A DUGUA KT A DAVOUT
gabonds qui changent de position à tout instant et je fatiguerais peut être inutilement la troupe. Cependant en cas que vous entrepreniez une expédition contre ceux de Bartabat, je pourrais tenter celle de Fechn. Dites moi un mot à cet égard et apprenez moi si les mouvements de l'ennemi vous déterminent à vous approcher de moi.
Zaj^czek au général DuguaK
(Beni-Souef), le 11 floréal (30 avril 1799).
Depuis les deux lettres du 6 que je vous ai envoyées, je n'ai rien reçu de Miniet. Je ne sais rien non plus du général Davout. Quant à l'ennemi, les rapports que j'en reçois, varient au point qu'il est impossible d'essayer un calcul. Les uns prétendent que depuis l'affaire de Miniet les Arabes ont abandonné les Mamlouks et les Mecquains et se sont retirés près d'un villag-e nommé Bartabat sur le canal de Joseph, que les Mamlouks et les Mecquains ont passé le Nil à la hauteur de Malaye et se trouvent présentement sur la rive droite, c'est ce qui est le plus probable. D'autres assurent que les Mamlouks sont à Fechn et en d'autres endroits voisins de celui-là. Quelques autres ont poussé la poltronnerie jusqu'à me mander que les Mecquains et les Mamlouks étaient à Biby, village situé au bord du Nil à 4 lieues d'ici, mais ceci est faux, il n'y a eu que douze Mecquains, qui sont venus dans ce village pour chercher des vivres. Mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'au moment où je vous écris, il passe près de 150 hommes à pied vis-à-vis 1 de Beni-Souef sur la rive droite, ils sont accompagnés d'une vingtaine de cavaliers, ils descendent vers le Caire, ce qui me prouverait la vérité du premier rapport que les Mecquains ont I passé la rivière à la hauteur de Malaye. Je vous ai expédié ce î matin le citoyen Pierre, mon aide de camp, avec 45000 1. De- I puis l'apparition de cette troupe à pied je suis inquiet sur le ; sort de ce convoi. Cependant il a quatre à cinq heures d'avance
i sur ces vagabonds. Vous me délivrerez. Général, d'une grande
j inquiétude quand vous m'aurez avisé sur l'arrivée du citoyen Pierre.
1 Ms. Oss. 2582.
li n'y a pas de jours que je n'écrive deux ou trois fois au général Davout. Je lui ai mandé, il y a une heure, la marchede la troupe que je vous annonce, et je l'ai invité de se presser pour délivrer la capitale de ce rassemblement à Gibebat»
Le g. de brig. Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Benhassé, au général div. Dugua, commandant au Caire ^
Au qu. g. de Beni-Souef, le 12 floréal an VII (1 mai 1799).
Mon Général, j'ai un malheur à vous annoncer. La barque sur laquelle j'avais envoyé l'argent au Caire, a été attaquée par les Mecquains qui filaient le même jour sur la rive droite du Nil. Le combat a eu lieu à la hauteur d'El-Meïmoun 2, village situé à 4 lieues de Beni-Souef, en descendant au Caire. Le citoyen Pierre, mon aide de camp, avec vingt cinq hommes d'escorte, a tenu ferme depuis 2 heures après midi jusqu'à sept heures du soir, mais le nombre des Mecquains augmentant toujours, parce que tous les paysans du voisinage se joignaient à eux, il a pris le parti de s'approcher de la rive gauche et d'y débarquer, dans une position favorable à protéger la barque et en effet il l'a défendue encore plus de deux heures. Mais les paysans des villages s'approchant de plus en plus et ayant plusieurs volontaires de blessés, il fut contraint d'abandonner la. barque avec l'argent et de se retirer vers Beni-Souef. Malgréce parti il aurait succombé infailliblement parce qu'il a été poursuivi avec trop d'acharnement, si le cheik du village de Geziret-Abou-Salh^ ne se tut porté à son secours, ce qui a donné le moyen au détachement de trouver une barque, y mettre les blessés et gagner de cette manière-là Beni-Souef. Il a péri^ dans cette occasion plus de soixante mille livres tant de l'argent de la république que des particuliers, qui avaient profité
^ Arch. h. de la Gu., A. d'Orient; Ms. Oss. 2582. Reçu le 15, répondu idem. Avis au général en chef.
2 «El-Memont> dans le texte original, «Meïdoum» sur les cartes modernes.
3 «Guizerabousalé» dans le texte original. * Ms. Oss. : perdu.
