‹ Les PolynésiensChapitre 13 sur 47 · TRADUCTION MOT-A-MOT DE LA LEGENDE DE MAUI · texte numérisé non relu

TRADUCTION MOT-A-MOT DE LA LEGENDE DE MAUI

Aitu — Enfreindre, qui enfreint le tapu

Mea — chose, circonstance

Ma — à travers, par le moyen de

To — de, appartenant à

Maui — Maui

Kite — voir, savoir

Te — la, sa

Kui — mère

Heke — aller

Havaiki. — Havaiki.

To Maui — Maui

Tata i te kui . — auprès de sa mère.

To te kui kite , — La mère voyait,

Uaua to we, — versait des larmes,

I te lama — sur l’enfant I te oioi. — qui reposait.

Te tama — L’enfant

Tivava te hiamoe. — menteur le sommeil.

Tekao i te tama : Maui ? Elle dit à l’enfant : Maui ?

Te tama aoe tekao. — L’enfant pas parler.

Hiamoe tivava. — Sommeil menteur (il faisait semblant de dormir) .

Te vehine tekao — La femme dit I te vahana : à son mari :

Aue ! hakavaa. — Ilélas ! il se réveille.

To te vehine tekao : — La femme dit :

Aue ! taa au. — Hélas ! il m’a vue.

Vahana tekao : — Le mari dit :

Aoe ; Maui hiamoe. — Non ; Maui dort.

To te vahana — Le mari

Tekao i te vehine : — dit à la femme :

Amai. — Viens, allons-nous-en.

To te hui, — La mère,

Me te motua , — avec le père,

Putamai aanuix — allèrent vers le chemin,

Mea oa. — chose éloignée.

To te motua kukamai — Le père pensait Me manuj — (que c’était) avec un oiseau,

Me Patitio. — avec le Patitio.

Te kui kukamai — La mère pensait

Veinehae — le spectre

To te kui to ia. — de la mère à elle.

To te motua tekao : — Le père dit :

Aoe enana ke — pas homme étranger Putamai inei ? — venir, être arrivé ici ?

T o te kui tekao : Aoe. — La mère (de la femme) dit : non. Tekao : a ee, — (Le père) dit : va-t-en,

Manukeee — oiseau messager.

To te kui tekao : — La mère dit :

Aoe ; putamai , — Non ; arrive,

Manu tavaie, — oiseau blanc,

Manu A ai ; — oiseau bon à manger ;

Putamai , manu iti , — arrive, petit oiseau,

Manu keekee, — oiseau arrière-neveu,

Tupuna ia ta koe. — aïeule à toi.

To te moi tekao — La fille dit 1 te kui : apao koe ! •— à la mère : tais-toi To te moi — La fille

Pehi me te kea , — lança avec des pierres,

Me to te vahana. — ainsi que son mari.

Kea to te vahana , — Pierres du mari,

Kea tote vehine , — pierres de la femme,

Pehi te tama. — frappèrent l’enfant.

To Maui kukamai. — Maui pensa

Noho me te kea. — s’asseoir sur les pierres.

Tiohi to ue, aue ! — . Il essaya de pleurer, hélas !

Tekao i te motua : Kooua , — Il dit à son père : Vieillard, To koe pehi me te kea . — tu me frappes avec des pierres;

To te mot ua tekao : •— Le père dit :

Ua aoei kite ia koe. — Moi pas savoir c’était toi* To te tama tekao : — Le fils dit :

To hiki koe ? — Tu t’en vas ?

To te motua tekao : — Le père dit :

To hiki hoi au, — m’en aller certainement moi, Me manu koe. — puisque toi oiseau.

E heke maua — Aller nous deux la ona tea. — à cet endroit.

To te kui ~ La mère T oo te moeka. — leva la natte.

Titii vahike . — Ils quittèrent ce lieu.

To te moi ua lakee — La fille serpenta J

Me aanui , — dans le chemin,

Me te vahana. — avec son mari.

Te moi kukamai — La fille pensait Te fenua to ia, — (que c’était) la terre à elle,

Too i teto ; — arracha une tige de canne à sucre ;

XJ a kai. — la mangea.

