‹ Les Polonais en Egypte, 1798-1801Chapitre 77 sur 115 · A LA COMMISSION DES GRAINS ET A DUGUA · texte numérisé non relu

A LA COMMISSION DES GRAINS ET A DUGUA

Rien de nouveau dans ma province. Le miri va bien lentei ment.

Route d'El-Arich à Katieh par le bord de la mer ^ Reconnaissance du chef de brigade Lazowski.

Nous sommes partis d'El-Arich à 3 heures de l'après-midi, et après une demi-heure au JV. 0. nous avons gagné les bords de la mer que nous avons suivie dans une direction 0. V4 *5- 0., pendant une heure et demie, avant d'arriver au puits de Mecoûdiâh^ où nous avons fait de l'eau.

Remis en marche à 8 h. du soir environ jusqu'à 11 h., en suivant la même direction, et avons fait quatre lieues et demie, jusqu'à cette première halte.

Le lendemain à 3 h. repris la marche, à 7 h. nous fîmes des fouilles dans le terrain qui offre une grande végétation, l'eau trouvée était entièrement saumâtre. Le bord de la mer en cet endroit remonte vers le Nord. Nous marchions O.'^j^N. et continuâmes de marcher 0. N. 0. jusqu'au cap très bas, nommé sur la carte d'Anville Straki que nous doublâmes à 10 h. Y2 du matin.

Depuis notre départ jusqu'à la hauteur de ce cap, nous avons fait 9 lieues, ce qui se trouve assez d'accord avec la carte.

La côte extrêmement basse n'a pas plus de 5 à 6 c. audessus du niveau des eaux de mer, la plage, comme le désert que nous avions à la gauche, offre une plaine basse. A l'approche du cap Straki nous trouvâmes plusieurs petits lacs dont le fond de quelques uns, est d'un beau sel blanc recouvert de 6^ d'eau, nous en trouvâmes ^ aussi sans eau et d'autres qui avaient beaucoup de profondeur, mais tous ayant peu d'étendue.

1 Ms. de la Bibliothèque Nationale, a. f. 11,275 p. 57—8 (de la collection de Jacotin). En marge du manuscrit les observations tirées des œuvres de Strabon; elles sont probablement de la main de Jacotin.

2 Voir la carte dite de Jacotin (La Jonquière III p. -496): «Isthme de Suez et presqu'île du Mont Sinaï». L'orthographe de noms fut modifiée suivant les indications de la carte citée ci-dessus; dans texte original: Massoudiat, Catiéh, el Arish.

' Biffé: «entrouvâmes».

Le reste de la journée nous marchâmes, ayant à notre gauche, une file 1 de lacs semblables et le désert s'étendant à perte ^ de vue comme une plaine immense et très basse, absolument dépouillée de verdure.

Après avoir doublé le cap Straki, le bord de la mer reprend une direction 0. et 0. S. 0. en formant une courbure semblable à celle que nous venions de faire en côtoyant la mer, depuis El-Arich.

Cette seconde courbure se termina au cap Kaçaroûn ^, ainsi nommé sur la carte d'Anville. Il est formé par des dunes très élevées, liées à de hautes terres qui prennent de l'intérieur du désert et qui terminent le lit d'un ancien lac, dans lequel il n'y a plus d'eau. Ces hauteurs sont couvertes de broussailles et paraissent susceptibles^ de culture. Plusieurs sentiers qui les traversent, ainsi que les fientes de chameaux^, de chevaux et de brebis dont elles sont couvertes, indiquent assez qu'elles sont fréquentées par les Arabes. Nous découvrîmes dans un fonds sablonneux, au pied et sur le revers des dunes, une citerne revêtue en rondins de sapin. Elle était entièrement comblée; aux environs on y trouve une infinité de débris de poteries de terres, ainsi que quelques vestiges de maçonnerie sur les bords de la mer.

Nous avons fait alors 16 lieues et nous essayâmes de traverser le désert dans une direction S. 0. pour arriver à Katieh, mais d'autres lits d'anciens lacs extrêmement étendus, nous présentèrent tant de difficultés pour les chameaux et les chevaux, qui enfonçaient jusqu'au ventre, que nous fûmes contraints de regagner les bords de la mer, séparée de ces marais par une espèce de digue en sable de 100 à 150 toises de largeur et de 6 et. environ de hauteur au-dessus de la mer. Nous marchâmes encore quatre lieues jusqu'à la halte du soir.

Le lendemain, après avoir côtoyé la mer, dont le bord est une ligne presque droite, dans une direction 0. Y4 S. et après

* Biffé: «fuite».

^ «perde».

^ «Kas> dans texte original.

* «susseptibles» dans le texte original. ^ achamaux> dans le texte original.

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