I. — DERMATOMYOSITE
Dans sa symptomatologie comme dans ses allures, la dermatomyosite diffère assez peu du type ordinaire des polymyosites que nous avons décrit; il faut bien savoir d’ailleurs
Le
qu'elle est beaucoup plus fréquente que la polymyosite pure. Le début brusque y est exceptionnel au même titre ; au contraire, les prodromes tels que céphalée, malaise, courbature générale, douleurs musculaires y sont fréquemment observés.
A la description que nous avons faite des lésions musculaires nous n’avons rien à ajouter. Mais en revanche la peau est plus fortement atteinte que dans la polymyosite ordinaire.
L'œdème cutané est fréquent et se localise généralement au niveau des tuméfactions musculaires ; fait capital, cet œdème respecte presque toujours les régions articulaires ; en revanche, on a noté sa prédilection pour la face où on l’observe souvent, principalement au niveau des paupières et où il est souvent le premier phénomène en date, celui qui attire l'attention. Dansle cas observé par Lépine, cet œdème, occupant larégion temporale, avait envahi les paupières et était tel qu’il empéchait l’ouverture de l’œil. Quoi qu’il en soit, la caractéristique de cet œdème est d’être un œdème dur, où le doigt ne laisse pas l'empreinte en godet classique. Certains auteurs l’ont vu présenter l’aspect et la consistance de la sclérodermie. Plus ou moins accusé, mais généralement intense, il n’arrive cependant que rarement à déterminer une déformation de la face ou des extrémités ; sa présence rend parfois presque impossible la palpation des muscles. Il est rare, d’ailleurs, qu’il soit uniformément réparti sur tout le membre atteint : les observations récentes ont bien montré, après Bonnet, qu'il se localisait généralement d’un côté, soit sur le plan de la flexion, soit sur celui de l'extension.
À cet œdème se superposent assez souvent des éruptions ; mais ces dernières sont aussi variables dans leurs aspects que dans leurs localisations et leurs dates d'apparition. Inconstantes en effet, elles sont généralement assez tardives, ne se produisant guère que lorsque les douleurs musculaires, les tumeurs et la fièvre sont installées déjà depuis plusieurs jours ; cependant certains auteurs les ont vues précéder les douleurs musculaires et l’œdème et se produire dès le début ; cette
St À 3