CARACTÈRE DES JOURS RELIGIEUX
ordonnée par le sénat et Tarrêt pontifical, rapporté par les annalistes Geliius (Ann. Lib. XV) etCassius Hemina (Hist. Lib. II), par Tite-Live et Verrius Flaccus (De verb. sign. IV ^) :
a: Ànno ab Urbe conditâ CCCLXIIU a tribu nis mtlitum Virginia Manlio jEmilio Poslumio collegisque eorum^ in senalu traciatum quid esset propter quod toiiem intra paucos annos maie esset afflicta respublica et ex prœcepto patriim L. Aquinium haruspicem in senatum vetiire jussum religionum reqiiirendanim gratiâ dixisse Q. Sulpicium tribunum militum ad Alliam adversvs Gallos pugnaturum rem divinam dimicandi gratia fecisse postridie Idus OwtnlileSf item apud Cremeram multisque aliis temporibus et locis post sacrificium die postero celebratvm maie cessisse conflictumj tune patres jussisse ut ad collegium pontificum de his religionibus referretuv pontificesque statuisse postridie omnes Kalendas Nonas Idus atros dies habendos^ ut hi dies neqve prœliares nequc puri neque comitiales essent H. Ce récit, textuellement emprunté parles annalistes à un sénatus-consulte à travers lequel on distingue le protocole pontifical, nous montre la marche d'une procédure religieuse, et nous explique pourquoi les haruspices n'ont pu, malgré la supériorité de leur science, sortir de l'état de dépendance et d'infériorité dans lequel les retint le patriotisme romain. On s'en servait comme le chasseur utilise l'odorat de son chien. Le souvenir du nûassacre des Fabius sur les bords du Crémère (477), ainsi rapproché du désastre de l'Allia, fit croire à Tite-Live et aux historiens postérieurs que ces deux événements avaient eu lieu le même jour, tandis qu'Ovide, s'aidant probablement des annales de Fabius Pictor, intéressé à bien connaître les exploits de ses ancêtres, place le drame du Crémère au -13 février ^. Une rectification
(0 Li?. YI, 4. Gell. Y, 47,2. — (2) Macr. ibid. - (3) R. Merkcl, Proleg. LXIII. CIII.
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historique sur ce point intéressait peu les Pontifes, car le 13 février est, lui aussi, un jour lugubre.
La bataille de Trasimène (217) ajouta un dies ater (23 juin) au calendrier. Après Cannes (246), le Sénat, qui accordait à peine aux Romains quelques jours pour pleurer, refusa de vouer un jour à un deuil éternel ; mais le peuple paraît avoir redouté depuis lors le quatrième jour avant les Nones ^. L'invasion des Cimbres frappa les Romains d'une terreur telle qu'ils déclarèrent ater le jour où le flot avait rompu ses digues, en écrasant l'armée du proconsul Q. Servilius (6 oct. i 05).
Outre ces dies atriy assombris par des douleurs patriotiques, l'année romaine comptait un certain nombre de jours qui devaient leur caractère malheureux à des cérémonies lugubres derrière lesquelles se cachaient peut-être quelques vagues souvenirs. Tels étaient les trois jom*s pendant lesquels le mundus restait ouvert (24 août, 5 oct., 8 nov.), les trois jours des Lemuria (9, 11, 13 mai), les huit jours des morts (dies parentales, 13-21 févr.), égayés néanmoins par les Lupercalia et les Quirinalia (15-17 févr.); les jours pendant lesquels s'ouvrait le sanctuaire le plus intime de Vesta {penus Vestœ aperitur), les deux joiu-s qui suivaient les fériés latines et n'avaient point, par conséquent, de place fixe dans le calendrier ; enfin, les jours signalés par le frémissement mystérieux des armes de Mars [ancilia moveni). C'étaient les dies religiosi proprement dits, confondus dans le langage ordinaire avec les dies atri dont ils se distinguent par im caractère moins tranché et l'absence de souvenirs historiques. Le terme de religiosi^ défini par Aulu-Gelle <c Irisii omine infâmes impeditique :«>, s'applique dans son sens général à tous les jours malheureux; mais, parmi ces jours, ceux qui devaient à leur
(I) Macr. I, 46, Î6.