AUTORITÉ DISCIPLINAIRE DU P. M
I. Juridiction du P. M. sur les Vestales. — Le foyer qui représentait l'unité religieuse de TÉtat était un symbole emprunté à la vie domestique. L'État formait xme famille dont le roi était le père. Au sein de cette grande famille, le père choisissait, pour les grouper autour du foyer et leur confier le culte des Pénates, quelques jeunes filles plus particulièrement placées sous son autorité paternelle. Les Vestales étaient comme les filles du roi, et elles brisaient tous les lieps de la nature afin de n'avoir plus d'autre famille que celle-là. Le P. M., héritier de la puissance spirituelle des rois, joua après eux ce rôle de père ; il vint habiter auprès des Vestales, dans le vieux palais de Numa (Regia}^y leur rappelant par sa présence qu'elles avaient en lui un maître, et au besoin, un juge, car il n'intervenait dans leur existence que pour les cloîtrer et les punir.
Les Vestales ne formaient point un collège : elles appartenaient de trop près à la société pour former une corporation particulière. Le régime de la cooptation leur resta donc inconnu ; les places Vacantes étaient remplies par le P. M. dont la volonté souveraine saisissait {capere virginem) ^ au sein des familles les futures servantes de Vesta. Nulle prescription, à l'origine, ne limitait sous ce rapport la liberté du P. M., sa ce n'est
(0 Serv. JËn. Vlil, 363. Dio Cass. LIV, Î7. Suet. Cae$. 46. — (2) Gell. I, 42. Suel. Oct. 31.