ne s'entrouve dans la caisse que 25. Les différentes assignations pour la division Desaix, ainsi que celles du Caire, soit pour les hôpitaux, soit pour le génie et la munition épuisent nos fonds ^ Les 2 mille livres que vous ordonnez de payer sur l'ordonnance de l'ordonnateur Laigle seront acquittées.

La Vénitienne a passé le 22 au soir accompagnant un convoi de munition, ayant le vent très favorable.

J'ai pris des renseignements sur les petits détachements descendus au Caire de deux ou trois hommes et pour lesquels vous me faites des reproches. Il s'en suit que le commandant de la place m'a affirmé, ainsi que l'officier de santé, que parmi les malades descendus au Caire plus de la moitié étaient en état de se défendre et qu'on ne leur avait donné que 3 hommes pour la garde de la barque, et que les cantiniers du corps s'embarquèrent souvent tout seuls ou... leurs femmes pour aller faire des provisions au Caire, sans en demander la permission.

Je garderai ici les Mameluks qui sont venus traiter de la paix et les enverrai sous quelque temps. D'ailleurs ces gens ont leurs propriétés dans cette province et ne demandent pas mieux que d'y retourner après avoir été au Caire recevoir de vous leur amende.

Zaj^czek au citoyen Poussielgue^.

Le 25 germinal (14 avril 1799).

J'ai reçu votre lettre du 20 germinal. Je recommanderai à l'intendant copte, ainsi qu'à l'agent français de se conformer exactement à ce que vous prescrivez au sujet de charaqui.

Je ne pourrai pas suivre moi-même cette opération. Elle me

1 Voir La Jonquière V. 62—3.

« Ms. Oss. 2582.

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prendrait trop de temps. Il faut s'attendre, Citoyen, à être trompé dans cette occasion et vous pouvez prendre vos mesures d'avance pour l'être le moins possible. J'attends avec impatience votre réponse au sujet de l'intendant du Fayoum. Il me coûterait de politiquer avec un voleur presque avéré. J'y serai cependant forcé, si l'affaire dont je vous ai parlé, tarde à se décider.

La moitié de la province d'Atfîeh ayant été réunie à celle de Benhassé par un ordre du jour du général en chef, dois-je la regarder comme telle? Il me faudrait alors avoir les états du miri pour cette partie du pays. L'intendant copte n'en est point du tout prévenu; les habitants de la province ne le sont guères non plus. Daignez me tirer de cet embarras, et si vouspouviez disposer autrement de cette province, vous me feriez un plaisir parce que j'ai trop peu de troupes pour pouvoir tout maintenir dans l'ordre, et cette province est remplie d'Arabes et de voleurs à qui il faudrait faire une guerre de deux ou trois mois de suite.

Les états du miri pour le Fayoum sont arrivés au c" Noble le 18 ^ Je l'ai chargé du recouvrement de cet impôt et dans ce moment-ci il est à parcourir la province avec un détachement.

Le village de Beni-Souef est le plus abominable de tous ceux de la province. Je suis logé dans une masure qui menace ruine. Ne voudriez vous pas bien approuver le projet de la répartition d'une petite contribution que je vous envoie. Il s'agit de lever mille pataquès pour bâtir une habitation pour moi, et pour toute la troupe.

Je vous remercie d'avoir bien voulu m'envoyer les 4 exemplaires de la relation de l'expédition de Syrie. J'espère que bientôt je serai dans le même cas pour les meubles que je vous ai demandés.

germinal (7 avril).

A P0US81KLGUE, DMGUA KT A ANDRÉ 213

Le général de brigade Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Benhassé, au général divisionnaire Dugua, commandant au Caire \

Au qu. gén. de Beni-Souef, le 26 germinal an Vil (15 avril 1799).

Mon Général, votre lettre du 24 m'a déjà trouvé à Beni- Souef. Je suis bien aise de mériter votre approbation pour avoir passé sur la rive droite du Nil. Je ne me suis pas arrêté 48 heures à Gibebat, mais la troupe est^ resté 24 heures dans le voisinage de ce village.