AU GENERAL DUGIJA
de cette occasion pour l'envoyer au Caire, les chevaux de inon aide-de-camp et tout son baofage. Comme les villag-es qui se sont unis aux Mecquains pour attaquer la barque, sont grands et riches, je me porterai incessamment sur eux pour faire restituer cette perte à la république, de sorte que j'espère que cette perte sera réparée.
J'avais envoyé par la même occasion le cheik d'El-Gedid ^ que vous m'aviez demandé, ainsi que l'homme d'affaires d'Ali- Kachef que le cit. Poussielg-ue voulait avoir au Caire pour le confronter avec l'intendant du Fayoum, ils se sont évadés tous les deux pendant l'action.
Le général Davout arrive ici aujourd'hui avec sa colonne. Les mamlouks, les Mecquains ^ et les Arabes qui avaient attaqué ^ Miniet se sont dispersés de tout côté. A tout instant du jour il m'arrive des rapports qu'(ils) sont par dix, par quatre, dans les villages de la province; cependant la plus grande partie surtout des Mecquains ont passé le Nil et se trouvent sur la rive droite. Il n'est pas à douter qu'ils cherchent à se réunir à ceux de Gibebat*. Ayant appris que la barque qui portait l'argent a été attaquée, j'avais envoyé en toute diligence un détachement de cent hommes pour la protéger. Ce détachement a surpris sept Mecquains que le cheik d'un village avait logés chez lui. Ils ont été tous fusillés ainsi que le cheik qui leur a donné l'asile.
Je tâcherai de porter le général Davout à attaquer le plutôt possible le rassemblement de Gibebat et je vous en préviendrai aussitôt.
Je joins ici le rapport fait par mon aide de camp ^. Salut et respect. Zayonchek.
1 «Gouddai> dans le texte original.
2 «mekins» dans le texte original.
* Ms. Oss.: qui l'avaient attaqué, à Miniet...
4 «d'Elcoubebak» dans le texte original.
5 Rapport cité en extrait par La Jonquière (V. 74) avec cette observation: «Une note inédite du général Damas porte à propos de cet incident: «Le général Zayonchek fit payer aux habitants des villages voisins du lieu où la barque avait été pillée l'argent du Trésor public, plus 12,000 francs à lui et 6,000 francs à son aide de camp, qu'il déclara avoir été sur cette barque et qu'il envoyait au Caire. Les comptes de l'agent français et les ordres du général Zayonchek en font foi. Quelques gens aussi mal
236 ZAJ.VCZÏÏK
Le général Davcut vient d'arriver, son artilierie se trouve dans un état à ne pouvoir pas partir, il lui faudra pour le moins 24 (heures) pour se réparer.
Zaj^czek au général Dugaa ^.
(Beni-Souef), le 13 floréal (2 mai 1799).
Votre lettre du 10 du courant a trouvé le général Davout à Beni-Souef. Il est tout prêt à faire ce qu'il lui sera possible pour contribuer à la sûreté générale. Aujourd'hui ou demain sa colonne se mettra en marche pour s'approcher de Gibebat et par conséquent du Caire. Son artillerie est dans un bien mauvais état. Rien de nouveau dans ie pays depuis ma lettre d'hier.
J'ai communiqué ma lettre au général Davout; il n'y a rien à ajouter à la lettre- qu'il vous a écrite hier.
intentionnés peut-être que cet homme fourbe, disent qu'il n'ignorait pas comment la barque avait été attaquée et où l'argent avait passé». Damas apprécie, d'ailleurs, avec une extrême sévérité le caractère et la valeur de Zayonchek».
Voir aussi l'accusation, dans une lettre (non signée) d'un des officiers accompagnant Reynier, adressée à Savary, le 9 messidor l'an IX au mouillage à Nice. (Pièces justificatives jointes aux Mémoires de Reynier, Paris, 1827, p. 372): «Un Zayonchek!... connu par ses brigandages dans la haute Egypte, dont le seul mérite est d'avoir flatté la haine atroce de Menou, en lui répétant qu'au lieu d'inhumer le général Kleber on eût dû l'exposer à une potence pour servir de pâture aux oiseaux de proie!... un Destaing, dont la rapacité a porté au delà de 200,000 fr. le fruit de ses concussions!... voilà quels sont les chefs actuels de l'armée d'Orient, les conseillers intimes du cabinet d'Alexandrie; voilà les nobles soutiens de cette morale qui découle abondamment de la plume du baron de Menou; mais qui ne purifia jamais son cœur infecté de crimes». (Document conservé aux archives de la Guerre avec remarque: succession Belliard). Tout cela n'est que l'écho de la controverse passionnée des «Klebertistes» avec les «Menoutistes».
