A DUGUA
également pour la pièce de cinq que je suis parvenu à réparer, et qui en nianque totalement.
Nous avons encore des cartouches de mousqueterie, mais cinq à six mille de plus ne nous feraient pas de mal. Nous marchons aujourd'hui sur S^ Maurice où je compte de faire un séjour pour forcer l'ennemi à s'éloigner tout à fait de Fayoum, si le combat d'hier avait eu lieu près de quelque village de la province de Behnesé, nous courrions le risque de voir les paysans prendre les armes en faveur de l'ennemi, tellement cette province est mauvaise.
Zaj^czek au général Dugua \
Au quartier général de Tamieh, le 19 floréal (8 mai 1799).
Vous devez déjà être instruit du combat que nous avons livré aux Mamelouks sous les murs de Medinet le 17 du courant. Ils gagnèrent la lisière du désert, nous côtoyons ce désert depuis deux jours. Ils se sauvent de partout et prennent le chemin de la province de Gizeh, de manière qu'à l'heure qu'il est, il doit y en avoir pour le moins 7 à 8 cents. Quand une fois j'aurai purgé la partie du nord de la province de Fayoum, je me porterai au midi de la même province et de là je marcherai sur les Arabes qui séjournent constamment à Behnesé, village dont la province porte le nom. C'est une tournée de huit jours pour le moins.
Le général de brigade Zaj^czek au général divisionnaire Dugua ^
Au quartier général de Medine^, le 20 floréal l'an VII (9 mai
Général, je vous ai mandé dans ma dernière que les mamelouks et les Mecquains que nous avons battus près de Me-
» Ms. Oss. 2582.
' Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient.
3 Lire: Medinet-el-Fayoum.
244 ZAJACZEK
dine, avaient pris le chemin de la province de Gizeh par le désert; aujourd'hui je viens de recevoir la nouvelle d'un cheik arabe, que ces mêmes vagabonds après avoir traversé le désert sont entrés dans la province de Beni-Souef du côté de El-Za* wieh 1 et là ils ont passé le Nil pour se rendre dans l'Atiieh *. Tant que cette partie de la rive droite sera sans troupes, nos ennemis y trouveront un asile. Je quitte demain Medine pour aller surprendre une tribu arabe qui s'était unie aux mamelouks et qui trouble la tranquillité du pays. Après demain je serai à Beni-Souef. Salut et respect.
Zayonchek.
Le gén. de brig. Zaj^czek, command. les provinces de Fayoum et Benhassé, au général divisionnaire Dugua, commandant au Caire ^
Au quartier général de Beni-Souef, le 22 floréal an VII (11 mai 1799).
Mon Général, j'espère que vous aurez reçu les trois lettres que j'ai eu l'honneur de vous écrire de Fayoum dans lesquelles je vous ai annoncé le combat que nous avons livré aux mamelouks, leur fuite vers le désert, et nos courses pour les atteindre. Ils passèrent le Nil et se trouvèrent dans la province d'Atfîeh. Outre les 700 que nous avons combattus, il y en a encore 200 de plus qui ont passé le Nil près d'El-Zawieh.
J'ai laissé la province de Fayoum fort tranquille. Celle de Benhassé ne l'est pas encore. Il y est resté une 50"* de mamelouks du côté de Fechn, à 8 lieues^ de marche de Beni-Souef, qui se promènent d'un village à l'autre pour les faire contribuer. Aussitôt que ma troupe aura pris quelque repos, je tâcherai de les chasser de la province.
Les trois tribus d'Arabes dont je vous ai parlé dans quelques-unes de mes lettres, ont quitté leur séjour de Benhassé
* aZaoé» dans texte original.
2 aAlfiely» dans texte original.
' Ârch. h. de la Guerre, A. d'Orient^ Ms. Oss. 2582.
* Ms. Oss. : heures.
et ont remonté du côté de Minieh par le désert. J'espère donc que les affaires reprendront bientôt leur cours ordinaire. Celle de l'argent volé a empiré par mon absence. Les grains du village d'El-Meïmoun ont été transportés furtivement par les habitants de tout côté. Forcé d'agir en Fayoum, et de garder Beni-Souef, je n'ai pas laissé de détachement pour demeurer dans le village coupable. Cependant je ne perds pas encore l'espérance de récupérer cet argent.