J'ai trop peu d'argent pour vous l'envoyer (il n'y a que 25 mille livres en caisse et encore faut-il laisser le courant), mais si vous en avez absolument besoin marquez moi vos intentions positivement.

J'ai expédié hier le c. Thibaud, officier de la 21-me demibrigade légère, pour avoir un affût de rechange. Daignez l'expédier le plutôt.

Nous vous remercions des nouvelles de la Syrie.

Le janissaire qui a été expédié vers vous et qui est resté si longtemps en route, a été bastonné et cassé.

C'est par une occasion que j'ai l'honneur de vous écrire et non par un exprès. Salut et respect. Zayonchek.

Zaj^czek au citoyen André, payeur de la province de

Beni-Souef^:

Le 2& germinal (15 avril 1799).

D'après Tordre que j'ai reçu du général Dugua, vous voudrez bien payer au c*"" Barrere, garde-magasin des vivres, bon sur la somme de mille livres de valeur sur les deux mille dont le crédit a été ouvert au c" Laigle, ordonnateur, et dont le c^ Barrere vous exhibera l'ordonnance.

1 Arch. h. de la Giierre, Armée d'Orient (aut.), Ms. Oss. 2582. Reçu le 1 fl. (2. IV).

* Texte original: «a resté».

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Le général de brigade Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Benhassé, au général divisionnaire Dugua, commandant au Caire ^.

Au qu. gén. de Beni-Souef, le 26 germinal an VII (15 avril 1799),

Mon Général, j'ai l'honneur de vous adresser l'émir Soliman dont mon aide-de-camp vous avait annoncé l'arrivée en cette province, pour y traiter de la paix. Cet homme désirant se rendre au Caire au sein de sa famille, je lui recommande de se présenter chez vous pour recevoir son aman. Salut et respect.

Zayonchek.

Zaj^czek au général Dugua ^.

Le 1 floréal an VII (20 avril 1799).

J'ai reçu vos deux lettres du 28 germinal. L'homme d'affaires d'Ali-Kachef serait fusillé sans délai 3, si je ne voyais pas son existence nécessaire pour la conviction de la mauvaise conduite du Copte, intendant du Fayoum. Selon les dépositions du prisonnier, c'est le Copte qui l'a encouragé à la fuite et à la résistance, et ce serait servir le même Copte que de faire fusiller le prisonnier trop tôt. Ainsi je suspendrai son exécution jusqu'à ce que le c" Poussielgue ait pris ses mesures. Vous voudrez seulement le prier qu'il ne les tarde pas parce que la garde d'un prisonnier de cette espèce est très gênante.

Je vous ai envoyé le cheik de Gibebat parce que selon le rapport de mes espions sa maison était Fasile des Mameluks.

Elfi-Bey est revenu à Gibebat. 3 autres beys, descendus de la haute Egypte avec une suite de soixante personnes, sont venus l'y joindre. Les nouveaux arrivés n'ont point de chevaux et sont sur des chameaux.

Le détachement que vous devez envoyer, Général, par la province d'Atfieh^ courrait le risque d'être défait s'il est trop

1 Arch. h. de la Gu., A. d'Orient. Reçu le 2 (21. IV.); donné ordre au kachef Ibrahim de se présenter au commandant de la place et au divan.

2 Ms. Oss. 2582.

' Biffé: je procéderai incessamment à l'exécution. * »Airiely< dans le texte original.

AU GÉNÉKAL DUGUA 215

faible, non seulement par cette bande de Mameluks qui doit monter aujourd'hui à deux cents hommes, mais encore par les bédouins qui sont très nombreux dans cette partie du pays. Quant au passage du Nil, on ne peut jamais être sûr de trouver des barques dans tel ou tel point, car c'est le hasard qui les rassemble tantôt dans un tantôt dans un autre endroit. Au moment que j'ai fait ma course dans Atfieh, il n'y avait point de barques au village de Sol, mais j'en ai vu une dizaine à une lieue plus bas.