•••e. .a... ta. •••al. »..«••<

Maui kukamai — - Maui pensa

To te tupuna moe — (que) son aïeule dormait

I te puta to te aanui . — à l’entrée du chemin.

To Maui kukamai — Maui pensa Kokoti i te upoko — (qu’il) couperait la tête To te pakahio . — de la vieille.

Kukamai te hope. — Il pensait (qu’il) finirait par là. Kukamai me te aanui , — Il pensait dans le chemin, Akana , toke. — à le faire, entêté.

Tekao i te pakahio : — Il dit à la vieille :

Ihea tau kui ? — Où de moi la mère ?

To te tupuna tekao : — L’aïeule dit :

XJa heke i uta. ■ — elle est allée dans l’intérieur.

Maui kukamai. — Maui pensait

Mei Havaiki , — (qu’elle était descendue) dans l’Havaiki, Mei henua to te kui. — dans la terre de sa mère.

To te vahana — Le mari

Tekcio i te vehine : — dit à la femme :

Ua tehe. — On a coupé (le con à ta mère).

Te toto putamai — Le sang* tombait

Te nma to te moi. — (sur) la poitrine de la fille.

Maui titii te tupuna. — Maui laissa l'aïeule.

To Maui ua heke. — Maui alla I te Havaïki, — dans l’Havaiki,

I te aanui to te kui. — par le chemin de la mère. Vave ka i te aanui. — Marcha vite dans le chemin.

Maui , a taa , koe , — Maui, va voir, toi,

I te vai. — à l’eau, chercher de l’eau.

To Maui taa i te vai. — Maui alla à l’eau.

Kapo i te vai — Il saisit dans l’eau Meanui popotu, beaucoup de bêtes,

Kakaa , — de vers,

Me te veri , — avec des insectes de mer,

Me te mo/co, — avec des lézards,

Me te punaveevee. — avec des araignées.

Kukamai me tepapua. — Il pensait aies renfermer.

Tote kui tekao : — La mère (lui) dit :

Kave mai te vai. — Apporte -moi l’eau.

To te kama tekao : L’enfant dit :

Te vai ? — de l’eau ?

T o te kui meanui haohao. — La mère (fut) beaucoup étonnée.

To te motua. — Le père

Peke meanui ia Maui. — Colère beaucoup contre Maui. Tekao : e tama Inauhau , — (II) dit : (c’est) un enfant révoltant,

E tama makamaka. — un enfant très méchant.

To Maui tekao : — Maui dit :

Aoe au i kite — pas moi savoir I te vai — (où il y a) de l’eau I te henua nei. — dans cette terre-ci.

To te kui tekao : toitoi. — La mère dit : c’est vrai.

To te kui tekao : aue ta koe ! — La mère dit : hélas ! de toi !

To te kui tekao : — La mère dit :

E hiki i te ahi ; — il faut aller chercher le feu ;

Maui , a noho. — Maui, reste là.

To Maui tekao : — Maui dit :

A nohoe ko ; — reste là toi-même ;

Ta au ua heke. — moi y aller.

To te motua tekao : — Le père dit :

E noho. koe me te kui . — reste toi avec la mère.

To Maui tekao : aoe ; — Maui dit : non ;

O to koe me te kui e noho ; — à toi avec la mère rester ;

0 te tama te heke i te ahi. — à l’enfant aller chercher le

feu.

To te motua tekao : — Le père dit :

Aoe koe e kukumi te pakahio. — Ne tue pas la vieille.

To Maui tekao : aoe. — Maui dit : non.

To Maui heke — Maui alla

Ite hae to te pakahio. — à la maison de la vieille.

Tuku mai te ahi. — Donne-moi le feu.

To te pakahio tekao La vieille dit :

Ta i koe ? — C’est pour toi ?

Maui tekao : ta to te moi . — Maui dit : c’est pour ta tille. To te pakahio tekao : — La vieille dit :

Pehea koe ? — Pourquoi en demandes-tu ?

1 te ahi mea aha ? — que veux-tu faire du feu ?

