A DUGUA, DESTAING, DAVOUT ET A NOBLE
je crois que l'on peut se lâcher de la rigueur et le placer dans un autre corps où il se corrigera peut être. Je joins ici la plainte portée contre lui.
Zaj^czek au général Davout^,
(Béni Souef), le 4 floréal (23 avril 1799).
Le capitaine Fraisse, commandant la barque armée la Vénitienne, m'a communiqué par votre ordre la lettre que vous avez écrite au général Dugua. Connaissant la faiblesse de la garnison du Caire ainsi que le nombre des Mameluks rassemblés à dix lieues de cette capitale, dans un village nommé Gibebat de la province d'Atfîeh, je m'empresse à vous mander, Général, que votre présence est ici de toute nécessité. Le rassemblement que je vous annonce a été jusqu'au 2 du courant de six cents hommes dont 400 Mecquains, mais selon le rapport de nos espions ce rassemblement augmente tous les jours par des Mameluks qui descendent de la haute Egypte. Il y a outre cela une rumeur sourde parmi les Arabes, une lettre venant du chérif de La Mecque les invite à faire leurs efforts pour nous détruire. Je croirais donc que vous n'avez point de temps à perdre pour préserver la capitale d'une insurrection qui pourrait être dangereuse, vu la faiblesse de notre garnison. L'émirhadji, que vous aurez peut être connu au Caire, qui est le même que le général en chef avait nommé prince de la caravane, remue le ciel et la terre pour opérer contre nous une révolte 2, ainsi l'état des choses ne nous permit (de) vous attendre qu'avec la plus grande impatience.
Zaj^czek au citoyen Noble, agent de la province de
Fayoum \
(Béni Souef), le 4 floréal (23 avril 1799).
Mandez moi, je vous prie, quel est le fruit de vos opérations. Employez le premier argent que vous toucherez, à payer
1 Ms. Oss. 2582.
2 La Jonquière V. 36—7, 45 etc.
3 Ms. Oss. 2582.
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le divan et les janissaires. Si le restant monte à 5 mille pata« ques, instruisez m'en aussitôt pour que je l'envoie chercher, car vu la position des choses je serais inquiet s'il y avait trop d'argent dans le Fayoum. Le bruit presque général annonce la descente de Mourad-Bey; que sait-on s'il ne passera pas par la province du Fayoum; ainsi soyez continuellement sur vos gardes et si vous en apprenez quelque chose, mandez le moi sans délai. Gardez pour vous tout ce que je vous mande des mouvements de Mourad-Bey, car nous sommes dans une position à nous méfier de tous ceux qui nous entourent.
P. S. Une partie de la division Desaix descend pour renforcer nos garnisons. Continuez toujours vos opérations et que cela ne vous arrête point. Vous serez averti en cas qu'il y ait du danger pour vous.
Zaj^czek au citoyen Noble, agent français de la province de Fayoum^.
(Beni-Souef), le 5 floréal (24 avril 1799).
J'ai reçu votre lettre du 4. Les deux pièces de fer que vous avez laissées à Embaché, n'y sont pas du tout bien. Ordonnez aux cheiks de les transporter tout de suite à Beni-Souef sous peine de la vie. Il n'est pas nécessaire de traîner avec ces pièces leurs affûts. Quant aux pièces, on peut les transporter sur des chameaux, ce que vous ferez exécuter sur-le-champ. Si la charge est trop forte pour un seul chameau, on a ici dans le pays la manière de faire porter la plus forte charge sur deux chameaux.
Quand vous aurez payé le divan et les janissaires, envoyez moi le restant du miri parce qu'on me demande de l'argent du Caire. Le transport de cet argent doit se faire de la manière suivante. Vous ferez partir demain, six du courant, à la pointe du jour un détachement de 30 hommes commandé par un officier qui accompagnera cet argent jusqu'à EUahoun 2. J'en ferai autant de ma part, c'est à dire que j'enverrai un dé-
* Ms. Oss. 2582.
« «Illahun» dans le texte original.
