A DUGUA ET A POUSSIELGUE
Il en était de même de l'intendant du Fayoum. Il a prévenu son arrestation et est parti pour le Caire.
J'envoie l'homme d'affaires d'Ali-Kachef pour être confronté. Cet homme l'accuse d'avoir la connaissance des affaires d'Ali- Kachef comme étant son premier écrivain. — Il l'accuse d'avoir donné aux paysans chez qui les effets d'Ali-Kachef furent déposés, des reçus simulés. Cette circonstance est presque avouée par la facilité avec laquelle les paysans ont consenti de payer la valeur des mêmes effets.
Il l'accuse de l'avoir toujours averti de l'approche des Français et de l'avoir constamment cherché à l'éloigner. Tandis qu'il faisait ce manège avec l'homme d'affaires d'Ali-Kachef, il nous disait, à nous autres, que nous ne pourrions rien apprendre des eftets d'Ali-Kachef sans nous saisir de cet homme. En effet la déclaration que fit Moallem Ibrahim des effets d'Ali-Kachef se réduisait à dix bœufs et quelques centaines d'ardeps de blé, au lieu qu'aujourd'hui le nombre des bœufs passe cent et il y aura outre cela pour 2 à 3 mille pataquès en indigo.
Je ne puis parvenir à m'emparer de l'esclave qui s'est évadée, mais selon la déposition de l'homme d'affaires d'Ali-Kachef c'est Moallem Ibrahim qui lui fournissait l'argent nécessaire pour son entretien, il lui en aura fourni également pour son évasion.
Je n'ai point d'autres preuves contre cet intendant. La déposition du prisonnier est la seule que j'ai, ainsi que la facilité avec laquelle les paysans ont promis de payer les effets d'Ali- Kachef déposés chez eux. Le citoyen Noble vous fera certainement son rapport de ce qui concerne ces effets, parmi lesquels il vient encore de découvrir une bonne quantité d'eau de rose qui est une marchandise du pays très recherchée.
J'ai parlé avec l'intendant copte de la province de Benhassé au sujet des villages de la province d'Atfîeh. Il se charge du recouvrement du miri dans 9 villages, mais les deux restant qui sont au-dessus de la ville de Miniet et qui ne payent qu'en sucre, il dit qu'il ne peut pas s'en charger vu leur grand éloignement.
Recevez mes remerciments pour le tapis et les coussins que vous avez bien voulu m'envoyer.
232 ZAJACZEK
Zajaczek au général Dugua^.
(Beni-Souef), le 10 floréal (29 avril 1799).
Depuis ma lettre du 8 je n'ai pu rien apprendre ni des Marnluks ni de notre colonne commandée par le général Davout. Je me tiens prêt à recevoir l'ennemi en cas qu'il voulut se présenter ici. Les deux détachements que j'avais dehors sont rentré'3. J'ai envoyé plus de six émissaires en campagne et aucun d'eux ne retourne. Cette circonstance va encore retarder la perception du miri. Je vous envoie 45 mille livres, les Coptes étant rentrés, il m'a été impossible de compléter la somme jusqu'à 60 mille livres, comme je l'aurais désiré.
Le citoyen Poussielgue m'ayant demandé l'homme d'affaires d'Ali-Kachef, je vous l'envoie. Quand il ne sera plus nécessaire à l'administration, vous pouvez, Général, en faire ce que vous jugez le plus à propos.
Le citoyen Pierre, mon aide de camp, qui vous remettra la présente, s'arrêtera au Caire quelques jours par raison de sa santé.
Les Arabes de Henady ont paru dans le désert à la hauteur du lac Mœris en Fayoum ayant leurs chameaux chargés de provisions, mais j'ignore encore leur dessein,
Zajaczek au général Davoat^.
(Beni-Souef), le 10 floréal an VII (29 avril 1799).
L'intendant copte de la province de Benhassé vient de m'instruire que les Mameluks avec les Mecquains se trouvent dans un village nommé Bartabat 2, situé sur le canal Joseph du côté du désert à 14 heures de distance de Béni Souef; un kachef avec 100 Mameluks à cheval est à Fechn ^ village situé à 8 heures d'ici sur le bord du Nil. Je m'empresse, Général, de vous en faire part. Si j'étais sûr de la vérité de ce rapport, je ne balancerais pas de me porter sur Fechn, mais ce sont des va-
* Ms. Oss. 2582.
* Ms. Oss. 2582.
» «Bord-Bac», «Bord-Bot» dans le texte original.
* «Fechné» dans le texte original.