‹ Les populations dangereuses et les misères socialesChapitre 20 sur 59 · LES SUICIDES ET LES MORTS ACCIDENTELLES · texte numérisé non relu

LES SUICIDES ET LES MORTS ACCIDENTELLES

Nombre des suicides. — Plas d'hommes suicidés que de femmes. — Causes des suicides. — Chiffre des morts arrivées par accidents. — La morgue, — Salle d*autopsie.

Le nombre des suicides, qui avait paru diminuer de 1857 à 1867, s'est élevé de nouveau depuis cette époque, et il importe de constater que presque tous les suicides doivent être attribués à Tivrognerie et à Tinconduite.

Le chiffre des suicides s'est élevé en 4868 à 8,547 et à 5,514 en 1869; beaucoup plus d'homijfies que de femmes se décident à mettre fin à leurs jours; 4,376 hommes contre, 1,171 femmes en 1868, et4r,413 hommes contre 1,101 femmes en 1869 se sont volontairement donné la mort.

C'est dans les grands centres, et à Paris surtout, que les attentats des individus contre eux-mêmes sont les plus fréquents. Il est triste d*avoir à le constater, un très -grand nombre de jeunes gens succombent tous les ans par le suicide.

Le mariage, nous l'avons vu, pour la criminalité, pour la folie, pour la durée de la vie, est un préservatif puissant; il ne l'est malheureusement pas pour empêcher les suicides.

La statistique de 1869 indique que 1961 sui' cidés étaient attachés à l'agriculture; 1,425 à d^' verses îridustriés; 190 étaient hégociàflts; 780 ^® consacraient à des professions libérales; 179 étaie^^ domefitiques ; 571 n'avaient pas de profession.

Presque tous les suicidés, p^tmi les homme^ étaient plus ou moins adonnés à la boisson.

Pour diminuer le nombre des suicides, il n'y aii^ ' rait d'autre chose a faire que de diminuer î nombre des ivrognes, et on peut voir au chapitr consacré à l'ivrognerie qu'il est possible de dimi huer le nombre des ivrognes en imposant les ca barets et en supprimant tous les droits qui grèven aujourd'hui la vente du vin à emporter, c'est-à-diri â consommer dans les familles.

Le nombre des morts accidentelles vient encore à l'aide de notre argumentation pour déniohtrer la nécessité de prendre des mesures sociales contre l*ivrognerie.

Malgré le proverbe affirmant qu*il y a un Dieu pour les ivrognes, un grand nonlbre dé morts accidentelles ont l*j Vre«se poui^ fcau^e .

Le nombre total de ces morts arrivées par accident était de 14,095 en 1868 et de 14,074 en 1869 ; c'est un chiffre qui varie peu ; l'asphyxie par submersion est toujours la plus fréquente des morts; mais il est nécessaire de signaler la recrudescence des décès causés par Tabus des boissons alcooliques; le chiffre de ces victimes de Talcool s*est accru dél38 en trois ans; il y a eu 887 cas en 1869^ tandis qu'il n'y en avait eu que 449 en 1867. Ces chiffres fournissent ceux des morts en état d*ivresse, non celui des individus morts de maladies causées par Tabus des liqueurs fories.

A Paris, seulement, les morts accidentelles subites arrivées sur la voie publique, les blessures graves, les suicides et les tentatives de suicide atteignent le chiffre approximatif de 7 à 8,000 par an.

On constate avec douleur, parmi les malheureux qui en sont ai'rivés à cette extrémité, un certain nombre d*enfants âgés de moins de seize ans qui se sont suicidés, les uns par exagération de sensibilité à la suite de reproches faits par des parents ou par des patrons à de jeunes apprentis; chez quelques jeunes filles, l'exaltation religieuse peut souvent être la cause du suicide.

On sait que dans la capitale, un vaste établissement appelé la morgue reçoit tous les cadavres des individus décédés sur la voie publique.

L'action de l'administration ne s'arrête pas à l'exposition des corps; les faibles indices qu'elle peut trouver sur les vêtements, dans les poches, une initiale sur le linge lui servent de point de départ

pour faire opérer des rcclicrclics qui sont presque toujours couronnées de succès-.

On enterre relativement peu de cadavres sans connaître au moins le nom du mort; huit cadavres sur dix sont reconnus.

Les suicidés ne composent pas le plus grand nombre de cadavres amenés à la morgue, sur les 750 ou 800 corps, un tiers seulement appartient à des suicidés.

L'exposition publique n'a pas lieu nécessairement; la morgue sert de salle d'autopsie à la médecine légale, et Ton n'expose les cadavres aux regards du public que lorsqu'ils sont inconnus ou lorsqu'il y a un intérêt quelconque d'ordre public à les exhiber.

Quelques autres grandes villes de province ont, comme Paris, un établissement pour l'exposition des cadavres, mais dans la plupart, les opérations de la morgue s'accomplissent dans les salles de dissection des hôpitaux.

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