ETES
Dans les cas où la marche était possible on notait du steppage.
Le degré de la paralysie varie depuis une légère faiblesse musculaire des muscles du groupe tibial antérieur avec un pied tombant à peine perceptible à la paralysie complète des muscles des pieds et des jambes et dans les cas très graves, paralysie des muscles des-cuisses.
La paralysie était bilatérale et symétrique.
Dans beaucoup de cas on observe de légers troubles dystrophiques, cyanose, hypéridrose, refroidissement des régions atteintes ou une peau luisante et lustrée.
Les troubles de la sensibilité cutanée n’ont jamais été remarqués. La sensibilité à la douleur à la température €tait habituellement intacte, et le sens tactile et vibratoire n’était que légèrement troublé.
Les reflexes achilléens étaient aboli chez tous les malades, les autres réflexes étaient inconstants. Dans la plupart des cas relativement bénins, les reflexes rotuliens étaient exagérés, mais ensuite devenaient normaux ou diminués. |
Dans les cas plus graves, les reflexes rotuliens étaient diminués ou abolis.
Le cutanée plantaire était toujours en flexion.
L'étude de l’ensemble des cas montre presque toujours J’atteinte du membre supérieur. Pour le bras, le degré de la paralysie varie, depuis une très légère faiblesse des muscles intrinsèques de la main, à une paralysie presque complète de tous les muscles de la main et de l’avantbras. |
Dans quelques cas les plus graves, le réflexe radial était aboli, mais dans la plupart des exemples les ré- ‘ flexes étaient normaux.
Les nerfs craniens étaient habituellement normaux.
Pas d’incontinence d’urine et des matières fécales, rien d’autre n’était anormal dans l’organisme.
SNA Le
Laboratoire.
L'examen du sang et des urines ne montra aucune anomalie.
L'examen du liquide cephalo-rachidien montra onze éléments par millimètre cube et une légère augmentation de l’albumine dans un cas ; mais en général, il était normal.
Evolution.
I existe un état pré-paralytique de trois jours à un mois, en moyenne de deux semaines.
Suivant la paralysie des jambes, l’atteinte des membres supérieurs est mise en évidence au bout d’une semaine.
Très rapidement, Le mal atteint son maximum et après quelques jours, il n’y a pas d'augmentation des symptômes. Les signes restent stationnaires et après deux ou trois semaines tous les symptômes sensoriels disparaissent et le malade est laissé avec une paraplegie bilatérale ou une quadréplegie.
Souvent il semble y avoir une amélioration dans jes quelques premières semaines, mais ce fait est probablement dû à ce que le malade s’habitue à Fusage de ses membres malades.
Dans un grand nombre de cas, om note une atrophie musculaire, des interosseux des mains et le groupe mus- Culaire du tibial antérieur. Dans quelques observations on a noté des phénomènes de contracture.
Après un temps. assez long, habituellement six mois ou plus, il y a un mieux définitif dans l’usage des membres. Certains ont signalé une amélioration dans les mouvements d'extension des chevilles après un intervalle de six à huit mois. L'amélioration se fait dans un ordre inverse de celui de l'installation.
Les auteurs citent une observation qui illustre bien la description et de plus, montre un cas mortel dont l’évolution peut être directement attribué au poison.
Observation.
C’est un cas mortel rapporté par Vanderahe.
IL s’agit d’une femme de 59 ans, admise à l’hopital en mars 1930. Elle déclare qu’en mai 1929, son épicier lui a conseillé de prendre de l'extrait de gingembre pour des troubles gastriques et que, depuis ce temps, elle prenait une bouteille par jour sauf le samedi et le dimanche où elle en prenait deux ou trois.
Le 15 mars 1930, elle éprouve de la faiblesse dans les jambes et quelques douleurs à type de crampe dans les mollets. Cela devient de plus en plus intense et le 27 mars se plaignant de ne plus pouvoir marcher et de difficulté à se servir de ses mains, elle entre à L'hôpital.
Éxartien :
Malade ématiée, mais très présente au point de vue
mental. |
LER. Quelques hématies, deux cellules, réaction de l’os colloïdal négative. B W. négatif.
Elle pouvait parler, mais se fatiguait rapidement. Les aliments solides étaient difficiles à avaler, elle tirait la langue lentement mais dans son axe.
Paralysie des pieds et des mains.
Pieds et maïns tombants des deux côtés, avec une faiblesse plus marquée dans les pieds.
Les réflexes du biceps, du triceps, du supinateur achilléens et rotaliens, abdominaux existaient, rien d’anormal au point de vue réflexe.
A cause de la faiblesse dans les mains et les pieds, Les tests de coordination n’ont pu être exactement exécutés.
Il y avait simplement une légère diminution de la sen-
sibilité à la douleur et au tact. Les mains et les pieds étaient baignés d’une abondante transpiration.
L'état de la malade empira graduellement. Elle présenta de l’incontinence d’urine suivi les jours suivants d’incontinence des matières fécales. Elle perdit peu à peu la parole et la possibilité d’avaler les aliments solides, <t plus tard à avaler les liquides. La respiration devint difficile et elle est morte le 3 mai de paralysie respiratoire.
L'examen histologique des nerfs montra des lésions caractéristiques des nerfs périphériques, des lésions des cornes antérieures: il montra également dans le noyau moteur dorsal du vague et dans le noyau ambigu, des troubles cellulaires semblables à ceux décrits par d’autres auteurs dans les cellules des cornes antérieures.
Cette observation est particulièrement intéressante, car les cas mortels sont rares et dans ces cas, il est souvent bien difficile de faire la part du toxique ou d’une complication. |
Ici, il n’y eu pas de complication, la mort semble bien du à l’atteinte des centres respiratoires par le toxique, notons que la dose ingérée et accumulée devait être considérable puisque la malade absorbaïit une bouteille par jour et plus, depuis le mois de mai 1929 et que les troubles débutèrent en mars 1930.
Tel est l’aspect clinique des « ginger paralysis » qui ont servi de base aux recherches hollandaïises sur jes polynévrites apioliques.
La ressemblance clinique apparaît en effet frappante.
La période de latence avant le début des troubles existe dans les deux cas.
SA
Même mode de début par quelques légers troubles sensitifs et surtout parétiques, atteinte des membres inférieurs et puis des mains.
Mêmes résultats de l’examen à la période d’état avec paralysie presque purement motrice des extrémités orteils, territoire du tibial antérieur au membre inférieur, interosseux, petits muscles de la main au membre supérieur.
Evolution enfin identique avec une longue période stationnaire ou de légers troubles trophiques ont pu être notés, période de restitution également très longue (6 à 8 mois donnent les Américains) pour avoir. une amélioration appréciable ; après 8 mois, les troubles n’avaient pas encore totalement disparu, dit Van Itallie à propos d’une polynévrite apiolique.
Les recherches étiologiques devaient confirmer cette hypothèse et les travaux expérimentaux achever la synthèse.
L'examen des « ginger parolysis » permet ainsi d'étudier sur une plus grande échelle les polynévrites au tri-ortho-phosphate crésyle. Elle explique et précise des éléments qui n’avaient peut être pas été facilement étudiés au cours des polynévrites à l’apiol falsifié.
Elle précise entre autre le pronostic de ces polynévrites, montrant que dans l’ensemble ce pronostic est favorable. La guérison est longue mais complète. Elle montre cependant la possibilité d’une évolution mortelle du fait même du toxique par extension des paralysies aux nerfs cardio-respiratoires, en fonction de la dose de toxique ingérée et probablement de la sensibilité du malade.