‹ Les pontifes de l'ancienne RomeChapitre 90 sur 117 · PONTIFICAT DE NÉRON £T DE YESPASIEN · texte numérisé non relu

PONTIFICAT DE NÉRON £T DE YESPASIEN

Claudia emporta, en moins de deux années, trois empereurs élevés et renversés par les légions.

L'histoire ne dit rien du pontificat de Galba (68-69). Othon mit les dignités sacerdotales au pillage pour satisfaire les convoitises de ses partisans auxquels il n'avait pas d'argent à donner *. Vitellius porta six mois le titre de P. M. Il l'avait pris le jour de la bataille de l'Allia (1 8 juill.) ce qui était un fâcheux présage, disait-on, quinze jours après la proclamation de Vespasien en Orient, ce qui était déjà une plus fâcheuse réalité. Il commença par faire un édit pontifical ordonnant des cérémonies publiques 2. S'il exerça jamais par la suite les fonctions de P. M., ce ne fut sans doute que dans les banquets, ou tout au plus dans les cérémonies funèbres qu'il ordonna en faveur de» mânes de Néron 3.

Enfin, le monde goûta quelque repos sous les Flaviens (69). Le chef de cette famille, Vespasien, s'occupa fort peu de rehgion. On ne sut jamais s'il croyait à quelque chose, et s'il n'avait pas envie de rire tout le premier des oracles qu'il avait consultés et des miracles qu'on lui avait fait faire à Alexandrie. Tolérant par scepticisme autant que par nature, et convaincu que l'empire pouvait s'accommoder de toutes les reUgions, il regardait les bonnes armées et les bonnes finances comme de plus sûrs garants de prospérité que la faveur des dieux . Il fit graver sur l'airain les sénatus-consultes, plébiscites, traités d'aUiance dont les originaux avaient été détruits dans le dernier incendie du Capitole, mais il ne perdit pas de temps à remuer les archives pontificales, S'il expulsa les Chaldéens, comme l'avait fait tout récemment Vitellius, et comme Domitien devait le faire à son exemple, c'est que leur art était dangereux pour tout pouvoir établi. Il

0) Tac Eist. I, •77. Plut. Otho, 4. — (8) Tac. HisL II, 94. - (3)Suet. VUelL n.

360 HISTOIRE DU COLLÈGE DES PONTIFhS.

montrait assez, en les consultant lui-même, qu'il les craignait, mais ne les méprisait pas. Il fut pour les Vestales un père fort indulgent : il ferma les yeux pour n'avoir point à sévir. Les Pontifes n'eurent pas non plus à se plaindre de lui. Il faisait volontiers exécuter leurs décisions et laissait inscrire sur le marbre qu'il avait agi « per collegium pontificum^. 3>

Titus, déjà membre du collège pontifical *, lui succéda. 11 ne nous reste du pontificat de Titus qu'une belle parole prononcée par lui le jour où il en accepta les fonctions : € Pontificatum maximum ideo se professm accipere^ ut puras servaret manus ^. y> Néron, à ses débuts, en eût peut-être dit autant, mais Titus prit cet engagement au sérieux. Les malheurs de son règne, l'éruption du Vésuve (79), un incendie qui menaça Rome d'une complète destruction, une peste meurtrière, ne lui fournirent que trop d'occasions de compulser les commentaires pontificaux pour y chercher les moyens de conjurer la colère céleste : « nullam divinam humanamque opem non adhibuitj inquisito omni sacri/îciorum remediorumque génère *.:d

Titus mourut trop tôt pour le bonheur du monde, à temps pour sa gloire qu'un retour de ses vices passés eût pu ternir.

Il laissait l'empire et le pontificat à Domitien, qui cessa de conspirer pour régner à son tour (81).

L'hypocrite qui montait sur le trône promettait d'être un Pontife zélé. Le besoin de cacher ses vices le portait à faire parade de dévotion, et il était possédé de la rage d'administrer, de juger et de légiférer à tout propos. Déji, sous le règne de son père, il avait montré sa piété en élevant une chapelle à Jupiter Conservator sur remplacement de la maison où il s'était caché pour échapper aux

(4) Grul. 43, 11. 132, 4. ÎOO, 2. Orell. 3261. — («) Grut. 244, 2. — (3)Suet. mx 9. — (4j Suet. Tit. %.

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