‹ Les populations dangereuses et les misères socialesChapitre 18 sur 59 · LES INDIGENTS — LES BUREAUX DE BIENFAISANCE · texte numérisé non relu

LES INDIGENTS — LES BUREAUX DE BIENFAISANCE

Loi qui a établi les bureaux de Lienfaisance. -^ Nombre de ces bureaux. — Ressources de ces établissements. — Chiffre des secours distribués. — Nombre des indigents secourus. — Frais d'administration. — Secours donnés par individu. — Bureaux de Paris. — Nombre des indigents. — Leur origine. •— Leur éiat civil. — Leur âge. — Classemeni par arrondissement. — Chiffres des loyers. — Logements occupés. — Statistique des secours par profession. — Urgence de la fusion des hospices et des bureaux de bienfaisance.

Nous avons examiné dans le chapitre précédent l'organisation des hospices et des hôpitaux où sont admis les indigents malades ou infirmes; il nous reste à examiner l'état a^ctuel de Tindigence à un point de vue plus général, et à indiquer la constitution des bdreaux de bienfaisance.

Il nous serait, sans doute^ impossible d'établir

la statistique d6 l'indigence dans tous les départements, pas plus que nous n'avons pu le faire pour la mendicité^ car^ur ces deux questions il n'existe pas à l'administration centrale de contrôle, aucune impulsion d'ensemble^ et ces services sont complètement décentralisés, ce qui équivaut à dire qu'ils peuvent être organisés dans certaines villes formant l'exception, mais qu'ils n'existent pas dans le plus grand nombre des communes.

C'est une loi de Frimaire an V qui a fondé les bureaux de bienfaisance qui sont chargés de répartir les secours aux indigents à leur domicile, et de recevoir les dons en argent ou en nature offerts et de les distribuer à ceux qui en ont besoin et qui ne sont pas dans les hospices.

D'après cette loi, toutes les communes devaient former un ou plusieurs bureaux de bienfaisance, composé de cinq membres chacun pour faire la répartition des secours à domicile, donnés en nature, autant que possible ; on comprend l'importance de cette dernière prescription : le don en nature est plus efficace et il ne peut pas être détourné de sa destination.

Cette loi invitait, en outre, les préfets à organiser des bureaux de bienfaisance partout où il n'y en avait pas d'institués.

Dans combien de communes cette organisation

îi-t-elle eu lieu, et combien en reste-t-il à pourvoir?

En 1833, les bureaux de bienfaisance étaient au

nombre de 6,27S, en 1852, le nombre des bureaux

s^était élevé à 11,691. '

Oa est heureux cependant de pouvoir constater une amélioration toujours croissante dans les ressources de la charité; de 1833 à 1837, les recettes des bureaux de bienfaisance étaient de 10,500,000 francs, — de 1848 à 4852, elles étaient de 16,468,000 — et avec les fonds libres des années précédentes la ressource totale de 1852 a été de 20,733,582 francs.

Les frais d'administration des bureaux ont été de 22 pour 100; c'est beaucoup sans îioute, mais c'est un chiffre insignifiant quand on le compare à celui des dépenses, des frais généraux, dans les hôpitaux et les hospices.

Le nombre des indigents secourus dans toute la France donne une moyenne annuelle de 750,000 à 1,100,000.

Le secours moyen donné à chaque personne est de 11 à 12 francs; représenté par 6 francs en aliments, 2 francs en vêtements et chauffage, et 3 francs en argent.

Les renseignements que nous possédons sur les bureaux de bienfaisance de Paris sont récents et de nature à satisfaire Topinion.

Le nombre des. indigents inscrits à Paris sur les contrôles des bureaux de bienfaisance, était ^ 30 avril 1869 de 46,748 ménages comprenant 125,825 individus.

Ce chiffre fut réduit par suite du recensement officiel à domicile à 42,098 ménages et 111,357 individus.

L'augmentation de 6,104 ménages ou 20,706 in-

dividus sur les chiffres de 1866 n'est qu'apparente, et provient de doubles emplois, c'est-à-dire du défaut de radiation des indigents ayant changé de domicile.

L'augmentation réelle se réduit à i^4S7 ménages et 6,238 individus. i .

£n dix ans, les indigents ont augmenté de 5,385 ménages, et de 21,070 individus. Ces chiffres semblent révéler un mouvement d'a^ccroissement de la misère , car la population indigente de 111,357 individus, pour 1,799,980 habitants, donne un indigent sur i ,616 Parisiens, et, en 1866, on n'en trouvait qu'un sur 1,712 habitants.

Mais la population a augmenté et les indigents ne se trouvent plus qu'à une proportion de 1 sur 1,706 habitants.

Le chiffre de 111,357 indigents se décompose ainsi : '

Adultes {hommes, 23,188

} femmes, 37,195

Enfants au-des-j garçons, 25,324

sous de 14 ans. ) filles, 25,650

Soit 54,22 pour 100, pour les adultes, et 45,78 pour 100, pour les enfants.

Parmi. les adultes, ce sont les femmes qui sont

les plus nombreuses ; les enfants des deux seiaie balancent.

42,098 ménages, reçoivent des secours: dont iS,328 temporaires et 26,770 annuels.

Ces ménages^ qui comprennent H1,3S7 individus, comptent :

23,188 hommes, 37,193 femmes, 25,324 garçons, 25,650 filles.

C'est le 43* arrondissement (celui des Gobelin^J qui en fournit le plus. On trouve 18,286 homme^ mariés, 14,601 veufs ou veuves; c'est le !!• arron ^ dissements qui figure pour le plus grand VixyaA^t^ de cette dernière classe d'indigents (quartier Popin*^ court).

Les célibataires adultes sont au nombre de 6,606, c'est le 5' arrondissement (Panthéon) qui en fournit le plus grand nombre.

Les 1,143 orphelins sont domiciliés principalement dans le 43* arrondissement (Gobelins),

Les femmes abandonnées donnent 4,993 et se trouvent en grand nombre dans le 18' arrondissements (Buttes-Montmartre).

Enfin, les filles-mères, au nombre 670, habitent surtout le 20e arrondissement (Ménilmontant).

L'élément parisien continue à ne figurer que pour une faible part sur les contrôles de l'indigence, soit, pour 21 pour 100, tandis que les départements en fournissent 67 pour 100.

— 2i5i nous troavons :

à Paris, * 9,146 ménages,

j Paris (banlieue), 931 —

5 de la Sejna, 29,318 -• jltranger. 2,703 —

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