DAYA
FIJIEN.
BASAKRAMA.
Soleil
matandao ; matasu
ra ; la.
siga.
suria.
Lune ....
bulan ; bolan.
marama.
vula.
sasi.
Terre . . . .
benua ; benoa.
henua;fenua;\vhenua
vanua .
bantala.
Eau
danum ; danom.
waï ; vaï.
wai.
toya.
Feu
aP°y ; apy.
ahi.
bukawaka.
latu ; brama.
Père
spang.
matua. ; metuatane
tama.
rama.
Mère
indu; âmaï.
matua; metuavahine
tina.
ibu.
Œil
mata .
mata .
mata.
mari pat.
Tête
takuluk ; ulu.
upoo : upoko.
ulu.
sira ; mastaka.
Ne%
iggher.
ihu.
ueu.
eu ; grana.
Langue . .
lila.
ielo ; rero ; orero.
yame.
lidah.
Dent ....
kasunga ; isie.
niho ; nifo.
bâti .
waja.
Main
tangan ; te sa.
nirna; rima; ringa
liga.
asta. !
Pied
kakk.
vae ; vaevae.
lava.
sukit.
(1) Tableau polyglotte , Atlas.
(2) V. Grammaire de la langue Daya par von Gabelentz. — Leipsig, 1852.
(8) Voy, dans l’Atlas de Balbi, le Tableau polyglotte des langues océaniennes : langues bornéennes.
Ainsi, sur 14 mots, trois ou quatre sont évidemment polynésiens ; les autres sont tout-à-fait malais ; aucun ne se rapproche du Basa-Rrama. Il n’est donc pas parfaitement exact de dire que les Dayaks parlent, aujourd’hui encore, un dialecte polynésien ; mais il n’est pas douteux qu autrefois leur languie ait eu une origine commune avec le Polynésien, tant leurs autres caractères se rapprochent de ceux des véritables Polynésiens. Nous avons déjà montré comment les mots polynésiens que l’on trouve encore dans le lang*ag,e actuel des Dayaks y ont été bien probablement apportés par des colonies polynésiennes venant s’établir à Bornéo, de même que dans la plupart des autres îles de l’Archipel. Aujourd’hui, il est vrai, les Dayaks ne parlent plus qu’une languie plus voisine en apparence des dialectes malais ; mais ils ont conservé, pour ainsi dire, tous les caractères des Polynésiens, ainsi que Leyden, Crawfurd, R. P. Lesson, etc., l’avaient déjà fait remarquer avantM. Earl.
Dans la deuxième citation faite par M. de Quatrefag'es de l’auteur anglais, celui-ci dit que certaines populations de Timor sont « évidemment une race polynésienne pure, ressemblant extrêmement à la race brune des îles de la mer du Sud par les caractères physiques. » Il est certain cependant qu’elles aussi diffèrent aujourd’hui des Polynésiens par les coutumes et par l’ensemble du langage. Les caractères extérieurs de ces populations se rapprochent beaucoup, il est „ vrai, de ceux des Polynésiens, puisqu’ils sont les caractères qu’on donne aux Dayaks et surtout aux Battaks ; mais on a déjà vu, qu’à part quelques coutumes communes aux Timoriens et aux Polynésiens, telles que le massage, l’échange du nom, le salut par l’attouchement du nez, etc., toutes les autres sont différentes et appartiennent spécialement à la race noire ou mélanésienne. L’assertion de M. de Quatrefag-es, que « les idiomes timoriens tiennent de plus près aux. Polynésiens », n’est elle-même pas plus exacte que la ressemblance trouvée dans les coutumes, car tout semble indiquer, au contraire, qu’ils tiennent de plus près à la languie des populations noires premières occupantes de cette île, qu’à celle des populations conquérantes qui
l’occupent encore : Macassarais, Bouguis, Malais, etc.
Cette dernière assertion d’ailleurs, n’a pas été aussi complètement confirmée par M. Gaussin que le dit M. de Quatrefages, puisque cet écrivain s’est contenté d’écrire (1; : «x Nous pouvons ajouter que nous avons été frappé de la ressemblance plus grande du Polynésien avec les langages des environs de Timor, qu’avec le Malai et le Tagal. Quelques-uns des points portent sur des mots qui, en Polynésien, sont composés de deux racines. Mais l’imperfection des vocabulaires que nous avons pu nous procurer nous interdit d’être plus explicite à cet égard. »
Que l’on compare, en effet, les mots des vocabulaires plus ou moins exacts que l’on possède sur les langues de Timor, aux mêmes mots des vocabulaires malai et polynésien, et l’on verra, ainsi que nous l’avons dit, que c’est aux mots malais qu’ils ressemblent le plus, et que, excepté par les mots polynésiens communs à presque tous, sinon à tous les dialectes ou toutes les langues de la Malaisie, ils diffèrent presque complètement des langues de Java, de Mindanao, de Sumbava, etc.