Maui tekao : — Maui dit :

Nunu Mei. — Faire cuire les fruits de l’arbre à pain. Te pakahio tekao : — La vieille dit :

Tuku mai te Keikaha. - Donne-moi les filaments du brou de coco.

To Maui tuku te Keikaha. — Maui donna le Keikaha.

Te pakahio tuku — La vieille donna I te alu mei — celui (le feu) pris dans Te makamaka vaevae. — les doig'ts de pieds.

Eaha te alu nei ? Quelle est cette prise ?

Tekao Maui. — dit Maui.

To Maui too i te alu. — Maui prit cette prise, (ce feu)*

Ua hiki , — Il s’en alla,

Kukamai i te aanui , pensant dans le chemin,

Kukumi te ahi. — qu’il éteindrait le feu.

To te Maui kukumi , — Maui l’éteignit,

Titii, e putamai, — le jeta et alla (revint)

I te hae to Mahuike. — - à la maison de Mahuike.

Tekao pakahio : o ! — La vieille dit : oh !

Ihea te ahi ? — Où est le feu ?

Ua mate , tekao Maui ; — - Le mien est mort, dit Maui ;

To au ua hika i to te vai. — Je suis tombé dans l’eau.

To te pakahio tekao : — La vieille dit :

Tuku mai te keikaha. — Donne-moi le keikaha.

To Maui tuku te keikaha. — Maui donna le keikaha. Pakahio tuku te ahi — La vieille donna le feu A lu mei te muo . — pris dans le genou.

To te pakahio tekao : — La vieille dit :

A hiki , poiti. — Ya-t-en, enfant.

Te poiti tekao : — L’enfant dit :

Ehia ahi iti ! — Quel feu petit !

Mea tata me te kui. — (Il s’en alla) non loin de sa mère. To te Etua tekao : Maui o ! — Le Dieu dit : oh ! Maui,

A kukumi te ahi ana . — éteins ce feu aussi.

To Maui kukumi me te vai. — Maui l’éteignit dans l’eau.

To Maui heke — Maui retourna 1 te hae to Mahuike . —• à la demeure de Mahuike*

To te pakahio tekao : — La vieille dit :

Mea paopao ! — chose fatigante !

Te poiti makaka nei ! — l’enfant méchant celui-ci !

Te poiti tekao : L’enfant dit :

To au ua hati te vaevae . — de moi j’ai brisé les pieds.

To te pakahio tekao : i pehea ? La vieille dit : pourquoi ? Te poiti tekao : i hika . — L’enfant dit : en tombant.

Tuku te ahi mei tua. — Elle lui donna le feu du dos.

To Maui too. — Maui le prit.

Kukumi i te ahi . — Il éteignit le feu.

Tekao i te pakahio : — Il dit à la vieille :

Tuku mai ahi kef — donne-moi un feu autre,

Te ahi meitahi . ~~ un bon feu.

Te pakahio tuku — La vieille donna

Te ahi mei te pito. — le feu du nombril.

T o Maui kukurni i te ahi. — Maui éteignit le feu.

Pakahio meanui peke , — La vieille en grande colère,

Tekao : etue ! paopao. — Dit : assez ! je suis lasse.

Makuike , m/ce, haka hui. — Mahuike, confuse, se fit spectre.

To Maui tiohi. — Maui l’observa.

To Maui tekao : — Maui dit :

Atahi to oe peeina. — (J’en ai vu) un semblable comme cela.

To Maui too i te kea iti ; — Maui prit une pierre petite ;

Kokoti te upoko to Mahuike . — jl coupa la tête de Mahuike.

Hano te upoko , — Il saisit la tête,

Tuku me te kete . — la mit dans une corbeille.

To Maui kukumai — Maui pensait

Me te upoko to te pakahio , — (que c’était) la tète de la vieille,

Mate tua o te vainehae. — (la tête) morte coupée du fantome.

Tekao namunamu a enana. — Il parla inintelligiblement comme un insensé.

Kukumai te ahi — Il pensait le feu Haa enana. — devenu insensé.

Maui putamai i te hae — Maui arriva à la maison

To te kui me te motua. — de sa mère et de son père.

