Rev. arch., 3« série, tome XV, mars-avril 1890, p
THIBUS DU RITE DE L*INHUMAT10N 239
cependant on put constater que la tête regardait TOrient. Aux pieds, un vase de terre noire, orné de grecques tracées k la pointe (hauteur = 80 millimètres; largeur = 100 millimètres), dans lequel étaient les fragments d*un rasoir en bronze ; à la gauche du guerrier était une longue épée en fer à, double tranchant du type de Hallstatt^ rappelant les Cormes des épées de bronze. On en a signalé de semblables dans les tumulus du Jura, de la Côte-d'Or et dans celui de L.a Roche tte (Drôme).
Le cercle-enveloppe d'un de ces tertres était représenté
par des groupes de trois pierres brutes réunies, placées à
moins d'un mètre de distance, sur toute la circonférence.
Dans un troisième tumulus, où l'on avait trouvé jadis un
bandeau d*or, une épée brisée en fer, des vases de bronze
et des ferrements, on a fait de nouvelles recherches qui
permettent de supposer qu'il existait là une sépulture à
char. On y recueillit des segments de roues, un cercle de
fer provenant de l'extrémité d'un essieu, des parcelles de
bronze ayant appartenu à un vase, une pointe d'épingle de
iibule en bronze, des fragments d'umbo de bouclier en fer,
des débris de poteries, des cendres, etc.
3. Marne. — Le Catillon est une hauteur (191 mètres d'altitude) qui s'élève, sur le territoire de la commune de Saint-Jean-sur-Tourbe, à 3 kilomètres de la source de la Tourbe, affluent de l'Aisne. Ce point culminant domine au sud la Gorge-Meillet, au sud-est, la colline de Somme- Bionne, à l'est la cote d'Orgemont, trois stations archéologiques bien connues K
Le tumulus, qui le surmontait, contenait une tombe à char. D'autres tombeaux existaient sur le versant de la colline. Dans l'un d'eux, le défunt, la tète tournée vers l'est, avait à sa droite une grande épée en fer, à deux tranchants
1. Rev. arch., 3« série, l^« année, octobre 1883. Le vase de bronze de Catillon, d'après les notes de M. Éd vjird Fourdrignier .
et à pointe aî^i.', enfermée dans son fourreau, et mesurant (soie comprise) 0",65. A gauche, un petit gobelet en terre à forme carénée, une assiette en poterie noire et lustrée; aux pieds du mort, un magnifique vase de bronze, fabriqué habilement avec des feuilles métalliques martelées, réunies par des soudures.
Sur le territoire de Heiltz-l'Ëvéque *, dans la contrée appelée Charvais, sur les bords de la Chée est un cimetière dont toutes les sépultures sont inhumées. Saufdeuii ou trois, toutes les fosses sont orientées de l'ouest à l'est, la tête du squelette à l'ouest. Généralement il n'y a qu'un corps par tombe ; dans une, cependant, on a trouvé deux squelettes superposés, la tête de l'un au niveau des pieds de l'autre.
Les fosses sont taillées dans la grève, remplies de terre, sans trace de cercneil ; elles ont en général â métrés de long sur 0'",60 de large ; leur profondeur varie de 1 mètre à 0'",30. Tous les corps étaient sur le dos, les bras et les jambes étendus.
Le mobilier funéraire se composait de fibules, de torques et de bracelets en fer ou en bronze ; d'épées, de poignards, de pointes de lance et de javelot, en fer. La céramique était représentée par daux petits vases pétris à la main et mal cuits ainsi que par des fragments de poterie grossière et épaisse.
On a trouvé, dans la Marne, de nombreuses sépultures où le cadavre avait été enseveli sur son char de gnerre. Telles sont celles de Saint -Jean-sur-Tourbe, arrondissement de Sainte-Menehould ; de Somme-Bionne et de Somme- Tourbe, arrondissement de Suippes ; de Chassemy, etc. '
La sépulture à char de Septsaulx '' mesurait 3 mètres de longueur sur 2>°^ de largeur; sur un côté et au<deâsus
1. Mat., 2" série, tomeX, 1S79, p. lOQ- D' Moulin : Fouilles ducimeire gaulois de Charvaig (Marné).