En d’autres termes, on trouve, dans les vocabulaires timoriens, moins de mots polynésiens que de mots propres à la plupart des idiomes des autres îles de la Malaisie.
Malheureusement, il faut bien le dire, rien n’est moins connu que les différentes langues parlées dans l’île de Timor, quoique les Portugais aient découvert cette île en 1522, que les Hollandais s’y soient établi en 1616, après avoir pris Solor, et que l’île ait été souvent visitée par les expéditions scientifiques de l’Europe. Si les mots malais paraissent être plus nombreux dans le peu que l’on sait des langues timoriennes, cela ne tient peut-être qu’à ce que les collecteurs de mots n’ont, pendant leurs relâches dans les ports de cette île, interrogé le plus souvent que des Malais ou métis de malais. A part les quelques mots polynésiens communs à toutes les langues de la Malaisie, il n’y a vraiment aucun rapport entre le langage timorien connu et
(]) Ouvr. cité, p. 279.
celui des îles Sumbava, Mindanao, Guébé, Ombay, Philippines, Savu, etc. ; de même que le Timorien s'éloigne généralement du Basa-Krama, quoiqu’on ait avancé le contraire.
Pour nous, ce qui ne paraît pas avoir été remarqué jusqu’à présent, le lang-age foncier de Timor ne pouvait être que celui parlé par les peuplades noires premières occupantes de cette île, et ce langage, probablement, est encore parlé par celles qui ont survécu et qui se sont réfugiées dans l’intérieur du pays. Nous avons démontré ailleurs que ce langage, en apparence du moins, était celui de la race noire Papua (1).
Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons écrit à ce sujet : Nous nous bornerons à rappeler que les mots timoriens cités par de Freycinet, dans ses savantes recherches sur Timor et ses habitants , ne sont ni Bouguis, ni Macassarais, ni Alfourous, ni Javanais, ni même Malais ; qu’ils ne ressemblent pas non plus au Polynésien, mais que beaucoup d’entre eux se retrouvent dans la langue des îles Fiji ; et que, à 'priori, nous en avons inféré que la population primitive de Timor et celle des Fiji avaient eu une origine commune. Voici les conclusions auxquelles nous ont conduit dès lors le rapprochement et la ressemblance si complète des mots que nous venions de citer (2) :
« 1° La plus grande analogie semble exister entre le langage actuel des Fijiens purs et celui que parlait la population timorienne qui la première a dénommé les localités, villes, etc., de Timor ;
« 2° Par suite, puisque les Fijiens purs ne sont que des Papua, cette population n’était bien probablement ellemême que papua, c’est-à-dire que l’une et l’autre peut-être avaient eu une même origine ;
« 3° Ce sont, dès lors, des noirs de la race papua qui auraient été les premiers occupants de Timor, ou, tout au moins, ceux qui, après avoir chassé, exterminé, ou absorbé
f (G F- A. Lesson, les Races noires de Timor , Revue d'anthropologie, 1877, p. 256.
(2) Loc. cit p. 263.
les Négritos, auraient remplacé les appellations de ceux-ci par les leurs. »
Il n’est donc pas exact de dire, avec M. Earl, que la population de Timor est foncièrement polynésienne : tout établit, au contraire, qu’excepté les caractères physiques, qui sont ceux des Bouguis et des Battaks, et qui se rapprochent par conséquent des caractères polynésiens, tous les autres, c’est-à-dire les coutumes et surtout le langage, les différencient aujourd’hui de la race polynésienne. Dès lors, on ne saurait conclure que ces caractères prouvent, tous à la fois, la réalité des rapports ethnologiques des Timoriens et des vrais Polynésiens. Néanmoins les caractères extérieurs suffisent à montrer que, après les races noires premières occupantes de l’ile, ceux qui se transportèrent les premiers à Timor, et probablement en grand nombre, étaient des Malaisiens, c’est-à-dire des Battaks, Dayaks, Bouguis, Alfourous, que nous avons vus être les descendants directs des purs Polynésiens, se transportant à une époque reculée dans les îles de la Malaisie fl). En somme, pour nous, les Timoriens ne seraient donc géné* râlement aujourd’hui que des descendants de Malaisiens et de races noires, plus ou moins croisés avec les races diverses qui se sont successivement établies depuis longtemps dans Tîle de Timor.
Il nous resterait à dire quelques mots sur le troisième passage de M. Earl, cité par M. de Quatrefages. Mais ce passage a par lui-même assez peu d’importance, puisqu’il ne fait que constater ce fait bien connu, que les montagnards ont le teint plus clair que les habitants des plaines. C’est ce qui a lieu partout et c’est ce qui est surtout sensible en Polynésie, où les habitants des îles basses, des îles Paumotu, par exemple, sont si bruns, comparés aux habitants des îles hautes.
