A) ASPECT CLINIQUE
La seconde série d’observations nous présente un: syndrome neurologique bien différent.
Les signes nerveux sont au second plan. C’est l’hépato-néphrite qui domine le tableau clinique. Elle semble être la manifestation primordiale de lintoxication apiolique humaine.
Un autre point est également à souligner. C’est la variabilité de ces signes nerveux. Ils varient dans les différentes observations, et de plus ils ne sont pas: constants, ils ne sont pas signalés dans plusieurs hépato-néphrites apioliques.
Il est difficile d’en donner une description clinique d'ensemble.
Dans son étude des hépato-néphrites apioliques,
Rathery distingue des signes centraux et des signes périphériques. J. Vague, dans sa thèse, parle de signes d’inhibition, de signes d’excitation.
Nous préférons distinguer des signes nerveux communs aux hépato-néphrites en général, bien groupés par Mme Derot-Picquet dans sa thèse. Ce sont le délire et le coma. et les froubles nerveux secondaires plus spéciaux aux hépato-néphrites apioliques. Ce sont ceux que nous allons passer en revue.
Nous n'insisterons pas sur certains phénomènes comme l'agitation, l’amnésie, les soubresauts musculaires, les contractures, les vertiges, l’état ébrieux du début, ces troubles ont été décrits depuis longtemps par les auteurs qui admettaient la toxicité de lapiol.
De même, dans deux observations, ont été signalés un signe de Chvosteck, un signe de Trousseau rapportés tour à tour à un trouble de la réserve alcaline, de * la calcémie, de l’azotémie, ou à une origine constante.
Plus intéressants sont certains troubles périphériques. Ils sont du reste peu nombreux, et très rares sont les observations où on les trouve. Sur 7 observations d'hépato-néphrites apioliques dont nous avons pris connaissance dans la littérature médicale française, ils ne sont rencontrés que trois fois. Et il ne semble pas qu’on ait signalé des faits analogues à l’étranger.
Ces troubles consistent en :
— abolition des reflexes rotuliens et achilléens dans Les trois observations ;
— atrophie musculaire dans l'une ;
— myoclonies dans l'autre.
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L'analyse de ces faits cliniques nous montre de grandes différences avec le tableau des polynévrites au tri-ortho phosphate crésyle.
Aucun des principaux caractères des polynévrites de l’apiol falsifié n’est retrouvé.
Il n'existe :
— aucune paralysie ;
— pas d'atteinte des membres supérieurs.
On trouve une abolition des reflexes achilléens et xotuliens alors que ce dernier n’est presque jamais aboli dans les polynévrites au tri-ortho phosphate crésyle.
On rencontre une association, dans un cas, avec une atrophie musculaire intense, que l’on n’a pas l’habitude de rencontrer dans les formes au tri-ortho phosphate crésyle, dans un autre cas des myoclonies, fait encore plus paradoxal, et qui doit sans doute rentrer dans le cadre de l’urémie myoclonique.
L'évolution enfin toute différente, aucune modification ne survenant au point de vue moteur jusqu’à la période terminale.
Certains ont prétexté la rapidité de l’évolution qui empêchait les troubles de se compléter, mais un cas a guéri (Flandin), un autre a duré 18 jours, le cas de Trillat et Thiers qui serait peut-être le plus près des polynévrites à l’apiol falsifié a évolué pendant quarante-cinq jours.
Un autre argument peut être invoqué, dans le cas de Flandin, Nacht et Jean Bernard, l’apiol fut reconnu
parfaitement pur.
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Enfin nous pouvons remarquer que dans som rapport Tiffeneau constate « qu'il ne semble pas que l’apiol de nos grandes firmes ait été objet de falsifications par le phosphate de crésyle, car ces firmes n’utilisent pas les essences commrereïales, toujours susceptibles de falsifications, mais effectuent directement le traitement des semences de persik par des solvants appropriés ».
La nature de cette seconde série LE ours polynévritiques a été discutée.
Beaucoup d'auteurs les font rentrer dans le groupe des polynévrites au tri-ortho phosphate crésyle et les rejettent dans Ja falsification de Papiol. |
D’autres se demandent si l’apiol seul ne peut être responsable. Trillat et Thiers, avant la publication des travaux hoHandaïs, concluent : « Quant à Fabolition des reflexes tendineux avec hypotonie tendimeuse et amyotrophie interne et généralisée sans parésie nt douleur à Fa pression des masses musculaires, son interprétation reste difficile et une origine aæpiolique n’est pas invraisemblable ».
Fiffemeau, constatant également la différence du tableau clinique, déclare : « IF rest pas impossible que Papiof fui-même absorbé en quantité importante puisse donner lieu à des symptômes toxiques ».
L'analyse des différences cliniques observées entre ces deux séries de troubles nous incite à les séparer des polynévrites au tri-ortho phosphate crésyle et à les rejeter dans le cadre des troubles de Pintoxicatïon apiolique proprement dit, vraisemblablement d’ail-
leurs surtout par le mécanisme de ses lésions hépatorénales.
Nous verrons dans l’étude des travaux expérimentaux avec l’apiol pur si une telle séparation peut être justifiée.