Quant aux fortifications que vous m'ordonnez de construire à Beni-Souef, je ne puis l'entreprendre sans un officier capable de diriger les travaux; continuellement en course, je ne puis y vaquer moi-même et je n'ai personne qui soit en état d'être chargé de cette besogne. L'ouvrage dont il est question, pourrait se faire sans rien coûter à la république, moyennant une répartition à^ main-d'œuvre entre les villages puissants et voisins de Beni-Souef.
Le local [s'] y prête et il faudrait bien peu de chose pour mettre Beni-Souef en état de défense.
Dans ma lettre du Fayoum du 18, je vous ai prié, Général, Je m'envoyer des munitions pour la pièce de trois, et quelques milliers de cartouches de mousqueterie. Je vous réitère la même demande pour la pièce de huit que vous devez nous renvoyer et pour laquelle j'ai ici 120 coups à tirer dont 78 à boulet et 32 à cartouches, reste 30 pour les compléter à 150 coups.
J'ai fait une course contre une tribu arabe qui s'était jointe aux mamelouks. Je les ai chassés, je leur ai pris quelque bestiaux que j'ai fait distribuer ^ à la troupe pour les* dédommager de leur course. J'en ai gardé, quinze cents moutons pour la république que je fais vendre et dont le produit sera versé dans la caisse du payeur. Salut et respect.
P. S. Le citoyen Detrès s'est refusé à me faire passer les 50 hussards que le général Davout lui avait ordonné de m'envoyer, ainsi je n'y compte plus et il faudra m'en passer.
Zavonchek.
1 Ms. Oss.: de.
^ Ms. Oss.: dont j'ai distribué une partie.
» Ms, Oss.: la.
246 ZAJACZEK
Zaj^czek au général Desaix ^
(BeniSouef), le 23 floréal (12 mai 1799).
Je viens de recevoir la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 13 du courant. Ma position d'aujourd'hui est presque tranquille. Mais il n'en était pas de même, il y a quelques jours. Le général Davout ne faisant que traverser la province de Behnesé, pour se rendre au Caire, y avait laissé tous les ennemis qui descendaient de la haute Egypte. Pressé par le général Dugua il n'a pas pu s'arrêter dans ma province, mais vu l'état dans lequel je me suis trouvé, il m'a laissé 60 hommes d'infanterie. Ce renfort m'a mis à même de pouvoir marcher avec 250 hommes et une pièce de trois contre l'ennemi. La province de Fayoum était sans troupe, c'était là que les Mamelouks, les Mecquains et les Arabes se réunirent. Je les fis y attaquer le 17 du courant. Le combat qui s'est donné sous les murs de Medine, a duré plus de deux heures. L'ennemi fut battu et mis en déroute. Nous le poursuivîmes pendant 2 jours. Ils se sauvèrent de partout et gagnèrent le désert. J'avais cru un mom.ent qu'ils allaient se jeter dans la province de Gizeh, mais la nuit du 19 au 20 ils pasr>èrent le Nil à El- Zawieh. Ils étaient au nombre de 900 dont 600 cavalerie. La province d'Atfîeh est le refuge de tous ces vagabonds. La rive droite en est si infectée qu'il y a très peu de barques qui passent sans être attaquées. Le 11 du courant, la caisse qui descendait de Beni-Souef au Caire avec 25 hommes d'escorte, fut assaillie et prise. Les hommes se firent jour au travers de l'ennemi, mais l'argent a péri avec la barque où il y avait soixante mille francs. Le général Davout est présentement dans la province de Gharkieh, et va remonter par la rive droite. Quant aux deux provinces que je commande, tout y est tianquille, mais l'esprit des habitants a été éveillé par l'apparition momentanée des Mamelouks. Leur défaite sous Medine a été très nécessaire.
Les habitants du Caire ne remuent pas. Rien de nouveau
* Ms. Oss. 2582.
A DBSAIX ET A DETRES
de la Syrie; on dit les nôtres maîtres d'Acre, mais c'est un bruit qui demande la confirmation.
