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A BONAPARTE, COMMISSION DES GRAINS ET A DUGUA

Le général de brigade Zaj^czek aux membres de la Commission des grains ^

Au quar. gén. de Beni-Souef, le 9 fructidor an VII (26 août 1799).

Citoyens, Jacob-Sorbudzy, aga des janissaires, dont la conduite à l'égard des Français a toujours été bonne, et qui dans ce moment-ci nous est très nécessaire pour percevoir le miri dans des villages les plus difficiles à payer, réclame 151 ardebs des grains qui lui ont été enlevés l'année passée. Je recommande son affaire à la Commission et la prie de vouloir bien contenter cet homme, parce qu'il nous sert, et que nous en avons besoin. Il vous exposera son affaire. — Salut et considération. Zayonchek.

Je ne puis envoyer cet homme nulle part, avant que son affaire ne soit terminée bien ou mal. Daignez l'expédier.

Le général de brigade Zaj^czek au général divisionnaire Dugua l

Au quar. gén. de Beni-Souef, le 10 fructidor an VII (27 août 1799).

Général, l'hôpital de Beni-Souef va bientôt manquer des médicaments; on a en demandé à plusieurs reprises depuis un mois, et cependant on ne se presse pas de nous en envoyer; je vous demande, mon Général, de vouloir bien interposer votre autorité pour nous les faire avoir.

Les Arabes El-Balgouchi ont quitté les environs de Fayoum et ont filé du côté de Bahiré.

Les Arabes Geamma, auxquels le général Desaix a accordé deux villages, par un traité de paix qu'il a fait, il y a un mois, avec eux, ont commencé à piller les villages au midi de la province de Behnesé. J'en ai écris au général Desaix.

* Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut. ' Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.

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Tous les Arabes de Behnesé se sont retirés devant l'inondation dans le Fayoum, cette province aurait besoin d'une forte garnison pendant l'inondation, je suis trop faible pour la lui fournir, je n'ai 330 hommes ^

Du reste rien de nouveau. Je me propose d'envoyer au Caire 30 à 40 mille livres, mais j'attends après quelque barque armée. — Salut et considération.

Zayonchek.

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

Kleber\

Au quar. gén. de Beni-Souef, le 15 fructidor an VII (1 septembre 1799).

Général, j'ai eu l'honneur de recevoir votre lettre du 9 du courant 3. Le départ du général Bonaparte nous aurait été infiniment plus sensible, s'il ne nous avait pas laissé pour successeur un général tel que vous. Ce choix est une des preuves qu'il nous donne de sa sollicitude et de ses soins pour nous.

Le dévouement que tout galant homme donne à la chose publique, l'envie que j'ai en particulier de bien mériter vis-à-vis de ma nouvelle patrie, et l'intérêt que je trouve à me rendre digne de votre estime et de vos bontés, doivent vous être garants de mon zèle à exécuter vos ordres.

* Arch. h. de la Guerre [Registre B. p. 211). Dugua, commandant au Caire, àZajaczek, commandant les provinces Beni-Souef et Minieh, à Beni- Souef. Caire, 18 fructidor VII {4 septembre 1799). Il lui envoie des médicaments par la djerme la Vénitienne. Il a soumis sa demande de renforts au général en chef.

2 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.

' Voir: Kleber et Menou en Egypte depuis le départ de Bonaparte (août 1799— septembre 1801). Documents publiés pour la Société d'histoire contemporaine par François Rousseau (Paris 1900) p. 7. Kleber aux généraux Menou, Belliard, Reynier, Sanson etc. Rosette, 26 août 1799 : «Le vide que l'absence de Bonaparte laisse, et dans l'armée et dans l'opinion, est considérable. Comment le remplir? En redoublant de zèle et d'activité, en allégeant, par de communs efforts, le pénible fardeau dont son successeur demeure chargé».

JOSEPH ZAJACZEK

D'après un dessin de Dutertre au Musée de Versailles.

A DUOUA BT A KLBBER

Les deux provinces que je commande sont parfaitement tranquilles. L'habitant de Fayoum est doux et pacifique, celui de I Behnesé est récalcitrant. Les uns et les autres payent le miri avec beaucoup de lenteur.

La province de Behnesé sur 177,679 pataquès n'a payé que . . . 103,254

il reste à retirer 74,425

La province de Fayoum sur 76,945 en doit encore quinze à vingt mille pataquès ^.

Trois cent quarante volontaires de la 88"* de ligne constituent toute la force que l'on m'a confiée pour contenir ces deux provinces. — Dans le courant de la campagne de la Syrie plusieurs incursions des mamlouks qu'il a fallu combattre et chasser ont retardé le recouvrement de l'impôt. Aujourd'hui que nous sommes tranquilles du côté de l'ennemi, l'inondation gêne nos travaux. Cependant trois détachements parcourent le pays et nous en tirons quelque argent. Un de ces détachements perçoit le miri dans le Fayoum.

Cette dernière province aurait besoin pendant l'inondation d'une garnison assez forte pour pouvoir se suffire à elle même, vu que les secours y sont difficiles à porter à cause des eaux. Le détachement de 70 hommes que je suis forcé d'y tenir pour la perception du miri, est pour moi un objet d'inquiétude continuelle. Il est trop faible.

Beni-Souef, chef lieu de la province de Behnesé, est un endroit dont l'intérieur ne présente aucune maison susceptible d'une défense. Cette raison m'a déterminé à construire une redoute hors de la place. Cet ouvrage est seulement commencé, lorsqu'il sera achevé on pourrait bâtir dans l'intérieur une caserne et des logements pour des Français qui sont ici. Il se-

1 Voir: Estève: Mémoire p. 18 — 9. Arch. h. de la Guerre (Registre Y. p. 4). Kleber à Zayonchek, commandant les provinces Minieh et Beni- Soaef. Caire, 18 fructidor VII (4 septembre 1799): Il voit, à regret, la perception des contributions très arriérée dans son arrondissement, et il l'invite à l'accélérer de manière à lui envoyer au moins 150,000 1. sous quinze jours.

