‹ Les pontifes de l'ancienne RomeChapitre 8 sur 117 · CHAPITRE If · texte numérisé non relu

CHAPITRE If

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Nous avons vu que ce qu'on pourrait appeler le dogme, contenu dans les Indigitamenta^ avait été confié à la garde des Pontifes. Le culte, plus exposé encore à s'altérer, ne pouvait conserver intact le système compliqué de ses observances sans une surveillance constante, guidée ellemême par une tradition précise. Or, dans Tesprit des Romains, la lidélité aux prescriptions liturgiques intéressait au plus haut degré la conscience. La forme extérieure du culte, loin d*être d'une importance secondaire, est au contraire la religion elle-même, ce qui la distingué de toules les autres : Sua cuique civitati reli(jio est, dit Cicéron, fiostra nobis ^. C'est qu'en effet, la croyance aux dieux est universelle, le culte seul est particulier à un peuple ; il est comme la langue que parle ce peuple en s'adressant aux dieux, et cette langue a ses délicatesses. Altérée, elle trahit une négligence* coupable et irrite la divinité. Ce scrupule excessif, qui faisait do la religion romaine une étiquette laborieuse, est peut-être moins inintelligent qu'on ne le suppose : il montre que les Romains croyaient posséder un moyen infaillible d'attirer sur leur ville la bienveillance de la divinité, dont ils s'abstenaient de scruter la nature. L'important, pour eux, n'était pas de définir, mais d'utiliser; la tendance pan-

(t)E. Lïibbcit, Comwentattonea poritifiçaltsAionAln. 1859. — (î)Cc.

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