To te kui meanui te peke. — La mère dans une grande colère.

Tekao : tuana nui , — Elle dit : grande ainée,

Matua mai , — proche parente,

Etai nui tatou nei ! — grand soutien de nous tous !

Tote tama tekao : — L’enfant dit :

Epo , to au kai tu itepuaka. — Bientôt, je mangerai du cochon.

Aoe e ahi o te nunu — Il n’y avait pas de feu pour faire cuire

Ote mei , — les fruits à pain,

Me te puaka, — les cochons,

Me te ika. —les poissons.

Epo , tuu i te mei ; — Bientôt j’offrirai les fruits à pain ; Mei te tunu putamai — le fruit à pain cuit arrivera Me te hae,kai. — à la maison (pour) nourriture.

To te kui tekao : a hiki. — Sa mère dit : va-t-en.

To Maui hiki , kukamai — Maui s’en alla, pensant Me te paepae moe. — Au pavé (sur lequel il) dormira. .

Etahi po aoe kai. — Une nuit il ne mangea pas.

To oioi tika ta ha me te hita. — Le lendemain il alla en sueur. Patu i te ahi ; — Il fit du feu ;

Tuku me te fau ; — il le mit à Y hibiscus ;

Me te vevai ; — au cotonnier ;

Tuku me te keika ; — il le mit au jambosier ;

Me te aukea ; — à l’aukea (sorte de taro) ;

Meanui kaau. — à beaucoup d’arbres.

Uapau te kaau me te ahi. — Les arbres furent consumés par le feu.

Kukamai atu te upoko ; — Il pensa à le mettre à la tète ; Kukamai me te vai. — Il pensa (à le mettre) à l’eau.

Patu i te ahi ; — Il fit du feu Tuku me te vai ; — le mit à l’eau ;

Aoe ua. — (l’eau) ne brûla pas.

O Maui tekao i te kui : — Maui dit à sa mère ;

Aoe ua te ahi me te vai. — Le feu n’a pas pris à l’eau.

Too te upoko ; — Il prit la tète ;

Koahu i te ahi. — Il la jeta au feu.

Tuku i te ahi me te kea. — * Il mit le feu aux pierres.

To Maui meanui ninihi ; ~~ Maui s’efforça beaucoup ;

Aoe koaa. — il ne prit pas.

Te kahu aoe e ahi. — Le kahu ne (brûla) pas au feu.

Comment Maui sut que sa mère allait dans l’Havaiki. Maui faisait semblant de dormir ; il reposait auprès de sa mère, qui regardait l’enfant et pleurait sur lui.

Pour s’assurer qu’il dormait et qu’il ne l’espionnait pas,

elle l’appela : * Maui ! » L’enfant né répondit pas : il faisait semblant de dormir.

Soudain la femme dit à son mari : « Hélas ! voilà qu’il se réveille ; il m’a vue. * — « Non, dit le mari, il dort. »

Alors le mari dit à sa femme : « Viens, allons-nous-en. » .Le père et la mère arrivèrent au chemin qui était éloigné.

(Arrivés près de l’entrée qui conduit à l’Havaiki, ils virent quelque chose qui attira leur attention) (î) : le père crut voir un oiseau, le Patitio ; la mère crut voir le spectre de sa mère.

Pour éclaircir ses soupçons, le père demanda â la mère de sa femme : « Quelqu’étranger n’est-il pas venu ici ?» — « Non, » lui répondit-elle.

Alors le père cria : « Va-t en, oiseau, messager de mauvais augure. » — « Non, dit. la mère de la femme, viens, au contraire, oiseau blanc, oiseau bon à manger ; arrive, petit oiseau, oiseau arrière-neveu, oiseau ton aïeul. »

« Tais-toi î » lui dit sa fille ; et, de concert avec son mari, elle lança des pierres à l’oiseau.

Pierres du mari, pierres de la femme atteignirent l’enfant qui, alors, alla s’asseoir sur les pierres. (Maui fut aussitôt reconnu par ses parents.)

