LA RELIGION ET L ETAT
Avant de quitter le terrains! vaste de la compétence pontificale, étudiée sous ses divers aspects, pour reprendre rhistoire du collège au point où nous V avons laissée (p. 12), il est l)on de prévenir ou de détruire, par quelques vues générales sur la position respective de la religion et de l'État à Rome* les idées fausses que peut faire naître la contemplation exclusive de cet ensemble de moyens d'influence mis aux mains de la religion et de ses ministres. Il semble qu'une société si profondément pénétrée de l'idée religieuse, qui n'osait ni faire un traité sans les fétiaux, ni tenir les comices sans les augures, ni ouvrir un tribunal contre la défense des Pontifes, qui, tenue d'ac* complir des devoirs religieux de toute nature, était perpétuellement à la merci de ses directeurs spirituels, il semble, dis-je, qu'une pareille société ait abdiqué toute liberté et toute initiative. Mais ce serait une erreur d'assimiler la cité romaine aux sociétés chrétiennes dans lesquelles la religion et l'État ont des intérêts et représentent des principes distincts, sinon opposés. La religion fut le berceau de la cité ; mais comme la religion n'avait de forme propre et de réalité extérieure que dans la cité, il en résulta qu'elle devint partie intégrante de l'État et s'absorba en lui. Les Romains ne connaissaient que la religion de l'État % toutes les formes du senliment religieux autres que
(I) Serv. Geory, I, 269.