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rait nécessaire que le payeur eût ordre de fournir à la dépense que nécessite un tel ouvrage. — Salut et respect,

Zavonchek.

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

Kleber \

Au quar. srén. de Beni-Souef, le 16 fructidor an VII (2 septembre 1799).

Général, la barque la Vénitienne étant arrivée, je m'empresse de vous envoyer trente mille livres. Rien de nouveau dans les deux provinces. — Salut et respect.

Zayonchek.

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

Kleber \

Au quar. gén. de Beni-Souef, le 17 fructidor an VII (3 septembre 1799).

Général, je viens de recevoir la nouvelle que Mourad-Bey descend. Le 14, il était à Tonny^ village situé à la hauteur de Miniette*. Ses forces consistent en deux cents hommes tant mamelouks qu'Arabes. Il dirigera certainement sa marche sur le Fayoum. Sa présence y sera d'autant plus dangereuse, que tous les Arabes de la province de Behnesé se sont retirés dans le Fayoum devant l'inondation.

Je donne ordre au détachement de 70 hommes qui y perçoit le miri de se replier sur Beni-Souef. Le général Desaix est, dit-on, en mouvement après Mourad-Bey. Salut et respect.

Je devrais me porter de suite sur lUahoun ^, position sur la

^ Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.

2 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut.

' Toueh.

* Minieh.

5 Voir la lettre de Desaix à Zaj^czek, du 10 fructidor (27 août 1799).

AU GÉNÉRAL KLEBEK 323

frontière de deux provinces près du canal de Joseph, mais je ne puis faire ce mouvement sans rappeler les détachements qui courent après le miri, et par conséquent sans en interrompre la perception; si Mourad-Bey, selon sa coutume, fait un crochet dans le désert et remonte vers la haute Egypte, alors j'aurais fatigué la troupe et interrompu le miri pour rien. Je vais attendre des nouvelles ultérieures pour me décider.

Zayonchek.

Le général de brigade Zaj^czek aa général en chef

KleberK

Au qu. gén. de Béni - Souef, le 20 fructidor an VII (6 septembre 1799).

Général, c'est avec peine que deux de mes détachements ont pu me rejoindre aujourd'hui, j'en aurai assurément beaucoup pour pénétrer jusqu'à Illahoun, position, que le général Desaix désire de voir être occupée, et qui est en effet essentielle à garder. Je vais m'y rendre demain avec 150 hommes et une pièce de trois. — Mourad-Bey est aujourd'hui à Msoura, village situé sur le canal Joseph du côté du désert et à la hauteur de Fechné. Ce dernier endroit est à 8 lieues de Beni- Souef.

Les pillages sur le Nil ont recommencé depuis quelques jours, plus de dix barques ont été attaquées et pillées entre Sol, Etfy, et Kurymah. Tous ces villages sont situés sur la rive droite du Nil, Kurymah est de ma province, il est le plus mauvais de tous, il me tarde de le punir. Mais, vu le mouvement que je fais sur Illahoun, il ne me reste point de troupes

«Je vous préviens que le maudit Mourad-Bey après la surprise du 26 du mois dernier eut le bonheur de se sauver de la masse d'abord douze hommes et enfin jusqu'à 80 à peu près.... Le général Priant fait tous les préparatifs pour bien le poursuivre.... Je crois, mon Général, que dans le temps que le général Friant se prépare, vous pourriez occuper Illahoun» C'est un point essentiel. A Beni-Souef vous ferez peu de choses. Par le moyen des canaux vous pouvez avec facilité aller à Illahoun. Il n'y a rien de plus aisé. Là vous contiendrez tout les pays, éloigneriez l'ennemi....» 1 Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient^ aut.

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disponibles pour cette exécution, à moins que vous n'ayez la bonté d'augmenter ma garnison. Cela serait nécessaire non seulement pour punir les villages qui rendent la navigation du Nil gênée, mais encore pour jeter un détachement de 200 hommes pour le moins dans Medine en Fayoum. Cette province est remplie d'Arabes depuis l'inondation, ces Arabes à la vérité sont en paix avec nous, mais il y a si peu à s'y fier, que je crains que l'approche de Mourad-Bey ne les mette en mouvement. — Salut et respect.

Zayonchek.

Le général de brigade Zaj^czek au général en chef

Kleber \

Au quar. gén. de Beni-Souef, le 18 fructidor an VII (4 septembre 1799).

Général, j'ai eu l'honneur de vous mander par ma lettre d'hier que Mourad-Bey allait s'approcher de Fayoum, et que j'attendais des nouvelles ultérieures pour me porter sur Illahoun. Une lettre du général Desaix, que j'ai l'honneur de vous envoyer, m'y a décidé. Je vais occuper cette position avec 200 hommes, le reste de ma garnison sera à Beni-Souef, et un détachement en tournée après le miri. Salut et respect.

Zayonchek.

Le général de brigade Zaj^czek au général de brigade

Rampon ^

Au quar. gén. de Beni-Souef, le 20 fructidor an VII (6 septembre 1799).

Général, j'ai eu l'honneur de vous répondre aujourd'hui à votre lettre du 12 courant*, que l'aga des janissaires d'Atfîeh* m'a remise ce matin, mais je suis tellement ennuyé de

* Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut. ' Arch. h. de la Guerre, A. d'Orient, aut. » 29 août.

* «Alfiely» dans texte original.

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