‹ Les Polynevrîtes Apioliques: Leurs rapports avec les autres variétés de polynévrites par le tri-ortho phosphate crésyle "ginger beer paralysis" (polynévrites phospho-créosotées)Chapitre 8 sur 42 · COMPOSITION · texte numérisé non relu

COMPOSITION

L’apiol fut découvert en 1849 par Joret et Homolle qui l’ont extrait des graines de persil.

C’est un produit complexe, dont la composition n’est pas établie d’une façon exactement identique par les auteurs qui ont traité ce sujet.

Lutz et Oudin, en 1909, dans une étude physiologique sur « les principes constituants des produits de distillation des semences de persil » étudient la préparation de l’apiol, en donnent la composition. C’est cette description, admise par la majorité des auteurs en France, que nous résumerons.

Me

L’apiol est un extrait sirupeux vert ou jaune s’il est traité par le noir animal pour enlever la chlorophylle.

Il contient :

1° L’apiol pur cristallisé des Allemands {Von Gerichten) constituant 5 à 6 % de l’apiol liquide. À 150°, c'est une huile volatile, jaune paille, d’odeur forte, cristallisant par refroidissement.

2° Une huile volatile, formée en majeure partie par un terpène C10 H16 de densité 0,865 à 12° et bouillant à 160-164°.

3° Une huile fixe.

4° Des matières grasses (beurres de persil) d’où on retire l’aptiine.

5° De myristicine qui ne diffère de lapiol que par

un groupement méthoxyle OCHS.

Cette composition serait du reste variable suivant l'origine des plans de persil. Thones a montré que l’apiol liquide préparé avec les graines de persil français contenait peu d’apiol cristallisé, mais surtout de la myristicine, tandis que l’apiol cristallisé serait le principal constituant de l’essence allemande.

Signalons enfin que l'essence de criste marine (Cristhuosum maritinum ombellifères) renferme un apiol isomère de l’apiol cristallisé (J. Chevalier).

Dans le commerce on trouve :

1° L’apiol distillé peu utilisé.

(La distillation de l’apiol jaune en présence de vapeur d’eau à l’air libre ou sous pression réduite fournit l’apiol dit « distillé »).

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2° L’apiol vert liquide (gouttes vertes).

3° L’apiol cristallisé.

Différentes firmes présentent des préparations dont le principe actif de base est l’apiol.

ToxIcITÉ

Pendant longtemps lapiol fut considéré comme inoffensif, LE

Le Codex de 1884 ne le mentionne pas.

Le Codex de 1908 indique comme officinal Papiol cristallisé.

Ft is de ratés de thérapeutique ou de pharmacologie passent sous silence ou sont très brefs sur la toxicité de l’apiol,

Manquat, Pouchet ne donnent pas “are FÉRSÉILR ES . ments. | es

Picret Bonanour écrivent Si L’apiol a laverie d'agir rapidement et d’être sans inconvénients aussi bien du côté du système, nerveux que du côté du tube HSCSHT 7 NET | es

. Arnaud, re l'édition Fa 1930 (Thérapeutique et Matière médicale) signale simplement qu’à « la dose de 1 gramme, l’apiol peut déterminer une légère excitation cérébrale, pouvant aller, avec 2 et 3 grammes, jusqu’à l'ivresse, avec vértiges, boürdonnements,: céphalée, hallucinations- rappelañt les effets re la quinine et ceux du häschisch ». TASe

‘ Cependant, les traVäux reconnaissant la possibilité d'accidents toxiques avec l’apiol sont déjà anciens.

Mourgues intoxique cobayes et chiens, faisant du système nerveux central le substratum organique de Paction physiologique de Papiol et écrit dans sa thèse, 1889, « le plus haut degré de cette activité physiologique et toxique appartient à l’apiol cristallisé de von Gerichten ».

: Koberts, 1906, insiste sur les. propriétés hémorragiques et les troubles nerveux et déclare que “ lapiol et l’isoapiol, tout comme la myristicine et l’isomyristicine, agissent sur le foie d’une manière analogue au phosphore, c’est-à-dire en provoquant, ainsi qu’on le voit à l'examen microscopique, une sévère dégénérescence graisseuse ».

Eutz et Oudin, 1909, dans leur étude sur les principes constituants du persil, signalent la toxicité de ces éléments, après une série d'expériences très précises. Ils arrivent aux conclusions suivantes. :

Doses mortelles rapportées au ie de cobaye

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Ils terminent leur article, en faisant remarquer < qu’une certaine prudence s'impose jusqu'à plus ample informé dans l’emploi médicinal du composé

nouveau inscrit au Codex ».

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La même année, Patein, Brissemoret et Chevalier rapportent des observations d’hématurie et attribuent ces troubles à l’apiine. Mais, en principe, l’apiol cristallisé devait être dépourvu d’apiine.

Nous avons vu que la composition de l’apiol varie suivant le lieu de culture de la graine de persil et dans. leur rapport sur l’apiol cristallisé du Codex (Bulletin général de thérapeutique, décembre 1909), les auteurs. sus cités arrivent aux conclusions suivantes :

« L’apiol cristallisé possédant les propriétés exigées par le Codex de 1908 est surtout un produit de laboratoire: que la rareté de la matière première (persil allemand) me permet pas de trouver régulièrement en droguerie. Le Bulletin trimestriel d'avril 1909 de Schimmel contient des renseignements circonstanciés sur ce sujet et d’après notre Collègue Chevalier, au deuxième Congrès international pour la répression des fraudes, la définition commerciale de l’apiol cristallisé n’a pu être précisée.

Ainsi pour former un produit solide donnant à l’œil l'illusion de l’apiol cristallisé, la fraude lui substituerait actuellement le beurre de persil. Le pseudo apiol cristallisé qui contient l’apiine des semences serait la cause des accidents signalés par Chevalier et Laumonier., »

Et les auteurs terminent leur rapport en demandant de supprimer l’apiol cristallisé du Codex et de le remplacer par des apiols liquides dont les caractères chimiques seraient suffisamment fixés pour donner aux médecins toutes garanties sur leurs propriétés. thérapeutiques.

Notons que pour la première fois en 1909, l’apiot fait le sujet d’un rapport à propos de falsification.

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