A KLEBKR, RAMPON KT A DUGUA
l'accusation injuste que le village de Sol a faite contre moi que ne comptant pas que l'aga vous rejoigne assez tôt, je vous écris la présente pour vous réitérer mes assurances que non seulement je n'ai point imposé ce village à 5000 médins, mais que jamais je n'y ai pensé. Accoutumé à ne point me mêler des affaires d'autrui, je n'aurais pas sûrement voulu m'immiscer de celles de votre province, d'un homme que je considère infiniment. Si je vous avais su au Kaire, je vous aurais tout de suite écris, pour me plaindre de ce village, lorsqu'il a dévalisé mon courrier, et il l'a fait, vous ne devez point en douter. Ses habitants sont associés avec ceux de Kurymah, et ils pillent les passants. Cependant comme j'y avais envoyé un janissaire pour demander au scheik de me faire retrouver des lettres enlevées, il se peut que ce janissaire a(it) demandé les 5000 médins, et c'est cela que je vous conjure d'éclaircir^ Le janissaire est arrêté. Salut et fraternité. Zayonchek.
Le général de brigade Zajqczek au général divisionnaire
Dugua 2.
Au quartier général de Beni-Souef, le 20 fructidor an VII de la République française, une et indivisible (6 septembre 1799).
Général, j'ai eu l'honneur de vous répondre à votre lettre du 11 du courant, par l'aga des janissaires d'Alfiery qui me l'a apportée, mais comme il pourra s'arrêter quelque temps dans son village, je vous écris la présente, afin de vous instruire que cet aga tout honnête homme qu'il puisse^ être, habite un village de voleurs. C'est infalliblement* son village de Soll qui a dé-
» Registre B. p. 241. Dugua, commandant du 1"" arrondissement du Caire, à Zayonchek, à Beni-Souef. Caire, le 29 septembre 1799. Ne peut lui donner des éclaircissements sur le village de Soll qu'il a demandés au général Rampon, commandant alors de l'Atfieh, qu'après le retour de l'aga des janissaires de cette province.
* Ms. de la Bibliothèque de l'Université de Cracovie, N° 6122, aut. En marge, de la main de Dugua: Ordre donné au c» Fraise, commd* la Vénitienne, le 11 vendémiaire (3 octobre 1799) de prendre ou brûler les barques qu'il trouvera entre Sol et Kuzimat.
' «peut l'être».
* L'orthographe de l'original.
326 ZAJACZEK
valise le courrier expédié du Caire le 2 fructidor ^ Ce même village a depuis attaqué plusieurs barques venant ^ du Caire, et pas plus tard que la nuit dernière il a assassiné quatre ou cinq Turcs qui retournaient du Caire, j'ai vu leurs corps portés sur des barques vers Miniette. Ce village est associé de celui de Kuzymat et ils s'amusent à voler les passants. Sol est de la province du g-al Rampon, Kuzymat est annexé à celle de Behnesé, et il me tarde de le punir. Il faudrait passer tous les hommes au fil de l'épée et brûler les habitations.
Quant à votre lettre du 8 fructidor au sujet du village de Kolossané, cet hameau est encore composé de mauvaises gens, ils pillent les passants, et dernièrement ils ont attaqué un village voisin et l'ont totalement brûlé, je les avais imposés pour cette action à mille pataquès pour la République, mais en considération de votre lettre je leur ai remis la moitié, pour la sûreté de laquelle l'intendant cophte gardera leurs bestiaux et quelques hommes de leur village jusqu'à ce qu'ils ayent payé.
Salut et considération. Zayonchek.
Le général de brigade Zaj^czek au général Priant,
à Siout^.
Au qu. gén. d'Illahoun, le 23 fructidor an Vil (9 septembre 1799).
Général, j'ai reçu votre lettre du 15. Je garde cette position conformément aux ordres du général Desaix. J'ai eu bien de la peine à m'y rendre, et j'en aurai infiniment pour m'en retourner, l'inondation gagnant de tous côtés. Instruisez-moi, je vous prie, Général, de vos opérations contre Mourad-Bey, afin que je sache me régler. Le séjour d'Illahoun est désagréable et malsain; j'ai une dizaine de malades depuis que j'y suis, ce qui est marquant sur 150 hommes qui composent ma force. J'ai donné ordre au commandant de Beni-Souef de vous envoyer les boulets de marbre par le premier reys* sûr. Rien de nou-
1 19 août 1799.
