‹ Les Polynevrîtes Apioliques: Leurs rapports avec les autres variétés de polynévrites par le tri-ortho phosphate crésyle "ginger beer paralysis" (polynévrites phospho-créosotées)Chapitre 7 sur 42 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

PROPRIÉTÉS PHARMACO-DYNAMIQUES

PHARMACOLOGIE DE L’APIOL

Dans « Le précis de thérapeutique et de pharmacologie » (Richaud et Hazard), les propriétés pharmacodynamiques de lapiol sont ainsi décrites : « L’apiol semble exercer une action congestive sur les organes génitaux et possède une réputation d’emménagogue. On l’utilise dans la dysménorrhée et l’aménorrhée. On l’administre en capsules à la dose de 0 gr. 25, 0 gr. 75 par jour, par fractions. Il n’est abortif qu’à dose toxique. »

Si l’on passe en revue les travaux effectués sur ce sujet, une grande variété se manifeste dans les conclusions.

Le rôle aphrodisiaque du persil transmis par la tradition lui a été attribué (Laborde).

L'action diurétique de l’apïine contenu dans l’apiol

Ne

a été démontrée par Brissemoret, Chevalier, mais reconnue inutilisable à cause de sa toxicité.

Des phénomènes d’excitation cérébrale rappelant les effets de la quinine et du Haschisch ont été signalés par beaucoup d’auteurs.

Mais le rôle d'emménaguogue reste le plus solidement établi. Le mécanisme en semble du reste assez mal connu. Les traités de thérapeutique et de pharmacologie donnent peu de renseignements.

Les auteurs qui ont étudié la question l’expliquent Par une action sur le système nerveux.

Laborde, dont l’opinion est rapportée dans la thèse de Mourgues, 1889, s'exprime ainsi : « L'action physiologique, proprement dite, s'exerce d’une façon élective par l'intermédiaire du système nerveux sur le système circulatoire, et s'exprime par des phénomènes de congestion vasculaire et d’excitation, en même temps que de contractibilité de la fibre musculaire lisse ».

Mourgues dans ses conclusions déclare : € On peut caractériser d’un mot l’action fondamentale au vu des principes actifs qui se trouvent dans les produits isolés du persil : ce sont Par excellence des «excito-moteurs. »

Lutz et Oudin confirment les phénomènes de vasodilatation observés par Laborde et Mourgues, constatent une influence hypotensive. S

Plus récemment, Fernand Mercier et Vignoli 1935, reconnaissent que « les apiols injectés par voie intraveineuse, agissent comme vaso- dilatateurs «et hypo-

AE Ne a

tenseurs, hypotension qui s'accompagne du ralentissement des contractions cardiaques ». De plus, ils démontrent que les modifications cardiaques qui suivent l'injection intra-veineuse d’apiol chez le chien, sont la conséquence d’une stimulation exercée par ce produit sur le centre pneumogastrique.

André Patoir et Gérard Patoir (Paris Médical, . 1935) n’admettent pas cétte action prépondérante sur le système nerveux central. Ils n’ont pas observé sur leurs animaux les phénomènés congestifs du système nerveux central où du centre génito spinal signalé par Laborde, Mourgues, Lutz et Oudin. Les dosages d’apiol qu’ils ont effectués sur le système nerveux ne leur ont Jamais montré la présence de ce corps. Ils tirent la conclusion suivante : « Nous pensons donc que cette excitation du système nerveux central est surtout due à des troubles circulatoires en relation probable avec les lésions parenchymateuses, ce sont avant tout des lésions hépatiques et rénales. »

Si l’apiol est ainsi classé comme emménaguogue, il est en pratique utilisé comme abortif. fa

fn

ul

Les travaux expérimentaux sont peu nombreux sur ce sujet. RAR LE DEN NE Ets

Laborde, 1889, constate. déjà cet effet sur les cobayes « accouchement prématuré en cas de demi-terme avec ou sans la mort de l’animal, selon la dose ».

Spinner en 1920, dans l’étude toxicologique dec Certains abortifs, signale les dangers de lapiol.

En 1936, André Patoir, Gérard Patoir, Henri Bédrine, dans une étude expérimentale sur le « Rôle

abortif de l’apiol > montrent la présence d’une hémorragie rétro-placentaire qu’ils attribuent à des troubles de la crase sanguine liés à l’hépato-néphrite constatée à l’autopsie.

L'idée générale qui ressort de ces travaux et surtout des observations cliniques, c’est que l’apiol est peutêtre capable de déterminer l’avortement, mais à dose toxique. C’est l’opinion de la majorité des auteurs.

On s'explique donc mal cette utilisation de l’apiol. Mais en fait sa toxicité n’a été reconnue que depuis peu, peut-être justement depuis la déviation de ses propriétés pharmaco-dynamiques qui ont étendu le champ de l’expérimentation sur le plan humain par l'emploi de doses élevées.

Page 1