Après vous avoir envoyé l'état de situation de la troupe que je commande, j'en ai passé la revue et je me suis convaincu qu'il n'y a réellement que 360 et quelques hommes disponibles dont j'ai employé cent pour percevoir le miri dans le Fayoum, cent autres parcourent pour le même effet la province de Benhassé, reste 160 que j'ai avec moi à Beni-Souef: sur ce nombre il faut déduire les malades et les mousses, de manière que si jamais il y a un mouvement à faire, je n'aurais pas^ 100 hommes de disponibles.

Je sens que la présence des Mamluks à Gibebat est trop dangereuse pour la tranquillité du Caire et j'aurai déjà marché contre eux, si je ne craignais pas que cette continuelle inter ruption de la perception du miri ne m'attire enfin des reproches. Je ne puis entreprendre cette expédition à la tête de cent hommes. Il faudra que je fasse revenir pour cela un des deux détachements, ce qui dérange la perception. Je ne puis non plus diminuer le détachement parce que les Coptes ne se croient jamais en sûreté et parce qu'il y a réellement des villages trop forts pour y envoyer moins. Ainsi voyez, Général, ma position et décidez. D'ailleurs le canon que vous me promettez, n'est pas encore ici.

J'ai fait dissiper le rassemblement qui a eu lieu à Abou Gandir^, dans la province du Fayoum. Malgré tout le secret que je mis dans ma marche nocturne les Arabes ont fui ainsi qu'une portion des Mameluks. Le village fut bloqué. Les cheiks interrogés déclarèrent que tout s'était enfui, il y avait six heures, et qu'il n'y avait personne dans le village. Là-dessus je fis lever le blocus, mais à peine la troupe a été rassemblée que

* Biffé: j'aurais avec tout au plus.

2 »Abougoundod« dans le texte original.

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Daout kachef avec son fils sortirent subitement par un coin du vï\\di(j;e et s'enfuirent dans le désert. Cette mauvaise foi des cheiks m'a décidé à leur faire donner une bastonnade terrible et à les destituer de leur emploi.

Pour ce qui est des chevaux des Coptes, le c"^ ChoUet, agent français, va faire cette exécution. Nous attendons seulement le moment favorable où ils les auront rassemblés parce que depuis quel([ues jours ils les ont dispersés dans des villages.

Pour vous donner une idée de la difficulté avec laquelle le miri se perçoit ici, j'ai l'honneur de vous observer que malgré la tournée d'un mois faite par le général Veaux, malgré celle de deux mois consécutifs faite par moi, nous n'avons perçu sur 195 mille pataquès soit de miri soit de droit ^ du kachef que 48,524. 11 est vrai que nous avons perdu un mois pour apaiser la révolte, que j'ai fait 2 courses, l'une dans Miniet dans le Fayoum, une dans Atfieh qui ont interrompu la perception. Cependant le Copte m'assure que dans 3 ou 4 jours j'aurai 60 mille livres pour vous envoyer.

Le général de brigade Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Benhassé, au général divisionnaire Dugua, commandant au Caire ^.

Au qu. gén. de Béni Souef, le 2 floréal an VII (21 avril 1799).

Mon Général, je viens de recevoir la nouvelle que la nuit dernière, c'est à dire du 1 au 2, il a passé sur la rive droite du Nil en descendant une troupe de Mecquains. Je ne puis vous assurer quel est leur nombre, parce que les relations varient à ce sujet. Les uns disent qu'il n'en a que 50 à 60, d'autres 100, et d'autres 400. Cherchent-ils le passage pour se rendre sur la Mer Rouge, celui de Kosseir leur étant fermé par le général Desaix; ou bien viennent-ils augmenter le rassemblement de Gibebat, ce qu'il est difficile de deviner. J'enverrai des espions après eux, mais on est ici si mal servi.

Les mamlouks qui sont ici, disent qu'Elfi-Bey a l'ordre de

* c. à d. kouchoufyéh, contribution due au bey ou kachef.

' A. h. de la G., A. d'Orient., Ms. Oss. 2582. Répondu sur-le-champ.

A DUGUA, DKSAfX KT A DRTRÉS 217

Mourad-Bey de descendre vers le Caire et de l'y attendre, et que lui, Mourad-Bey, se ^ joindra bientôt par la rive gauche, ce qui ne paraît pas vrai. Je croirais plutôt que quelques intrigants du Caire auront invité tous ces gens-là à se rapprocher d'eux.