1 Ms. Oss. 2582.
2 Voir: La Jonquière III. 643—5.
AU GÉNÉKAL DUGUA 237
Le gén. de br. Zaj^czek, commandant les provinces de
Fayoum et de Benhassé, au général divisionnaire Du-
gua, commandant au Caire ^
Au quartier général de Beni-Souef, le 13 floréal an VII (2 mai
1799) à 9 heures du soir.
I Mon Général, j'ai reçu votre lettre du 12. J'ai remis l'incluse
|au général Davout. Il part demain pour le Caire. Depuis ma lettre de ce matin il m'est venu des rapports certains que les mamelouks ont pénétré dans la province du Fayoum. On les dit au nombre de cent cinquante, celui des Mecquains qui les accompagnent, n'est pas connu. Les Arabes Henady s'en sont aussi approchés. Tous les villages de la province de Benhassé sont en l'air et la preuve en est dans la conduite d'AbouGirgeh 2. Les Mecquains et les mamelouks répètent partout que c'est après la destruction des Français qu'ils retournent au Caire ^ Les paysans le croient parce qu'ils le désirent et se tiennent prêts à agir contre nous partout où ils peuvent. Voilà la vraie situation des choses. Le général Davout a été disposé de s'arrêter ici quelques jours, non seulement pour ne pas laisser l'ennemi derrière lui, mais encore pour donner le temps aux villageois de revenir de leur erreur. Votre lettre l'a décidé à se rendre sans différer où vous l'appeliez.
Je vous demande, Général, de m'avertir lorsque ma pièce de huit sera prête, je l'enverrai chercher. Je l'aime beaucoup mieux que la petite, que je renverrai .lorsque j'aurai celle de huit. Le général Davout m'en a laissé une de cinq mais sans roues et sans affût. Ne pourriez-vous pas. Général, m'en envoyer, en cas qu'il s'en tient à l'arsenal. Cette pièce n'a que
1 Arcli. h. de la Gr., A. d'Orient, Ms. Oss. 2582.
2 Sur la révolte de cette ville voir La Jonquière III. Q4il.
3 Desaix fait cette observation dans sa Relation de la campagne de la haute Egypte (La Jonquière III. 644—5): «Dans la province de Beni-
î Souef, comme dans toute l'Egypte supérieure, il est reçu chez les habitants I que, lorsqu'il descend des troupes, c'est que les autres ont été détruites; I en conséquence, on court aux armes; et, si l'on est en force, on vous at- 1 taque, si non on se disperse à vos trousses et l'on vous vole tout ce que î l'on peut trouver, ou encore on vous refuse des vivres, et il faut sévir ( contre les cheiks pour obtenir ce dont la troupe a besoin».
238 ZAJACZEK
40 coups à tirer dont 30 à boulets. Je vous prierai égalementde m'envoyer le complément de ces munitions.
Il serait très dangereux, Général, que je quitte ma province, il le serait de même que le citoyen Detrès quitte la sienne. Le soulèvement des paysans serait la suite infaillible, mais, comme le cit. Detrès n'a plus d'ennemis à craindre, qu'il a cent hommes de cavalerie, que le général Davout lui a laissés, je lui ai écrit de m'envoyer cinquante hussards. J'espère qu'il ne s'y refusera pas. — Salut et respect. Zayonchek.
Zaj^czek au chef de brigade Detrès ^
El-Meïmoun, le 14 floréal (3 mai 1799).
L'ordre du général Dugua ayant obligé le général Davout de quitter la province de Benhassé, plutôt qu'il ne convenait pour la tranquillité de cette province, je me vois forcé de vous presser pour le secours que je vous ai demandé dans ma dernière lettre. Je vous ai prié de m'envoyer 50 hussards et une trentaine de volontaires. Tous les Mamlouks qui vous ont combattu, sont rentrés dans la province du Fayoum. 500 Arabes venant du côté d'Alexandrie y sont entrés et ne manquèrent pas de s'unir aux Mamlouks. Les Arabes qui furent devant Miniet quittèrent à la route les Mamlouks, mais ils sont dans ma province à 12 lieues de Beni-Souef dans un village nommé Benhassé. C'est dans de telles circonstances que le général Davout est appelé au Caire. Mes forces se réduisent à 250 disponibles. Jugez si je ne dois pas être embarrassé. Outre tout ce que je vous ai exposé, il faut y ajouter l'esprit de ma province extrêmement porté à la révolte, au point qu'on attaque très souvent nos gens et dernièrement on a attaqué la caisse qui passait de Beni-Souef au Caire. Le détachement qui le conduisait, après plusieurs heures de combat, se fit jour, mais l'argent a été pris, une somme de 60 mille livres. Je suis à punir <;e village et revendiquer l'argent, opération longue. Si je ne l'achève, j'aurai l'air d'être faible, mais si je perds trop de temps les Mamlouks dans le Fayoum en profiteront, jugez d'après tout «ela de mon embarras. Donnez moi bien vite de vos nouvelles.