(1) Les Timoriens donnent le nom de fatu , à des rochers isolés, de formes particulières et bizarres, derrière lesquels ils se retirent en temps de guerre, et sur quelques-uns desquels ils habitent même, à cause de leur peu d’accessibilité. Or ce mot, à Tahiti, est donné à la plus grosse pierre d’un four, et il signifie en outre seigneur, maître, etc.; aux Marquises, il signifie mamelle.
Mais l’assertion de M. Earl n’est peut-être pas tout-à-fait exacte, quand il ajoute que les Dayaks de la plaine ressemblent aux Malais et auxBouguis par leur aspect physique.
En effet, si les Dayaks de la plaine ressemblent, comme il le dit, aux Malais, ils ne sauraient ressembler aux Bouguis qui, au contraire, ont véritablement quelque ressemblance avec les purs Polynésiens. Ici il faut opter : ou les Dayaks ressemblent aux uns, ou ils ressemblent aux autres. Pour nous qui avons vu les Bouguis, aussi bien que les Malais proprement dits, nous pouvons assurer que les premiers ne ressemblent pas aux seconds. Il est bien probable, du reste, que M. Earl n’a voulu parler que de la couleur. D’un autre côté, quand il ajoute que les habitants dé l’intérieur de Bornéo ont une ressemblance frappante avec les tribus montagnardes de Ménado et de Célèbes, il ne fait que répéter, avec raison, qu’ils ressemblent aux Touradjas qui, de même que les Alfourous des antres îles, ont un certain cachet polynésien. Ayant vu ces derniers, en même temps que Dumont d’Urville, nous avons trouvé nous-même que les habitants de l’intérieur de Menado (1), dans l’île de Célèbes, ont Fapparence des Polynésiens et que leur couleur est même plus claire. Nous avons déjà longuement traité ce sujet en parlant des Malaisiens : il est inutile d’y revenir
M. de Quatrefages admet que la formation de la race polynésienne n’est pas seulement due aux actions du milieu, mais que le métissage a joué, à une certaine époque, un rôle considérable dans sa caractérisation. « Les insulaires de la mer du Sud, dit-il, ne descendent pas d’une source unique ; ils sont le produit du mélange de populations primitivement différentes. La race polynésienne n’est pas seulement une race mixte, c’est en outre une race métisse. »
Nous espérons pouvoir convaincre, par tout ce que nous avons dit et par tout ce que nous dirons encore dans le
(1) Menado est une baie et un district occupé par un résident hollandais, sur la côte ouest de Célèbes. L Astrolabe s’y trouvait en
cours de notre travail, que la race polynésienne n’est pas une race métisse, mais qu’elle forme une race particulière, bien distincte des autres, et qu’elle ne s’est croisée, en Polynésie, avec une race différente, que dans un très-petit nombre d’îles et de points, bien connus aujourd’hui. Nous dirons seulement, à cette occasion, que Moërenhoiit, qui avait résidé si longtemps en Océanie, ne croyait pas au mélange de cette race. Voici ses paroles : (1) « Il n’y a presque pas un navigateur, un voyageur ou un auteur parlant de la Polynésie, qui ne fasse mention du mélange des races ou des castes ; et moi, après six années de voyages dans un grand nombre d’îles, et d’observations des plus consciencieuses, je n’ai rien trouvé qui vînt à l’appui de cette opinion ; je n’y ai jamais vu un seul individu à cheveux crépus. Si le teint des uns est plus foncé que celui des autres, cette différence n’est jamais plus sensible que celle que nous remarquons chez nous dans nos familles ; etc. »
D’Urville lui-même, partisan du métissage des Polynésiens, disait, en parlant des habitants des îles Tunga (2) : « A Tonga la race polynésienne m’a semblé offrir moins de mélange avec la race noire océanienne ou mélanésienne qu’à Tahiti ou à la Nouvelle-Zélande. On y trouve, beaucoup moins que partout ailleurs, de ces individus à taille rabougrie, à nez épaté, cheveux crépus ou frisés et peau d’un brun très foncé. Ce fait est d’autant plus remarquable que les îles Tonga sont immédiatement suivies à l’Ouest par les îles Viti, qui sont demeurées au pouvoir de la race noire. » Et cependant c’est là, entre les Tunga occidentales et les îles Fiji les plus orientales, qu’existent, ainsi que nous le ferons voir, de véritables métis bien distincts des populations polynésiennes qui peuplent les Tunga, et des populations mélanésiennes qui occupent les Fiji.
Du reste, en citant ce passage de d’Urville, nous avons surtout voulu montrer une chose, c’est que le savant marin ne voyait qu’une race sans mélange dans les îles Tunga.
(1) Ouvr. cité, t. II, p. 247.
(2) Voyage de l'Astrolabe , t. 1Y, lrc partie, p. 229.