Zaj^czek au chef de brigade Detrès ^
Beni-Souef, le 25 floréal (14 mai 1799).
J'ai reçu votre lettre du 23. Je suis (hors) d'embarras depuis le 17, jour où nous avons battu les Mamelouks et les Mecquains sous les murs de Medine en Fayoum. Le général Davout appelé au Caire m'avait quitté le 14. J'étais abandonné à moi-même. Je ne comptais pas sur la cavalerie que vous deviez m'envoyer, et j'avais raison. L'ennemi s'étant réuni était fort de 700 hommes, sous Medine; une autre bande à 5 lieues de là, sous les ordres de Kassim-Bey, allait se réunir aux premiers.
Je n'avais que 250 hommes de disponibles, mais craignant que les Mamelouks ne viennent à s'organiser en les laissant tranquilles, et que le pays ne remuât en leur faveur, j'ai pris le parti d'aller les combattre. Heureusement ils furent défaits et forcés de quitter mes deux provinces pour repasser le Nil dans Atfieh. Le combat a duré deux heures. J'ai eu quelques blessés, mais j'ai tué du monde à l'ennemi. Cependant il m'en reste encore une 50^^* qui (se) rendent à Abou-Girgeh et à Fechn.
Zaj^czek au général Desaix ^
(Beni-Souef), le 25 floréal (14 mai 1799).
Si ma lettre du 23 vous est parvenue, vous êtes déjà instruit de ma position, mais la communication n'étant pas des plus sûres, je craindrais répéter ce que je vous ai déjà mandé. Je suis hors d'embarras depuis le 17...
1 Ms. Oss. 2582.
2 Ms. Oss. 2582.
248 ZAJACZBK
Le général de brigade Zaj^czek, commandant la province de Fayoïim et Beni-Souef, au général divisionnaire Dugua, commandant au Caire ^.
Au qu. gén. d'El-Meïmoun, le 28 floréal an VII (17 mai 1799).
Général, j'ai reçu votre lettre du 26 2, je ne saurai vous garantir, si tous les mamelouks que j'ai chassés de Fayoum, ont passé sur la rive droite du Nil, je sais seulement, qu'outre les 700 que nous avons combattus près de Medine, il y en avait encore 200 près de Tamieh '^, qui tous après la journée du 17 ont pris le chemin du désert. La rive droite du Nil en est tellement infecté qu'il n'y a pas de barques qui passent sans être attaquées.
Le passag-e du général Davout ne me servira de rien, les villageois qui le verront seulement traverser la province, comme la première fois, ne seront pas dupes des menaces, et comme le général Davout me reprendra probablement les 60 hommes qu'il m'a laissés, ce passage au lieu d'être un bien, sera un mal pour moi.
Quant au village qui a volé notre argent, si je l'avais poursuivi sans discontinuer, j'aurais peut être eu plus de facilité de le retirer, mais forcé par le départ du général Davout à me rendre en Fayoum, pour chasser les mamelouks, les voleurs ont eu le temps de faire sortir tout de leur village jusqu'à une partie de leurs blés. Aujourd'hui ils se sont cachés^ dans des villages qui ne veulent pas déclarer. J'ai beau emprisonner les cheiks, je ne puis parvenir à me faire livrer les coupables de manière que j'étais forcé de répartir la perte sur tous les villages qui ont donné asile aux fugitifs; en effet en recelant les voleurs ils se rendirent complices du vol. La perte totale tant de l'argent de la république que du mien et de deux officiers qui se trouvaient sur la barque, ainsi que du janissaireaga qui faisait passer son argent par cette occasion, monte
1 Arch. h. de la Guerre, Armée d'Orient. Ms. Oss. 2582.
^ Ms. Oss. : 25.
^ «Ternquée» dans le texte original.
^ Ms. Oss. : retirés.
AU GENEKAL DUGUA
à 22000 pataquès; nous avons réparti dix huit mille sur différents villages, pour les quatre restantes nous avons du blé. Cette opération sera un peu longue, mais j'ai tout lieu de croire que la république ne perdra rien; je ne quitterai pas le village tant que l'affaire ne sera définitivement terminée.
