‹ Les Polymyosites PrimitivesChapitre 9 sur 28 · ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION

La polymyosite évolue de façons éminemment variables. Elle affecte parfois une marche continue : dans ce cas, l’extension aux différents groupes musculaires peut être progressive, en telle sorte qu’à un moment donné, presque tous les muscles de l’économie soient intéressés ; le fait est d’ailleurs absolument exceptionnel. Mais, plus souvent, l’inflammation saute, en quelque sorte, d’un muscle à l’autre, abandonnant celui-ci pour passer à celui-là et frapper ensuite un troisième ; et si on observe le malade à une période quelconque, on se trouvera en présence de tuméfactions inflammatoires récentes coexistant avec des manifestations déjà beaucoup plus anciennes, converties en nodules durs, non inflammatoires et à peine douloureux. Un cas remarquable de cette mobilité dans la localisation a été rapporté par Fuckel qui, chez un malade, a vu l’affection sauter chaque jour d’un groupe musculaire à l’autre.

Une place à part doit être réservée à une forme spéciale dans laquelle la polymyosite évolue par poussées semblant se terminer chacune par la guérison complète ; entre chaque crise, le malade parait jouir d’une santé parfaite. Nombreux sont les cas où on retrouve cette évolution, et spécialement toutes les observations rapportées dans ces dernières années mentionnent un nombre variable de ces poussées auxquelles on ne sait si on doit donner le nom derechutes ou de récidives. Chaque nouvelle crise est marquée par une recrudescence de douleurs et de fièvre et par l’apparition de nouvelles tumeurs musculaires. La plus curieuse des observations rapportées est certainement celle qui est due à Wätzoldt. Cet auteur vit chez son malade huit poussées successives, et ces poussées furent d’autant plus longues que leur intensité était moindre : les

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