Plus tard, on comprendra l’importance de son observation ; mais nous dirons, dès à présent, que s’il n’a pas reconnu dans ces îles une race métisse, c’est qu’elle n’existe, en effet, que dans quelques-unes des Fiji les plus orientales.
Il résulte de l’examen que nous venons de faire de l’ouvrage de M. de Quatrefages, que le savant français a trouvé à tort de nombreux et intimes rapports entre les Polynésiens et les Malais : ces deux races, en effet, à part quelques ressemblances grammaticales dont nous avons donné l’explication ailleurs, sont séparées à la fois par les mœurs, les usages, les croyances religieuses, et surtout, ce qui est plus fondamental, par l’ensemble de la langue, les caractères physiques et particulièrement les caractères crâniens. Quant aux rapports trouvés entre les Polynésiens et les Malaisiens, ces rapports, nous le savons, sont réels, et plus grands même qu’on ne l’avait cru jusqu’alors ; mais ils prouvent plutôt le contraire de ce qu’on en avait conclu.
Si la race polynésienne peut être appelée race mixte par ceux qui admettent l’existence de trois types fondamentaux dans l’humanité, elle n’est certainement pas une race métisse, c’est-à-dire formée par le croisement de populations différentes. Les caractères qu’elle possède lui sont tout-à-fait propres et ils n’existent nulle part aussi complets qu’en Polynésie et à la Nouvelle-Zélande.
Il est inutile de rappeler ici que M. de Quatrefages est partisan des migrations de l’Ouest vers l’Est, et qu’il groupe dans son livre, avec son talent ordinaire, tous les témoignages qui démontrent que des émigrants de la Malaisie auraient certainement pu se rendre en Polynésie, malgré les difficultés matérielles admises par beaucoup d’ethnologues. 11 insiste particulièrement sur l’existence, à certaines époques de l’année, de vents contraires aux vents alisés, ce qui, avons-nous déjà dit, a été démontré d’abord par La Pérouse, et ensuite par Beechey, Dillon, J. Williams, de Bovis et autres, avant que le commodore Maury et M. de Kerhallet n’eussent cherché à le faire.
Nous ne croyons pas qu’il soit aussi facile que le dit M. de Quatrefages de franchir l’espace considérable qui sépa-
re les îles asiatiques de la Polynésie ; mais nous partageons néanmoins son opinion sur la possibilité des migrations de l’Ouest vers l’Est : c’est du reste celle qu’admettent aujourd’hui presque tous les ethnologues.
Naturellement tel n’est pas l’avis de M. J. Garnier, dont nous avons exposé les idées dans le précédent chapitre. En admettant l’origine américaine des Polynésiens, il ne pouvait que combattre les arguments de tous les partisans d’une provenance occidentale ou malaise, et particulièrement M. de Quatrefages qui avait écrit : « Je ne crois pas que cette opinion (origine américaine) compte aucun adhérent dont le nom ait quelque valeur dans la science. (1) » M. Garnier, prenant à partie le savant professeur du Muséum, s’écrie (2) : « Il eût peut-être été plus vrai de dire que peu de savants ont été à même d’étudier sérieusement la question, qui est précisément de celles qui exigent que l’on voie les choses par soi-même, et non point d’après des rapports. Quelques hommes de science sont cependant de mon avis, le Révérend Ellis lui-même, un missionnaire anglican ! Quant aux marins qui ont pratiqué l’Océanie, il en serait à peine un sur un mille qui voudrait faire venir les Polynésiens de l’Asie ; et, à cet égard, nous avons le témoignage énergique et expérimenté de M. Lafond de Lurcy. Quant aux hommes de mer qui ont écrit sur la question, ils ont tourné plus ou moins habilement la difficulté. M. Moërenhoüt fait des Polynésiens des autochthones ; Dumont d’Urville, ressuscitant une hypothèse tombée devant l’examen delà géologie, en fait les restes d’un peuple vivant sur les débris d’un ancien continent.
« M. de Quatrefages a aussi parfaitement saisi la difficulté qu’opposent à sa thèse les vents et les courants, car il cherche, par un grand nombre de faits, à démontrer : en premier lieu, que les Polynésiens peuvent accomplir de longues traversées en mer, au moyen de leurs pirogues ; et en second lieu, qu’un grand nombre de fois les migrations
. (1) Les Polynésiens , p. 81.