1 Us Oss. 2582.
A DÉTKÉS ET A DUGUA 239
Je compte sur votre cavalerie; pour de l'infanterie vous m'en enverrez, si cela est possible sans vous trop affaiblir. Je crois qu'après demain au plus tard je serai forcé de faire quelques mouvements. Salut et amitié. Mille amitiés à la Commission.
Le général de brigade Zaj^czek au général divisionnaire DaguaK
Au qu. gén. de Beni-Souef, le 16 floréal an VII (5 mai 1799).
Général, je vous ai annoncé que nous avons eu le malheur de perdre près de soixante mille francs de l'argent de la république, que j'avais envoyé au Caire. J'avais déjà commencé à poursuivre le recouvrement de cet argent, lorsque votre ordre ayant rappelé le général Davout au Caire, je me suis vu forcé d'y renoncer pour le moment. Le général Davout a traversé la province de Behnesé avec tant de rapidité que les mamelouks et les Mecquains que son arrivée avait chassés de Minieh, n'ont pas eu le temps de quitter la province Behnesé; répandus dans les villages ils y restèrent en grande partie. Nazir-Pacha à la tête d'une centaine des mamelouks se promène sur les bords du canal de Joseph, publie des proclamations pour inviter les habitants à prendre les armes contre nous, et menace de brûler les villages qui ne s'uniraient pas à lui. En effet, il en a brûlé un, comme les Coptes des environs me l'ont mandé hier. Deux beys avec 80 mamelouks et 150 Mecquains sont allés dans le Fayoum, et se sont arrêtés dans un village nommé Tamieh * situé au bord du désert sur le chemin du Caire. Les trois tribus arabes qui attaquèrent Minieh avec les mamelouks, campent jusqu'aujourd'hui auprès d'un village nommé Behnesé dont lia province porte le nom. Stali-Kachef (?) à la tête de 40 mamelouks parcourt la province et demande de l'argent aux villages, mais il est partout refusé, parce que le paysan aime encore .mieux l'argent qu'il n'aime les mamelouks.
Dans cet état des choses j'ai cru devoir suspendre la pour- :suite de l'argent volé, que je récupérerai sans faute, mais plus
1 Arch. de la Gu., A. d'Orient, Ms. Oss. 2582.
' «Zamyée» et «Tanoyé» dans texte original et dans la minute.
240 ZAJACZEK
tard. La certitude avec laquelle je vous en parle est motivée sur la richesse du village qui s'est emparé de l'argent, les Mecquains n'en ont eu que très peu, parce que la barque s'étant réfugiée auprès de ce village les habitants s'y jettèrent en foule avant que les Mecquains aient eu le temps de traverser le Nil. Ainsi il n'y a pas de doute que nous ne reprenions la somme perdue, il y aura seulement du retard, par la raison que je suis obligé de courir le pays pour le purger de tous les fuyards qui l'infestent aujourd'hui.
Je me mets aujourd'hui en marche contre Nazir-Pacha; j'irai en suite chasser les Arabes qui sont dans son voisinage, de là je cours dans le Fayoum.
Le général Davout m'a laissé 60 hommes d'infanterie (ce) qui uni au reste de ma troupe me fait 404 hommes. Sur ce nombre il faut ôter 16 mousses qui sont trop enfants pour faire le service, 14 malades qui gardent le lit, et 50 volontaires qui ont mal aux yeux ou le flux de sang, mais qui toujours peuvent tirer un coup de fusil dans le besoin. Il faut ajouter à ces 80 hommes 60 volontaires que je laisse pour la garnison à Beni- Souef et il ne m'en restera que 260 pour marcher contre l'ennemi.
Tant que le pays sera troublé par ces vagabonds il ne faut pas penser au miri, le paysan s'attendant tous les jours à notre destruction, refusera de payer plus que jamais. Si le général Davout avait pu s'arrêter six jours seulement dans la province, tout s'y serait arrangé parfaitement bien. Au lieu que sa marche rapide a fait croire aux habitants que nous sommes aux abois du côté d'Alexandrie. Les cheiks arabes prétendent que les Algériens débarqués ont attaqué Damanhour et de là se sont retournés pour assiéger Alexandrie. — Salut et respect.
