CHANTS TAHITIENS
Eiaha to tere te maoro,
Ne t’en vas pas au loin,
Üa fatata roa, hoa , tel iau . E hu ro tie ! (2
Car je serai bientôt morte
la polie ae au,
Quand je serai morte,
Tii mai to tapea iti. E hu ro tie !
Tu viendras prendre ma bagne.
Va maitai oe tai hoa ;
Sois contente ;
Tena te Tane tei haerena. E hu ro tie !
Yoici venir l’homme qui t’aime.
I haere noa vau i tou haerea.
Je me promenais quand j’ai entendu
To reo tel hape o tel tuo mai. Ehu ro tie !
Ta voix trompeuse.
E moua teïteï Orohena
De même que l’Orohena est la montagne la plus élevée
(1) Expression figurée.
(2) Exclamation de joie.
Pômare vahiné te arii , o Tahiti.
De même Pômare est la reine de Tahiti.
Ehu ro tie !
J tiai noa vau ia oe no vateïrie Je t’ai attendu si longtemps TJa taha te mahana ,
Ehu ro tie !
Que le soleil était couché.
E ere hoï oe te taata maitaï
Navenave tou to ta tui na.
Mai rahi haavarevare to oe ,
Na te nre rapaau e.
Eu nei oe Polie ite valiine ,
Te tirahanei Reto , Tane farani.
E vahiné rurau , e valiine operau,
Rari rarau ue , navenave na iti hio.
Nous nous sommes borné à donner la traduction de quelques strophes et nous avons cité les autres sans les traduire, parce qu’elles ne sont pas traduisibles en français. Toutes prouvent que si les Tahitiens, avant d’avoir perdu le souvenir de leur origine, chantaient la guerre et le carnage, ils ne paraissent plus chanter aujourd’hui que le plaisir et l’amour. Ces strophes sont toutes très goûtées des Tahitiens modernes, qui ne sont pas moins bons improvisateurs que l’étaient leurs pères et que le sont, peut-on dire, tous les Polynésiens,