(2) Les Migrations polynésiennes , p. 40,
connues ont eu lieu de l’Ouest à l’Est. A l’égard de ces dernières, je remarquerai, dès à présent, qu’elles sont presque toujours plus ou moins obliques aux méridiens, et ensuite qu’elles ne sont que des exceptions à la grande règle, bien connue, que les pirogues égarées finissent toujours par échouer sur un rivage à l’Ouest du point de départ. Moërenhoüt ajoutet-il, et Ellis sont catégoriques à cet égard (1). »
En outre, M. Garnier réfute vigoureusement, et avec succès, croyons-nous, l’appui que M. de Quatrefages trouve, pour sa thèse, dans la présence de la zone des calmes et des vents variables ; dans le courant équatorial que, contrairement à Moërenhoüt et à Maury, M. de Kerhallet dit aller de l’Ouest à l’Est (2), et dans les coups de vent et les tempêtes. Enfin, il termine en disant : « Ainsi est vérifiée notre pensée qu’un courant polynésien intertropical, et de l’Est à l’Ouest, existe depuis la plus haute antiquité. »
Les raisons données par M. Garnier n’ont pas, à notre avis, toute la valeur qu’il leur accorde ; s’il n’y avait qu’elles contre la provenance asiatique des Polynésiens, l’hypothèse de M. de Quatrefages ne serait guère ébranlée. Il est bien certain d’abord que si Ellis est un homme de savoir, ce n’est pourtant pas un savant dans toute l’acception du mot, pas plus que ne l’était Zuniga, qui, on l’a vu, passe même pour n’avoir pas fait le livre qui porte son nom. D’un autre côté, à qui fera-t-on croire que la question n’a pas été étudiée sérieusement avant nous, non pas il est vrai avec les moyens possédés aujourd’hui, mais avec cette raison philosophique qui caractérisait si bien les Forster, les Moërenhoüt, et qui semble devenir chaque jour plus rare ? Evidemment, il faut bien qu’on se contente des rapports et des études des autres, puisqu’il est si peu donné aux observateurs de voir et de comparer successivement un grand nombre de peuples ; c’est ce que nous faisons nous-xnême
(1) Müërenhoüt, Voyages aux îles du Grand-Océan , t. II, p. 231.
(2) Voyez à ce sujet, Fitz-Gérald, Etude sur les courants océaniques, dans le Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux , décembre 1878, janvier et février 1879.
et c’est d’ailleurs ainsi que la science a été faite, surtout par les hommes de cabinet.
Il n’est pas moins certain, comme on a pu voir, que, à part quelques écrivains, et particulièrement Moërenhoüt, contrairement à ce que dit M. Garnier, presque tous les marins et ceux qui ont observé et écrit, ont fait venir les Polynésiens de l’Asie. M. Lafond de Lurcy ne serait donc luimême qu’une exception, à laquelle on peut ajouter quelques autres voyageurs, tels que d'Urville, Moërenhoüt, et nousmème.
D’autre part, si M. Garnier trouve que les hommes de mer ou les observateurs ont tourné plus ou moins habilement la difficulté, c’est qu’elle n’est pas mince, comme le savent tous ceux qui s’occupent d’un pareil sujet ; mais il n’est pas moins vrai qu’ils se sont appuyés sur les faits véritablement les plus sérieux : d’abord la différence des caractères physiques ; puis celle des caractères linguistiques, des mœurs, coutumes, usag-es, croyances religieuses, etc. Ce sont ces faits qui les ont portés à soutenir : Moërenhoüt, que les Polynésiens ne sont ni des Malais ni des Américains ; Lesson, d’Urville et autres, qu’ils ne sont pas des Malais. Car si d’Urville s’est laissé entraîner plus tard par les idées de R. Forster, il n’était pas moins partisan de l’origine asiatique, puisque, d’après Forster, ce continent avait été peuplé par l’Asie. Pareillement, si M. de Quatrefages a cherché à montrer que les vents et les courants n’étaient point un obstacle à des migrations d’Ouest en Est, le savant naturaliste appuyait son opinion sur des faits incontestables, faits que nous croyons avoir étayés nous-même d’un certain nombre de raisons, mais sans adopter pour cela sa conclusion.
Il est bien certain, comme nous le montrerons plus tard, que les faits d’entraînements, que M. Garnier prend, à tort, pour des faits de migrations, sont plus nombreux vers l’Ouest que vers l’Est, parce que les vents alisés ont une plus grande durée que les autres vents et qu’ils soufflent fréquemment avec intensité ; mais néanmoins, qu’ils soient obliques ou non aux méridiens, on en connaît un bon nombre qui
se sont opérés de l’Onest vers l’Est, et pour ainsi dire dans toutes les directions. C’est une preuve que la grande règ’le déduite par M. Garnier n’est peut-être pas aussi fondée qu’il le dit, d’après Ellis et Moërenhoüt. Ces écrivains, en effet, citent eux-mêmes, sans le vouloir peutêtre, des faits qui prouvent le contraire, ainsi que nous le ferons voir lorsque nous étudierons la question des migrations en général. O11 verra alors que c’était avec les vents d’Ouest qu’on se portait autrefois, comme aujourd’hui, vers les îles plus orientales, et vice versa avec des vents d’Est, de ces îles vers celles de l’Ouest ; de même qu'on profitait des vents de Sud et de Nord-Ouest pour s’avancer vers le Nord et le Nord-Est, etc. Bien que M. Garnier dise que les vents d’Ouest n’ont pas de durée et qu’il n’existe absolument pas de mousson en Polynésie, parce que les îles sont trop petites et trop espacées, nous croyons que le tableau qu’il cite, de 149 observations de vents faites, en 1866, à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, n’est pas suffisant pour détruire les faits nombreux attestant tous, sinon la durée, du moins l’existence, 'à certaines époques de l’année, des vents d’Ouest ou plutôt de Nord-Ouest à Sud-Ouest.