J'attends des ordres et je me tiens prêt à les exécuter. Salut et respect.

Zaj^czek au général Desaix '\

(Beni-Souef), le 2 floréal (21 avril 1799).

Vous m'avez ordonné, Général, de vous informer de tout «e qui pourrait survenir dans le pays où je commande. Conformément à cet ordre je m'empresse à vous faire part qu'il y a un rassemblement de Mamluks qui se forme à Gibebat^ Tillage situé à douze lieues du Caire dans Atfieh. Ce rassemblement dans le principe a eu pour chef Elfi-Bey. Il y a quelques jours que j'avais reçu ordre de marcher contre ce fugitif Ils se sauvèrent à mon approche et gagnèrent le désert. Après m'ètre annihilé 3 jours dans la province d'Atfieh je suis revenu sur mes pas. Elh-Bey est rentré de nouveau dans Gibebat. Il y fut joint depuis par 3 beys accompagnés de 60 Mamluks. Cette nuit il a passé vers le même point 400 Mecquains, ce qui serait en tout à peu près six cent hommes d'ennemis. Le séjour de cette troupe dans le voisinage du Caire est très dangereux. La garnison de cette dernière place est trop faible pour pouvoir en envoyer au devant de ces gens-là. Pour moi, je n'ai que 150 hommes de disponibles et je crains beaucoup que les intrigants du Caire ne profitent de cette circonstance pour tenter une insurrection dans la capitale.

Je viens d'en écrire au général Dugua et j'attends ses ordres.

Zaj^czek au chef de brigade Detrès^.

(Beni-Souef), le 2 floréal an VII (21 avril 1799) à 7 heures du soir.

J'ai reçu votre lettre du 30 avec deux cop-es de la lettre

du général Davout en date du 27. J'ignore la position de l'ar-

1 Ms. Oss.: les. ' Ms. Oss. 2582,

8 «Elcoiibebak» dans le texte original.

4 Ms. Oss. 2582.

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mée du générai Desaix, mais si ce général autorise le généra! Davout à descendre jusqu'au Caire, je crois que ce mouvement contribuerait beaucoup à assurer la tranquillité non seulement de la capitale, mais encore de toutes les provinces voisines. Celle d'Atfieh est remplie de Mameluks fugitifs à la vérité, mais si on leur laisse le temps de se rassembler et de se réorganiser, ils pourraient devenir dangereux parce que les habitants du Caire en seraient encouragés à la révolte. D'ailleurs 400 Mecquains ont passé la nuit dernière sur la rive droite du Nil à la hauteur de Béni Souef et ont dirigé leur marche vers le Caire. Il serait donc urgent, selon moi, que le général Davout se porte plus près du Caire, mais ce n'est pas à moi à décider ce qu'il doit faire vu que j'ignore totalement la position des nôtres dans la haute Egypte.

Outre le rassemblement des Mameluks nous avons également à craindre quelques mouvements de la part des Arabes» Leurs cheiks comm.encent à se rassembler tantôt dans un tantôt dans l'autre village; ils y tiennent conseil sur les moyens de nous attaquer. Une invitation du chérif qui leur a été adressée, est cause de cette fermentation dont on s'aperçoit parmi eux. En un mot tout me fait croire que le général Davout ferait parfaitement bien de s'approcher du Caire et je vous prie de lui communiquer ce que je vous en écris.

Je n'ai point trouvé la lettre que vous m'annoncez pour le général Dugua.

Le général de brigade Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Benhassé au général divisionnaire Dugua, commandant au Caire ^

Au qu. gén. de Béni Souef, le 2 floréal an VII (21 avril 1799).

