RECONNAISSANCE DE LA ROUTE D EL-ARICH A KATIEH
5 h. de marche nous trouvâmes une fondation en briques bien maçonnée. La forme est une maison carrée traversée entièrement par un autre mur. Cette ruine au loin de laquelle on voit d'autres vestiges de maçonnerie, est située à l'extrémité nord d'une hauteur qui forme pointe de cap en mer, et termine à l'ouest les grands lits d'anciens lacs dont nous venons de parler.
En cet endroit, le général de division ^ fit marcher sur Katieh. Nous avions fait alors depuis El-Arich 25 lieues environ sur un sable mouvant sans trouver d'autre eau que celle de la citerne du cap Kaçaroûn. Il serait intéressant de la curer pour connaître la quantité de ses eaux et leur qualité. Elle se trouve située à 9 lieues des ruines en brigues dont nous venons de parler et des hauteurs que nous avons traversées pour nous diriger sur Katieh en marchant au sud.
Dès que nous fûmes sur le sommet de la hauteur nous découvrîmes les palmiers qui environnent Katieh et après une heure de marche nous entrâmes dans la route qui va de Tinéh à Katieh.
Pour extrait, à Katieh, le 3 messidor an VII (21 juin 1799),
le chef de brigade Lazowski.
Zaj^czek au général en chef Bonaparte^.
(Beni-Souef), le 4 messidor an VII (22 juin 1799).
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 30 prairial ^. Votre arrivée est sentie ici avec la plus vive joie. Les habitants de la province commencent déjà (à) revenir des impressions fausses qu'on leur avait données sur nos prétendus désastres en Syrie *. La proclamation du divan achèvera de les tranquilliser^.
L'adjudant général Boyer vient de m'envoyer du Fayoum
1 En marge: Menou.
» Lettre non conservée.
* Biffé: sur la campagne de la Syi
5 Biffé: de tranquilliser le pays.
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l'ordre qu'il a reçu pour percevoir le miri^; j'espère, Général, que vous n'attribuez pas le retard qu'a éprouvé le recouvrement des impositions au manque du zèle ou d'activité de ma part. J'avais trop peu de force et trois invasions de Mamluks qu'il fallait chasser, une insurrection ^ de paysans que j'ai trouvée et qu'il fallait apaiser, m'ont pris trop de temps et ont entretenu les paysans dans l'espoir de nous voir chassés et de ne point payer le miri.
A la suite du combat que j'ai livré aux Mameluks sous les murs de Medine, je poursuivis une tribu arabe qui s'était unie à eux et je me suis emparé d'une partie de leurs troupeaux. Après avoir prélevé 1500 moutons pour la République, je fis vendre le reste pour être partagé à la troupe, ainsi que j'en avais prévenu le général Dugua; j'avais cru que les volontaires, aussi bien que les officiers méritaient cette petite gratification pour toutes les courses et les privations qu'ils endurent. Mais les soldats s'imaginant que l'officier ne devait pas être distingué par une portion un peu plus forte ^ se sont crus lésés et demandèrent le partage égal*. Ne l'ayant pas obtenu, parce qu'il me semblait injuste, ils se mutinèrent le 30 prairial, refusèrent de marcher pour percevoir le miri. La sédition ne fut apaisée ^ que lorsque les officiers de la 22™^, sans m'en aviser, renoncèrent d'eux mêmes à ce qui leur revenait et (le) leur cédèrent. Les chefs de mutins furent arrêtés le lendemain et
1 Voir Corr. V 4177. Au général Berthier, Caire, le 15 juin 1799: «... L'adjudant général Boyer partira demain, avec tous les hommes de la 88* qui se trouvent au Caire ou au dépôt, pour se rendre au Fayoum, achever la levée de toutes les impositions. Lorsque cela sera fait, il rejoindra et se mettra sous les ordres du général Zajonchek pour parcourir la province de Beni-Souef, pour faire payer le miri et autres impositions que devrait cette province. Lorsque cette opération sera faite, il attendra à Beni-Souef de nouveaux ordres. Le général Zajonchek, qui est chargé du commandement des provinces du Fayoum et de Beni-Souef, lui donnera tous les renseignements qui pourraient lui être utiles pour sa tournée dans la province du Fayoum...»
2 du 18 pluviôse dans la province de Behneseh (La Jonquière V. 112).
3 Biffé: dans le partage.
* Biffé: une indemnité.
5 mais les officiers en cédant leur portion apaisèrent.