L’enfant fit semblant de pleurer ; il cria à son père : « Pourquoi me frappes-tu à coups de pierres, vieillard ? >> Son père répondit : « Je ne savais pas que ce fût toi. » « Vat-en ! » dit Maui. « Oh ! certainement, répondit le père, puisque tu nés qu’un oiseau. »

(Les parents dirent alors à la vieille) : « Nous allons là-bas tous les deux. » La vieille leva la natte pour les laisser passer.

Le mari et la femme suivirent les détours du chemin. La îemme, voyant qu’elle était chez elle, arracha une tige de canne à sucre et la mangea*

(Dès qu’ils furent à quelque distance,) Maui, pensant que son aïeule dormait à l’entrée du chemin, se rapprocha d'elle*

(1) Les phrases entre parenthèses complètent les lacunes ou les obscurités du texte.

Il songeait en route à couper la tête de la vieille si elle lui refusait le passage. Il était convaincu qu’il serait forcé de finir par là, et, pendant tout le chemin, cette idée le poursuivit opiniâtrement.

( Quand il fut près d’elle), il lui dit : « Où est ma mère ? » Son aïeule lui répondit : « Elle est allée dans l’intérieur. » Maui comprit qu’elle était descendue dans l’Havaïki, dans la terre de Mahuike.

(Maui voulut passer ; mais sa grand’mère s’y opposa. Il la pria, la supplia vainement ; il la menaça même. Rien ne pouvant la décider à le laisser passer, il lui coupa le cou.)

(Dans le même moment,) le père de Maui dit à sa femme : « On vient de tuer ta mère. » Le sang tombait sur la poitrine de la fille.

Maui laissa là son aïeule ; il pénétra dans l’Havaïki en suivant la route que sa mère avait prise. Il marcha très vite dans le chemin.

(Il atteignit bientôt ses parents. Dès qu’il fut près d’eux, sa mère lui cria : « Qu’as- tu fait ? tu as tué ma mère ! » — « Oui répondit Maui, elle ne voulait pas me laisser passer.)

(Alors sa mère lui dit :) « Maui, va voir s’il y a de l’eau. » Maui y alla. Il prit dans l’eau beaucoup d’animaux, vers, kakaa, insectes de mer, lézards, araignées ; et il songea à les enclore.

Sa mère lui répéta : a Apporte-moi de l’eau. » — « De l’eau ? » répondit Maui.

Sa mère fut fort surprise de sa réponse. Le père entra en grande colère contre Maui : « tu n’es, lui dit-il, qu’un enfant révoltant, un méchant, un mauvais drôle. »

« Est-ce que je sais où il y a de l’eau dans cette terre ? » dit Maui. « C’est juste, reprit sa mère ; il a raison. » Et elle ajouta :« Pauvre garçon ! »

Puis elle dit : « Il faut que nous allions chercher du feu : reste là, Maui. » Maui répondit : » Reste là toi-même ; je vais y aller. »

Son père lui ayant ordonné de rester avec sa mère, Maui lui dit : « Non ! C’est à toi et à ma mère de demeurer ; c’est à l’enfant d’aller chercher le feu.» — « Au moins,

répartit le père, ne tue pas la vieille.» — « Non, » dit Maui.

Maui se dirigea alors vers la maison de la vieille Mahuike. Quand il fut en sa présence, il lui dit : « Donne-moi du feu. » — « Est-ce que c’est pour toi ? » lui demanda la vieille ?» — « Non, répondit-t-il, c’est pour ta fille. » La vieille ajouta : « Pourquoi, en demandes-tu ? que veux-tu faire du feu ? » -- <i Je veux, dit-il, faire cuire les fruits de l’arbre à pain. »

La vieille lui dit alors : « Donne-moi le Keikaha. (1) » Maui le lui donna.

Alors la vieille prit le feu qui gît dans les doigts des pieds et le donna à Maui. « Qu’est-ce que c’est que ce feu ? » ditil. Cependant il l’accepta, et il s’en alla, pensant à l’éteindre en chemin.

Maui éteignit le feu ; il le jeta là ; puis, revenant à la maison de Mahuike : « O vieille, lui cria-t-il, où est le feu ? le mien est mort, parce que je suis tombé dans l’eau. »

De nouveau la vieille lui dit : « Donne-moi le Keïkaha, » ce que Maui s’empressa de faire.

