ARCHIPEL
Feu„
Eétu.
}BoiM.
iW
Râhi (Tahiti)
Rangi (N"« Zélande)
Laniy Rani(HawaI»
Langni (Archipel)
Ahi, Afî (Polynésie) Ahi > (Tahiti) Ahi » (N^*« Zélande) Ahi » (Marq*«.Hawa1) Api » (Malaisie) Atbu > (Madécasse)
Val (Polynésie)
Uwal( LampongyBouguis)
Ayer (Malaisie)
^eh (Javah)
Oure (Polynésien)
Peli (Javanais)
Peler (Malai, Bouton)
Foulou (Tonga) Voulou (Javanais) Voul (Madécasse) (Voulou (Malai-Bouguis / Huruhuru(Tahiti,Nn«Zf Huu, Huku (Marquises \ Hulu (Hawal)
INoussa (Javanais) Nosse (Madécasse) Motu (Polynésien) Rakau (N'*« Zélande) Raau (Tahiti) Lakau (Tukopia) Lekki (Foulah) Puaa(Tahiti) Pohi (Tukopia) Buaka (Tonga)
laisi
Babi (Malaisie)
GREC, etc.
Ouranos(Grec)
Oura (queue)
Porcus (Latin) Pig (Anglais)
Rai (Tahiti)
Rangi (N"« Zélande)
Lai, Lani (Hawal)
Langit (Archipel)
Ani, Aki (Marquises)
Ahi
Wal {S*^ Zélande)
ÛTe Fulu
Huruhuru
Huu, Huku
Hulu
nr
104 LES POLTNBSUENS.
Comme il serait sans utilité d'énomérer toutes les affinités trouvées, nous dirons seulement que M. d'Eichthal cite encore les ressemblances fournies par les mots poisson^ p^o^u^ pierre^ lune, soleil, etc., ainsi qu'une foule d'autres, bien connus aujourd'hui, et dont on peut voir la liste la plus complète dans le livre du révérend Taylor (1). Pour nous, nous ne voyons pas qu'il y ait plus de rapport entre les mots ptg, porcua et bouaka^ qu'entre ce môme mot, et le mot français porc. Nous ignorons si les Grecs ont tiré leur mot oura^ queue, de Voure polynésien, ou réciproquement. Il en est de mâme pour le mot lune que M. d'Eichthal croit pouvoir être dérivé du mot boulan^ woulan, oulafif et qui désigne la lune, dans rarchipel presque entier ; de môme aussi pour le mot grec helios^ soleil, qui nous semble assez peu ressembler au ra^ polynésien. Nous reconnaissons notre insuffisance en pareille matière.
Ce que nous croyons seulement devoir encore faire remarquer, c'est que les mots qui forment ces coïncidences sont tous, à l'exception de vaf, étrangers au sanskrit et au zend, qui cependant sont les langues ayant fourni aux idiomes germaniques et gréco-latins, le plus grand nombre de leurs racines. D'où il faut conclure que les idiomes germaniques et gréco-latins ont reçu des racines d*une ou de plusieurs langues autres que le sanskrit et le zend.
£n résumé, M. d'Eichthal a lui-même fait remarquer, qu*à mesure qu'on entrait dans la Polynésie proprement dite, on ne trouvait plus de traces de contact avec l'Inde. Si cependant il a cru voir, d*après les observations de O. de Hum« boldt, quelques analogies entre le sanskrit et le polynésien, c*est que, comme tous ses devanciers, il a confondu, à son insu, la Polynésie avec la Malaisie, et que cette dernière contrée, par son voisinage, a nécessairement eu de bonne heure quelques rapports avec l'Inde ; rapports môme si intimes, comme on a'vu, dans l'île de Java, que la langue ancienne des habitants de cette île était, d'après plusieurs écrivains, aux trois-quarts composée de mots (lEtnskrits.
(1) Te Ik0 a Maux, p. 180, 108.
Noos ayons rapporté précédemment (1 ) l'opinion dé Taylor relative aux rapports ayant existé jadis entre les Japonaig et les Maori. Le savant missionnaire anglais croyait k la venue de jonques japonaises à la Nouvelle-Zélande. Pour nous, nous serions plutôt porté à admettre la présence au Japon de colonies polynésiennes. Il est certain, quoi qu'on en ait dit, qu'une foule de mots, ayant les mômes significations, sont identiques chez les Japonais et les Néo-Zélandais. Nous nous bornerons à citer les suivants : tfca, awa^ tfct, raJco, trufeu, fcafct, etc.