Déjà on a vu que J. Williams, le missionnaire si autorisé, dit que, tous les deux mois, il y a, pendant quelques jours, des vents frais de l’Ouest, et qu’il arrive en février ce que les indigènes appellent les Jumeaux de l’Ouest, c’est-à-dire un vent d’Ouest qui souffle pendant plusieurs jours de suite. « J’ai souvent vu, ajoute-t-il, qu’il continuait pendant huit à dix jours, et, une fois, je l’ai vu durer pendant plus de quinze. » Nous avons montré qu’avant lui, La Pérouse avait avancé que les vents de l’Ouest sont au moins aussi fréquents que ceux de l’Est, aux environs de l’Equateur, dans une zone de sept à huit degrés au Nord et au Sud, et ils sont si variables, disait-il, qu’il n’est gmère plus difficile de navig-uer vers l’Est que vers l’Ouest. C’était l’avis de Dillon, le capitaine qui connaissait peut-être le mieux l’Océanie, tant il y avait voyag'é long-temps ; il disait même qu’il existe dans les régionsdu Grand-Océan, situées entrel’Equaeur et le parallèle de 12° Sud, une mousson du Nord-Ouest
et de l’Ouest. Enfin, pour ne citer que les hommes les plus compétents, on a vu que l’officier de marine, M. de Bovis, l’auteur des Recherches sur la Société Tahitienne , dit qu’une connaissance plus exacte de ces mers a appris qu’à une certaine époque de l’année, les vents d’Ouest y régnent transitoirement par séries qui vont de trois à quinze jours, et que c’est surtout le vent d’Ouest, appelé Arueroa , qui sert aux naturels de la partie sous le vent des archipels, à ceux de Raiatea par exemple, pour remonter au vent, c’est-à-dire à Tahiti.
Nous croyons en avoir dit assez à ce sujet pour convaincre, du moins, que les vents d’Ouest ne sont pas si rares en Polynésie qu’on paraît le croire, et nous en fournirons plus tard bien d’autres témoignages. Nous n’ajouterons plus qu’un mot, c’est qu’à part le tableau, pour ainsi exceptionnel, qu’a donné M. Garnier, les arguments dont il se sert ne sont guère que ceux de Moërenhoüt qui, voulant peupler la Malaisie par les Polynésiens, avait besoin de diminuer les difficultés du voyage dans ce sens, en augmentant, au contraire, celles des voyages malais dans le sens opposé. Nous l’avons dit, il rapporte lui-même plusieurs cas qui attestent que les vents d’Ouest sont assez fréquents en Polynésie, et que c’est avec eux qu’on partait des îles sous le vent pour aller aux îles du vent, c’est-à-dire aux îles les plus orientales.
Nous aurons nécessairement à revenir sur cette question quand nous nous occuperons des migrations : nous ne nous y arrêterons donc pas plus longuement ici ; nous nous contenterons de répéter encore une fois que, s’il n’y avait eu que les obstacles généralement admis, les Polynésiens auraient certainement pu provenir de la Malaisie : s’ils ne l’ont pas fait, cela tient aux raisons que tout notre ouvrage a pour but de démonrer.
Le travail de M. de Quatrefages, publié d’abord en 1864, dans la Revue des Deux-Mondes, puis, à la fin de 1866, (1) en un volume considérablement augmenté, est un livre du
(1) Académie des sciences , séance du 12 novembre 1866.
plus haut intérêt scientifique. On est frappé, en le lisant, de l’immense savoir qu’il a fallu pour réunir tant de sources d’époques et d’origines différentes, et de l’habileté qui a été nécessaire pour combiner ces sources et les mettre en œuvre. Mais, à notre avis, il lui a manqué une chose des plus importantes, la critique qui discute et épure les témoignages invoqués. C’est, sans nul doute, à l’absence de cette critique que sont dues les quelques erreurs que nous aurons à signaler et qui, le plus souvent, sont le résultat de faits mal interprétés ou mal rapportés, parfois inexacts, ou tout au moins incomplets.