^ «venantes» dans le texte original.
" Arch. h. de la Guerre. A. d'Orient, aut. Classé aux archives à la date du 23 thermidor (10 août).
^ reis ou raïs, chef, officier turc.
A FRIANT ET A KLKBER
veau au Caire. Le bruit d'une nouvelle descente est faux. Le général en chef Kleber s'occupe, dit-on, d'une nouvelle organisation des administrations. Le Fayoum est rempli d'Arabes émiés, mais on ne peut s'y fier. Bagouchy^ viennent de faire la paix avec moi. Recevez les assurances de mon amitié.
Zayonchek.
Le général de brigade Zaj^czek au général en chef
Kleber \
Au qu. gén. d'Illahoun*, le 24 fructidor an VII (10 septembre 1799).
Général, la nouvelle que j'ai eu l'honneur de vous mander
par ma dernière de l'approche de Mourad-Bey se trouve fausse;
I elle me venait des Coptes, mais les exprès que j'ai envoyés à
I Msoura l'ont démentie. Le g-al Priant me mande du 15 que
I Mourad est toujours à Thouny, et qu'il se prépare à l'attaquer
aussitôt que les dromadaires seront prêts.
La position que j'occupe est essentielle à garder, mais très malsaine dans ce moment-ci. Depuis quatre jours que j'y suis, j'ai 12 malades. Ceci me détermine à me porter sur Medine en Fayoum. Ce dernier endroit est à quatre heures de marche d'Illahoun, et je pourrais y revenir aussitôt que les circonstances l'exigeront, le chemin qui y conduit n'étant jamais inondé. D'ailleurs, en occupant Medine je pourrai travailler à la perception du miri. Salut et respect. Zayonchek.
Le général de brigade Zaj^czek au général en chef
Kleber K
Au qu. gén. de Medine, le 26 fructidor an VII (12 septembre
Général, j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 15 du courante Ce n'est pas faute de peine et
* Bixlgouchi.
> Arch. h. de la Gru., A. d'Orient, aut. ' EUahoun.
* Arch. h. de la Gu., A. d'Orient, aut.
5 1 septembre. Probablement celle du 18 fructidor (4 septembre).
328 ZAJ^CZEK
de travail que le miri n'a point été achevé dans les deux provinces que je commande. Les invasions des mamlouks, la mauvaise volonté des paysans, la nonchalance des Cophtes, et surtout le peu de force armée que j'ai, qui sont cause de ce retard» Plus les détachements qui parcourent la province sont forts» et plus tôt le paysan apporte le miri.
Il est de toute impossibilité, Général, que je puisse vous envoyer dans quinze jours 150,000 livres, mais je ferai ce que je pourrai pour vous en envoyer le plus qu'il me sera possible.
Quant à votre ordre du 19 fructidor \ j'ai l'honneur de vous assurer que jamais les troupes qui ont été sous mes ordres» n'ont exigé de payement pour elles, je me suis tenu à cet égard strictement à l'ordre du général Bonaparte, qui l'a défendu. Cependant cette punition aurait été essentielle pour accélérer' le miri, et puisque vous ordonnez de la mettre en exécution, je vais en faire prévenir tous les villages, et à compter du 1"^ vendémiaire les détachements en courses seront payés par leshabitants.
Mourad-Bey est toujours du côté de la province de Miniette*.
Zayonchek.
Le général de brigade Zaj^czek aux citoyens commissaires chargés du recouvrement des grains^.
Au qu. gén. de Medine, le 27 fructidor an VII (13 septembre 1799).
Citoyens, vous connaissez la faiblesse de ma garnison, ainsi que la nécessité où je suis, de multiplier les détachements pour' percevoir le miri. Le général en chef me demande 150,00d mille livres dans le courant de quinze jours; ne pourriez-vous pas m'aider dans ce moment-ci? Vous avez actuellement un détachement de cent hommes sous vos ordres, 35 hommes de ce détachement faisant le service de la place de Beni-Souefi
* Ordre du jour du 5 septembre 1799. Article l•^ Les commandants des colonnes mobiles chargés de protéger les recouvrements des contributions continueront à faire payer par les villages le droit connu sous le nom de dketurick, qui sera consacré au payement de la solde de la colonne mobile (Rousseau 13).
2 Minieh.
" Arch. de la Qu., A. d'Orient, aut.