Bn outre, la légende relative à la création du monde offre certains rapports avec celle de Maui. Au Japon, Izanaqui* no-Mikoto, quand il créa la terre, plongea son javelot dans la mer qui s'étendait au-dessous de lui, cherchant s'il n'y avait pas un monde submergé. Le javelot souleva des gouttes d'eau salée qui, en se solidifiant, formèrent l'île d'Onokoro, les colonnes du monde (2).
yoici,en effet, comment Lesson (3) décrit les Japonais, auxquels il trouvait une physionomie générale de Tahitien ou de Sandwichois; ce qui lui faisait supposer que e'est* le Japon qui a peuplé, dans les temps les plus reculés, les tles océaniennes.
« Les Japonais, dit-il, ont le nez gros, épaté, avec de larges ailes ; la bouche a les lèvres bien faites mais grosses ; le menton est rond et large ; les oreilles sont amples et décollées ; leurs cheveux tirent au brun ou môme au brun rougeâtre.
€ Les habitants des terres sont de nuance plus claire que les peuplades riveraines adonnées à la pâche et à la navigation. Ces derniers sont petits, vigoureux ; les agriculteurs sont grands, à large ossature. Les femmes sont blanches, et même une légère teinte incarnat nuance les joues des jeunes fiUea.»
Pour lui, on le sait, la famille japonaise était la première de son rameau mongol-pélagien.
(1) Vol. III, p 90.
(S) Yoy.: Amnales de tExtrême-OrienU 1880, p. 109^
(8) TabUau des races humaines^ p. 59;
Plus récemment, un auteur, ayant résidé au Japon assez longtemps, en a fait la description suivante :
c Les Japonais en général sont de moyenne stature. Us ont la tôte grosse, la poitrine large, le buste long, les hanches charnues, les jambes grêles et courtes, les pieds petits et les mains fines. Chez les personnes qui ont le front très fuyant et les pommettes particulièrement larges et proéminentes, la tôte, vue de face, présente plutôt la forme géométrique du trapèze que celle de i*ovale ; les yeux sont plus saillants que chez rSuropéen, et même quelque peu bridés. L*eflfet général n*est pas celui du type chinois ou mongol. La tôte du Japonais est plus grosse ; la figure plus allongée et, à tout prendre, plus régulière. Le nez est plus saillant, mieux dessiné.
€ Toute la population a la chevelure lisse, épaisse et d*un noir d*ébène. La barbe est assez forte. La couleur de la peau varie, suivant les classes de la société, depuis le blanc mat ou bruni par le soleil des habitants de TEurope méridionale, jusqu'au teint cendré et basané de Thabitant de Java. La nuance dominante est le brun olivâtre ; jamais elle ne rappelle la teinte jaune des Chinois. Les femmes ont le teint plus clair que les hommes.
c Hommes et femmes ont les yeux noirs, les dents blanches, excepté les femmes mariées (1). »
Voici ce que disait, des Japonais, Tun des premiers observateurs, le savant Kaempfer, ordinairement si exact (2) : c Les Japonais en général, surtout le peuple de Nipon, sont laids, jtotits, fort basanés ; ils ont les jambes grosses, le nez plat et les sourcils épais. Leurs yeux noirs sont moins enfoncés que chez les Chinois. Toutefois les nobles ont la taille plus majestueuse. Celle-ci varie d'ailleurs suivant les provinces. La tôte des habitants de Mipon est grosse *, leur nez plat. Us sont disposés à Tembonpoint. Ceux de Saikoki sont déliés, petits, bien faits. »
(1) Extrait d9 TouTrage de M Humbert, dans les Races humaines de Figuier, art. Japon.
(8) Histoire naturelle, civile et ecclésiastique du Japon, par Eugelbert Kaempfer, 1732, p. 151., vol. IL
LBS POLYNÉ8ISNS. 107
Vu rextrème différence physique» Kaempfer admet de nombreux croisements; mais, poar lui, les Japonais venaient de Babyione^ et Ton connaît l'explication curieuse qu'il en donne.
n cite le fait de la venue au Japon d'hommes de belle taille, d*nn physique agréable, à tête rasée, sans barbe, et ayant trois trous dans chaque oreille : ils venaient de Patan, Tune des Philippines.
. n dit aussi que, quelques siècles avant son arrivée, les Japonais avaient découvert au Nord du Japon une Ile appelée Oenkai Sima, peuplée par des noirs appelés Oui, qu'ils avaient exterminés. Ces noirs avaient les cheveux longs, tombant sur les épaules, des chapeaux élevés ou pointus. Kaempfer supposait qu'ils étaient Malais.
n eite encore d'autres histoires rapportant que des noirs ftnrent trouvés dans quelques-unes des îles du Sud du Japon ; il croit encore que c'étaient des Malais ou des habitants des Moluques jetés par les tempêtes. Cela est possible ; mais à notre avis, c^étaient plutôt des Carolins. Les Japonais auraient' donc vraisemblablement du sang polynésien dans les veines, de même qu'ils ont dans leur langue un certain nombre de mots polynésiens.