Nous ajouterons ici que ce fut le premier travail publié par M. de Quatrefages dans la Revue des Deux-Mondes , qui nous donna l’idée d’adresser à la Société d' Anthropologie de Paris deux mémoires sur le même sujet. M. Gaussin en fut nommé rapporteur le 7 décembre 1865, mais son rapport ne fut lu que le 18 juillet 1867. Ce fut dans l’intervalle, c’est-à-dire un an après la réception de nos mémoires, que M. de Quatrefages fît paraître son édition in-4° revue, corrigée et augmentée. L’auteur, on le voit, a eu connaissance de ces mémoires : dans deux ou trois passages (1), il fait allusion à l’opinion que nous soutenions, et qui, jusque-là, n’avait été soutenue par personne, c’est-à-dire à l’origine Maori des Polynésiens. Sans doute M. Gaussin lui en avait fait part dans l’une de ces visites que M. de Quatrefages signale dans le cours de son livre (2) .
Résumé des opinions des auteurs cités. — Telles sont donc les diverses opinions émises touchant la provenance asiatique ou seulement malaisienne des Polynésiens. Nous les résumerons en disant :
1° Que presque tous les écrivains admettent le peuplement de la Polynésie par deux grandes races bien distinctes : la race noire ou mélanésienne, et celle qu’ils appellent, j tantôt race tannée, tantôt race malaie, javanaise ou daya.
(1) Voyez notamment p. 133, 188, etc.
(2) Voy. p. 110.
Parmi eux sont surtout à citer Bougainville, Cook, Forster, La Pérouse, d’Urville, John Williams, Thompson, etc. ;
2° Que tous, après R. Forster, qui l’a le premier avancé, regardent la race noire comme la première occupante des îles polynésiennes : ce qui a permis à La Pérouse d’abord, puis à plusieurs autres, et plus récemment à M. de Quatrefages, de considérer les Polynésiens comme des métis des peuples conquis et des peuples conquérants qui étaient, avons-nous dit, pour les uns des Malais, pour d’autres des Javans et pour d’autres encore des Malaisiens, c’est-à-dire des Dayaks, Battaks, Bouguis ou Alfourous ;
3° Que la plupart, en s’appuyant à la fois sur les caractères physiques, les caractères linguistiques, les usages, etc., font descendre les Polynésiens des Malais : tels sont Bougainville, Court de Gebelin, Cook, Banks, Anderson, Forster, La Pérouse, Marsden, Claret de Fleurieu, de Chamisso, J. Williams, Dieffenbach, H. Haie, Gaussin, Thompson ;
4° Que d’autres, au contraire, tels que Crawfurd, Balbi, Maltebrun (1), soutiennent que c’est plutôt aux Javanais qu’il faut attribuer l’origine des Polynésiens ;
5° Que quelques-uns, tels que R. P. Lesson, d’Urville, Mertens, nient, en s’appuyant sur les mêmes caractères, que les Polynésiens aient pu provenir, soit des Malais, soit des Javanais, tant ces caractères sont différents ;
6° Que quelques-uns encore, tels que R. P. Lesson, Lütke, Mertens, Taylor (2), font descendre les Polynésiens des Hindous, tandis que d’Urville soutient qu’ils ne sont pas plus des Hindous que des Malais, et qu’ils pourraient plutôt être les descendants des indigènes de Célèbes, qui descendent eux-mêmes des Dayaks. C’est ce qui avait déjà
(1) Maltebrun dit en propres termes que Java doit être la mère patrie des Malais et des Polynésiens.
(2) Taylor, qui ne trouvait aucune ressemblance entre les Malais et les Polynésiens, ne voyait dans ces derniers que des Hindous ou des Juifs.
porté R. P. Lesson à émettre lui-même quelque doute quant à sa croyance en une origine hindoue, et à finir par les supposer d’origine japonaise ;
7° Que de Rienzi, sans hésiter, fait venir les Polynésiens des Dayaks de Bornéo, de même qu’il fait sortir des diverses autres races de cette île toutes les populations de la Malaisie et de la Polynésie. Cette opinion paraît être celle de M. de Quatrefages pour les Polynésiens, mais, comme toutes les précédentes, elle est l’opposée de celle que soutient Moërenhoüt, quand il dit, sans preuves suffisantes, il est vrai, que les Polynésiens sont les ancêtres des Malais, au lieu d’en être les descendants ;
8° Que tous enfin, par suite, admettent que le peuplement de la Polynésie s’est opéré par des migrations, se portant de l’Ouest vers l’Est, soit avec des vents soufflant directement de l’Ouest, comme le croyaient la Pérouse, Beechey, Dillon, John Williams, et comme le croient encore MM. de Bovis, Thompson et de Quatrefages ; soit en remontant contre les vents alisés d’Est, et de Sud-Est, comme la plupart l’ont supposé.
