‹ Les pontifes de l'ancienne RomeChapitre 77 sur 117 · JURIDICTION DU F. M. SUR LES FLAHINES · texte numérisé non relu

JURIDICTION DU F. M. SUR LES FLAHINES

de bonne heure le besoin de limiter le cercle dans lequel le P. M. pouvait user arbitrairement de son droit. Le P. M. était obligé de choisir entre trois candidats que désignait une autorité publique, probablement l'assemblée des curies patriciennes. C'est du moins ce qui semble résulter d'un passage assez obscur de Tacite : — patricios confarreatis parentibus genitos très simul nominari , eœ quis unies legeretur^ vetusto more *. De là l'expression deprodere ou creare flaminem 2. Les flamines devaient être issus de parents unis par le mariage religieux ; mais cette condition d'aptitude, que l'abandon général de la confarréation rendait de plus en plus difficile à remplir, ne put être maintenue que pour le premier des flamines, le Flamen Dialis, Les Flamines étaient , comme les Vestales, sous la surveillance du P. M. qui pouvait, lorsqu'il le jugeait à propos, les forcer à déposer leur sacerdoce ^\ les plus hautes dignités civiles ne les affranchissaient pas de cette tutelle qui se fit quelquefois rudement sentir. Ainsi, en 242, le consul A, Postumius, flamine de Quirinus, est retenu à Rome par le P. M. L. Cœc. Metellus, au moment où il allait partir pour l'armée de Sicile *. Cette décision priva du consulat M. iEmilius Regillus, flamine de Quirinus, quelques années plus tard '*, car il suffit à Q. Fabius de rappeler au peuple que Regillus ne pouvait aller combattre Hannibal pour détourner les suffrages du candidat déjà choisi par la centurie prorogative (2 15). Q. Fabius Pictor, aussi flamine de Quirinus et préteur, voulut briser cette chaîne : il appela au peuple de la décision du P. M. P. Licinius qui lui interdisait de partir pour la Sardaigne, sa province, et le frappait d'une amende pour sou insubordination. Le peuple lui ordonna d'obéir au Pon-

(I) Tac. Ann» IV, «6. [J. Rubino, Untersuch. p. 243. L. Mercklin, Coopt. p. 69.] — (-2) Cic. Pro Mil. 10. Serv. ^n. Vil, 303. — (3) Ut. XXVl, 23.XXXV11, 54. Val. Max. I, 4, 4. — (4) Liv. Epit, XIX. Tac. Ann. m. 7<. Val. Max. 1, 4,2. — (5) Liv. XXIY, 8.

tife, mais le dispensa de Tamende (4 89) ^ . Cependant cette protestation et l'arbitrage populaire montrent que l'idée de la souveraineté du peuple menace d'ébranler l'autorité religieuse, constituée sous la forme monarchique. L. Valerius Flaccus, flamine de Mars, imita la résistance de Q. Fabius Pictor, et sans plus de succès (131). Le peuple, consulté, donna raison au P. M. P. Licinius Crassus Mucianus, mais remit au flamine l'amende que lui avait infligée son supérieur *. Le Pontife, en cette circonstance, mettait son pouvoir spirituel au service de son ambition, car il accepta pour lui-même le commandement (de la guerre contre Aristonicus) qu'il venait d'enlever à -son collègue le flamine, oubliant que les intérêts de la religion réclamaient également la présence du P. M. en Italie^ et que, dans une circonstance analogue, un de ses prédécesseurs, son père adoptifP.Xiicinius Crassus Dives, avait renoncé à la gloire de terminer peut-être la seconde guerre Punique (205) 3.

Le joug pesait plus lourdement encore sur le Flamen Dialis. Sa vie, encombrée de pratiques minutieuses, était une servitude de tous les instants. Elle appartenait tout entière à Jupiter. Il était, par conséquent, impropre à tous les emplois profanes. Lorsque, enhardi par l'exemple des autres flamines, il ambitionna les dignités civiles , il en fut écarté par l'impossibiUté où il était de prêter le serment exigé des magistrats, jusqu'à ce que C. Valerius Flaccus, avec l'assentiment du sénat et du peuple, brisât cette entrave. Elu édile curule (200), il fit prêter serment par son frère et, grâce à cette substitution ingénieuse, conserva la charge que venait de lui confier le suffrage populaire ^. Les Pontifes ne protestèrent pas ; il avait sans doute obtenu d'avance leur autorisation. Le même

(4)Liv. XXXVII, 54. - («) Cic. PMI. XI, é. - (3) Liv. XXYIII, 38. — (4) LiY. XXXÏ, 5e.

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