« Lm race Japonaise, dit, de son côté, M. Masana Maeda(i), est nne race mêlée : c'est là un fait acquis pour la science ethnographique. Il y a en elle du sang chinoi:i, mongolien et coréen, peut-être même du sang malais ; ce qui s'expliquerait par des immigrations, à nne époque donnée, de peuples des Ues de la Polynésie. » Il semble évident, en effet, que la race Japonaise a du sang non pas malais, comme le dit M. Maeda qui regarde les Polynésiens comme des Malais, mais bien du sang polynésien et par conséquent maori.
On ne peut le nier, il y a d'assez nombreuses ressemblances ent^ les Japonais et les Maori, dans la direction de leur front, le volume apparent de la tête, l'ampleur de la poitrine, la longueur du buste et des membres supérieurs relatiîement au reste du corps, et la brièveté, au contraire, des
(1) Lm Sodéié japoHûise, in Rgvue scientifique, 10 août ISHTS.
108 LB5 t>0LTN&IEN8.
extrémités inférieures, d'après Thompson ; dans la petitesse des pieds et ia finesse des mains, toujours d'après cet écrivain; dans la forme de la bouche, la longueur de la lèvre supérieure, la nature et la couleur des cheveux, la forme des oreilles, du menton, du nez parfois, etc,. Mais, s'il est vrai que les ressemblances existent, surtout d*après M. Thomp« 3on, qui semble pour ainsi dire avoir pris une partie des caractères physiques des Japonais pour décrire les Maori, il ne Test pas moins que des différences assez nombreuses et importantes séparent les deux peuples. C'est ainsi que, chez lès Maori, la face est large souvent, le front large au lieu 4*être étroit^ le nez large, épaté, quelquefois très bien fait, miûs le plus souvent court ; que les yeux sont grands, nullement bridés, les pommettes modérément saillantes. Car, malgré ce qu'en a dit Taylor, les Maori n'ont pas les yeux bridés des Japonais ; ils n'ont pas une couleur aussi foncée, aussi basanée qu'eux; seulement comme la leur, elle varie suivant le rang des occupations, des soinsquel'on prend, etc., de môme que la taille varie suivant les localités, la famille, etc. L'indice céphalique des Japonais est de 79,01, celui des Polynésiens de 76,18. Enfin les deux peuples n'ont ni les mêmes croyances religieuses, ni le môme langage ! ce qui nous semble plus que suffisant pour qu'on doute de leur communauté d'origine.
Nous croyons du reste que M. Thompson,qui nous fournit en partie les rapprochements que nous venons de faire, a exagéré quelques-uns des caractères anthropologiques, tels que la brièveté du pied et la petitesse des mains, etc., chez les Maori.
Oes conclusions ont été pleinement confirmées par une discussion qui s'est élevée au sein de la Société d'anthropologie, dans la séance du 3 novembre 1881. « sur les Originés japonaises ». M. Metchnikoff, se basant sur le caractère tropical de certaines coutumes et habitudes japonaises, telles- que la tendance qu'ont les hommes et les femmes des' classes inférieures à se passer de vêtements pendant la saison d'été, telles que la pratique du tatouage « l'habit der l'homme nu i, etc.» rattache les Japonais aux Matayo-Po*
lynéaiens. Il montre que, d*après la tradition, le fondateur de Tempire japonais descendit à Takatriho, sur le massif volcanique de Kirisima, dans le sud-ouest de Tîle de Eiusiu. Or, ce point du territoire japonais est, par sa situation géographique, inaccessible à des émigrés du continent asiatique ; mais il se trouve sur le parcours des Kouro-Sivo, du grand « courant noir » de l'océan Pacifique, qui vraisemblablement a conduit les émigrants.
De son côté, M. de Quatrefages explique que Ton peut constater au Japon trois types principaux : Télément noir, Vêlement jaune et Télément blanc. Oe dernier est de deux sortes : il est représenté en première ligne par les Âïnos ; mais un autre élément blanc est venu se mâler au précé* dent : « 0*est, dit le savant professeur, celui qui, parti de 111e Bouro et des tles voisines, a conquis toute la Polyné* aie à Test, s*est répandu dans diverses îles et archipels en tous sens ; qui a été rencontré aux Philippines par la Oironnière : qui vient d'être retrouvé à Mindanao par M« Montano. »
Tout ce que nous avons dit jusqu^ici prouve que l'élément blanc « indonésien, > comme rappelle M. de Quatrefages, qui» sous la conduite de Zin-Mou, opéra la conquête du Japon sur les Aïnos, vers le milieu du septième siècle avant notre ère, était une colonie de véritables Polynésiens venant par migrations volontaires ou involontaires, en suivant le courant du Kouro-Sivo et aidés sans doute par les vents du Sud-Ouest qui, durant l'été, soufflent régulièrement dans ces parages.
muiéb I :<