Nous répéterons aussi que Forster, le premier, a parlé d’une langue générale, et que cette opinion a d’abord été adoptée par Crawfurd et Marsden, puis par M. Gaussin et par presque tous ceux qui ont écrit après ce dernier (1) ;
Que R. P. Lesson est le premier qui a signalé les différences séparant les Polynésiens des Malais, et qu’après lui, d’Urville est celui qui a le plus insisté sur l’impossibilité d’une descendance malaise des Polynésiens ;
Qu’ enfin Claret de Fleurieu, après Quiros toutefois, a été le premier à trouver dans les vents alisés un obstacle à la mar-
(1) Voici les paroles de Marsden .: « Mais outre le Malai, on parle à Sumatra plusieurs autres idiomes qui ont néanmoins une affinité manifeste, non-seulement les uns avec les autres, mais avec cette langue générale qu’on trouve répandue et indigène dans tonies les îles de la mer du Sud, depuis Madagascar jusqu’aux terres les plus éloignées découvertes par le capitaine Cook, c’est-à dire dans un plus grand espace que celui qu’ait jamais embrassé la langue latine ou toute autre langue» »
che des émigrants allant de l’Ouest vers l’Est, tandis que La Pérouse a été le premier à démontrer que cet obstacle n’en était pas un : cette démonstration est généralement acceptée aujourd’hui, malgré les assertions contraires de Moërenhoüt, Ellis et tant d’autres, et M. de Quatrefages l’a plus récemment appuyée de sa vaste érudition (1).
Certainement, dirons-nous maintenant, si nous n’avions voulu que donner un aperçu des connaissances acquises jusqu’à présent sur un pareil sujet, nous pourrions regarder notre but comme atteint ; mais nous en avions un autre en insistant autant que nous l’avons fait sur chacune de ces opinions : nous voulions mettre le lecteur à même de juger, en connaissance de cause, l’opinion presque diamétralement opposée aux précédentes, qui est résultée pour nous, d’abord de l’étude attentive de tous les écrits sur cette matière, puis de celle de toutes les observations faites par nous-même dans les divers lieux occupés par les populations dont il s’agit.
En résumé, nous ne croyons pas que les Polynésiens aient pp avoir l’Asie ou les îles malaisiennes pour berceau, c’est-à-dire les Malais, les Javanais ou les Malaisiens pour ancêtres, et cela pour des raisons bien autrement importantes que celles dont se sont contentés jusqu’à ce jour ceux qui ont soutenu l’impossibilité d’une provenance malaisienne des Polynésiens. Nous ne croyons pas davantage à l’identité de langage que tant d’écrivains modernes admettent encore, enfin nous ne croyons même pas à l’identité des coutumes et des usages que quelques-uns signalent. Pour nous, les Polynésiens, au lieu de descendre des populations de la Malaisie, seraient plutôt les ancêtres de quelques-unes d’elles.
Nous pouvons donc, dès à présent, poser les conclusions suivantes :
1° Les Polynésiens sont allés anciennement bien probablement jusqu’en Asie et peut-être aussi, comme nous le ferons voir plus tard, en Afrique et en Amérique ; ils sont
(1) Le s Polynésiens et leurs migrations, ch. II, p. 94 à 100,
allés d’une manière certaine en Malaisie, où, sous les noms de Battaks, Dayaks, Bouguis, Alfourous, etc., on les trouve encore aujourd’hui, dans un grand nombre d’îles, avec tous les caractères physiques de leur race, et avec un grand nombre de mots de leur langage primitif.
2° C’est par le croisement des Polynésiens avec les populations brunes de l’Inde et avec celles de la Chine, mais probablement d’abord avec la race noire brachycéphale qui existait à Java, qu’ont été produits les Javanais et les Malais : ces derniers, nous avons cherché à le démontrer, n’étaient que des Javanais ou Javano-Malais fuyant leur patrie et se formant en corps de nation à une époque peu reculée ; depuis leur séparation, ils n’ont cessé de se croiser chaque jour davantage. En un mot, les Malais et les Javanais, au lieu d’être les ancêtres des Polynésiens, comme le disent presque tous les auteurs, ne sont plutôt euxmêmes que leurs descendants, mais leurs descendants indirects. C’est donô à tort qu’on aurait attribué l’origine des Polynésiens soit à l’Asie et surtout à l’Inde, soit à la Malaisie.
En somme, après l’étude que nous venons de faire, il n’est guère, suivant nous, qu'une conclusion possible, c’est que les Polynésiens ne descendent pas plus des Malaisiens que des Malais et des Javanais, et qu’ils sont plutôt eux-mêmes les ancêtres des uns et des autres.
On verra bientôt, quand nous chercherons à préciser le lieu de provenance des Polynésiens, qu’une foule de témoignages nouveaux viendront appuyer cette conclusion et démontrer, avec plus de certitude encore, que les Polynésiens ne pouvaient avoir pour patrie ni l’Asie, ni la Malaisie.
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