‹ Les pontifes de l'ancienne RomeChapitre 43 sur 117 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

SÉCULilRISATION DU DROIT ET DE LA THÉOLOGIE.

Ainsi, à Torigine, les actes les plus importants de la vie étaient soumis à l'appréciation des Pontifes : la société était un grand corps religieux mû par ses prêtres et retenu sous leur tutelle par les engagements de sa conscience. Mais les temps changèrent. A côté et en dehors du peuple romain, vivait et se multipliait de jour en jour une population mêlée dans laquelle se confondaient les débris des cités détruites par les Romains, les étrangers domiciliés, les bâtards, etc. Ces éléments disparates ne constituaient point une unité compacte assise sur la tradition religieuse, comme la société romaine ; les citoyens de Rome les qualifiaient dédaigneusement de ramassis (plebs^ de pleo cf. 7:AhOoç), tandis qu'ils réservaient pour eux-mêmes le titre de pères de famille {patres).

Cependant, le nombre croissant des plébéiens qui jouissaient des avantages matériels de leur incapacité civile, et l'épuisement du peuple patricien miné par deux causes puissantes de destruction, son isolement et la guerre, avaient produit un défaut d'équilibre qui menaçait d'une chute prochaine la domination de la minorité patricienne. Pour sortir de cette situation anormale, il fallait ou incorporer les plébéiens dans la société patricienne ou trouver une nouvelle forme d'association qui^ en respectant les usages établis, rapprochât pourtant d'une manière durable les deux castes.

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