Mon Général, je viens de recevoir de Miniet le duplicata d'une lettre que le général de brigade Davout écrit ^ au chef de brigade Detrès; ce général demande ayant sous ses ordres

1 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, ms. Oss. 2582, datée 3 floréal. En marge: Reçu le 7, répondu idem. L'écrire au g«' en chef, expédié le 9. » Siout, le 27 germinal VII (16. IV. 1799).

deux bataillons et deux régiments de cavalerie, si sa présence n'est point nécessaire dans nos contrées en se disant autorisé par le général Desaix à dirig-er les mouvements selon les circonstances ^ J'ai répondu au chef de brigade Detrès que le général Davout ferait fort bien de se rapprocher du Caire, non seulement par rapport au rassemblement des mamlouks dans Atfieh, mais encore pour en imposer aux Arabes qui paraissent inquiets depuis quelques jours. Leurs cheiks se rassemblent tantôt dans un tantôt dans un autre village. La cause de ce mouvement est une lettre du chérif de la Mecque, qui les invite à prendre les armes contre les Français; c'est aujourd'hui et après vous avoir expédié ma première lettre que je viens d'en être informé. Si vous croyez, mon Général, écrire, au général Davout pour se rapprocher de la capitale, cela ne nous ferait pas du mal et contiendrait le pays. Salut et respect. Zayonchek.

Le général de brigade Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Benhassé, au général divisionnaire Dugua, commandant au Caire'K

Au qu. gén. deBeni-Souef, le 3 floréal an VII (:22 avril 1799).

Mon Général, le capitaine Brun, de la 22-me demi-brigade, est chargé par moi de vous remettre la présente et de conduire la pièce de huit, qui est ruinée, au parc de Gizeh. Il est également chargé, Général, de vous remettre six chevaux de remonte de Fayoum.

Quant à l'argent, j'attends journellement que les Coptes me tiennent leur parole et j'espère que je ne tarderai pas à vous envoyer 60 mille livres. Le capitaine Mouren^ qui a passé ici, il y a 3 jours, vous porte 50 mille livres^.

Les espions que j'avais envoyés après les Mecquains m'ont rapporté que réellement il n'y en a que 70 presque tous bles-

1 Voir La J on qui ère III. 640-2.

2 Arcii. h. de la Gu., A. d'Orient. Ms. Oss. 2582. En marge: Reçu le 7. Accuser la réception des chevaux. Lui demander, s'il désire ravoir sa pièce lorsqu'elle sera raccommodée ou s'il préfère la pièce de 3. Expédié le 8 (27 avril 1799).

' Ms. Oss.: Mouron.

* Ms. Oss.: provenant de Miniet.

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ses et se disant aller au Caire, mais il est très probable qu'ils se retirèrent^ à Gibebat. Je les fais toujours suivre, mais je ne puis jamais compter sur la véracité de mes espions. Tant qu'il n'y aura pas une garnison dans la province d'Atlieh, ce pays sera toujours le refuge de nos ennemis.

J'envoie au commandant de la place le nommé Jean Vigne, carabinier à la 22^ demi-brigade, prévenu d'insubordination et de quelques autres mauvaises actions. Il se corrigera peut être, si on le place dans un autre corps. La plainte portée contre lui par le capitaine des carabiniers de ce corps sera remise au commandant de la place du Caire. Salut et respect.

Le général de brigade Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Benhassé, au général divisionnaire Dagua, commandant au Caire ^.

Au qu. gén. de Béni Souef, le 3 floréal an VII (22 avril 1799).

Mon Général, le chirurgien du 1-er bataillon de la 22-me demi-brigade qui est en garnison ici, se trouvant malade m'a demandé la permission de se rendre au Caire pour y rétablir sa santé. Je la lui ai refusée, attendu le besoin que nous en avons ici, mais, comme il se trouve au dépôt de la 22me demibrigade à l'île de Roudah un autre chirurgien, je vous prie de lui faire donner l'ordre de venir ici de suite pour remplacer celui qui est malade ici. Salut et respect.

Zaj^^czek au commandant de la place du Caire (Destaing)^.

(Béni Souet), le 3 floréal (22 avril 1799).

J'ai l'honneur de vous envoyer. Général, le nommé Jean Vigne, carabinier à la 22-me légère, prévenu d'insubordination. Comme les hommes nous sont précieux dans ce moment-ci,

* Ms. Oss.: s'arrêteront.

2 Arch. h. de la Gu., A. d'Orient. En marge: Reçu le 7. Ordre à donner. Expédié le 8. Répondu idem (27. IV. 1799). » Ms. Oss. 2582.

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