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montrèrent encore les plus actifs ; les injections de morphine et les plus récents nervins n’eurent aucune action.
Le 12 mars 1890. Le malade, qui était très amaigri, commença à se plaindre de palpitations et de gêne respiratoire. Au cœur, on ne percevait aucun bruit anormal, et on ne constatait pas d’hypertrophie. Le pouls monta à 120, la température à 390,7, et le 143 mars l’état du malade était très grave.
Le 1% mars. Cependant, la température était tombée à 370,6 et l’état était plus satisfaisant. Ce jour-là, le malade fut porté sur une chaise dans une maison de santé et on rédigea le rapport suivant :
Grand, solidement bâti, très fortement amaigri, impotent, incapable de mouvoir ses pieds, pâle, chauve.
Thorax rigide, faisant mal ses mouvements d'expansion.
Poumons. — Limites un peu déplacées ; nulle part on ne perçoit d’assourdissement.
Cœur. — Un peu déplacé en bas et en dedans. Aucune hypertrophie. Bruits doux et faciles à percevoir. Pouls 120, petit, mou.
Abdomen. — Foie non augmenté de volume.
Cuisse droite presque double aussi grosse que la gauche; la peau est pâle, tendue ; œdème dur, très douloureux à la pression sur la partie externe, très peu sensible à la partie interne. Jambe non œdématiée.
Cuisse gauche infiltrée seulement au-dessous du ligament de Poupart ; très amaigrie dans sa moitié inférieure où la peau est plissée,
Membres supérieurs. — Dans les muscles extenseurs du bras droit, une nodosité douloureuse grosse comme un œuf environ.
Au niveau des métacarpes des deux pouces, sur la peau du côté de l'extension, taches rouges disparaissant par la pression. Sensibilité à peu près abolie.
Urines jaune rougeâtre, sans albumine.
Température 380,4.
Prescriptions. — Teinture de digitale, vin, enveloppements des extrémités inférieures ; pendant la nuit un centigramme de morphine.
Ce qui fut le plus pénible pendant les jours suivants, ce furent les palpitations et l’insomnie ; dans le décubitus, douleurs dans la cuisse et dans la région lombaire.
Les mouvements du cœur devinrent plus forts et plus lents grâce à la digitale, mais dès qu’on la cessa, ils redevinrent faibles et fréquents. Le matin la température était normale ; le soir il y avait un peu de fièvre : 380,1 à 380,5.
Le 19 mars. Une tuméfaction noueuse fut sentie dans les muscles extenseurs du bras gauche. Température le matin 370,3, le soir 370,8, Pouls petit 96.
Le 20 mars. Œdème douloureux autour du coude droit. Tuméfaction
noueuse dans les adducteurs de la cuisse gauche. Température le matin 370,5, le soir 370,9. Pouls 104 presque imperceptible. Le 21 mars. Le gonflement autour du coude droit s’est accru. Le biceps au-dessus de son insertion est le siège d’une infiltration dure très douloureuse. Cuisse gauche : douleurs et gonflement de la musculature de la largeur de la main au-dessous du ligament de Poupart Gonflement des adducteurs non modifié. Température le matin 380,3, le soir 380. Pouls 120 très petit.
Le 22 mars. Membre supérieur droit : gonflement encore plus accusé autour du coude, œdème mou jusqu’au milieu de l’avant-bras. Nodosité dure et douloureuse dans le biceps, nodosité encore perceptible dans le triceps, mais indolore. — Membre supérieur gauche : nodosités dansle triceps brachial. — Cuisse droite moins enflée, cuisse gauche également. Température le matin 370,4, le soir 380,4 ; pouls 88 moyen.
Le 26 mars, œdème de tout le bras droit jusqu’au dos de la main. Gonflement, surtout accusé à l’extrémité inférieure du bras, dur, compact, douloureux. Bras gauche œdématié de même autour du coude. Muscles fléchisseurs de l’avant-bras douloureux. Œdème de la cuisse égal des deux côtés, dur, douloureux.
Abolition des réflexes patellaires. Température le matin 380,2, le soir 380,6. Pouls 120, petit.
Le 28 mars. Température le soir 390.
Le 29 mars. Bras gauche gonflé; œdème mou autour du coude et le long de l’avant-bras. Muscles fléchisseurs de l’avant-bras sensibles à la pression, Température le matin 379,7, le soir 380. Pouls 96, moyen. Le malade présentait à ce moment un fâcheux aspect : le teint de la peau était cireux, les traits angoissés ; le décubitus dorsal était douloureux ; le malade ne pouvait ni s’asseoir ni se lever, on devait lui donner à manger. Les deux membres supérieurs étaient uniformément gonflés, en forme de fuseau ; le gonflement était maximum au niveau du coude et allait en diminuant vers la racine et vers l’extrémité du membre. Mobilité du coude très restreinte. Cuisses de même uniformément gonflées, ne se mouvant qu'avec peine.
Au commencement d'avril 1890, le gonflement et la douleur des membres inférieurs et des avant-bras commencèrent à diminuer. Le gonflement n’était plus perceptible qu’autour des deux coudes où il était encore dur et sensible.
Malheureusement on observait, en dépit de la diminution du gonflement des muscles, un affaiblissement progressif de la contraction du cœur ; en même temps apparaissait de l’ædème des pieds, des jambes et de la région lombaire ; des épanchements pleuraux, qui commençaient déjà le 1% avril, augmentaient vite. Le repos nocturne était troublé par une toux fréquente ; la déglutition était pénible ; dans les
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derniers jours, chaque gorgée de liquide était suivie de toux et de vomissements. Le pouls de plus en plus petit était à la fin ondulant et intermittent. La température qui, depuis le 1% avril, n'avait pas dépassé 379, tomba à 360,5, 350, à la fin à 340,5 et le 11 avril le malade mourut d’épuisement.
On n’avait pas observé de troubles du langage ni de troubles dans les mouvements des yeux.
Au point de vue du traitement, il est encore à noter que depuis longtemps on avait essayé le salicylate de soude et l’iodure de potassium.
L’autopsie ne donna rien d’important :
Dans les deux cavités pleurales, on trouva un exsudat séreux (à gauche un litre, à droite une quantité moindre) ; au sommet du poumon gauche, pigmentation ancienne en forme de bande. Poumons atélectasiés à leurs bases.
Myocarde brun, flasque, mollasse. Valvules intactes. Rate légèrement hypertrophiée.
La musculature des membres présentait déjà des modifications importantes. Les muscles de la poitrine et du ventre avaient l’aspect normal.
Les muscles les plus atteints étaient le quadriceps fémoral des deux côtés et les adducteurs ainsi que le biceps brachial et le triceps. Ces muscles étaient infiltrés d’une sérosité de couleur rouge pâle, ou bien présentaient la coloration jaunâtre de l’argile ; ils étaient durs, mais en quelque sorte cassants. On trouvait de plus des foyers hémorragiques, de date plus ancienne et de forme irrégulière, qui se distinguaient par leur couleur rouille du tissu musculaire jaunâtre.
C’est sur une section transversale au tiers inférieur de la jambe que les modifications étaient le plus nettes : on trouvait là les différents aspects : ici les muscles avaient encore leur couleur brune normale ; là ils étaient déjà colorés en rose pâle ; mais la majorité présentait une teinte fortement jaune et partout dans le tissu musculaire se trouvaient irrégulièrement disséminés les reliquats des foyers hémorragiques, Dans les couches musculaires profondes, plus rapprochées du fémur, étaient de nombreux foyers hémorragiques récents,