A BOYER ET A BONAPARTE
Je sens comme vous qu'il ne faut point partager ses forces, mais le détachement de cent hommes que je vous ai demandé, m'aurait été très utile. Cependant je me consolerai de cette privation par l'idée que la perception du miri du Fayoum sera accélérée. Je vous connais trop, mon cher Général, pour vous prier de hâter le recouvrement de cette imposition, je vous dirai seulement que je vous attends avec impatience, car le paysan de la province où je suis, est très récalcitrant et la nouvelle du mouvement de Mourad-Bey va le rendre encore plus difficile sur l'article du payement. Quant à la somme qui vous est due, je serai d'avis que, pour être en règle, vous présentiez votre ordonnance au payeur de Beni-Souef qui est le même du Fayoum. Cela est d'autant plus nécessaire que le dernier ordre du jour que j'ai reçu du Caire, défend de toucher à l'argent perçu dans les provinces sans un ordre exprès, et rend responsables les agents française Si j'avais un exemplaire de cet ordre, je vous l'enverrai, mais je n'en ai qu'un.
Prenez, je vous prie, vos mesures pour être informé à temps de l'approche de Mourad-Bey. J'en ferai autant de ma part. Il est également essentiel de savoir ce que sont devenus les Arabes que vous avez attaqués. Selon les nouvelles que j'en ai reçues hier dans la matinée, ils devaient avoir passé dans la petite oasis qui est à deux journées de marche de Fayoum. Tâchez de vous en assurer, et de m'en prévenir. — Adieu, mon cher Général, je vous salue bien cordialement.
Zaj^czek au général en chef Bonaparte l
(Beni-Souef), le 9 messidor (27 juin 1799).
j Les Arabes de la tribu de Geamma après avoir fait sem- (blant de demander la paix se sont portés rapidement du côté |de Fayoum. J'en avais déjà prévenu l'adjudant général Boyer. 111 les fît attaquer et leur a tué cinquante hommes, mais nous ;avons perdu deux des nôtres et nous avons six blessés. Il
* Voir l'ordre du jour de l'armée du 3 messidor (21 juin) (La Jonquière V. 239).
» Ms. Oss. 2582.
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n'est pas encore bien certain de quel côté ces vagabonds ont dirigé leur marche.
Le général Friant me mande de Miniet que Mourad-Bey a quitté sa retraite et qu'il paraît diriger sa marche vers le Fayoum, à la tète de 3 à 400 cavaliers. J'ai pris des mesures pour être avisé à temps de son approche. J'en ai prévenu l'adjudant général Boyer. Nous tâcherons de le bien recevoir, mais il nous faut des cartouches. J'ai partagé celles qui me restaient avec ia garnison du Fayoum.
Nous faisons nos efforts dans les deux provinces pour accélérer le miri, mais cela ne va pas aussi vite que nous le désirerions.
Zaj^czek au chef de bataillon Sacrost ^
(Beni-Souef), le 9 messidor (27 juin 1799).
La garnison de Fayoum vient de livrer un combat aux Arabes de la tribu de Geamma. Ces derniers y ont perdu 50 hommes, mais nous eûmes deux hommes en tués et six en blessés.
Je vous envoie la copie de la lettre du général Friant. Avertissez moi avec exactitude de ce que vous entendrez de (la) marche de Mourad-Bey. Je n'ai pas besoin de vous dire d'être sur vos gardes, car je vous connais trop.
Quant à l'affaire du Mameluk dont Ton a saisi les esclaves et les effets, cet homme a mérité en quelque façon ce traitement pour avoir tardé à demander la paix, ce qui ne prouve pas les intentions droites de sa part. Cependant comme cela me paraît un homme misérable, je serai très porté à lui faire rendre tout ce que l'on lui a pris. Je vous en écrirais plus tard, quand j'en aurai parlé à l'agent français, cette affaire étant totalement de sa compétence.
Rien de nouveau du Caire. Pressez le miri tant que vous pouvez, et envoyez moi les deux mille pataquès que vous avez.
1 Ms. Oss. 2582.