‹ Les pontifes de l'ancienne RomeChapitre 12 sur 117 · Angeronalia [Dlvalia) 23. Larentinalia · texte numérisé non relu

Angeronalia [Dlvalia) 23. Larentinalia

Il faut y ajouter les fêtes mobiles, telles que les fériés Latines^ Sementives^ les Paganalia^ les Compilalia et les cérémonies que chacun accomplissait pour son compte, comme la lustration des champs dont Caton nous parlait tout à l'heure. — La fêle du Septimontium,

JOURS £ï LIEUX AFFEGTftS AUX SAGAIFICES. 77

quoique particulière aux montani i, devait figurer dans le rituel; car elle avait été à rorigine une fêle publique. Enfin, les sacrifices offerts sans le concours actif du peuple, mais par ses prêtres et en son nom, tels que le sacrifice dû à Jupiter le jour des Ides, à Junon et à Janus Junonius le jour des Kalendes, l'hommage per- ' pétuel rendu à Vesta, faisaient également partie du culte public.

Les lieux sacrés désignés comme le théâtre des solennités primitives sont pour la plupart des bocages {luci)y des autels en plein air au Champ-de-Mars, sur le Comilium, dans les carrefours, l'antre Lupercal. Rome n'avait d'autres édifices religieux que les Curies et quelques atria^ destinés à abriter les images symboliques de 1:1 divinité ou les instiniments du culte. Tels étaient Yatrium Vesiœ, V atrium Regium; sur le Valalin^ Y atrium Sutarium dans lequel avait lieu la cérémonie du Tubilustriumj c'est-à-dire la purification des trompettes sacrées et probablement des litui ainsi que des ancilia.

Plus tard, d'autres habitudes s'introduisirent dans le culte. Les Romains, à l'exemple des Étrusques et des Grecs, élevèrent aux dieux des temples et des statues. Il fallut accommoder les cérémonies aux exigences du goût nouveau : des divinités inconnues jusque-là, ou transformées par une épilhète nouvelle, furent accueillies dans la cité; il fallut leur comi)oser un cérémonial, ce que la liturgie catholique appellerait un office; des innovations mêmes qui sembleraient complètement étrangères à la religion entraînaient des remaniements ou exigeaient des additions au rituel. Ainsi, pour n'en citer qu'un exemple, lorsque les Romains se donnèrent une marine, les Pontifes durent adapter à la lustra tien de la flotte * le cérémonial de la

(4) Varr. VI, S4. - (î) Liv. XXXVI, 42. Appian. B. C. V, 96.

78 IBS PONTIPBÎ £T LA TRAtUTIOX.

lostration des armées : ils décidèrent que les entrailles des viclimes seraient portées dans des barques autour de la flotte et qu'une partie serait jetée dans la mer. La formulo des invocations fut modifiée en conséquence. Les Pontifes agirent dans ces circonstances en vertu de rautorilé qu'ils tenaient de leur fondateur et d'après les principeâ de la science théologique qu'il leur avait léguée. Ils n'eurent pas besoin de supposer des entretiens avec les dieux : la révélation primitive, qui donnait à la loi religieuse son autorité, suffisait pour recommander aux consciences le développement régulier de cette loi.

Mais les archives pontificales contenaient des documents plus intéressants à étudier que le rituel. Le rituel rorinulait purement et simplement les prescripliOES obligatoires; lei^ additions mêmes faites par les Pontifes ne nous auraient rien appris sur la théologie pontificale. Les motifs qui avaient dicté la conduite des Pontifes, les délibérations du collège, la solution des problèmes que le cours des siècles a fait passer sous ses yeux, enfin, la science théologique en action, parlant i\t\T la bouche de doctes casuistes, adaptant la tradition aux circonstances pour éviter tout froissement entre la religion et l'Etat, tout cela était conservé, pour r instruction des générations postérieures, dans les Commcntarii PonUficum, dont la perie est plus regrettiiblc encore que celle des livres de prières et de céréraoïiios; car Thistoire s'y mêlait à la théologie, et nous aurions pu y surprendre, avec une évidence que ne nous rendront pas les plus patientes recherches, le concours d'influences sous lesquelles s'est développée et rnodiliée la tradition religieuse.

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