‹ Les Polymyosites PrimitivesChapitre 10 sur 28 · LAON · texte numérisé non relu

LAON

crises durèrent trois jours au minimum et quinze jours au maximum ; en moyenne les rémissions furent beaucoup plus longues et durèrent de quatre jours à trois mois.

Plus récemment, M. Vincent a rapporté un cas de polymyosite à poussées : la première atteinte dura un mois environ ; la seconde n’apparut que deux ans et demi plus tard et évolua dans le même temps que la première ; une troisième atteinte, enfin, survint dix-huit mois après le début de la seconde et, fait remarquable, fut précédée d’une angine. Il semble bien que cette forme de polymyosite puisse être étiquetée polymyosite à récidives.

Il n’en est pas tout à fait de même dans le cas rapporté par Sick : cet auteur observa six atteintes successives ; mais pendant les périodes de rémission, dont la durée fut de deux jours au minimum et d’un mois et demi au maximum, la malade continua à souffrir, les tuméfactions musculaires persistaient, la température n’atteignait pas tout à fait la normale ; il semble donc qu'ici on ait eu affaire plutôt à des rechutes qu’à des récidives. Et il paraît légitime de distinguer, dans ces formes de polymyosites à poussées, deux variétés : l’une à récidives, l’autre à rechutes ; ces polymyosites à poussées peuvent d’ailleurs, au point de vue de leur évolution, être rapprochées des polymyosites ordinaires, chaque poussée évoluant pour son propre compte comme la forme type.

Au surplus, la durée de la polymyosite pure est extrêmement variable : dans la moyenne, elle est de cinq semaines à cinq mois ; on doit considérer comme tout à fait exceptionnels les cas où la maladie n’a duré qu’une semaine et ceux où elle a évolué pendant plus de deux ans.

En résumé, cette évolution est, suivant la durée et suivant l'intensité des phénomènes généraux : aiguë, subaiguë ou. chronique, et c’est incontestablement la forme subaiguë qui est de beaucoup la plus fréquente. M. Lyot a attiré l’attention sur les particularités de son évolution et a montré que, caractérisée par l’oscillation souvent extrême des centres de: myosite, elle se développe sans fièvre et sans atteinte de l’état. général ou de la nutrition.

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La terminaison de la polymyosite peut être mortelle. La mort est alors le fait soit d’une des complications que nous étudierons ultérieurement, soit de l’extension de la maladie aux muscles de la respiration, de la mastication ou du pharynx. La mort survient alors par asphyxie, comme nous Pavons vu, ou bien par inanition, alimentation devenant impossible; très souvent aussi il se produit une bronchopneumonie de déglutition qui emporte le malade. La mort, en tout cas, est rare avant le huitième jour; Lôwenfeld en a observé un cas au seizième mois. En revanche, l’observation qu'a rapportée Sick est intéressante par ce fait que, malgré l’atteinte des intercostaux et du diaphragme, la guérison est survenue.

C’est qu’en effet, la guérison est possible et même fréquente. M. Gouget notait que, dans ce cas, 1l persiste pendant assez longtemps dans les muscles atteints une sensation d’engourdissement avec sensibilité à la pression. Les auteurs récents, MM. Vincent, Méry, Sick ont aussi fait mention de ce phénomène et 1ls ont appelé l’attention sur l’atrophie presque toujours secondaire à la polymyosite. Cette atrophie ne peut être considérée comme une complication de la polymyosite, mais bien comme une séquelle de cette affection : parfois elle est très étendue et atteint tous les muscles malades ; d’autres fois, et c’est le cas le plus fréquent, comme chez le malade observé par M. Méry, elle est légère et partielle, ne portant que sur quelques-uns des muscles précédemment touchés : surtout ceux de la cuisse, de la main ou de la nuque.

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