A NOBLE ET A HAVOYB 223
iachement de trente hommes d'ici à Eliahoun pour rencontrer les vôtres et y prendre l'argent qu'on aura apporté de Médine^; à la suite de quoi les deux détachements retourneront à leur cantonnement, c'est à dire le mien à Béni Souef avec l'argent et le vôtre à Médine.
Vous expédierez avec ce détachement les dix volontaires malades que le capitaine, commandant le détachement de Médine, m'annonce. Pour la facilité de leur transport vous leur ferez donner une bourrique à chaque malade, ces bourriques viendront jusques à Béni Souef et il faut les faire accompagner par les propriétaires. Il ne faut pas payer les bourriques parce que ce doit être à la charge de la province.
L'aga des janissaires que j'ai destitué, a pris 200 sequins d'Ibrahim Saragi. Cette somme doit absolument être rendue, ainsi prenez vos mesures pour m'envoyer cet argent de suite. Son ami Mallem Ibrahim m'en répondait, ainsi qu'il travaille à faire acquitter ce défaillant aux quatre cents livres qui sont dues à l'aga des janissaires. Vous les lui payerez parce que la résistance qu'il montre à restituer les 200 sequins volés, nest qu'un jeu pour me donner à moi l'air d'une avanie tandis qu'il a l'or chez lui.
Pressez le miri tant que vous pourrez, parce que l'armée a besoin d'argent et on m'en demande du Caire tous les jours. Ne manquez pas d'expédier demain le détachement pour que celui que j'envoie d'ici à Eliahoun ne fasse pas une course pour rien. Il a l'ordre de retourner le même jour à Beni-Souef. Commandez la même chose au vôtre.
Zaj^czek au citoyen Savoye, commandant le détachement de Fayoum'^.
(Beni-Souef), le 5 floréal (24 avril 1799).
J'ai reçu votre lettre du 3 floréal. Le six, vous expédierez il la pointe du jour un détachement de 30 hommes, commandé par un officier, qui prendra l'argent chez le c° Noble. Ce détachement avec cet argent se portera jusqu'à Eliahoun et là re-
* Medinet-el-Fayoum.
2 Ms. Oss. 2582.
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mettra la somme à l'officier que j'envoie d'ici à Ellahoun pouïr^ prendre cet argent depuis Ellahoun jusqu'à Beni-Souef. Alors, les deux détachements retourneront le même jour à leur quartier respectif, c'est à dire le mien à Beni-Souef et le vôtre à> Medine.
Dans le nombre de 30 hommes qui escorteront l'arorent k Ellahoun, vous comprendrez les malades que vous avez et auxquels le c" Noble fera fournir des bourriques pour les trans* porter jusques ici. L'officier commandant le détachement que j'envoie d'ici à Ellahoun a ordre de vous laisser dix hommes à la place des malades qu'il prendra avec lui. Ces malades doivent apporter leurs armes et bagages.
Vous vous concerterez pour toute cette opération avec le c° Noble à qui j'ai écris à ce sujet. Le chef de bataillon Sacrost va vous envoyer la paye due à votre détachement.
Zaj^czek au citoyen Noble ^. '^'
(Beni-Souef), le 6 floréal (25 avril 1799). •
L'argent que vous avez envoyé, a été remis au payeur qui trouve environ (quatre -) pataquès de moins pour compléter la. somme de 3000 que vous m'annoncez. Pressez la perception du miri, celle de chevaux et des dromadaires. On a besoin de; tout cela au Caire et j'en suis tous les jours pressé à cet égard.
Soyez continuellement aux écoutes du côté du désert et mandez moi tout ce que vous entendrez à cet égard, vrai ou fau
Zaj^czek au citoyen Noble, agent de la province d
Fayoum K
(Beni-Souefj, le 6 floréal (25 avril 1799).
Je viens de recevoir une lettre du citoyen Poussielgue par laquelle il m'invite à faire arrêter le Moallem Ibrahim, intendant du Fayoum, et voici sa teneur.
2 Ce mot est biffé dans le texte original de la minute.
3 Ms. Oss. 2582.