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C) LES PARALYSIES AU PHQSPHATE DE CRÉOSOTE Historique
Le phosphate de créosote a été découvert en 1894, par Brissonnet, Edmond Chaumier de Tours, semble avoir été le premier à observer les paralysies. I s’exprime ainsi : « M. Brissonnet, professeur suppléant à l’école de médecine de Tours, qui a découvert le phosphate de créosote, m’a remis des échantillons de ce produit le 4 avril 1898, et le f4 mai, moins d’un mois. et demi plus tard, je lui écrivais que ce médicament donnait de la paralysie ». Mais, il ne publia ses observations qu’en 1905:
Ees premiers travaux sur ce sujet remontent à 1889 (thèse de Lorot}) dans le service de Tison. £
En 1903 Lœwenfeld observe trois cas de paralysies périphériques chez des pltisiques peu avancés qui avaient reçu chacun quinze ou seize injections souscutanées de phosote,
En 1905, Chaumier (de Tours) publie sept observations de polynévrites chez des tuberculeux discrets, traités par le même médicament:
En 1906, Wertheim Salomonsen rapporte un cas de. paralysie polynévritique survenue à la suite d’un traitement par Fhuile phospho-créosotée chez un tuberculeux qui n’était par ailleurs, ni chylique, ni syphilitique et qui n’avait à aucun moment fait usage d’arsenic. La même année, Huet signale une petite épidémie de polynévrites chez des malades traités par le phosote (phosphate de créosote).
ENST: ——
En 1908, Sanz signale une vingtaine de cas.
En 1914, Bertolani publie une observation détaillée d’un malade peut-être pré-tuberculeux, qui n’était pas alcoolique et n’avait jamais absorbé de préparation arsénicale. En quinze jours, cet homme ingéra 40 capsules de phosphate de créosote de 1 gr. chacune et dix Jours après la suspension du traitement apparurent les premiers signes d’une polynévrite sensitivo-motrice sévère qui intéressa les quatre membres et mit quatorze mois à rétrocéder.
En 1927, Barré signale trois cas et en 1928 Rocger et P. Simon (de Marseille) publient sept cas de polynévrite phosphato-créosotée.
Enfin, en 1953, Henri Roger et Recordier donnent une étude d'ensemble, de ces polynévrites phosphocréosotées.
Clinique
Dans leur étude, Henri Roger et Recordier donnent la description suivante
Nous retrouvons dans tous les cas de polynévrite le même facteur causal : le phosphate de eréosote. Dans presque tous, le médicament a été introduit par voie hypodermique. Mais l’administration par voie buccale peut être novice. (Observation de Bertolani. Observation 5.)
Il n’est pas besoin de doses considérables pour déterminer l’intoxication : quinze ou seize injections suffisent.
La prédilection est nette pour le sexe féminin ; six fois sur neuf cas, personnels ou confiés à nous.
La presque totalité des polynévrites sont survenues
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chez des tuberculeux, mais la phase de la maladie paraît être un élément secondaire. Souvent la bacillose est discrête. Parfois, elle est discutable (premier cas de Barré). Elle manque dans certains cas, dans l’observation IV par exemple, qui est celle d’un bronchitique banal. Huet à d’ailleurs observé des polynévrites phosphocréosotiques au cours d’affections gastriques ou cutanées.
Il s'écoule toujours un délai d’un mois et demi à “deux mois entre le début du traitement et l’apparition des troubles nerveux, parfois davantage (trois mois, obesrvation ÉVO:
Etude clinique.
Presque toutes les observations se ressemblent de façon frappante : les troubles y sont à prédominance nettement motrice. Le début se fait par des phénomènes sensitifs, mais qui restent beaucoup moins intenses que dans bien des polynévrites et qui régressent rapidement : fourmillements dans les pieds, crampes dans les mollets, parfois cryesthésies, exceptionnellement douleur fulgurante à la face plantaire du pied et des orteils et dans les mollets, précédents de quelques jours, parfois de quelques heures, l'installation des paralysies (jambe lourde, marche difficile avec steppage). Une semaine environ après, les membres inférieurs, les membres supérieurs sont atteints : ce délai est assez souvent dépassé (par exemple un mois dans une observation). Paresthésie, gêne dans les mouvements délicats de la main et dans l’écartement des doigts, sont signes beaucoup plus fréquents que le léger tremblement des mains avec transpiration localisée, donnés comme Caractéristiques par Lorot, et qui étaient très nets chez le premier malade de Barré.
C’est généralement deux semaines après le début que les troubles sont à leur maximum.
Aux membres inférieurs, tandis que la force muscu-
see :
laire de la main, du membre est à peu près intacte, les pieds sont incapables du moindre mouvement ou seulement d’une ébauche de flexion, et les orteils sont immobiles. La station debout est difficile ou même impossible. Fait particulier qui se retrouve constamment, tandis que les reflexes achilléens sont abolis, les reflexes rotuliens sont conservés, parfois diminués, assez souvent au contraire vifs ; le réflexe péronéo-fémoral est conservé (Barré). Dans les observations où ils ont été recherchés, les réflexes musculaires du pédieux et les interoneux sont signalés comme abolis. La sensibilité est généralement peu atteinte à ce momentatteinte à ce moment. La sensibilité superficielle est intacte ou presque. Il n’y a plus habituellement de douleurs spontanées. La pression des masses musculaires et des nerfs est sensible plutôt que vivement douloureuse. Dans certaines observations, cependant, les troubles sensitifs peuvent revêtir une certaine iu'ersité (forme tabéto-névritique dans une observation).
Aux membres supérieurs, l’atteinte est moins forte. La force de serrement de la main est diminuée. La parésie prédomine plus sur les doigts que sur le poignet. L’opposition du pouce est surtout gênée. L’atrophie musculaire (thenar-hypothenar, espaces interosseux, surtout le premier) n’est pas très marquée. Les phénomènes sensitifs sont encore moins marqués qu’aux membres inférieurs, mais il existe souvent une douleur à la pression du premier espace interosseux.
Ii n’y a aucun aucun trouble sphinctérien. Les nerfs de la face sont intacts, mais Je nerf vestibulaire paraît spécialement sensible à l’intoxication phosphocréosotée, vertiges dans la première observation de Barré, nystagmus dans l’observation IV de Roger.
L'intelligence est indemne, L'état général est bon ; il n’y a pas de fièvre.
Tous les examens de liquide céphalo-rachidien qui ont pu être pratiqués, ont été normaux.