Quant aux fortifications de Beni-Souef, j'ai l'honneur de vous réitérer que je ne puis rien faire sans un officier de génie; il faudrait ou fortifier le village ou former quelques enclos ^ au dehors, où la garnison et les employés puissent trouver leurs commodités et leurs sûretés.
Je vous envoie le croquis du village. Je n'écris point au citoyen Detrès pour m'envoyer les 50 hommes de cavalerie, parce que j'ai trouvé dans lui de la mauvaise volonté, et parceqiie le détachement me serait bientôt emporté ^ par le général Davout, ainsi il vaut mieux m'en passer. Cependant une 50"^ de cavaliers serait ici de la plus grande utilité contre les Arabes.
Ma troupe est sans souliers, je ne puis en avoir dans le pays. Je vous prie, Général, de vouloir bien ordonner que l'on m'en envoie. Salut et respect.
Je vous prie, Général, d'ordonner à votre chef d'état-major, d'être plus exact à m'envoyer les ordres du jour.
Le commissaire de guerre qui est ici, les reçoit, sans qu'il m'en parvienne. Zayonchek.
Le g. de brig. Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et de Behnesé, au général divis, Dagua, commandant au Caire ^.
Au qu. gén. d'El-Meïmoun, le 2 prairial an VII (21 mai 1799).
Mon Général, la tribu arabe de Ben-Ouafi * forte de 300 cavaliers, unie à une centaine de mamelouks, vint se jeter ces jours derniers dans le Fayoum, ils attaquèrent à la fois Medine
* Ms. Oss.: enceinte.
2 Ms. Oss.: enlevé.
' Arch. h. de la Gu., A. d'Orient. Ms. Oss. 2582. En marge: Reçu le 6 prairial, répondu le 7.
* <Bayouf» dans texte original.
250 ZAJACZEK
et un autre village nommé Ellahoun. Les habitants les repoussèrent et m'envoyèrent demander du secours. Je me suis porté aussitôt, mais l'ennemi informé de ma marche gagna le désert. Il prit (le) chemin de la province de Bahireh. Bien assuré qu'il ne retournerait plus dans le Fayoum, je suis revenu à El-Meïmoun, où je continue à travailler au recouvrement de l'argent volé. Je vous ai déjà informé, mon Général, par ma lettre du 28 floréal que je fus forcé de répartir la somme sur tous les villages qui ont recelé chez eux, soit les habitants d'El-Meïmoun, soit leurs effets. Quelqu'uns de ces villages ont déjà porté plainte à l'administration générale, je vous prie donc, mon Général, de vouloir bien informer le citoyen Poussielgue des motifs qui me déterminèrent à établir cette contribution. Si nous ne punissons pas les voleurs et ceux qui les favorisent, nous resterons en Egypte dans un état de guerre continuelle.
Dans cinq ou six jours d'ici, j'irai dans le Fayoum, ma présence y est absolument nécessaire, tant pour activer le miri, que pour faire rentrer dans l'ordre quelques esprits que l'apparition des mamelouks a éveillés. Ma course sera de dix ou douze jours. Salut et respect. Zayonchek.
Le gén. de brig. Zaj^czek, commandant les provinces de Fayoum et Benesé, au général dlvls, Dugua, commandant au Caire ^.
Au qu. gén. d'El-Meïmoun, le 3 prairial an VII (22 mai 1799)*
Mon Général, l'officier de santé ^ que j'ai à Beni-Souef a beau écrire au Caire pour demander des médicaments nécessaires, on ne lui en envoie point; cependant le nombre des malades augmente tous les jours. Nous en avons jusqu'à quatrevingt; je ne puis les envoyer au Caire, vu le danger du passage et le besoin d'une forte escorte qu'il faudrait donner à ce convois, et que je n'ai pas de quoi fournir. Ainsi j'ose vous prier, mon Général, d'interposer votre autorité, pour que les
1 Arch. h. de la Guerre, Armée d'Orient, Ms. Oss. 2582. En marge: Reçu le 6 prairial, répondu le 7.
* Balme.