Zayonchek.
Les Arabes ennemis ^ après avoir pillé quelques villages dans Gizeh s'étaient approchés de Fayoum, mais n'ayant trouvé les Arabes de ce pays-là portés à les favoriser, ils sont repartis pour Bahireh.
1 Ms. Oss.: Hennis.
A DUGUA ET A POUSSIELGUB 241
Zaj^czek au citoyen Poussielgue, contrôleur des finances ^
(Beni-Souef). le 16 floréal (5 mai 1799).
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrira le 5 floréal, je vous en avais fait expédier une, il y a quelques jours, mais elle a été prise avec la barque qui portait l'argent de la république. Cet argent ne sera cependant pas perdu, les quatre villages qui ont secondé l'attaque de Mecquains contre cette barque, sont riches et celui nommé El-Meïmoun est en état de tout payer. Mais il y aura du retard dans le recouvrement tant de cette somme que du miri en général par les troubles qui agitent tout nouvellement la province. Les Mamelouks, les Mecquains et les Arabes chassés de la haute Egypte sont tous dans ma province. Le général Davout ayant traversé le pays avec rapidité ne leur a pas donné le temps de quitter Behnesé. C'est peut être un bien pour le Caire, mais cela n'en est pas un pour ma province ni pour moi.
Quant aux autres arrangements que vous me notifiez dans la lettre du 5, ce n'est pas Pinstant de s'en occuper, il faut avant tout rétablir la tranquillité dans le pays.
La barque qui portait l'argent, portait également l'homme d'affaires d'Ali-Kachef, il a profité du moment et s'est évadé. Ainsi les friponneries du Copte Ibrahim ne pourront pas être vérifiées 2, car c'était le seul homme qui déposait contre lui. Je n'ai pas pu arrêter ce Copte comme vous m'en avez écrit, parce qu'il a été averti du Caire; ceux d'ici le furent également et cachèrent tous leurs chevaux. Mais c'est toujours une bonne alerte qui sert à les corriger peut être pour le moment, et en effet ils deviennent plus traitables depuis quelque temps.
1 Ms. Oss. 2582.
• «enverées>.
Ces Polonais en Egypte. 16
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Zaj^czek au général Dugua^,
Le 18 floréal (7 mai 1799).
J'ai eu l'honneur de vous mander le 16 que je vais marcher contre Nazir-Pacha, qui à la tête d'une bande de Mecquains parcourait les villages tout le long du canal Joseph pour les exciter à la révolte. En effet, j'ai quitté le même jour Beni- Souef, mais à quelques lieues de cet endroit un cheik arabe m'a fait savoir que les vagabonds venaient d'abandonner la province pour se réunir dans le Fayoum aux Mamelouks qui y avaient déjà pénétré avant eux. J'ai changé aussitôt de route^ et me suis porté avec célérité sur Medine. J'y ai trouvé l'ennemi campé près de la ville, nous l'avons attaqué, le combat a duré deux heures, ils furent battus et chassés, la troupe s'est conduite avec valeur, j'en ai tout lieu d'en être content, ainsi que des officiers, mais principalement du citoyen Sacrost, chef de bataillon de la 2V légère, qui a montré dans cette occasion cette prévoyance et cette présence d'esprit qui caractérise un bon officier.
L'ennemi que nous avons combattu, a été au nombre de 6 à 7 cents, dont deux cent soixante et dix cavaliers et le reste infanterie. Nous leur tuâmes du monde et des chevaux. Nous eûmes 3 volontaires blessés, un copte qui nous accompagnait, et quelques Turcs de notre suite. L'ennemi dans sa fuite s'est partagé en deux bandes. Une partie a pris le chemin de S* Maurice 2, village situé au bord du désert et sur le chemin du Caire^ l'autre s'est retirée vers le midi de la province, en poursuivant les Arabes qui, tandis que les Mamelouks se battaient, enlevaient leurs équipages. Nos postes avancés entendirent après le combat fini une fusillade dans le lointain. Nous croyons que ce furent les Mamelouks qui combattirent les Arabes pour reprendre leurs équipages. Je vous demande, mon Général, de vouloir bien m'envoyer au plutôt des munitions pour la pièce de 3; il ne m'en est resté que 80 coups. Je vous en demande
* Ms. Oss. 2582. Joint à la lettre de Dugua au général en chef du Ift mai (voir La Jonquière V 92, 115).
« Le nom est difficile à lire et on ne le trouve pas sur les cartes.