Alors la vieille lui donna le feu qui gît dans le genou, en lui disant : « Allons, va-t-en, enfant.» — « Quel petit feu !» dit Maui ; mais il le prit et il s’en alla dans le chemin, à peu de distance de sa mère.

En route, un dieu l’appela et lui dit : œ Eteins aussi ce feu, Maui. » Maui l’éteignit aussitôt dans l’eau. »

Maui retourna à la maison de Mahuike. La vieille, en le voyant, s’écria : « Quel enfant fatigant ! quel méchant drôle ! » — « J’ai, lui dit-il, brisé mes pieds. » — « Comment cela ? » lui dit la vieille ? — « En tombant » répondit Maui.

Elle lui donna alors le feu du dos ; Maui le prit et l’éteignit comme les premiers.

De retour à la maison, il dit à la vieille : « Donne-moi un autre feu, un bon feu. » La vieille lui donna le feu du nombril. Mais Maui l’éteignit encore.

La vieille entra en grande colère : « C’est assez ! lui ditelle, je suis lasse. » Et, furieuse elle se changea en spec-

(1) On nomme Keikaha les filaments du brou de coco séchés.

tre. Maui l’observait et disait : « J’ai déjà vu quelque chose de pareil. « Alors Maui prit une petite pierre et coupa la tête de Mah'uike.

Prenant cette tète» il la mit dans une corbeille, convaincu que c’était la tête coupée du fantôme. Puis il se mit à parler d’une manière inintelligible, comme un homme insensé.

(Alors, regardant de tous côtés, il vit qu’il y avait partout du feu et de la fumée). 11 pensa que ce feu était fait pour l’homme. (Il en fit aussitôt provision» et il remonta sur la terre.)

Maui arriva à la maison de sa mère et de son père. Sa mère était dans une grande colère. Comprenant que Mahuike était morte, elle s’écria : « Oh ! ma grande aînée» ma plus proche parente, notre soutien à tous ! »

L’enfant dit : « Bientôt je mangerai du cochon cuit. Ah ! il n’y avait pas de feu pour faire cuire les fruits à pain» les cochons et les poissons! bientôt je donnerai des fruits à pain, et je les mangerai cuits à la maison. »

Sa mère lui cria : « Va-t-en ! » Maui s’en alla» en pensant qu’il dormirait avec plaisir.

Ici peut s’arrêter cette légende, si incomplète malgré sa longueur. Pourtant nous croyons devoir rapporter quelques phrases, encore plus incomplètes et plus obscures» que Putona nous a dictées en la terminant.

Une nuit, Maui ne mangea pas. Le lendemain» il fit du feu, et il s’en alla, tout en sueur, le mettre à Yhibiscus, au cotonnier» an jambosier, à Yaukea et à beaucoup d’arbres. Le feu consuma les arbres.

L’idée lui vint alors de le mettre à la tète et à l’eau. Il fit du feu ; il le mit à cette dernière ; mais le feu ne prit pas. Il vint trouver sa mère et lui dit ; « L’eau n’a pas voulu s’enflammer. »

Il prit la tête, il la jeta au feu. Il mit le feu aux os ; il es* saya de le mettre aux pierres. Mais il eut beau faire ; il eut beau se fatiguer; le feu ne prit pas. Enfin, parmi les arbres, le kaku non plus ne voulut pas brûler.

MüMU (l) IMPROVISÉ PAR LA FILLE DU GRAND-PRETRE VeKETU ET CHANTÉ PAR SON FRERE le 1er mai 1844.

Henua oa to Taua , henua Hakapehi . — E Maï vave Taua. — E.

E puhi ketu ; e uvahi , eva maï. — E Mahana maua me tuu vahana , Taua tapu. — E Henua oa to Taua henua Nuhu-Hiva. — E Maï vave Taua e ani nui. — E TJa mahana na maï. — E

Mahana , maua me tuu vahana e ani nui. — E Uhe tau vahana , o aninui, e aninui hoï. — E

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